Nature

LES QUATRE SAISONS (2) : LE PRINTEMPS

Après le billet consacré au solstice d’hiver, voici le printemps.

Le printemps marque l’équinoxe, ce jour si particulier où la durée diurne est égale à la durée nocturne. À partir de cette date, le taux d’allongement du jour décroît pour aller s’annuler au solstice d’été.

Pour les poètes, le printemps est la saison du renouveau de la nature, de la jeunesse, et des amours naissantes. C’est donc un thème qui a inspiré les compositeurs.

À tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par VIVALDI et ses quatre Saisons, avec son célébrissime Printemps.

vivaldi printempsCliquez sur l’image

En 1802, BEETHOVEN écrit sa sonate pour piano et violon Le printemps.

Dans la onzième mélodie de son crépusculaire Voyage d’hiver (Winterreise) (1828), SCHUBERT aspire à retrouver le printemps qui mettra fin à l’hiver.

schubert rêve de printempsCliquez sur l’image

Au début de la Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ, Faust qui voit le vieil hiver céder la place au printemps s’interroge sur sa vie dévouée à la science.

WAGNER a chanté le printemps. Dans Tannhaüser (1845) d’abord où, après avoir vécu dans la volupté avec Vénus au Mont de Vénus, Tannhäuser regrette sa vie passée sur terre, et notamment la douceur de la nature qui s’éveille au printemps. Quand il revient à la vie terrestre, un pâtre chante ce printemps bucolique.

tannhauser printempsCliquez sur l’image

Ensuite dans La Walkyrie (1855), c’est l’entrée du printemps, passionné, dans la maison où se trouvent Sieglinde et Siegmund, qui révèle leur amour.

En 1877, SAINT-SAËNS dans son Samson et Dalila, Dalila veut séduire Samson en lui chantant  » Printemps qui commence « .

saint-saens prrintemps qui commenceCliquez sur l’image

Dix ans plus tard, MASSENET fait chanter à son Werther de héros le fameux air « Pourquoi me réveiller ? »

pourquoi me réveiller spyresCliquez sur l’image

En 1913, Stravinsky bouleverse les codes de la musique dans son ballet écrit pour les Ballets russes Le Sacre du printemps.

le sacre du printemps bauschCliquez sur l’image

À l’acte II de son Saint-François d’Assise (1983), MESSIAEN illustre le printemps par le chant des oiseaux.

Retrouvez d’autres musiques inspirées par le printemps dans la suite des aventures du printemps !

Nature, Poésie

LA NUIT (1) : LA NUIT DES AMANTS

mon coeur qui dans la nuit.png

La nuit, cette suspension du temps et de la vie où tout devient possible…

Nuits lumineuses, nuits bénies des amants, où les esprits et les corps se fondent…

Nuits obscures où se trament les complots, les trahisons et où s’opère la magie noire…

Je vais traiter dans ce premier billet consacré à la nuit de la nuit par les amants bénie.

En 1818, SCHUBERT écrit ses Hymnes à la nuit, d’après les très beaux textes de NOVALIS.

Schubert Hymne 1 D 659Cliquez sur l’image

En 1841, BERLIOZ écrit un cycle de mélodies sur des vers de Théophile GAUTIER : Les Nuits d’été.

En 1853, VERDI fait chanter à l’héroïne du Trouvère son « Tacea la notte placida »

verdi tacea la notteCliquez sur l’image

Berlioz encore, dans Béatrice & Benedict (1862), avec « Nuit paisible et sereine ».

Berlioz B&BCliquez sur l’image

GOUNOD nous offre dans Roméo et Juliette (1867) et dans son Faust (1868) deux beaux nocturnes.

gounod nuit d'hyménéeCliquez sur l’image

faust gounod o nuit d'amourCliquez sur l’image

Tout le 2e acte de Tristan und Isolde de WAGNER (Tristan, ze opéra de l’amour !) est l’acte de la nuit, où a lieu une des plus belles scènes d’amour écrites pour l’opéra, avec son crescendo amoureux qui finit dans une extase quasi mystique.

Wagner Tristan und Isolde O sink hernieder, Nacht der LiebeCliquez sur la partition

En 1881, OFFENBACH nous livre dans ses Contes d’Hoffman sa célébrissime Barcarolle.

barcarolleCliquez sur l’image

Dans la continuité lyrique de Tristan figure une des premières œuvres de SCHÖNBERG : La nuit transfigurée (Verklärte Nacht) écrite en 1899.

Voilà, je suis obligé de m’arrêter, mais il y aurait encore tant de belles nuits à vous souhaiter, avec les Nocturnes de Chopin ou de Fauré, par exemple. Et le cas de la mise en musique du Songe d’une nuit d’été du grand Bill fera l’objet d’un billet spécifique.

Qui sait, peut-être y aura-t-il une deuxième livraison de Nuits d’amour, qu’en pensez-vous ?

Divers, Nature, Shakespeare

LES QUATRE SAISONS (1) : L’HIVER.

Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui

Stéphane Mallarmé, Le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

Aujourd’hui c’est l’hiver qui commence, au jour le plus court de l’année et à partir duquel les jours vont rallonger jusqu’à l’été. À cette occasion, j’ai imaginé une série de 4 billets qui illustreront les 4 saisons. Voici le premier.

Évidemment, quand on dit 4 saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI. (Si on disait 4 saisons et nourriture, on penserait aussitôt « pizza », mais ça, je le laisse à d’autres blogueurs. 😉)

Vivaldi l'hiver 1Cliquez sur l’image

Avant Vivaldi, PURCELL avait déjà évoqué un génie du froid dans son King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song OrlinskiCliquez sur le génie du Froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur, qui se remémore différentes étapes de sa vie avant d’avoir des hallucinations (Drei Nebensonnen) puis de croiser sur sa route un étrange vieillard qui vient le chercher, mais pour aller où (Der Leiermann) ?

… Wunderlicher Alter, mit dir soll ich gehn?
Merveilleux vieillard, avec toi dois-je aller?

Schubert Winterreise der LeiermannCliquez sur l’image

Au début de La Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ, Faust chante le changement de saison (Le vieil hiver a fait place au printemps).

Berlioz Damnation le vieil hiverCliquez sur l’image

Dans l’opéra Snegourotchka (la Fille de neige) (1881) de RIMSKI-KORSAKOV, l’héroïne se trouve être la fille de l’Hiver et du Printemps, menacée de mort par le soleil. Son sort est proche de celui de Rusalka puisqu’elle part vivre chez les humains, et finit par déclarer son amour à l’un d’entre eux, et là, paf ! un rayon de soleil apparaît et la fille de neige s’évanouit.

Autre présence de l’hiver dans l’opéra Jenufa (1903) de JANACEK. Dans cet opéra dont le sujet aurait pu être vériste s’il avait été italien, l’héroïne Jenufa a conçu un enfant en dehors des liens du mariage. L’existence de cet enfant caché ruine les projets de mariage entre Jenufa et son fiancé officiel, ce pour quoi la future belle-mère enlève l’enfant et le jette dans la rivière gelée. Au printemps suivant, on retrouve au moment du mariage le cadavre du bébé gelé lors de la fonte des neiges, révélant le scandale au grand jour.

DEBUSSY a mis en musique l’hiver dans son Yver vous n’estes qu’un villain extrait des 3 Chansons de Charles d’Orléans. Il a également écrit dans ses préludes « impressionnistes » le n° 6, Des pas sur la neige.

Debussy Yver vous n'êtes qu'un vilainCliquez sur Debussy

Autre compositeur français du XXe siècle à avoir gâté les chœurs avec ses très belles pièces, POULENC a écrit La blanche neige, dans ses 7 chansons pour chœur a cappella.

Dernier avatar de l’hiver, l’adaptation à l’opéra par BOESMANS en 2000 du conte d’hiver de SHAKESPEARE.

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérer que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)

P.P.S. : Retrouvez d’autres musiques sur le thème de l’hiver en cliquant sur le lien.

Mythologie, Nature, Poésie

LES MUSES AIMENT LES ARTS

Nous lézards aimons les Muses

Elles Muses aiment les arts

Avec les arts on s’amuse

On muse avec les lézards…

Je ne peux m’empêcher de citer le début de ce poème de QUENEAU en introduction à ce billet consacré aux muses zet aux arts.

Les muses, au nombre de 9, étaient les filles de Zeus et de Mnémosyne (la déesse de la mémoire).

​CALLIOPE ​Poésie épique
​CLIO ​Histoire
​ÉRATO ​Poésie lyrique
​EUTERPE Musique
​MELPOMÈNE ​Tragédie
​POLYMNIE ​Rhétorique
​TERPSICHORE ​Danse
​THALIE ​Comédie
​URANIE ​Astronomie

À l’époque baroque, les dieux, les nymphes et les Muses apparaissaient sans problème dans les livrets d’opéra. Il est donc naturel d’y rencontrer des Muses. Par exemple dans Alceste de LULLY, à la fin de l’œuvre, Apollon descend de l’Olympe avec les Muses.

Dans Platée, de RAMEAU, qui raconte un complot de Jupiter pour ridiculiser la nymphe Platée (et la jalousie de sa femme Junon), la Muse de la Comédie Thalie se joint à ce complot.

Rameau Platée ThalieCliquez sur la Thalie de Rameau

Dans les Boréades, du même Rameau, c’est Polymnie (la rhétorique) qui intervient pour essayer d’adoucir Borée, le dieu du vent.

Rameau les BoréadesCliquez sur l’image

On peut également noter que Campra a écrit un opéra-ballet intitulé Les Muses (1703) ou encore citer l’opéra-ballet les Fêtes de Thalie (1714), de MOURET, où l’on voit Melpomène (la Tragédie) se disputer avec Thalie (La Comédie) pour savoir qui doit avoir la prééminence sur l’opéra. À cette époque pré-hollywoodienne, quand un spectacle avait du succès, on faisait une suite, et c’est ainsi que dans la Revanche du fils du retour des Fêtes de Thalie (je ne suis pas certain du titre exact de cette suite), c’est au tour de Terpsichore (la Danse) et de Polymnie d’entrer dans la danse (si j’ose dire) pour revendiquer leur part dans le succès de l’opéra.

On retrouve ce même thème au XXe siècle où PROKOFIEV fait s’affronter Comédie et Tragédie pour savoir qui doit avoir la préséance sur l’autre dans L’amour des 3 oranges (1919). Les Muses y sont représentées par le chœur.

Prokofiev l'Amour des 3 oranges tragiques vs lyriquesCliquez sur l’image

Enfin dans les Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH c’est la muse de la Poésie qui veut s’assurer de l’exclusivité des faveurs du poète Hoffmann.

littérature, Mythologie, Nature, Poésie

le vin, LE VENT, la vie… (1 LE VENT)

… est un recueil de poésies du poète antéislamique Abu NUWAS (757 – 815), dans lequel il célèbre tous les plaisirs qui enivrent sa vie, que ce soit le vin, ou l’amour sous toutes ses formes.

Vine, Wind, Life is a book of poems written by Abu Nuwas.

Dans ce billet, je vous parlerai de la présence du vent dans l’opéra. Il y aura bien sûr un « LE VIN, le vent, la vie ». En l’attendant, je vous conseille le très bon article sur les chansons à boire de l’opéra de l’excellent site Le voyage lyrique.

C’est dans les opéras baroques que l’on trouve le plus l’influence du vent, puisqu’à cette époque les sujets étaient pour l’essentiel puisés dans la mythologie, et Éole, le dieu du vent pouvait donc participer à l’action.

Ainsi dès 1673 dans Alceste de LULLY, on voit Éole calmer les flots pour permettre à Admète et Alcide de poursuivre Lycomède qui a enlevé Alceste.

Dans King Arthur de PURCELL, au début de l’acte V, l’enchanteur Merlin invoque Éole. Le dieu du vent calme la mer déchaînée. Des flots surgit une île, l’Angleterre, the fairest isle.

Purcell King Arthur Fairest IsleCliquez sur l’île féérique

Dans le dernier de ses opéras, et peut-être le dernier opéra baroque puisqu’en 1763, le classicisme avait débuté, RAMEAU choisit Les Boréades dans lequel la reine Alphise doit choisir pour époux parmi les Boréades, c’est-à-dire les descendants de Borée, le dieu du Vent. Mais c’est un étranger, Abaris, qu’elle aime. Si elle cède à son amour, elle provoquera la colère de Borée. Après diverses péripéties, que je raconterai un jour dans un billet consacré aux Boréades, Borée en colère frappe la Terre de ses vents, provoquant la terreur chez les humains (Nuit redoutable, jour affreux). Au début de l’acte V, Borée ordonne aux vents de continuer à frapper la Terre, mais ceux-ci sont devenus faibles à cause d’un humain. En fait, on apprend qu’Abaris est un fils d’Apollon et d’une nymphe, elle-même descendante de Borée. Ainsi Alphise peut se marier avec Abaris et tout est bien qui finit bien.

Rameau les BoréadesCliquez sur l’image

Passons à l’époque classique avec l’opéra seria Idoménée (1780) de MOZART. L’histoire se passe en Crête après la chute de Troie. Au début du 3e acte, Ilia, fille de Priam, prend la nature à témoin de sa douleur (en français : Zéphir léger et charmant).

Mozart Idoménée Zefiretti lusinghieriCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, ROSSINI dans son Barbier de Séville compare les ravages de la calomnie à un petit vent qui enfle et enfle. Air de la calomnie : « La calunnia è un venticello ».

Rossini le barbier de Sévilla La CalunniaCliquez sur la calomnie

Et en dehors du chant de l’opéra, je ne peux résister à vous présenter une des pièces impressionnistes de DEBUSSY : Ce qu’a vu le vent d’ouest.

Debussy Ce qu'a vu le vent d'OuestCliquez sur le pianiste

Et pour terminer, une très belle chanson de BREL, qui est déjà un classique de la chanson francophone.

Animation 1, Nature

LES CHATS

Miaow, recently told me my cat.

MIAOU, me disait récemment mon chat, trouvant que je consacrais trop de temps à mon blog et pas assez à lui. Ah tu veux la jouer comme ça, lui répondis-je alors, eh bien je vais parler de toi dans mon blog.

En effet, les compositeurs se sont parfois amusés à mettre en musique nos amis félins.

Mais avant tout, il faut savoir qu’un chat a failli coûter la réputation et la carrière du Barbier de Séville de ROSSINI. En effet, lors de la première, en 1816, quelqu’un a jeté un chat sur la scène, provoquant ainsi un beau charivari qui aurait pu faire chuter cette œuvre.

Il faut croire que ROSSINI n’était pas rancunier puisqu’en 1825, il écrit le duo bouffon des chats. (La musicologie nous dit qu’en fait ce duo, attribué à Rossini, n’aurait pas été écrit par lui).

havre caumartin duo des chatsCliquez sur l’image

RAVEL dans son Enfant et les sortilèges a également écrit un beau duo pour chats.

ravel l'enfant et les sortilèges duo des chats

Et PUCCINI écrit, dans Il Tabarro, une des pièces de son triptyque, un Air de Frugola où la chanteuse expose la  philosophie de son chat au moyen de son ron ron.

DISNEY fera chanter des chats dans son film Les Aristochats où l’un des deux chatons s’appelle BERLIOZ, en hommage au compositeur français.

Plus près de nous, la comédie musicale Cats (musique d’Andrew LLOYD-WEBER) fait partie des œuvres récentes qui ont eu le plus de succès.

Cats the musical MemoryCliquez sur the Cat

Et pour finir, un dessin de notre chat Bouboule vu par Adrian, mon enfant :

Bouboule vue par Adrian

Nature

LES OISEAUX À L’OPÉRA

De tout temps, les musiciens ont aimé reproduire le chant des oiseaux dans leurs œuvres. Ainsi, bien avant la naissance de l’opéra, Clément Janequin (1485 – 1558) a mis en musique un savoureux Chant des oiseaux.

Dans l’opéra Platée (1745) de Rameau, Jupiter déguisé en hibou fait chanter aux oiseaux le fameux « charivari des oiseaux ».

Rameau Platée les oiseauxCliquez sur l’image

Plus tard, Mozart fera intervenir l’oiseleur Papageno dans sa Flûte enchantée (1791).

Mozart Flûte PapagenoCliquez sur l’oiseleur

Autre oiseau qui a une grande importance, celui du Siegfried (1856) de Wagner, qui prévient Siegfried de la présence d’un trésor, puis qu’on veut le tuer, et enfin de la présence de Brünnhilde endormie sur son rocher (cf. les murmures de la forêt).

Un petit clin d’œil à Bizet et sa Carmen, pour qui l’amour est un oiseau rebelle, que nul ne peut apprivoiser.

Bizet Carmen habaneraCliquez sur Carmen

Un des airs les plus connus des Contes d’Hoffmann (1881) d’Offenbach est « les oiseaux dans la charmille ».

Offenbach Hoffmann les oiseaux dans la charmille DessayCliquez sur Olympia

Hors opéra, c’est un plaisir pour moi de citer le Daphénéo de SATIE, où l’on apprend que si le noisetier donne des noisettes, l’oisetier donne des oiseaux qui pleurent.

Dans la femme sans ombre (1937), conte ésotérique de STRAUSS, le faucon de l’empereur se fait messager.

Si on connaît le ballet l’Oiseau de feu (1910) de STRAVINSKY (1882 – 1971), on connaît généralement moins son opéra le Rossignol, écrit en 1914.

Plus près de nous, MESSIAEN était ornithologue, et n’hésitait pas à se déplacer pour recueillir les chants d’oiseaux, qu’il retranscrivait ensuite musicalement. (réveil des oiseaux, oiseaux exotiques, catalogues d’oiseaux,…) Dans son opéra Saint-François d’Assise (1983), il écrit un impressionnant « Prêche aux oiseaux ».

Messiaen Saint-François d'Assise le prêche aux oiseauxCliquez sur l’image

Maria Callas, Nature

Opéra de la lune – la lune à l’opéra

Moonlight at opera

L’opéra de la lune (1953) est un conte pour enfants de Jacques Prévert mis en musique par Christiane Verger (le fidèle Joseph Kosma, qui avait composé les musiques des films de Prévert et Carné [les Visiteurs du soir, les Enfants du paradis] étant souffrant à cette époque). Il a été adapté en 1991 par Jacques Mayoud puis en 2012 à l’opéra par Jacques Pauset (source Wikipédia, le 02/10/2018).

Mais la lune, et surtout la pleine lune et son atmosphère si particulière, a souvent inspiré les compositeurs.

Parmi eux, on peut citer Lully et son fameux Au Clair de la lune connu de tous.

Au XVIIIe siècle, Haydnhttps://toutloperaoupresque655890715.com/2023/05/12/joseph-haydn-1732-1809/ a écrit un de ses opéras les plus connus, Il Mondo della luna (le Monde de la lune) (1777).

Haydn Il mondo della lunaCliquez sur l’image

En sortant du domaine strict de l’opéra, je ne peux pas faire l’impasse sur la sonate Clair de lune (1801) de BEETHOVEN.

Beethoven Clair de luneCliquez sur l’image

La lune est superbement représentée dans Norma (1831) de Bellini, avec notamment cet autre tube qu’est le « Casta diva » (Chaste déesse) que l’héroïne, grande prêtresse des druides chante pour que la cueillette du gui sacré soit bonne.

callas casta divaCliquez sur l’image

En 1842 avec Glinka, c’est au clair de lune que le père de la musique russe fait chanter au héros Ratmir son bonheur d’avoir retrouvé sa Gorislava à l’acte V de Rouslan et Ludmila.

En 1859, Meyerbeer, un des fondateurs du GOf, fait chanter et danser son héroïne Dinorah à la lune (Air: ombre légère).

À la fin du siècle, Dvorak fait chanter à sa Rusalka (1900) un de ses plus beaux airs, l’émouvant hymne à la lune du premier acte, alors que quelques années après encore, c’est Richard Strauss qui rend hommage à la lune dans Salomé (1905), opéra baigné par la lune dont la froide beauté est sans cesse comparée à celle de l’héroïne.

renee fleming rusalkaCliquez sur Rusalka

En 1905, Debussy compose son Clair de lune pour le piano.

Clair de lune est une des mélodies les plus subtiles de Fauré, sur un poème de Verlaine.

En 1922 Berg écrit Wozzeck, d’après Büchner. À l’acte III, une lune rouge se lève et Wozzeck, croyant voir du sang frappe et tue sa femme Marie.

Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur Wozzeck et Marie

Deux ans plus tard, dans Turandot de Puccini, la lune a une grande importance puisque c’est à son lever que la princesse Turandot fait trancher la tête de ses prétendants qui ont échoué à résoudre ses trois énigmes. On y entend par exemple le peuple, qui attend le lever de la lune, chanter le chœur Perché tarda la luna.

Puccini Turandot Perché tarda la LunaCliquez sur l’image

Animation 1, littérature, Mythologie, Nature

LE STUDIO GHIBLI

Studio Ghibli was founded by Hayaho MIYAZAKI (Spirited away) and Isao TAKAHATA (Grave of the fireflies).

Le studio GHIBLI est un studio de dessins animés, ou plus précisément d’anime puisqu’il s’agit d’animation japonaise, fondé en 1985 par Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro) et Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles).

On ne le sait pas toujours, mais Miyazaki, qui mêle animisme japonais et écologie dans ses longs métrages, est également attiré par l’Europe, et ceux de ses films qui ne se passent pas au Japon se passent souvent dans une espèce de Mitteleuropa.

Le compositeur attitré de Miyazaki est Joe Hisaishi, mais des éléments de musique classique se trouvent également dans les bandes originales.

Ainsi dans Nausicaä de la Vallée du vent (1984), cette citation de la Sarabande d’Haendel.

Hisaichi Nausicaä HaendelCliquez sur Nausicaä

ponyo walkyrie

Dans Ponyo sur la falaise (2008), la petite fille poisson s’appelle Brünnehilde, comme la Walkyrie de WAGNER, avant d’être nommée Ponyo par un petit garçon qui la recueille. Son histoire est proche de celle d’Ondine, d’E.TA. Hoffmann, ou de la petite Sirène d’Andersen et donc de la Rusalka de Dvorak.

Dvorak Rusalka METCliquez sur Rusalka

Vers la fin du film, Ponyo/Brunehilde chevauche une vague géante, sur la musique de la Chevauchée des Walkyries.  Le vent se lève

Dans Le vent se lève (2013) apparaît le personnage de Castorp, directement inspiré du Castorp de La Montagne magique (1924) de Thomas Mann. Or ce roman est écrit en contrepoint de la Mort à Venise (1912) du même Mann, roman qui a été transposé à l’opéra par B.Britten (1972). Il a également été adapté au cinéma par Visconti, avec la géniale utilisation de la musique de Mahler (adagietto de la 5e symphonie).

Mahler Symphonie n° 5 adagiettoCliquez sur l’image

Quant à Takahata, son goût pour la musique occidentale transparaît non seulement dans ses musiques de films, mais également dans le sujet même de certains de ses films. Ainsi de Gauche le violoncelliste (1981), où un jeune violoncelliste s’entraîne la nuit, au milieu d’animaux qui l’aident. Le concert qu’il prépare avec son orchestre de jeunes est la Symphonie pastorale de Beethoven. yamada                                                                             source

Dans Mes Voisins les Yamada (1999), une série de saynètes de la vie familiale au Japon, des extraits musicaux ponctuent le film, et on peut y entendre notamment la marche nuptiale du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn, la symphonie des jouets attribuée à Léopold Mozart ou encore les symphonies 1 et 5 de Mahler.

Et enfin, pour tout savoir sur l’univers du studio Ghibli, une seule adresse, l’excellent site Buta Connection.

Si ce billet vous a plu, celui sur Walt DISNEY pourrait vous plaire également.

Animation 1, Nature

Ô rage, oh des espoirs…

… que la canicule s’arrête.

Storm and despair !

En dépit de ce titre en forme de jeu de mots, ce n’est pas de CORNEILLE que je vais vous parler aujourd’hui. J’ai parlé dans un autre billet de l’auteur du Cid (adapté par MASSENET), de Polyeucte (adapté par DONIZETTI), et collaborateur de MOLIÈRE sur le livret du Psyché de LULLY.

Non, je ne vous en parlerai pas, mais ce sont des phénomènes atmosphériques appelés orages que je vais parler.

Dans Didon et Énée (1689) de PURCELL, les sorcières qui veulent la perte de la reine Didon font éclater un orage pour isoler le prince Énée.

Une autre scène d’orage intervient dans le Xerxès (1738) de HAENDEL.

Dans Les Boréades (1763) de RAMEAU, le demi-dieu Borée fait éclater une tempête, et le chœur doit le supplier pour arrêter l’orage. On pourra d’ailleurs comparer cet orage à celui de Platée (1745) du même Rameau.

Dans sa reprise du Roland de LULLY, un siècle après lui, l’Italien PICCINNI met le héros Médor aux prises avec l’orage : en butte aux fureurs de l’orage.

Chez les romantiques, l’orage avait une saveur particulière, ne parlons-nous pas de Sturm und Drang (orage et passion) pour cette époque. Dans le Freischütz (1821)  de WEBER, dans la fantastique scène de la gorge aux loups, deux orages se croisent au-dessus des héros en train de fondre leurs balles maudites à minuit.

[Je ne peux résister ici au plaisir de présenter l’orage du 4e mouvement de la Symphonie Pastorale (1808) de Beethoven, interprétée ici par Disney dans Fantasia (1940)].

WAGNER n’est pas en reste, puisqu’à la fin de l’Or du Rhin, Donner provoque un orage pour former l’arc-en-ciel par lequel les dieux vont pouvoir entrer  au Walhalla.

Wagner Rheingold l'orageCliquez sur l’orage

C’est par un orage que débute La Walkyrie quand Siegmund en fuite doit trouver refuge chez Hunding et Sieglinde.

On trouve un bel air post-orage dans Les Pêcheurs de perles (1863) de BIZET : L’orage s’est calmé.

bizet pêcheurs de perle l orage s est calméCliquez sur Zurga

TCHAIKOVSKY a orchestré un orage dans La Dame de pique (1890) et JANACEK dans Katia Kabanova, un opéra tiré de l’Orage du dramaturge russe Ostrovsky.

Même ROSSINI s’est fendu de son orage dans La Cenerentola (Cendrillon) (1816). C’est un orage qui fait s’arrêter chez Cendrillon les envoyés du roi qui cherchent la jeune femme qui a séduit le prince au bal.

Peut-être connaissez-vous d’autres scènes d’orage ?