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LA DAME DE PIQUE (PIKOVAYA DAMA), de TCHAÏKOVSKI (1890)

La Dame de pique est un opéra de TCHAÏKOVSKI composé sur un livret de son frère Modeste d’après une nouvelle de POUCHKINE, et créé à Saint-Pétersbourg en 1890. C’est avec Eugène Onéguine un des deux plus connus de ce compositeur, et on y retrouve sa francophilie, notamment avec le chœur d’enfants introductif et avec le personnage de la Comtesse qui se rappelle sa jeunesse à Paris.

Acte I : Le rideau se lève à Saint-Pétersbourg, au parc où les gouvernantes emmènent les enfants. On voit ceux-ci jouer les petits soldats, comme dans Carmen de BIZET que Tchaïkovski révérait. Sourine et Tchékalinski parlent de leur ami Herrmann. Celui-ci, taciturne, passe ses nuits dans les cercles de jeu, mais sans toucher aux cartes. Herrmann se confie à Tomski : il est amoureux d’une belle et riche inconnue.

Le Prince Eletski se joint à ses amis pour annoncer son mariage. Tout le monde s’en réjouit, sauf Herrmann tout à son désespoir. Alors que Lisa approche avec sa grand-mère, la comtesse, Herrmann reconnaît en Lisa sa belle inconnue. L’air sombre de Herrmann fait peur aux deux femmes qui l’ont déjà remarqué tournant autour d’elles. Tomski raconte une anecdote sur la comtesse. Dans sa jeunesse, elle avait perdu sa fortune au jeu à Paris. En échange d’un rendez-vous galant avec le comte de Saint-Germain, elle avait obtenu le secret de trois cartes gagnantes, qui lui avaient permis de regagner sa fortune. Sourine et Tchékalinski, par plaisanterie, proposent à Herrmann d’obtenir ce secret, mais Herrmann, lui, ne pense qu’à obtenir l’amour de Lisa. L’orage se déchaîne sur le parc.

Dans son salon, Lisa fait de la musique avec ses amies (Duo).

Tchaïkovsky Dame de pique Duo Lisa PolinaCliquez sur le salon de musique

Son amie Pauline chante une chanson mélancolique, puis pour consoler Lisa, un air populaire russe que toutes reprennent en chœur. La gouvernante vient les gronder de la part de la Grand-Mère, disant que c’est l’heure d’aller se coucher. Restée seule dans sa chambre, Lisa confie son chagrin à la nuit. Elle n’aime pas Eletski, c’est vers Herrmann que vont ses pensées. Herrmann apparaît à la fenêtre et lui confie son amour, et son souhait de mourir maintenant qu’il sait qu’elle va se marier avec un autre. Il se cache lorsque la comtesse vient dire à Lisa qu’il est l’heure de se coucher, mais en la voyant, il se rappelle le secret des trois cartes de la comtesse. Il renonce à la mort à laquelle il aspirait pour s’en emparer. Quand ils sont à nouveau seuls, il supplie Lisa qui finit par céder et se donne à lui.

 Acte II : Lors d’un bal, le Prince Eletski s’étonne de la froideur de sa fiancée. Déclarant son amour dans un air plein de noblesse, il dit à Lisa que si elle ne l’aime pas, il est prêt à renoncer à elle pour assurer son bonheur.

dame de pique amour herrmannCliquez sur l’image

Herrmann paraît, obsédé par le secret des trois cartes. Sourine et Tchékalinski poursuivent leurs plaisanteries au sujet des trois cartes de la comtesse.

Suit une très mozartienne pastorale sur le thème de l’amour triomphant de la richesse. Quand Herrmann se trouve face à face avec la comtesse, l’idée des richesses qu’il pourrait obtenir avec les trois cartes le hante.

dame de pique pastoraleCliquez sur l’image

Lisa lui confie une clé qui lui permettra de la rejoindre la nuit dans sa chambre, en passant par celle de sa grand-mère. Il accepte le rendez-vous de Lisa, mais c’est bien le secret de la comtesse qu’il compte ravir.

Herrmann pénètre dans la chambre de la comtesse. Entendant des bruits de pas, il se cache et la vieille dame entre avec ses suivantes. Se remémorant sa jeunesse, elle évoque les réceptions auxquelles elle allait à Paris. (Air de Grétry qui personnellement m’émeut toujours : « Je crains de lui parler la nuit ».)

dame de pique comtesseCliquez sur l’image

Comme elle s’assoupit, elle voit Herrmann se dresser devant elle, qui la menace et lui demande de révéler son secret. Terrifiée, elle meurt sans parler. Lisa entre alors et réalise que ce n’est pas pour elle que Herrmann est venu, mais pour le secret de sa grand-mère.

Acte III : Après un prologue orchestral, le rideau s’ouvre sur Herrmann lisant une lettre de Lisa, qui lui donne rendez-vous à la nuit pour lui permettre de se disculper de la mort de sa grand-mère. Dans un demi-sommeil, Herrmann revit les événements de la nuit précédente, il croit entendre un requiem, il veut fuir, mais le spectre de la comtesse se dresse devant lui et lui donne la formule des cartes : le trois, le sept, l’as, en lui demandant d’épouser Lisa.

Lisa, qui attend Herrmann, veut croire à son innocence (grand air de Lisa).

dame de pique air de lisa acte IIICliquez sur l’image

Quand il arrive enfin, il répète machinalement les mots d’amour que Lisa lui dit. Il est obsédé par l’idée d’aller à la salle de jeu. Finalement, tout à son obsession, il repousse Lisa qu’il ne reconnaît même plus. Désespérée, celle-ci va se jeter dans la Neva.

Le prince Eletski arrive au cercle de jeu. Il déclare aux joueurs qui s’étonnent de sa présence qu’il a perdu sa fiancée et qu’il vient pour se venger. Après une chanson légère de Tomski et un chœur des joueurs, le jeu peut commencer. Herrmann arrive et mise sur les cartes révélées par la comtesse et gagne sur les deux premières. Il remet tous ses gains en jeu sur la troisième carte, et le prince Eletski relève le défi. Herrmann joue donc l’as, mais c’est la Dame de Pique qui sort. Regardant cette carte funeste, il croit voir le visage ricanant de la comtesse. Il se suicide et, en mourant, demande pardon au prince. Il croit voir Lisa, implore son amour, et meurt.

Tchaïkovski la Dame de pique scène finaleCliquez sur l’image

Mes opéras préférés, Valse

LES CONTES d’HOFFMANN, d’OFFENBACH (1881)

En ce jour anniversaire des deux cents ans d’Offenbach, j’ai voulu lui rendre hommage au travers de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

Auteur connu pour ses opéras-bouffes ou opérettes, OFFENBACH souffrait de cette étiquette de « Mozart de l’opérette » qu’on lui avait attribuée. Quand le librettiste Jules Barbier lui propose le livret des Contes d’Hoffmann, il voit là l’occasion de se faire reconnaître comme compositeur « sérieux ». Malheureusement, il meurt quelques mois avant la création de son œuvre en 1881, et ne peut donc pas goûter à son succès.

Les Contes d’Hoffmann, donc, sont une adaptation de contes fantastiques de l’auteur allemand E.T.A. Hoffmann.

Prologue : La muse de la poésie veut s’accaparer le poète Hoffmann. Pour parvenir à ses fins, elle prend les traits de son ami Nicklausse. La cantatrice Stella qui interprète le Don Giovanni de Mozart envoie une lettre avec la clé de sa loge à Hoffmann, pour qu’il vienne la voir après le spectacle. Le conseiller Lindorf, trouvant la lettre et la clé, veut aller dans la loge à la place d’Hoffmann. À l’entracte, Hoffmann arrive dans une taverne où, après qu’il eut chanté la chanson humoristique de Kleinzach, des étudiants le pressent de raconter ses trois histoires d’amour.

kleinzachCliquez sur l’image

Acte I : À Paris. L’inventeur Spalanzani espère que son invention, une poupée mécanique nommée Olympia, lui rapportera suffisamment d’argent pour régler ses dettes. Hoffmann, qui a aperçu Olympia, en est tombé amoureux. Il veut la rencontrer. Coppélius apparaît. C’est lui qui a fourni les yeux de la poupée, et il vient se faire payer. Il vend à Hoffmann une paire de lunettes magiques qui lui font voir Olympia comme une vraie femme. Spalanzani paye Coppélius avec une traite sans provision. Puis il présente sa « fille » à ses invités. Tous sont éblouis (Chœur : « Elle a des yeux, de très beaux yeux ».) Alors que Hoffmann, qui a déclaré son amour à Olympia, danse avec elle, le mécanisme de la poupée se dérègle, entraînant le couple dans une valse endiablée. Il tombe et brise ses lunettes. Cochenille, l’assistant de Coppélius apparaît : Coppélius a cassé la poupée pour se venger. Ses lunettes brisées, Hoffmann se rend compte qu’il ne s’agissait que d’un automate.

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Acte II : À Munich. Le conseiller Crespel cherche à éloigner sa fille Antonia et Hoffmann. (Air : « C’est une chanson d’amour ».) Antonia est douée d’une voix exceptionnelle mais, malade, elle se rapproche de la mort chaque fois qu’elle chante. Elle tient son don (et son mal) de sa mère, une célèbre cantatrice. Hoffmann la pousse à poursuivre sa carrière de cantatrice. Le docteur Miracle vient proposer ses services à Crespel. Caché, Hoffmann entend de quel mal souffre Antonia. Resté seul avec elle, il lui fait promettre de renoncer à chanter. Le docteur Miracle revient auprès d’Antonia, et par des moyens magiques, fait revivre la mère d’Antonia pour la convaincre de chanter encore. Antonia entonne une dernière fois son chant et s’effondre dans les bras de son père.

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Acte III : À Venise. (Barcarolle : « belle nuit ») Lors d’une fête chez Giulietta, à Venise, Hoffmann déclare renoncer à l’amour. Dapertutto promet à Giulietta un diamant si elle réussit à lui obtenir le reflet d’Hoffmann, comme elle lui a donné l’ombre de Schlémil, une autre de ses victimes.  Hoffmann se laisse séduire par Giulietta. Incapable de la quitter, il se bat en duel avec Schlémil et le tue. Giulietta se moque de lui. Hoffmann veut rester, mais, horrifié, il se rend compte qu’il a perdu son reflet. Il tue Giulietta. Nicklausse le pousse à quitter Venise.

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Épilogue : Hoffmann est épuisé par l’évocation de ses souvenirs de jeunesse. Il explique que les trois femmes représentent les trois facettes d’une même personne, la cantatrice Stella. La diva apparaît, mais devant l’ivresse d’Hoffmann, elle part au bras de Lindorf. Restés seuls, Nicklausse se dévoile. La muse décide Hoffmann à ne plus se consacrer qu’à elle.

Mes opéras préférés

LE BARBIER DE SÉVILLE, de ROSSINI (1816)

Le Barbier de Séville (Il Barbiere di Siviglia) est probablement l’opéra le plus connu de ROSSINI (1792 – 1868). Créé en 1816 dans des conditions difficiles (la première a été catastrophique), il n’a pas tardé à trouver sa place au répertoire.

Le livret est bâti sur une adaptation de la pièce éponyme de BEAUMARCHAIS, et l’œuvre contient de très belles pages lyriques, à commencer par la célèbre ouverture.

rossini barbier ouvertureCliquez sur l’image

Acte I : Le comte Almaviva veut donner une sérénade sous la fenêtre de Rosine, la pupille du docteur Bartolo (Ecco ridente in cielo). La belle ne paraît pas et Almaviva reste seul quand arrive Figaro, ancien domestique du comte devenu barbier de Bartolo. Figaro chante les avantages qu’il a à être l’homme à tout faire (le factotum) de toute la ville (Largo al factotum).

rossini largo al factotumCliquez sur l’image

Rosine apparaît enfin à son balcon et laisse tomber un petit mot encourageant Almaviva à continuer de faire sa cour. À Bartolo méfiant, elle dit que c’est la musique d’un opéra à la mode : La Précaution inutile (La Précaution inutile était le sous-titre de la pièce originale de Beaumarchais.) Comme Bartolo sort, Almaviva, se faisant passer pour Lindoro, un étudiant désargenté, reprend sa sérénade. Figaro lui conseille de se déguiser en officier titulaire d’un billet de logement pour entrer chez Bartolo.

Dans sa maison, Rosine chante son amour nouveau pour Lindoro (Una voce poco fa).

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Basile, le maître de musique de Bartolo vient prévenir celui-ci de la présence en ville d’Almaviva. Il lui dit qu’il va le calomnier pour le déconsidérer. (La calunnia é un venticello). (Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.)

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Ils sortent pour préparer le contrat de mariage entre Bartolo et sa pupille, mais Figaro qui était caché a tout entendu. Il prévient Rosine, qui lui confie un billet pour Almaviva/Lindoro quand Bartolo revient, toujours soupçonneux.

Almaviva arrive, déguisé en soldat ivre. Une dispute commence entre les deux hommes, et le comte profite de la colère de Bartolo pour glisser un billet à Rosine. Les voisins attirés par le bruit arrivent à leur tour, et l’acte se termine par un de ces chahuts ébouriffants dont Rossini avait le secret.

Acte II : Almaviva est de retour chez Bartolo. Cette fois, il se fait passer pour Don Alonso, l’assistant de Basile qui vient donner sa leçon de musique à Rosine à la place de son maître malade. Bartolo reste méfiant, mais Rosine qui a reconnu Lindoro peut répondre à son amour (Contro un cor).

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Figaro arrive pour raser Bartolo, et détourner son attention pendant la rencontre de Rosine et Almaviva. Il subtilise la clé de la fenêtre de Rosine pour pouvoir revenir l’enlever de nuit.

Basile survient, surprenant Bartolo qui le croyait malade, Figaro et Almaviva le convainquent de jouer les malades moyennant une bourse bien garnie (Buena serra). Le comte prévient Rosine de se tenir prête à minuit, mais Bartolo surprend leur manège et chasse Don Alonso. Il demande à Basile d’aller chercher le notaire pour avancer le mariage. Il se sert du petit mot d’amour qu’il avait récupéré pour montrer à Rosine qu’Almaviva se joue d’elle. Furieuse celle-ci se décide à épouser son tuteur pour se venger et lui révèle qu’on doit venir l’enlever cette nuit même.

À la nuit tombée, Figaro et le comte s’introduisent dans la maison. Rosine repousse Lindoro, mais celui-ci révèle sa véritable identité. Le malentendu se dissipe et les deux amoureux se réconcilient. Quand le notaire arrive avec le contrat de mariage, l’astucieux Figaro se débrouille pour faire marier Rosine et Almaviva, avec Basile comme témoin. Quand Bartolo arrive, il est trop tard. Almaviva dévoile son identité et tout se termine bien pour (presque) tout le monde dans un sextuor et chœur final : Di si felice innesto.

Bonus : En complément, voici une version alternative de l’ouverture, qui a évidemment sa place dans le billet  » L’humour en musique « , si je me décide un jour à le publier.

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Mes opéras préférés, Shakespeare

OTELLO, de VERDI (1887)

Après 10 ans de silence opératique, VERDI revient en 1884 à son genre de prédilection avec un de ses auteurs favoris, SHAKESPEARE, qu’il a déjà mis en musique avec Macbeth.

Drame de la jalousie (je l’aimais, je l’ai tué…), Otello est le fruit d’une collaboration avec le librettiste Boïto, et sera créé en 1887 à la Scala de Milan.

Acte I : Sur le port de Chypre, la foule observe le bateau d’Otello, général vénitien qui revient vainqueur d’une bataille contre les Turcs. La tempête fait rage, et le peuple prie pour que le bateau arrive à bon port. Otello débarque et annonce sa victoire (Air : Esultate). Il rentre dans le palais rejoindre Desdémone, sa femme.

Deux hommes ne participent pas à la liesse générale. Iago, sous-lieutenant d’Otello, qui le déteste parce qu’il n’a pas eu l’avancement qu’il souhaitait, et Roderigo, qui est amoureux de Desdémone.

La foule joyeuse vient fêter le retour de leur chef vainqueur. Pendant la fête, Iago fait boire Cassio et déclenche une querelle entre Cassio, le capitaine a qui on a donné la place que Iago convoitait, et Roderigo. Montano, le prédécesseur d’Otello à Chypre veut les séparer, mais Cassio, ivre, se bat avec lui et le blesse.

Acte II : Iago fait croire à Cassio qu’il est de son côté, et qu’il va l’aider à retrouver les bonnes grâces d’Otello. Il lui suggère d’aller demander l’aide de Desdémone, qui règne sur le cœur d’Otello. Resté seul, il avoue dans un Credo blasphématoire (Air : « Credo in un Dio crudel ») qu’il compte se servir de Cassio et Desdémone pour atteindre Otello.

otello credi un un dio crudeleCliquez sur Iago

(Suite à ce credo blasphématoire, Boïto suggéra à Verdi d’écrire un « Ave Maria » expiatoire. Cet « Ave Maria » sera la première des Quatre pièces sacrées, la dernière œuvre composée par Verdi.)

Desdémone arrive et Cassio va lui parler. Lorsqu’Otello entre, Iago fait semblant d’être troublé par leur rencontre. Il lui fait remarquer perfidement que sa femme discute dans le jardin avec Cassio et suggère qu’ils se connaissent peut-être mieux qu’on ne le croit. Le peuple arrive chantant la beauté et la bonté de Desdémone (Chœur : Dove guardi splendono raggi). À leur départ, celle-ci demande à son mari le retour en grâce de Cassio ce qui, après les insinuations de Iago, alimente ses soupçons et sa fureur. Desdémone voulant lui éponger le front, fait tomber son mouchoir brodé. Alors qu’Émilia, la femme de Iago et la confidente de Desdémone, le ramasse, Iago s’en empare et ordonne à sa femme de se taire (quatuor).

Le poison de la jalousie fait son œuvre et Otello demande à Iago des preuves de la trahison de sa femme. Iago lui dit qu’il a surpris Cassio en train de rêver à Desdémone et à son amour pour elle (Air : « Era la notte, Cassio dormia »), et qu’il garde chez lui le mouchoir brodé qu’Otello avait offert à sa femme, mais que celle-ci a à son tour donné à Cassio. Furieux, Otello jure de se venger (Duo : « Dio vindicator »).

otello final acte IICliquez sur l’image

Otello et Desdémone, dérangés par le bruit, arrivent. Otello, furieux, fait cesser la querelle et dégrade Cassio, avant de renvoyer tout le monde. Quand ils se retrouvent seuls, ils chantent leur amour dans un des plus beaux duos de Verdi (Duo : « Gia nella notte densa ».)

otello gia nella notteCliquez sur Otello et Desdémone

ACTE III : Alors que l’on annonce l’arrivée d’ambassadeurs de Venise, Iago dit à Otello qu’il saura faire avouer Cassio et part le chercher. Comme Desdémone arrive, Otello lui demande de lui montrer le mouchoir brodé qu’il lui avait offert. Desdémone répond qu’elle ne l’a pas sur elle. Elle demande à nouveau la grâce de Cassio, ce qui provoque la colère d’Otello, qui l’accuse d’adultère ! Desdémone s’enfuit, ne comprenant rien à la fureur de son mari. Otello resté seul regrette ses conquêtes vaines face à la trahison de la femme qu’il aime.

Cassio arrive avec Iago. Otello, caché, les écoute. Iago demande à Cassio de lui parler de ses amours avec sa maîtresse Bianca, mais il se débrouille pour qu’Otello pense que ce discours galant a pour sujet Desdémone. Enfin, Cassio sort un mouchoir brodé qu’il a trouvé chez lui. Iago insinue que c’est peut-être Desdémone qui l’y a mis.

Cassio sort et Otello annonce à Iago qu’il va en finir avec Desdémone. Iago répond qu’il en fera de même avec Cassio. Pour le récompenser, Otello lui donne la place de capitaine de Cassio. Les ambassadeurs arrivent. Le doge demande à Otello de rentrer à Venise, Cassio devant prendre sa place en tant que gouverneur de Chypre. Desdémone en est heureuse pour lui, ce qui rend Otello furieux. Il jette sa femme au sol. Perdant toute contenance, Otello renvoie tout le monde et maudit Desdémone, qui quitte la salle. Otello s’évanouit. Iago commence à savourer sa victoire.

Acte IV : Dans sa chambre, Desdémone confie son trouble à Émilia. Elle lui demande de disposer sa robe de mariée sur le lit, avant de chanter la romance du Saule, une chanson triste que chantait autrefois une servante séduite, puis abandonnée (Air : « Piangea cantando nell’erma landa »). Elle fait ses adieux et prie la Vierge Marie de veiller sur elle dans un émouvant « Ave Maria ».

otello ave mariaCliquez sur Desdémone

Elle se couche et s’endort. Otello entre dans la chambre et contemple sa femme endormie. Il la réveille avec des baisers et lui demande si elle a fait ses prières, car elle va mourir. Desdémone proteste encore une fois de son innocence, mais Otello l’étrangle. On frappe à la porte. C’est Émilia qui annonce que Cassio a tué Roderigo en duel. Voyant sa maîtresse étendue, soupirant qu’elle meurt innocente, elle se met à crier. Ses cris font accourir Cassio, Iago, Montano et un ambassadeur. Émilia révèle la trahison de Iago, qui s’enfuit. Comprenant qu’il a accusé (et tué !) à tort son épouse (Air : « Niun mi tema »), il prend son poignard et se l’enfonce dans le cœur. Il meurt sur le corps de sa femme, qu’il embrasse une dernière fois.

otello nun mi temaCliquez sur l’image

histoire, Mes opéras préférés

AÏDA de VERDI

Opéra péplum, Aïda est le fruit d’une commande du souverain d’Égypte qui souhaitait, pour l’inauguration du canal de Suez (1869) et de l’Opéra du Caire, la création d’un opéra écrit par un auteur de renom. VERDI étant un des plus célèbres de son époque, c’est à lui qu’on a demandé. Le livret est dû au grand égyptologue Mariette. La guerre de 1870 en retarde la création (l’opéra du Caire sera inauguré avec Rigoletto) et la création d’Aïda a lieu en 1872.

Dans ce Roméo et Juliette au pays des pharaons, on retrouve le schéma type de l’opéra selon G.B.SHAW (S+T/B+A). Un jeune chef militaire égyptien, Radamès, est amoureux d’une esclave, Aïda. Or celle-ci se trouve être la fille du roi des Éthiopiens, contre l’armée duquel Radamès doit se battre. C’est très cornélien tout ça !

C’est l’occasion pour Verdi d’écrire de très beaux airs et ensemble, dont le tube pour ténor « Celeste Aïda » ou la marche triomphale avec les célèbres trompettes d’Aïda.

Acte I : Dans le palais royal de Memphis, le grand prêtre Ramphis annonce à Radamès, jeune capitaine de l’armée égyptienne, que la déesse Isis a nommé le chef qui mènerait l’armée au combat contre les Éthiopiens, sur le point d’envahir l’Égypte. Radamès rêve de ce poste et de la victoire, qui lui permettrait de demander la main d’Aïda, une jeune esclave d’Amnéris, la fille du pharaon. (Air : Celeste Aïda.)  Amnéris, amoureuse de Radamès, se demande s’il en aime une autre. Lorsqu’Aïda paraît, Amnéris comprend au trouble de Radamès qui est sa rivale (Trio). Un messager arrive : les Éthiopiens, conduits par Amonasro, ont envahi l’Égypte et marchent sur Thèbes. Le pharaon dévoile le choix d’Isis, c’est Radamès qui dirigera l’armée égyptienne. Tout le monde lui souhaite la victoire, même Aïda déchirée entre son amour pour sa patrie et son amour pour Radamès (Air : Ritorna vincitor).

Dans le temple de Memphis, les prêtres et les prêtresses invoquent le dieu Ptah. Ramphis remet à Radamès un glaive sacré qui le mènera à la victoire (Duo : « Nume, custode e vindice »).

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Acte II : Amnéris et les femmes attendent le retour de l’armée et de Radamès, victorieux des Éthiopiens. Voulant tester les sentiments d’Aïda, Amnéris lui annonce la mort de Radamès. Aïda est désespérée. Amnéris révèle alors qu’elle a menti et qu’il est vivant. Devant la joie d’Aïda, Amnéris laisse éclater sa fureur en révélant qu’elles sont rivales (Duo : Pietà ti prenda del mio dolor).

À Thèbes, le peuple acclame son armée (marche : « trompettes d’Aïda »). Derrière le défilé des troupes victorieuses suit Radamès, porté en triomphe. On amène les prisonniers, mais Aïda, reconnaissant parmi eux son père Amonasro, se trahit. Celui-ci plaide pour son peuple. Radamès ému demande la libération des prisonniers. Le pharaon accepte à condition qu’Aïda et son père restent en Égypte, et donne la main de sa fille à Radamès. Amnéris est heureuse, Aïda pas.

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Acte III : La nuit sur les bords du Nil, près du temple d’Isis. Amnéris et Ramphis viennent invoquer Isis avant le mariage d’Amnéris. Au même moment, Aïda attend Radamès qui lui a donné rendez-vous à cet endroit. Elle chante son désespoir de ne plus voir sa patrie (Air : « Oh, patria mia »).

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Amonasro tente de la convaincre de trahir Radamès au nom de cette patrie, et essaie de connaître le chemin que doit prendre l’armée égyptienne pour pouvoir l’attaquer. Aïda refuse et se fait maudire par son père, avant de se laisser convaincre, pour sauver son peuple et revoir sa patrie. Entendant Radamès arriver, Amonasro se cache. Aïda réussit à convaincre Radamès de fuir avec elle, et demande quel chemin prendre pour éviter de croiser la route de l’armée égyptienne (Duo : Fuggiam gli ardori inospiti). Il le lui dit. Amonasro sort alors de sa cachette, et Radamès se rend compte qu’il a trahi son secret et sa patrie. Ils essaient de convaincre Radamès de les suivre en Éthiopie où il pourra couler des jours heureux avec Aïda, mais à ce moment, Amnéris et Ramphis sortent du temple d’Isis. Amonasro veut la poignarder, mais Radamès l’en empêche, avant de favoriser la fuite du père et de sa fille, et de se livrer à Ramphis.

Acte IV : Dans le palais, Amnéris s’inquiète du sort de Radamès, qu’elle aime malgré sa trahison. Elle le fait venir. Radamès se défend et lui reproche d’avoir tué Aïda. Amnéris lui dit qu’Aïda a réussi à s’enfuir et lui promet la grâce s’il accepte de ne plus la revoir, mais il refuse. Radamès est jugé et est condamné à être emmuré vivant, au grand dam d’Amnéris (Chœur : Spirto del nume).

Dans la crypte du temple, Radamès se lamente sur son sort. Il entend un bruit, c’est Aïda qui a réussi à se glisser avec lui. Ils meurent dans les bras l’un de l’autre (Duo : « O terra, addio ») tandis que dans le temple, Amnéris prie pour qu’ils obtiennent la paix éternelle.

Verdi Aïda O terra addioCliquez sur l’image

 

Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés

LES INDES GALANTES de RAMEAU (1735)

Les Indes galantes est ce qu’on appelle un opéra-ballet, une forme dérivée de la tragédie lyrique, où la danse tient une grande importance. On ne parle plus de découpage en actes, mais en entrées, chaque entrée pouvant raconter une histoire indépendante des autres, rompant ainsi la règle des trois unités chère aux auteurs classiques.

Le premier opéra-ballet fut l’Europe galante (1697), de Campra. Les Indes galantes est donc une réponse à cette Europe galante.

Composé par RAMEAU en 1735, cet opéra-ballet ne comportait à sa création que trois entrées. La quatrième a été rajoutée à la reprise en 1736.

  • Le Turc généreux : Classique histoire d’Occidentaux qu’une tempête a jetés sur les rivages turcs. Osman tombe amoureux d’Émilie, désespérée d’avoir perdu son fiancé. Quand elle le retrouve, le turc, généreux, les laisse à leur amour.

Rameau Indes galantes Turc généreuxCliquez sur l’image

  • Les Incas du Pérou : Carlos, vainqueur des incas aime la princesse Phani. Huascar le grand prêtre du soleil reproche son attitude à Phani. Il simule une éruption volcanique, mais meurt écrasé par les rochers, laissant Carlos et Phani libres de leur amour.

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  • Les fleurs : Tacmas, prince persan, est amoureux de Zaïre, une esclave de son ami Ali, qui lui est amoureux de Fatima. Après un chassé-croisé, tout est bien qui finit bien.

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  • Les sauvages d’Amérique : Adario, chef indien battu par les Français et les Espagnols, s’inquiète à propos de Zima dont il est amoureux mais qui est courtisée à la fois par le chef français et le chef espagnol. Zima les rejette pour se tourner vers Adario. Tout se termine autour du calumet de la paix.

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Mes opéras préférés

WERTHER, de MASSENET (1887 – 1892)

Adapté des Souffrances du jeune Werther (1774), le livre du grand GOETHE qui a « lancé » le romantisme et provoqué une vague de suicide dans toute l’Europe, cet opéra s’ouvre et se ferme par des chants de Noël.

MASSENET en achève la partition en 1887, mais, refusée à Paris (!), c’est à Vienne que Werther est représenté pour la première fois en 1892, grâce au succès de Manon.

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut dire qu’on est dans un schéma (S+T/B) puisqu’une soprano (Charlotte) et un ténor (Werther) s’aiment, amour qui est empêché par un baryton (Albert).

Acte I : Le Bailli, un veuf, est en train de faire répéter à ses six plus jeunes enfants des chants pour Noël (Jésus vient de naître). Werther arrive, il vient chercher la fille aînée, Charlotte, pour l’accompagner au bal (Air : « Je ne sais si je veille »).

Massenet Werther Je ne sais si je veille KraussCliquez sur Werther

Charlotte descend, habillée pour le bal. Les enfants, dont Charlotte s’est occupée depuis la mort de leur mère, accourent vers elle et l’entourent. On présente Werther à Charlotte, et ils partent au bal. Le Bailli part rejoindre ses amis au cabaret.

Albert apparaît. Il discute avec Sophie de son mariage prochain avec Charlotte, qu’il aime tant.

De retour du bal, Charlotte et Werther se séparent, mais Werther ne peut se résoudre à la quitter, et il lui déclare sa flamme. Le Bailli annonce à Charlotte qu’Albert est de retour. Charlotte, qui était sur le point de céder à Werther lui explique alors qu’elle a juré à sa mère mourante d’épouser Albert. Werther lui dit qu’il en mourra. 

Acte II : Les gens du village se dirigent vers l’église pour assister à la messe. Les amis du Bailli, éméchés, chantent un hymne à Bacchus. Arrivent Charlotte et Albert, mariés depuis déjà trois mois. Werther, seul, désespéré, les observe (Air : « J’aurais sur ma poitrine »).

Massenet Werther J'aurais sur ma poitrine ThillCliquez sur Werther

Voyant Werther, Albert cherche à le consoler. Charlotte sort de l’église. Elle va voir Werther, mais celui-ci ne peut lui parler que de son amour pour elle. Elle le gronde, car désormais elle est mariée et lui demande de s’éloigner, lui ordonnant de ne pas revenir avant Noël. Resté seul, il se résout à partir, mais des pensées morbides le hantent. Sophie revient et invite Werther à se joindre à eux, mais celui-ci s’enfuit, disant qu’il ne reviendra jamais.

 Acte III : Le soir de Noël, chez Charlotte et Albert. Charlotte pense à Werther. Elle relit ses lettres, inquiète par la dernière, où il lui demande de le pleurer s’il ne revient pas. Sophie entre, inquiète pour Charlotte (Air : « Les larmes qu’on ne pleure pas »).

werther sophie kochcliquez sur l’image

La porte s’ouvre. C’est Werther, qui n’a pu résister au désir de revoir Charlotte. Ils se rappellent leur passé, et Werther lui lit les vers du barde Ossian, sur le vain retour du printemps (Air : « Pourquoi me réveiller ».)

Massenet Werther Pourquoi me réveiller AlagnaCliquez sur Werther et Charlotte

Charlotte le prie de s’arrêter, mais sa voix la trahit. Werther la presse de révéler ses sentiments. Après une vaine résistance, elle tombe dans les bras de Werther, avant de se reprendre et de s’enfuir, en lui interdisant de la revoir. Albert paraît alors. Charlotte le rejoint, troublée par la scène qui vient de se dérouler. Un domestique apporte un mot de Werther, annonçant qu’il part pour un long voyage, et qu’il souhaite emprunter les pistolets d’Albert. Albert demande à Charlotte de confier ses pistolets au domestique.

Acte IV : La nuit de Noël, Werther est étendu chez lui, mortellement blessé. Charlotte fait irruption en l’appelant quand soudain elle le voit. Pouvant encore parler, il demande pardon à Charlotte. Elle veut aller chercher de l’aide, mais il la retient. Charlotte peut désormais lui avouer son amour, cherchant un dernier baiser. On entend dehors le chant des enfants tandis que Werther agonise.

Cinéma, Mes opéras préférés

DON GIOVANNI, de MOZART (1788)

Opéra de la maturité de MOZART, Don Giovanni est une commande de l’opéra de Prague. C’est le deuxième de la trilogie Mozart – Da Ponte, commencée avec Les noces de Figaro et complétée avec Cosi fan Tutte. Le livret a été écrit d’après le Don Juan de MOLIÈRE. Les chanteurs étant mécontents de ne pas avoir assez de grands airs pour se mettre en valeur, Mozart en a rajouté plusieurs pour la création viennoise en 1788.

Ouverture.

Acte I : Don Giovanni s’est introduit de nuit dans la maison de Donna Anna afin de la séduire. Dehors, son valet Leporello l’attend en se plaignant de la vie que lui fait mener son maître (Air : Notte e giorno faricar). Don Giovanni sort en courant de la maison, poursuivi par Donna Anna et son père, le Commandeur. Le Commandeur défie Don Giovanni, mais celui-ci le blesse mortellement avant de s’enfuir avec Leporello. Donna Anna revient avec son fiancé, Don Ottavio, et ils découvrent le corps sans vie du Commandeur. Donna Anna fait promettre à son fiancé qu’il vengera son père.

Plus tard, Don Giovanni et son valet croisent sur leur route Donna Elvira, qui se plaint d’avoir été séduite puis abandonnée par Don Giovanni. Celui-ci, qui ne l’a pas reconnue, veut la séduire mais quand il la reconnaît, il s’éloigne et laisse Leporello lui lire le catalogue des conquêtes de son maître (Air du catalogue : Madamina, il catalogo e questo).

Mozart Don Giovanni Air du catalogueCliquez sur Dona Elvira et Leporello

Le maître et son valet croisent ensuite un groupe de paysans qui vont fêter les noces de
Zerlina et Masetto. Don Giovanni les invite à son château et reste seul avec Zerlina (Duo : « La ci darem la mano ») avant que Donna Elvira n’arrive.

don giovanni la ci daremCliquez sur l’image

Celle-ci prévient Zerlina du danger qu’elle coure et s’éloigne avec elle. Donna Anna et Don Ottavio arrivent à leur tour. Ils viennent demander à Don Giovanni de les aider à trouver le meurtrier du Commandeur. Donna Anna reconnait Don Giovanni à sa voix et réclame vengeance à Don Ottavio (Air : « Or sai chi l’honore ».) Leporello revient et informe son maître que la noce est arrivée au château, et qu’il a réussi à se débarrasser de Donna Elvira. Don Giovanni invite tout le monde à boire (Air: « Fin ch’han dal vino ».)

Donna Elvira, Donna Anna et Don Ottavio arrivent masqués au château et se font inviter à la fête (Septuor : « Bisogna aver corragio ».)

don giovanni bisognaCliquez sur l’image

Don Giovanni essaie à nouveau de séduire Zerlina, mais celle-ci appelle à l’aide. Don Giovanni essaie de faire porter le chapeau à Leporello, mais les trois invités, retirant leur masque, accusent Don Giovanni qui prend la fuite.

Acte II : Le soir, Leporello annonce à son maître qu’il va le quitter. Don Giovanni calme sa mauvaise conscience avec de l’argent. Il veut séduire la femme de chambre de Donna Elvira, et pour ce faire, il échange ses vêtements avec ceux de son valet. Sous ce déguisement, il chante une romance à sa nouvelle proie (Air : « Deh vieni alla finestra »), pendant que Leporello détourne l’attention de sa maîtresse.

Mozart Don Giovanni Deh, vieni alla finestraCliquez sur Don Giovanni

Masetto arrive avec une petite troupe de paysans, ils cherchent le séducteur pour le tuer. Don Ottavio, Zerlina et Masetto découvrent Leporello portant les habits de son maître. Ils veulent le châtier, mais finissent par reconnaître le valet.

À la tombée de la nuit, le maître et son valet se retrouvent dans un cimetière. Don Giovanni se vante de ses nouvelles aventures quand on entend une voix sortir de la tombe du commandeur. Don Giovanni, par forfanterie, invite la statue à souper. Celle-ci accepte.

Don Giovanni est en train de souper chez lui. Donna Elvira lui demande de se repentir, ce qu’il ne fait pas. En sortant, elle pousse un grand cri en croisant la statue du Commandeur qui arrive et frappe à la porte. Leporello va ouvrir et revient terrorisé annoncer la venue de la statue. Le Commandeur demande à Don Giovanni de se repentir (Air : « Don Giovanni, a cenar teco »), mais ce dernier refuse encore. Il tend vers la main vers la statue qui la prend et l’entraîne dans les flammes de l’enfer.

Don Giovanni finalCliquez sur l’image

Les principaux personnages donnent la morale de l’histoire, Leporello se dit prêt à servir un meilleur maître, Donna Anna se décide à épouser son fiancé, Donna Elvira se retire au couvent et Zerlina et Mazetto vont célébrer leurs noces.

Enfin, pour les cinéphiles, je me dois de mentionner le très beau Don Giovanni tourné par Joseph LOSEY.

Mes opéras préférés

RUSALKA, de DVORAK (1900 – 1901)

Si je connais de longue date le très bel Air à la lune, je n’ai découvert cet opéra dans son intégralité qu’en 2015, lors des magnifiques représentations qui en ont été données à Bastille. Je me suis rendu compte à cette occasion combien les représentations que je me faisais de Dvorak pouvaient être erronées. En effet, pour moi Dvorak était associé à BRAHMS, c’est-à-dire à une école anti-wagnérienne. Or, tout dans Rusalka est wagnérien, à commencer par une utilisation très subtile des leitmotivs.

Neuvième des dix opéras écrits par DVORAK, Rusalka est composé en 1900 et créé en 1901. Le livret combine les thèmes de l’Ondine d’E.T.A.HOFFMANN et de La petite sirène d’ANDERSEN.

En ce qui concerne l’opéra tchèque, Dvorak (1841 – 1904) assure la liaison entre SMETANA (1824 – 1884) et JANACEK (1854 – 1928).

Acte I : Trois dryades (nymphes des bois) chantent au clair de lune au bord d’un lac. Elles aguichent l’Ondin, le génie des eaux, avant de s’enfuir. La naïade (nymphe des eaux) Rusalka confie sa tristesse à son père l’Ondin : elle est tombée amoureuse d’un humain qui vient se baigner dans son lac. Pour l’amour du prince, elle veut devenir humaine et obtenir une âme. Son père essaie de l’en dissuader, car cela la condamnerait. Devant l’insistance de Rusalka, il lui dit que seule la sorcière Jezibaba pourra l’aider. Avant d’invoquer Jezibaba, elle confie son amour à la lune argentée qui baigne le paysage.

renee fleming rusalkaCliquez sur l’image

Puis elle appelle la sorcière, qui la prévient de ce qui l’attend : devant les humains, Rusalka restera muette, et si jamais son humain l’abandonne, elle sera, avec son bien-aimé, victime d’une malédiction éternelle ! Sûre de la force de son amour, Rusalka accepte les conditions de Jezibaba qui lui fabrique alors la potion qui fera d’elle une femme.

À l’aube, des chasseurs se dirigent vers le lac. Le prince apparaît, à la recherche de la naïade, dont il sent la présence, mais qu’il ne peut voir. Resté seul, il aperçoit enfin Rusalka. Émerveillé par sa beauté, il lui demande si elle est femme ou fée (air : Vidino divna, presladka). Muette, Rusalka lui ouvre les bras, et le prince amoureux l’emmène dans son château alors que les autres naïades pleurent la perte de leur sœur.

Acte II : Au château, on prépare la fête pour les noces du prince. Le garde-forestier demande au marmiton ce qui se passe, et le marmiton lui répond que le prince a ramené une femme étrange et muette de la forêt. Le garde lui dit que la forêt est habitée par des nymphes et par la sorcière Jezibaba (Air : « U nàs v lese strasi »). Ils sortent quand le prince arrive avec Rusalka.

Dvorak Rusalka U nas v lese strasi

Le prince se demande s’il percera un jour le secret de sa fiancée (Air : Jiz tyden dlis mi po boku). Parmi les invités, il y a une princesse étrangère qui, jalouse, veut séduire le prince. Celui-ci s’éloigne avec sa nouvelle conquête pendant que le bal commence. Humiliée, Rusalka se réfugie dans le jardin alors que la lune se lève. L’Ondin, qui s’était approché de la fête pleure sur le sort de sa fille (Air : « Cely svet neda ti »).

Dvorak Rusalka Cely svet neda tiCliquez sur l’image

Rusalka avoue à son père qu’elle a été trahie, rejetée par l’homme qu’elle aime. Elle comprend son erreur. Ni femme, ni fée, elle ne peut plus ni vivre ni mourir. Le prince et la princesse reviennent. Il déclare sa flamme à la princesse, lui disant qu’il en a oublié son ancien amour. Désespérée, Rusalka se jette dans ses bras, mais il la repousse. Indigné, l’Ondin se montre au prince, et lui annonce qu’il ne pourra pas échapper à l’étreinte de sa fille. Terrorisé, le prince demande à la princesse de l’aider, mais la belle étrangère l’abandonne à son triste sort.

Acte III : Rusalka se lamente sur son sort au bord du lac de la forêt (Air : « Mladosti své pozbavena »).

Dvorak Rusalka Mladosti své pozbavenaCliquez sur Rusalka

Elle demande l’aide de Jezibaba qui lui indique le moyen de retrouver sa condition de naïade : verser le sang de celui qui l’a séduite (Air : Lidokou krvi musis smsti). Elle lui tend un poignard, mais Rusalka toujours amoureuse refuse et le jette dans le lac. La sorcière la maudit à jamais et ses sœur naïades lui refusent le droit de les rejoindre dans le monde de l’eau.

Les serviteurs du prince viennent demander l’aide de Jezibaba, lui expliquant qu’une magicienne a envoûté le cœur du prince, avant de l’abandonner le soir de leur mariage. Entendant cela, l’Ondin, furieux, promet de se venger des humains.

Les dryades dansent au clair de lune quand l’Ondin les interrompt. Le prince apparaît, cherchant Rusalka là où il l’a vue la première fois. Celle-ci apparaît. Ni vivante, ni morte; ni femme ni fée; elle est condamnée à errer toutes les nuits pour attirer les humains et les noyer dans le lac. Le prince court vers elle et lui demande pardon. Rusalka lui explique qu’un baiser de sa part provoquerait sa mort, mais le prince réclame ce baiser qui lui apportera la paix dans la mort. Rusalka le couvre de baisers et il meurt, heureux, dans ses bras. L’Ondin annonce que le sacrifice a été vain. Après avoir embrassé une dernière fois son amour, elle s’enfonce dans le lac en déplorant son destin maudit.

Mes opéras préférés

L’ÉLIXIR D’AMOUR, de DONIZETTI (1832)

L’Élixir d’amour (l’Elisir d’amore) est un opéra de DONIZETTI créé à Milan en 1832. Le livret est tiré de celui que SCRIBE avait écrit pour AUBER : Le Filtre. (Auber, Scribe, ça ne vous rappelle rien ? le GOf bien sûr !)

Avec l’Élixir d’amour, on est en plein bel canto (beau chant) et c’est dans cet opéra que l’on trouve un des airs favoris des ténors (et du public) : Una furtiva lacrima.

Acte I : Sur la place du village à midi, Gineta et les villageois font la pause. Nemorino chante son amour sans espoir pour la belle Adina (Air : Quanto e bella). Adina, elle, est plongée dans son livre, elle rit de l’histoire de Tristan qui a dû avoir recours à un filtre pour se faire aimer d’Yseult. Des soldats arrivent, et le sergent Belcore (Jolicœur) cherche à séduire Adina (Air: Come Parido vezzoso).

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur l’image

Adina n’en a cure. Elle demande à Nemorino d’aller voir son oncle malade à la ville. Alors qu’il la relance avec son amour, elle lui répond qu’elle est incapable d’y répondre, ne se sentant pas prête à se fixer. Il lui répond que son amour est comme le fleuve, qui ne peut s’empêcher de couler vers la mer (Air et duo : Chedi all’aura lusinghiera).

Une trompette se fait entendre et les villageois viennent voir. C’est un bel étranger arrivant en carrosse. Dulcamara en sort, se présentant comme un grand docteur, inventeur d’une médecine miracle (Air : « Udite, o rustici ».)

Donizetti l'élixir d'amour Udite, o rusticiCliquez sur Dulcamara

Nemorino, crédule, demande au docteur s’il a l’élixir d’amour. Celui-ci répond qu’il le distille lui-même et lui en vend une bouteille, demandant la discrétion sur cette vente. Il prévient qu’il y a un délai d’un jour avant qu’il ne fasse effet (le temps pour lui de quitter le village). Nemorino goûte le breuvage (c’est du Bordeaux), et Adina arrive alors que le vin commence à faire son effet. Elle s’étonne de son changement d’humeur (Duo : « Esulti pur la barbara ».)

Donizetti Élixir E sul ti pur la barbaraCliquez sur Nemorino et Adina

Belcore revient, et Adina lui annonce qu’elle est prête à se marier avec lui, dans six jours. Cela provoque l’hilarité de Nemorino, qui sait que dès le lendemain l’élixir agira, mais ce rire provoque la rage d’Adina, qui n’avait fait cette promesse au sergent que pour exciter sa jalousie. À ce moment, un ordre du capitaine arrive, la garnison doit quitter la ville dès le lendemain. Le sergent insiste alors pour épouser Adina le jour même. Nemorino la supplie d’attendre le lendemain (Air puis ensemble : Adina credimi, te ne scongiuro). Adina prend sa défense auprès du sergent qui veut le chasser, avant de convier le village à la fête.

Acte II  : Tout le monde se réjouit (Chœur : Cantiamo, facciam brindisi). Adina regrette que Nemorino ne soit pas de la fête. Dulcamara et Adina entonnent une barcarolle (duo : Io son ricco, e tu sei bella). Belcore les interrompt, car le notaire arrive pour le mariage. Adina s’inquiète de l’absence de Nemorino. Celui-ci arrive, désespéré à la vue du notaire. Il demande au docteur de faire avancer les effets de l’élixir. Celui-ci veut bien vendre une deuxième bouteille, mais Nemorino n’a plus d’argent. Belcore lui dit que, s’il s’engage, il touchera vingt écus (Duo : Venti scudi). Nemorino signe et part trouver le docteur, pendant que Belcore se réjouit d’avoir berné son rival. Gianetta révèle aux commères que l’oncle de Nemorino vient de mourir et qu’il lui laisse un héritage conséquent (Chœur : Saria possibile). À ce moment, Nemorino arrive, ayant abusé de son élixir (Air : Dell’elisir mirabile). Dulcamara explique à Adina qu’il est la cause de cette transformation, qu’il lui a fourni un élixir lui donnant l’amour de sa belle, et que pour payer cet élixir, Nemorino s’est enrôlé. Adina se rend compte de l’amour de Nemorino (Duo : Quando amoro), mais Dulcamara lui dit qu’il courtise toutes les femmes. Adina s’imagine être la seule qui ne l’intéresse pas. Il lui propose son élixir, mais elle refuse, certaine d’avoir le moyen de conquérir Nemorino (Air : « Una tenera occhiarina ».)

Nemorino revient, songeur parce qu’il a vu perler une larme aux paupières d’Adina (Air : « Una furtiva lagrima »), mais Adina apparaissant, il feint l’indifférence pour la forcer à se révéler. Elle demande pourquoi il veut se faire soldat et partir, et lui dit qu’elle a racheté son engagement et le lui tend (Air : Prendi, per me se libero). Après un dernier quiproquo, ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Les soldats reviennent, et Belcore doit s’avouer vaincu, pendant que Dulcamara vante les vertus de son élixir.

Donizetti Élixir Una furtiva lagrimaCliquez sur l’image