Mes opéras préférés, Mythologie

L’OR DU RHIN (RHEINGOLD), de WAGNER (1853 – 1854)

Prologue de L’anneau du Nibelung, le livret de l’Or du Rhin est achevé en 1853, et la musique en 1854. La première publique a lieu à Münich en 1869, par volonté du roi Louis II de Bavière et contre la volonté de WAGNER. La première officielle a lieu en 1876, pour l’ouverture du Festspielhaus de Bayreuth.

Pour l’Or du Rhin, Wagner rompt avec le traditionnel découpage en actes. Il est composé de quatre scènes reliées entre elles de manière continue grâce à des interludes musicaux.

Les filles du Rhin jouent, insouciantes, dans le Rhin. Elles sont censées garder l’Or du Rhin. Le Nibelung Alberich, un nain lubrique, les entend rire. Il s’approche et leur fait des avances, mais il est si laid qu’elles le repoussent.

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur les filles du Rhin

Voyant un éclat doré dans l’eau, il demande aux filles ce que c’est. Elles répondent que c’est l’Or du Rhin, que leur père leur a demandé de garder. Quelqu’un qui forgerait un anneau avec cet or pourrait dominer le monde, mais seul celui qui renierait l’amour pourrait s’en emparer. Devant les moqueries des filles du Rhin, Alberich maudit solennellement l’amour, et s’enfuit au Nibelheim avec le trésor volé. Les filles du Rhin se désespèrent.

Chez les dieux, Fricka réveille son mari Wotan, le dieu en chef, et lui annonce que le Walhalla, un palais que Wotan a fait construire par les deux géants Fafner et Fasolt, est achevé. Fricka est inquiète pour sa sœur Freia, que Wotan a promise aux géants comme prix de la construction. Wotan lui confie qu’il a envoyé Loge, le dieu du feu, chercher une autre récompense que Freia. Celle-ci entre, bientôt suivie par les géants qui viennent se faire payer leur ouvrage. Wotan leur annonce que Freia doit rester, mais Fasolt rappelle à Wotan qu’il tient sa légitimité des runes sacrées gravées sur sa lance, et qu’il se doit de tenir ses promesses.

Wagner Rheingold scène 2Cliquez sur l’image

Loge arrive. Il dit qu’il s’est trouvé quelqu’un pour préférer l’or à l’amour d’une femme : Alberich, qui a volé l’Or du Rhin. Loge conseille à Wotan de promettre cet or en lieu et place de Freia. Les géants acceptent et sortent avec Freia en attendant que Wotan leur apporte l’or. Dès qu’ils sont sortis, les dieux commencent à vieillir, car Freia, avec ses Pommes d’Or, leur procurait la jeunesse éternelle. Wotan suit Loge dans les profondeurs de la terre (le Nibelheim), pour voler l’or à Alberich.

Au Nibelheim, Alberich a contraint son frère, Mime, à lui forger un heaume magique qui permet à celui qui le porte de se métamorphoser à volonté ou de se rendre invisible. Wotan et Loge arrivent et discutent avec Mime, qui leur parle du heaume magique. Alberich arrive, conduisant les Nibelungen qu’il a réduits en esclavage et leur faisant faire un gros tas avec l’or qu’ils ont extrait de terre. Il menace ses visiteurs, leur annonçant qu’avec ses nouveaux pouvoirs, il va devenir maître du monde. Wotan se fâche, mais Loge, rusé, lui parle du heaume magique, et le défie de prendre la taille d’un animal gigantesque. Alberich se transforme en dragon. Loge lui demande alors de se transformer en un petit animal, comme un crapaud. Alberich se métamorphose en crapaud. Wotan et Loge se précipitent sur lui et le capturent en lui arrachant le heaume.

Wagner Rheingold crapaudCliquez sur le crapaud

Remonté à la surface, Wotan exige d’Albérich qu’il lui donne tout son or en échange de la liberté. Alberich ordonne aux Nibelungen de remonter l’or. Quand ils ont fini, Wotan arrache l’anneau du doigt d’Alberich. Alberich maudit alors l’anneau : celui qui portera l’anneau sera l’esclave de l’anneau ! Après le départ du Nibelung, les dieux arrivent, suivis de près par les géants et Freia. Fasolt demande que l’on fasse avec l’or un mur suffisant pour cacher entièrement Freia. Quand les dieux ont fini d’entasser l’or, Fasolt déclare qu’il reste un interstice. Le seul or qui reste, susceptible de le combler, est l’anneau que Wotan porte à son doigt. Wotan refuse. La déesse de la terre, Erda, apparaît alors, et déclare à Wotan que ce sera la fin du monde des dieux s’il ne se résout pas à livrer l’anneau. Wotan s’exécute et les géants se partagent le trésor. Ils se disputent l’anneau et Fafner tue Fasolt pour s’en emparer. Wotan comprend le pouvoir de la malédiction de l’anneau (« Furchtbar nun erfind ich des fluchtes Kraft », soit « Redoutable trouvé-je maintenant la terrible malédiction »). Les dieux peuvent maintenant entrer dans leur château. Donner provoque un orage et Froh crée un arc-en-ciel par lequel les dieux accèdent à leur nouvelle demeure. Loge, qui n’est qu’un demi-dieu, sentant venir la fin du règne des dieux ne les suit pas. Au bas, dans la vallée, on entend les filles du Rhin pleurer la perte de leur or.

Wagner Rheingold finalCliquez sur l’image

Le décor est maintenant planté pour la suite de la tétralogie (ou trilogie avec prologue pour les puristes), avec la Walkyrie.

 

Bande dessinée, Mes opéras préférés

Le FREISCHÜTZ, de WEBER (1821)

30 ans après la Flûte enchantée, 15 ans après Fidélio, le Freischütz de WEBER est considéré comme le premier opéra romantique allemand. Il a été créé à Berlin en 1821, et repris à Dresde en 1822. Cette reprise à vivement impressionné le jeune WAGNER, alors âgé de neuf ans, et a été déterminante dans sa vocation pour le théâtre lyrique.

 Ouverture :

Weber Freischütz ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Lors d’une fête campagnarde, le villageois Kilian remporte le concours de tir, au détriment du chasseur Max, qui a raté toutes ses cibles. Les villageois et Kilian se moquent de Max qui, furieux, saute sur Kilian. Cunod, le garde forestier du prince, demande ce qui se passe. On lui explique que Max a raté tous ses tirs. Caspar souffle à Max qu’il doit être victime d’un sort. Cunod conseille à Max de se reprendre, car s’il rate le concours du lendemain, il ne pourra prétendre à la main de sa fille Agathe, le prix du concours.

Max resté seul chante son incompréhension sur sa maladresse au tir. Caspar revient, commande du vin, et loue les trois choses qui importent à un homme : le vin, le jeu, les femmes.

Weber Freischutz Hier im ird'schenCliquez sur l’image

Il commence à insinuer qu’il y a des choses cachées, telles que des balles enchantées qui ne ratent jamais la cible, et que justement ce soir on peut en obtenir. Il lui donne une de ces balles magiques, Max tire et tue un aigle. Caspar lui donne rendez-vous à minuit aux Gorges du Loup.

Acte II : Dans la maison du Garde forestier, sa fille Agathe et Ännchen discutent dans un délicieux duo (dont Wagner saura se souvenir dans Le Vaisseau fantôme.) Alors qu’Ännchen ne pense qu’à rire, Agathe s’inquiète pour Max.

Weber Freischutz Acte II duo Schelm, halt festCliquez sur le fusil

Une fois Ännchen sortie, Agathe chante son espoir dans la nuit (Air : « Wie nahte mir der Schlummer ».)

Weber Freischutz Acte II Agathe Wie nahte mirCliquez sur l’image

Max arrive, avec à son chapeau une plume de l’aigle qu’il a abattu, signe qu’il a retrouvé son adresse au tir. Il annonce qu’il a rendez-vous aux Gorges du Loup le soir même. Agathe, effrayée, essaye de le retenir, mais Max doit repartir.

La scène des Gorges du Loup, le point culminant de l’œuvre est proche dans l’esprit de l’opéra gothique. Aux Gorges du Loup, dans un décor inquiétant, peuplé d’oiseaux de nuit, deux orages approchent. Alors que sonnent les douze coups de minuit, Samiel arrive, et rappelle à Caspar que c’est ce soir qu’il va prendre possession de son âme. Caspar négocie : s’il apporte de nouvelles âmes à Samiel, il compte bien rester encore en vie. Samiel rappelle que sur sept balles fondues, les six premières sont bonnes, mais la septième reste sa propriété, et c’est lui qui en choisit la cible. Caspar lui demande de réserver cette balle à la fille de Cunod, mais Samiel lui dit qu’il n’a pas encore de droit sur sa vie. Plus tard, Max arrive. Il croit voir le fantôme de sa mère qui le dissuade d’approcher, mais Samiel remplace cette vision par celle d’Agathe se jetant du haut du rocher. Max se précipite pour la retenir. La scène des Gorges du Loup peut alors commencer. Caspar invoque Samiel. Au fur et à mesure que les balles sont fondues, le sabbat se déchaîne : oiseaux de nuit, sanglier noir, tempêtes, apparition de chevaux de feu, ronde de fantômes de chasseurs, et enfin à la septième, Samiel apparaît. Max se signe et tombe à terre.

Weber Freischutz Acte II Gorges du loupCliquez sur l’image

Acte III : Le lendemain matin, un chasseur et un garde-forestier discutent de la nuit écoulée. Le diable serait apparu aux Gorges du Loup. Arrivent Max puis Caspar. Sur les sept balles qui ont été fondues, cinq ont déjà été utilisées, il en reste donc une à chacun. Le Prince Ottokar veut voir Max, qui se retire. Caspar se dépêche de tirer sa dernière balle sur un renard, pour que Max soit obligé de se servir de la septième, celle du diable, lors du concours.

Agathe, en robe de mariée, chante sa confiance en Dieu qui la protège (cavatine d’Agathe « Und ob die Wolke »).

Weber Der Freischütz Und Ob die wolkeCliquez sur l’image

Ännchen entre, et Agathe lui raconte le rêve qu’elle a fait pendant la nuit. Elle avait pris la forme d’une blanche colombe quand Max lui a tiré dessus, puis comme elle reprenait sa forme humaine, un grand oiseau noir se vautrait dans le sang de Max. Ännchen cherche à la rassurer en lui chantant une anecdote arrivée à sa cousine.

Weber Freischutz Acte III Air d'Annchen Einst traumte meiner seligen BaseCliquez sur l’image

Les demoiselles d’honneur arrivent en chantant une chanson traditionnelle à la mariée. Ännchen tend une boîte à Agathe, mais quand celle-ci l’ouvre, au lieu de la couronne de mariée, c’est une couronne mortuaire qui s’y trouve. Agathe donne alors aux demoiselles d’honneur le bouquet de roses blanches que lui avait donné l’ermite, pour qu’elles lui tressent avec une couronne de mariée.

Sur le lieu du concours, tout le monde est présent, Ottokar avec son sceptre, Cunod, les chasseurs, les villageois (Chœur : Was gleicht wohl auf Erden.)

Weber Freischutz Acte III Choeur des chasseurs was gleich wohl auf ErdenCliquez sur la forêt

Ottokar dit à Cunod que son futur gendre lui plaît. Montrant une colombe blanche sur une branche, il ordonne à Max de tirer. Au moment du tir, Agathe apparaît sous la branche où est posée la colombe. Max tire, Agathe s’effondre, ainsi que Caspar qui tombe de l’arbre où il s’était caché. Tout le monde se précipite vers Agathe, qui reprend connaissance. C’est Caspar qui a été touché par la septième balle, et Samiel vient récupérer son bien, l’âme de Caspar. Ottokar demande des explications à Max, qui avoue la vérité sur les balles utilisées. Le prince veut le bannir à tout jamais, mais l’ermite intervient en la faveur de Max, et propose un bannissement d’un an. Si au bout d’un an Max est toujours comme il était avant cette aventure, il pourra revenir et avoir la main d’Agathe. Le prince accepte le jugement de l’ermite, et tout le monde se réjouit en louant le seigneur.

Mes opéras préférés

ORLANDO FURIOSO, de VIVALDI (1727)

Orlando furioso est un opéra de VIVALDI créé en 1727 à Venise, d’après le poème éponyme de l’ARIOSTE. Cette épopée était à l’époque très populaire dans l’Europe entière, et a connu plusieurs adaptations à l’opéra.

Vivaldi s’est servi du livret d’un autre Orlando, celui que RISTORI avait créé en 1713. Il a repris les récitatifs existants, mais les airs sont nouveaux. Derrière les excès de vocalises se cache de la vraie belle musique, notamment dans les airs d’Orlando.

Acte I : Orlando se souvient de la déclaration d’un magicien selon laquelle il serait libéré de l’amour s’il récupérait les cendres de Merlin l’enchanteur. (Air : « Nel profondo cieco mondo »).

Vivaldi Orlando furioso nel profundo

Angelica trouve Médor mourant sur le rivage, où une tempête l’a laissé. La magicienne Alcina le ramène à la vie, mais Orlando, jaloux, veut le tuer. Alcina fait passer Médor pour le frère d’Angelica et Angelica assure (faussement) Orlando de son amour (Air : « Tu sei de gl’occhi miei »). Orlando resté seul est en proie à la jalousie (Air : « Troppo è fiero il nume arciero »).

Arrive Ruggiero, amant de Bradamante. Alcina le séduit en lui faisant boire un nectar enchanté. Ruggiero tombe amoureux d’Alcina (Air : « Sol da te »).

Vivaldi Orlando furioso Sol da te JarousskyCliquez sur l’image

Bradamante, amoureuse de Ruggiero, découvre Alcina avec Ruggiero, qui ne la reconnaît pas. Alcina lui demande qui elle est, elle dit s’appeler Olympia, trompée par son amant Bireno. Se sentant trahie, Bradamante s’enfuit le cœur brisé, laissant la place à Alcina.

Bradamante retrouve Ruggiero, et le délivre du charme d’Alcina en lui présentant l’anneau qu’il lui avait donné en gage de fidélité. Il demande pardon, mais Bradamante le repousse. Ruggiero s’en veut et Orlando essaie de le consoler (Air : « Sorge l’irato nembo »).

Vivaldi Orlando furioso Sorge l'irato nemboCliquez sur Orlando

Acte II : Astolfo, un ami de Ruggiero également ensorcelé par Alcina, mais jaloux qu’elle ne se limite pas à un seul amour, veut se venger. Alcina lui répond qu’elle ne peut se contenter d’un seul amour (Air : « Vorresti amor da me »). Bradamante et Ruggiero finissent par se réconcilier. (Air : « Che bel morirti »).

Angelica explique à Médor qu’elle va se débarrasser d’Orlando. Médor chante son bonheur d’être avec elle (Air : « Qual candido fiore »).

Vivaldi Orlando furioso Qual candido fioreCliquez sur Médor

Angelica lui répond sur le même ton (Air : « Chiara al pari di lucida stella »). Puis elle envoie Orlando dans la montagne chercher le remède que Médée a donné à Jason pour avoir la jeunesse éternelle, mais Orlando se retrouve piégé dans la grotte par la magie d’Alcina. Il réussit à s’échapper, et jure de se venger de la traîtrise d’Angelica.

Angelica et Médor se marient, devant Alcina qui se plaint d’avoir perdu Ruggiero (Air : « Cosi potessi anch’io »).

Vivaldi Orlando furioso Cosi potessi anch'ioCliquez sur Alcina

Ils gravent le témoignage de leur bonheur (duo : « Belle pianticelle »), mais quand Orlando découvre ce témoignage de leur union, il devient fou de rage.

Acte III : Ruggiero, Bradamante et Astolfo veulent se venger d’Alcina (Air : « Dove il valor combatte »). Ils attendent Alcina devant le temple où elle garde les cendres de Merlin, d’où elle tire son pouvoir magique. Alcina arrive, furieuse et voulant se venger du dieu Amour, et ouvre la porte du temple. Bradamante se présente à Alcina comme étant Aldarico, un chevalier qui cherche à se venger de Ruggiero pour avoir séduit et abandonné une de ses sœurs. Alcina tombe amoureuse de lui. Arrive Orlando, toujours en plein délire. Bradamante et Ruggiero ont pitié de lui. Ils reprochent à Angelica son manque de pitié envers Orlando. Ils laissent seul Orlando (Air : « Fonti di piano »). Orlando, voyant la statue de Merlin, croit voir Angelica. Il veut s’en emparer et pour cela, se bat contre le gardien du temple et le tue. Il enlace la statue, ce qui met fin aux enchantements d’Alcina. Celle-ci, vaincue, veut tuer Orlando qui s’est endormi. Ruggiero et Bradamante l’en empêchent. Arrivent Angélique et Médor, puis Astolfo. À son réveil, Orlando, qui a retrouvé la raison, pardonne à Angelica et Médor. Final, où tout le monde, sauf Alcina, chantent le bonheur et la paix retrouvés (Ensemble : « Con mirti e Fiori »).

Vivaldi Orlando furioso finalCliquez sur le final

Mes opéras préférés

COSI FAN TUTTE, de MOZART (1789)

Troisième opéra de la trilogie MOZARTDA PONTE, Cosi fan Tutte (Ainsi font-elles toutes [ou « toutes les mêmes » comme on dirait aujourd’hui]) est un opera-buffa écrit en 1789, et créé à Vienne en janvier 1790. Cette œuvre se particularise par l’abondance des ensembles (duos, trios…) et comporte peu de « grands airs ». Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut caractériser Cosi par la formule [2(S+T)/(B+A)], puisque c’est l’amour de deux couples (soprano + ténor) qu’un couple (Baryton + Alto) cherche à contrarier.

Acte I : L’action se situe à Naples, à la fin du XVIIIe siècle. Deux jeunes soldats, Ferrando et Guglielmo discutent de la fidélité des femmes avec Don Alfonso, un homme du monde cynique. Les jeunes gens prétendent que leurs fiancées, les sœurs Dorabella et Fiordiligi, sont aussi belles que fidèles. Alfonso parie cent sequins qu’il peut amener les jeunes femmes à être infidèles en moins de vingt-quatre heures.

Dans un jardin, Dorabella et Fiordiligi contemplent les médaillons des portraits de leurs fiancés et chantent leur bonheur. Arrive Don Alfonso, qui leur annonce que leurs fiancés doivent partir à la guerre (Trio « Soave il vento »).

Mozart Cosi Soave il ventoCliquez sur l’image

Les jeunes hommes arrivent et font des adieux déchirants à leurs belles (quintette & chœur).

Dans la chambre des sœurs, la servante Despina tente de consoler ses maîtresses désespérées et leur conseille de chercher la consolation auprès d’autres hommes. Alfonso Entre et convainc Despina de l’aider à présenter aux deux sœurs deux jeunes Albanais (Ferrando et Guglielmo déguisés). Dorabella et Fiordiligi veulent les chasser (sextuor), mais Alfonso prend leur défense. Elles jurent fidélité à leurs amants (Air : « Come scoglio immoto resta »).

Mozart Cosi Come scoglio immoto restaCliquez sur l’image

Dans le jardin, les sœurs continuent à se lamenter de l’absence de leurs fiancés (Duo : « Ah, che tutta in un momento »)

Mozart Cosi fan tutte Ah, che tutta in un momentoCliquez sur Dorabella et Fiordiligi

quand les deux Albanais arrivent en titubant. Ils disent s’être empoisonnés après avoir été rejetés par les deux sœurs. Despina et Alfonso partent à la recherche d’un médecin. Les sœurs commencent à s’attendrir. Despina revient, déguisée en médecin, et les ramène à la vie. Ils réclament un baiser que les sœurs refusent encore.

Acte II : Dans la chambre de Dorabella et Fiordiligi, Despina convainc les jeunes femmes de revoir les Albanais (Air : « Una donna a quindici anni »). Dorabella choisit Guglielmo alors que Fiordiligi finit par se laisser tenter par Ferrando.

Dans le jardin, les Albanais offrent une sérénade aux deux sœurs (Duo & chœur : « Secondate, aurette amiche »).

Mozart Cosi Secondate, aurette amicheCliquez sur Guglielmo et Ferrando

Despina et Alfonso interviennent pour que Fiordiligi et Ferrando s’éloignent, pendant que Guglielmo déclare son amour à Dorabella. Il lui offre un pendentif en forme de cœur, et en échange, elle lui donne un médaillon avec le portrait de son fiancé, déjà oublié (Duo : « Il core vi dono »). Reviennent alors Ferrando et Fiordiligi, qui n’a pas (encore) cédé. La vue de son portrait dans les mains de son ami met Ferrando en colère, tandis que Guglielmo se réjouit de la fermeté de Fiordiligi (Air : « Donne mie, la fate »).

Mozart Cosi Donne mie, la fateCliquez sur Guglielmo

Dans la chambre, Dorabella raconte à Despina ce qui s’est passé au jardin. Survient Fiordiligi qui avoue commencer à aimer Ferrando. Pour résister à cet amour, elle veut partir avec sa sœur, déguisées en homme, rejoindre leurs fiancés à la guerre. Ferrando qui a tout entendu menace de se suicider, et Fiordiligi se laisse convaincre et lui déclare son amour. Restés seuls, les deux hommes décident de punir leurs compagnes, mais Alfonso, qui leur assure que « Cosi fan tutte », les presse de les demander en mariage.

Dans le salon de la demeure, la table pour le banquet est dressée (ensemble & chœur) et Despina, déguisée en notaire, s’apprête à marier les deux couples. Dès les documents signés, un chœur militaire retentit qui annonce le retour des fiancés. Les deux sœurs terrifiées cachent les Albanais dans une chambre. Ces derniers reviennent en habits militaires, fiers de leur fidélité (Duo : « Sani et salvi… ») À la vue des contrats de mariage, ils feignent l’indignation, et jurent de tuer les maris. Dorabella et Fiordiligi essaient de se justifier mais les amis retournent dans la chambre et reviennent déguisés à  nouveau en Albanais. Ils dévoilent la mascarade et Don Alfonso fait en sorte que les fiancés se réconcilient (Chœur final).

Mozart Cosi very finalCliquez sur l’extraordinaire sextuor final

Cinéma, Mes opéras préférés

TOMMY, des WHO (1969)

Créé en 1969, l’opéra-rock Tommy, des WHO, comporte bon nombre de classiques du rock, de « Amazing Journey » à « Pinball Wizard » en passant par « See me, feel me ».

Après l’enregistrement de l’album, les Who l’ont joué en tournée dans le monde entier pendant près de 2 ans, notamment au festival de Woodstock. Il y a également eu une version jouée avec le London Symphony Orchestra, ainsi qu’un film de Ken Russell, dans lequel joue une pléiade d’artistes pop, d’Elton JOHN à Éric CLAPTON en passant par Tina TURNER.

The Who Tommy le filmCliquez sur la bande-annonce du film

Dans les années 1990, Tommy a été également adapté en comédie musicale.

Acte I : L’opéra-rock commence traditionnellement par une ouverture (Overture) très wagnérienne en ce qu’elle expose les principaux leitmotivs qui serviront tout au long de l’œuvre.

The Who Tommy OvertureCliquez sur la pochette du disque

À la fin de la guerre 14 – 18, le capitaine Walker n’est pas revenu et ne connaîtra donc pas son fils qui doit naître (« It’s a boy). Quand il rentre à la maison trois ans plus tard, il tue d’amant de sa femme devant les yeux du petit Tommy, à qui on demande de ne jamais rien dire de ce qu’il a vu et entendu. traumatisé, Tommy devient sourd, muet et aveugle (« Deaf, dumb and blind boy »).

Enfermé dans son inconscient, Tommy traduit musicalement ses impressions (« Amazing Journey »).

The Who Tommy Amazing journeyCliquez sur la pochette du disque

Ses parents l’emmènent voir le prêcheur d’une secte pour essayer de le guérir. (« You talk about your woman ») (« Eyesight to the blind »). À l’occasion de Noël, les parents se demandent comment un enfant qui ne peut ni voir, ni entendre, ni parler pourrait découvrir la grâce de Jésus et donc être sauvé de la damnation éternelle (« Christmas »).

The Who Tommy ChristmasCliquez sur Keith MOON

On entend la première exposition des fameux thèmes « Tommy can you see me » et « See me, feel me ».

The Who Tommy See Me Feel Me WoodstockCliquez sur l’image

Après différentes expériences malheureuses, le premier acte se termine par une Underture.

Acte II : Ses parents confient Tommy à son oncle Ernie, un vieux pervers alcoolique, qui l’abuse sexuellement (« Fiddle about »).

Tommy se découvre un génie pour le flipper (« Pinball wizard »), il devient champion et célèbre.

The Who Tommy Pinball WizardCliquez sur l’image

Nouvelle tentative de le guérir (« There’s a doctor ») (« See me, feel me »). Le docteur déclare que les sens de Tommy fonctionnent bien, mais qu’il a un blocage psychosomatique. La mère de tommy essaye d’entrer en contact avec lui (« Tommy can you hear me ? »), mais celui-ci reste à se contempler dans le miroir. La mère brise le miroir (« Smash the Mirror »).

Le bris du miroir sort Tommy de sa prison intérieure, et il se sent enfin libre (« Sensation »). Sa guérison fait la une des journaux (« Miracle cure »), et Tommy gagne un statut de gourou. Désormais, il va essayer de mener les gens à son niveau d’expérience. Lors d’un de ses discours, « Sally Simpson », une pauvre petite fille de riche qui veut essayer de toucher le nouveau Messie, se fait rudoyer par le service d’ordre. Tommy essaye de guider ses disciples (« I’m free »). Devant l’affluence de gens qui veulent suivre Tommy, Tommy fait construire un camp pour les accueillir (« Tommy’s Holidays Camp »). C’est l’oncle Ernie qui est chargé de les accueillir.

Tommy demande à ses disciples de devenir sourds, muets et aveugles pour atteindre son niveau spirituel, mais la foule ne le suit pas, et Tommy se retrouve seul. (« We’re not gonna take it »).

The Who Tommy We're not gonna take itCliquez sur l’image

Curieusement, le thème de Tommy est très proche d’un autre opéra-rock anglais, le fameux The Wall (1979) de Pink Floyd (le père qui n’est pas revenu de la guerre, le héros coupé du monde derrière le mur mental qu’il s’est forgé,…)

Historique, Maria Callas, Mes opéras préférés

TOSCA, DE PUCCINI (1899 – 1900)

Œuvre phare du vérisme écrite en 1899 et créée à Rome en 1900, Tosca, chef-d’œuvre de PUCCINI, est tirée d’une pièce de théâtre du Français Victorien SARDOU, et se passe à Rome en 1800, pendant la République romaine mise en place par Napoléon, la veille et le jour de la bataille de Marengo. Après un accueil très froid de la critique, Scarpia étant l’un des rares vrais « méchants » représentés à l’opéra, l’œuvre rencontre très vite un grand succès populaire.

Acte I : Dans une église à Rome où le peintre Mario Cavaradossi achève un tableau arrive Angelotti, ancien consul de la République romaine installée par Napoléon, qui s’est échappé du château Saint-Ange, où il était prisonnier politique. Il se cache dans une chapelle quand le sacristain arrive, bientôt suivi par Cavaradossi. Ils discutent du tableau que le peintre est en train de faire, où il a donné à Marie-Madeleine les traits d’une inconnue qui vient prier tous les jours (Air : « Recondita armonia »).

Puccini Tosca Recondita armoniaCliquez sur Cavaradossi

Angelottti sort de sa cachette quand le sacristain s’en va. Cavaradossi lui donne le panier de son repas. Mais Angelotti retourne se cacher quand arrive Floria Tosca, une cantatrice qui est la maîtresse du peintre. Ils se donnent rendez-vous pour le soir après le concert (Air : « Non sospira la nostra casetta »), mais découvrant le tableau de Mario représentant la belle Romaine qui lui a servi de modèle, Tosca laisse éclater sa jalousie. Mario réussit à la calmer (Air : « Quale occhio al mondo »).

Au départ de Tosca, Cavaradossi rejoint Angelotti, qui lui apprend que sa sœur a caché des vêtements de femme dans la chapelle pour sa fuite. Le peintre propose de le cacher chez lui, en attendant qu’il puisse sortir de la ville. Un coup de canon de la forteresse retentit, signalant l’évasion d’un prisonnier. Les deux hommes fuient. Le sacristain arrive avec la maîtrise de l’église. Ils nous apprennent que Napoléon a été battu, et qu’il va y avoir une fête le soir. Scarpia, le chef de la police, arrive à son tour. Il découvre la porte de la chapelle ouverte et l’éventail de la sœur d’Angelotti qui traîne. Découvrant le portrait de celle-ci sur le mur, il demande au sacristain qui en est le peintre. Le sacristain lui dit que c’est Cavaradossi, et que le panier de son repas est vide. Scarpia en conclut que Cavaradossi va aider Angelotti à s’enfuir. Tosca revient pour dire à son amant qu’elle ne pourra pas se rendre à leur rendez-vous du soir. Scarpia excite sa jalousie avec le portrait et l’éventail. Furieuse, elle se précipite chez le peintre pour le surprendre avec sa maîtresse. Scarpia la fait suivre pour découvrir où se cache Angelotti et se réjouit d’avoir instillé le venin de la jalousie dans le cœur de la belle Romaine, tout en commençant à la séduire. Pendant ce temps, le peuple entonne un Te Deum pour célébrer la victoire.

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia

Acte II : Au palais Farnese, chez Scarpia. Celui-ci écrit un billet à Tosca, l’invitant à se rendre chez lui. Spoletta, le chef des gardes arrive et lui annonce qu’il a suivi Tosca, mais qu’Angelotti reste introuvable. En revanche, on a arrêté Cavaradossi.

Scarpia interroge Cavaradossi pour savoir où est le fugitif, mais le peintre ne répond pas. Son concert fini, Tosca arrive. Mario lui demande de garder le silence. Scarpia envoie le peintre et son bourreau dans une pièce voisine, pour que Tosca entende les cris de son amant sous la torture. Il veut faire parler Tosca, qui commence par se taire, mais ne pouvant supporter les cris de Cavaradossi qui se font de plus en plus forts, elle révèle la cachette d’Angelotti. Scarpia apprend alors à Cavaradossi la trahison de Tosca. Le peintre la maudit. Un agent vient annoncer la victoire de Bonaparte à Marengo. Cavaradossi laisse éclater sa joie, et Scarpia le condamne à mort. Devant les pleurs de Tosca qui réclame la libération de son amant, Scarpia accepte de le libérer si elle lui accorde une nuit avec lui. Elle se rappelle sa vie vouée à l’art (Air : « Vissi d’arte ») avant de céder au chantage de Scarpia.

Puccini Tosca Vissi d'Arte (Callas)Cliquez sur Floria Callas

Spoletta arrive et annonce qu’Angelotti s’est donné la mort. Pour ne pas se déjuger devant lui, Scarpia dit qu’il va organiser un simulacre d’exécution, avec des balles à blanc. Avant de se livrer au chef de la police, Tosca exige un sauf-conduit pour le peintre. Dès que celui-ci est signé, Tosca frappe le chef de la police avec un couteau et le tue.

Acte III : Le lendemain à l’aube, au château Saint-Ange. On entend les cloches de Rome sonner les matines, dans un extraordinaire prélude orchestral.

Puccini Tosca prélude acte IIICliquez sur l’image

Cavaradossi, sur le point d’être exécuté, se souvient des bons moments passés avec Tosca et demande à lui écrire un dernier mot (Air : « E lucevan le stelle »).

Puccini tosca E lucevan le stelleCliquez sur Cavaradossi

Tosca arrive avec le laissez-passer et lui raconte les événements de la veille. Cavaradossi bénit ces mains qui ont tué Scarpia (Air : « O dolci mani »). Tosca lui explique qu’il doit faire semblant de tomber au sol quand le peloton d’exécution tirera sur lui.

Le peloton arrive, l’exécution a lieu, Mario s’effondre. Mais quand Tosca s’approche de son amant, elle découvre avec horreur que Scarpia lui a menti et que Mario est mort. Entre temps, on a découvert le meurtre de Scarpia. Quand les gardes arrivent pour arrêter Tosca, elle se suicide en se jetant du haut des remparts.

Mes opéras préférés, Mythologie

LA LÉGENDE DE JOSEPH EN ÉGYPTE, de MÉHUL (1807)

Parmi les musiciens « révolutionnaires » dont je parlais dans mon billet précédent figure Nicolas MÉHUL. Parmi ses opéras figure la Légende de Joseph en Égypte, créé en 1807 d’après la légende biblique de Joseph. Cet opéra a une place particulière pour moi, puisque j’ai eu l’occasion de le chanter (dans les chœurs) en 1989, l’année de la célébration du bicentenaire de la Révolution française. C’était une grande première pour moi, surtout si l’on sait que dans la distribution figurait une jeune débutante prometteuse, une certaine Nathalie DESSAY (!) et que nous avons chanté sur les Champs-Élysées (au théâtre du Rond-Point) le 16 juillet 1989 !

Acte I : Dans son palais en Égypte, Joseph, qui a pris le nom de Cléophas, songe à son destin. Il raconte à son confident Utobal que quand il était enfant ses frères, jaloux de l’amour que lui portait leur père Jacob, l’ont vendu à un marchand d’esclaves (Air : « À peine au sortir de l’enfance »). Il était bien vu par son maître, mais la femme de celui-ci, madame Putiphar, lui a fait des avances auxquelles il n’a pas répondu. Furieuse, elle l’a dénoncé faussement et on l’a alors jeté en prison. Là, ayant su interpréter les rêves obscurs de Pharaon, celui-ci en a fait son ministre.

On annonce l’arrivée d’un groupe d’Hébreux. Ce sont les frères de Joseph, envoyés en Égypte par Jacob avec leur plus jeune frère Benjamin. La famine n’y sévit pas, grâce à Joseph qui a su constituer des stocks de nourriture quand celle-ci était abondante. Siméon, le principal responsable de la déchéance de Joseph est pris de remords et voudrait dire la vérité, mais ses frères lui recommandent de se taire.

Méhul Joseph partie 1Cliquez sur l’image

Joseph les reconnaît aussitôt, et il leur demande des nouvelles de leur père. Sans se faire reconnaître, il leur demande d’aller le chercher, leur offrant l’asile (Air : « Allez tous au devant d’un père »).

Acte II : Les Hébreux se sont installés aux portes de la ville. Ils chantent la prière du matin (Chœur : « Dieu d’Israël »), Joseph demande à Benjamin de rencontrer Jacob (Air : « Allez tous au-devant d’un père »). Benjamin explique à Joseph, qu’il n’a pas reconnu, comment la perte de Joseph a affecté Jacob. Jacob se réveille, il a vu Joseph vivant dans un songe.

Méhul Joseph partie 2Cliquez sur Joseph

Utobal vient dire à Joseph que le peuple veut lui faire un triomphe pour l’avoir protégé de la famine. Joseph fait monter Jacob et Benjamin avec lui sur le char triomphal. Ils reconnaissent alors Cléophas.

Acte III : Joseph offre un festin à sa famille. Seul Siméon est absent, rongé par la honte d’avoir vendu son frère Joseph. Des jeunes filles chantent un hymne à la nature (Air et chœur : « Aux accents de notre harmonie »).

Méhul Joseph aux accents de notre harmonieCliquez sur l’image

Utobal vient dire à Joseph que le pharaon lui reproche d’avoir donné de tels honneurs à des étrangers. Joseph part s’expliquer auprès de pharaon. Les frères reviennent avec Siméon, qui avoue son forfait à son père. Jacob les maudit tous, à l’exception de Benjamin. Joseph revient et s’agenouille devant son père en se faisant reconnaître comme Joseph et lui demande de pardonner à ses fils. Jacob, ému, pardonne. Pharaon offre l’hospitalité aux hébreux.

Méhul Joseph partie 3Cliquez sur l’image

P.S. Les vidéos présentées ici ne correspondent pas complètement au spectacle donné en 1989. Il s’agit d’un film tourné en 1991 et destiné à présenter le Théâtre Impérial de Compiègne qui allait ouvrir ses portes (j’y étais aussi, dans Gustave III, roi de Suède de D.F.E. AUBER, mais ça, c’est une autre histoire). C’est pourquoi on ne voit pas les choristes dans ce film, mais des figurants.

Mes opéras préférés

LA FORCE DU DESTIN (LA FORZA DEL DESTINO), de VERDI (1862)

En 1859 Giuseppe VERDI, pris par la politique (il était entré au parlement italien), arrête la composition musicale. Mais fin 1860, il reçoit une commande du théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg. Ce sera, sur un livret de Piave, La Force du destin (La Forza del destino), opéra créé en 1862. Par rapport à cette version russe, la version la plus jouée aujourd’hui est le remaniement que Verdi en a fait pour les scènes italiennes en 1867. Si la Force du destin n’est pas l’œuvre la plus connue de Verdi, son ouverture est très célèbre.

Verdi la Forza del destino ouvertureCliquez sur l’ouverture

Suivant le classement de G.B.SHAW, nous sommes ici en présence d’une structure (S+T/B+B) puisqu’une Soprano (Léonora) et un Ténor (Alvaro) s’aiment et il y a les Barytons Basses (le père de Léonora, puis son frère) qui cherchent à les en empêcher.

Acte I : Dans son palais à Séville, le marquis de Calatrava demande à sa fille Léonora de ne plus penser à un étranger qui lui tourne autour, avant d’aller se coucher. Léonora est troublée, car elle compte fuir pendant la nuit avec l’étranger, Alvaro, et se marier en secret. Alvaro entre et la presse de partir, mais Léonora voudrait voir son père avant de partir. Ils chantent leur amour (Duo : seguirti fino agli ultimi).

Le marquis qui a entendu du bruit entre dans la chambre de sa fille et provoque Alvaro. Celui-ci jette son pistolet au sol, mais le coup part accidentellement et tue le marquis.

Acte II : Quelque temps plus tard, dans une auberge, Léonora est en fuite, déguisée en homme. Elle reconnaît parmi les hôtes son frère Carlos, à la recherche du couple fugitif. Une gitane captive l’assistance avec une chanson sur la guerre que doit mener l’Italie (Air : al suon del tamboro). Tout le monde s’agenouille pour prier quand un groupe de pèlerins passe.

Carlos presse l’aubergiste de questions sur l’identité d’un de ses hôtes, resté dans sa chambre. Il prétend être le camarade d’un certain Vargas, qu’il aide à poursuivre l’assassin de son père, en fuite avec sa sœur (Air : Son Pereda, son ricco d’onore).

Verdi La forza Acte II Son PeredaCliquez sur l’image

Léonora qui a repris sa fuite arrive aux portes d’un couvent où elle demande asile. Le père supérieur lui permet de rester, déguisée en homme, mais elle ne doit recevoir aucune visite autre que la sienne (Air : La vergine degli Angeli).

Verdi La forza Acte II La Vergine degli AngeliCliquez sur l’image

Acte III : En Italie, Alvaro se bat contre l’oppresseur autrichien. Il se rappelle Léonora, qu’il croit morte (Air : Oh, tu che in seno agli angeli). Dans la bataille, il secourt un officier en danger. Il s’agit de Carlos, et les deux hommes se jurent une amitié à la vie à la mort (Amici in vita, in morte).

Alvaro, gravement blessé, demande à Carlos de brûler sans les lire les lettres qu’il porte sur lui si jamais il mourait (Duo: Solenne in quest’ora).

Verdi La forza Acte III Sollene in quest'oraCliquez sur l’image

Carlos lui propose la décoration de l’ordre de Calatrava, ce qu’Alvaro refuse, éveillant ainsi ses soupçons. Quand il découvre un médaillon représentant sa sœur Léonora dans la poche d’Alvaro, Carlos exulte, il a enfin retrouvé son ennemi. Il faut qu’Alvaro vive pour qu’il puisse le tuer de ses propres mains.

Une fois Alvaro guéri, Carlos le provoque en duel. Alvaro proteste de son innocence, mais quand Carlos dit qu’il va aussi tuer Léonora, Alvaro sort son épée. On sépare les deux hommes et Alvaro part, à la recherche d’un monastère où il pourra finir ses jours.

De jeunes recrues sont en pleurs d’avoir dû quitter leurs familles pour aller à la guerre. Les vivandières leur remontent le moral, et leur chantent un chant de guerre (Air et chœur : Rataplan, rataplan.)

Acte IV : Dans le couvent où Léonora vit en secret, le frère portier donne la soupe aux pauvres qui se présentent en louant la gentillesse de Frère Raffaello. Il s’agit d’Alvaro qui s’est réfugié là. Un étranger arrive qui demande à voir ce Frère Raffaello. C’est Carlos qui a retrouvé la trace d’Alvaro. Il le provoque en duel (duo : Col sangue).

Dans sa retraite, Léonora prie pour retrouver sa sérénité que son amour pour Alvaro lui a fait perdre (Air : pace, pace, mio dio) quand elle entend le bruit d’un duel.

Verdi La forza Acte IV Pace, pace, mio dioCliquez sur l’image

Alvaro arrive et lui demande les derniers sacrements pour un mourant. Il la reconnaît sous son déguisement de moine, et indique son frère Carlos, mortellement blessé. Elle se dirige vers lui quand on entend un cri. Carlos, poursuivant sa vengeance jusqu’au bout, a poignardé sa sœur ! Alvaro maudit le ciel et le Père supérieur emmène Léonora. Les prières de Léonora mourante réussissent à le ramener au calme.

Mes opéras préférés

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX (GÖTTERDÄMMERUNG)

Troisième pièce de la trilogie avec prologue de WAGNER L’anneau du Niebelung, le Crépuscule des Dieux, terminé en 1874, est créé lors du premier Festival de Bayreuth en 1876.

J’avais donc laissé, à la fin de Siegfried, notre héros sur son rocher avec Brünnhilde qu’il vient de tirer du sommeil où Wotan l’avait plongée.

Prologue : Au lever du rideau, les Nornes, filles d’Erda, tressent les fils du destin. Elles rappellent le passé et commencent à voir l’avenir, quand la corde qu’elles tressent se rompt.

Le jour se lève sur le rocher de Brünnhilde et Siegfried. Siegfried s’apprête à partir pour de nouvelles aventures, et il donne l’Anneau à Brünnhilde, en gage de fidélité, avant de s’éloigner sur le Rhin.

Wagner Crépuscule voyage sur le RhinCliquez sur l’image

Acte I : Dans leur palais, Gunther, roi des Burgondes et sa sœur Gutrune discutent avec leur demi-frère Hagen. Hagen dit qu’il connaît la femme qui conviendra à Gunther. C’est Brünnhilde, mais seul Siegfried est capable de franchir le cercle de feu qui la protège. Il se propose, par l’usage de filtres, de tromper Siegfried pour qu’il leur ramène Brünnhilde.

Siegfried descendant le Rhin arrive au palais. Il est accueilli par Gunther, qui lui fait boire un filtre d’oubli. À la demande de Gunther, Siegfried propose de l’accompagner jusqu’au rocher de la Walkyrie, où il pourra trouver une femme.

Waltraute, une des walkyries, vient voir sa sœur Brünnhilde sur son rocher. Elle lui donne des nouvelles de Wotan leur père, et du Walhalla. Depuis que Wotan est rentré avec sa lance brisée par Siegfried, il s’est retiré au Walhalla, refusant les pommes de Freia, qui empêchent les dieux de vieillir. Il envoie ses corbeaux en espion de par le monde. Waltraute supplie Brünnhilde de rendre l’Anneau aux Filles du Rhin pour faire cesser sa malédiction. Brünnhilde refuse de se séparer de ce cadeau de Siegfried et Waltraute s’en va, déçue.

Wagner Crépuscule Waltraute et BrunnhildeCliquez sur l’image

Siegfried revient. Il a revêtu le Tarnhelm, le heaume magique qui permet de prendre la forme que l’on veut (cf. L’Or du Rhin) et a pris l’apparence de Gunther. Il demande Brünnhilde comme épouse. Celle-ci refuse, mais Siegfried la force et lui prend l’Anneau.

Acte II : Hagen dort sur le bord du Rhin, en attendant le retour de Siegfried et Gunther. Alberich, son père, le réveille et le pousse à récupérer l’Anneau.

Wagner Crépuscule Schläfst du HagenCliquez sur le rideau de scène

Siegfried et Brünnhilde arrivent au palais. Hagen demande à ses hommes de s’armer pour préparer les noces de Brünnhilde et de Gunther.

Wagner Crépuscule Ihr GibischsmannenCliquez sur les Gibichsmannen

Brünnhilde, voyant Siegfried qui a repris sa forme normale porter l’Anneau comprend que c’est lui qui est venu l’enlever pour le compte de Gunther. Elle veut se venger. Devant sa colère, Hagen lui propose de tuer Siegfried. Brünnhilde révèle alors que le seul moyen de le tuer est de le frapper dans le dos, car le héros ne peut pas fuir devant un adversaire.

Acte III : Les filles du Rhin attendent le héros qui leur rendra l’or. Au loin, on entend le cor de Siegfried qui se rapproche. Quand il arrive près d’elles, elles lui réclament l’Anneau, évoquant sa malédiction. Siegfried se moque d’elles et garde l’Anneau.

Siegfried retrouve ses compagnons de chasse. Profitant d’une halte, il leur raconte sa jeunesse. Arrivé au moment que le philtre lui a fait oublier, Hagen lui en donne un autre, qui lui fait retrouver la mémoire. Il poursuit donc son histoire, comment il a trouvé Brünnhilde endormie sur un rocher entouré de feu, et comment il l’a réveillée d’un baiser. À ce moment, les corbeaux de Wotan passent dans le ciel. Siegfried les regarde, et Hagen en profite pour le frapper dans le dos. Siegfried meurt, se rappelant Brünnhilde. On pose son corps dans une barque pour le conduire au palais.

Dans le palais, Gutrune est inquiète. Hagen arrive, et lui annonce la mort de Siegfried, tué par un sanglier. Gutrune devine la vérité. Hagen avoue que c’est lui qui a frappé Siegfried. Il réclame l’Anneau. Gunther veut intervenir, mais Hagen le tue à son tour. Au moment où il s’approche du corps de Siegfried pour voler l’anneau, les mains du héros se dressent, et il recule. Brünnhilde paraît, triomphante. Elle annonce que sa vengeance est presque accomplie. Brünnhilde fait construire un bûcher où on dépose le cadavre de Siegfried. Elle chante les louanges de son héros, passe l’Anneau à son doigt, puis met le feu au bûcher. Elle demande aux corbeaux de Wotan d’annoncer à leur maître que la fin des dieux est proche, et saute dans le feu avec son cheval. À ce moment, le Rhin déborde et s’approche du bûcher. Les filles du Rhin récupèrent enfin leur bien. Hagen cherche à les en empêcher, mais elles l’entraînent dans les flots.

Wagner le Crépuscule des dieux Mort de Siegfried et marche funèbreCliquez sur l’image

Voilà, il ne me restera plus qu’à vous raconter le début de l’histoire, avec l’Or du Rhin, et la tétralogie (autre nom de la trilogie avec prologue) sera terminée. Et puis peut-être un jour, parlerais-je des liens entre cette œuvre et le Seigneur des anneaux de TOLKIEN.

Mes opéras préférés, Mythologie

IPHIGÉNIE EN TAURIDE, de GLUCK (1779)

Tragédie-opéra de GLUCK créée en 1779 à l’académie royale de musique, c’est la dernière tragédie lyrique de Gluck. Il y a recyclé beaucoup d’airs de sa période italienne. Gluck avait déjà mis en scène Iphigénie dans son Iphigénie en Aulide, d’après Racine, en 1774.

Iphigénie a été envoyée en Tauride par Diane, afin de la protéger d’un sacrifice voulu par son père Agamemnon, pour gagner la guerre de Troie. Quand l’œuvre commence, elle est donc en Tauride (pays imaginaire que l’on peut situer vers l’actuelle Crimée)  depuis quinze ans, sans nouvelles de sa famille.

Acte I : Après une ouverture symphonique évoquant la tempête, Iphigénie se souvient de son cauchemar de la nuit, lui rappelant la malédiction dont sa famille est victime depuis Tantale. Elle a vu sa mère Clytemnestre tuer Agamemnon son père et elle-même tuant son frère Oreste.

Gluck iphigénie en Tauride o toi qui prolongeas mes joursCliquez sur l’image

Le roi des Scythes, Thoas, apparaît. Un oracle lui ayant prédit qu’il mourrait tué par un étranger, il fait mettre à mort tout étranger qui débarque sur son île. Le peuple chante un chant barbare, réclamant du sang pour expier les crimes passés. Deux étrangers sont rejetés par la tempête sur le rivage. Le peuple est content, ils feront de bonnes victimes. On les interroge, mais ils taisent leur nom. Thoas les condamne à mort.

Acte II : Les deux étrangers enchaînés dans leur cellule attendent la mort. Il s’agit d’Oreste et Pylade. Oreste regrette d’avoir entraîné son ami Pylade à la mort (Air : Dieux qui me poursuivez). Pylade essaie de le calmer.

Gluck Iphigénie en Tauride unis dès la plus tendre enfanceCliquez sur Pylade

On les sépare. Oreste se calme avant de s’endormir.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Dans son sommeil, il voit les Euménides, qui l’accusent d’avoir tué sa mère. Iphigénie entre, mais Oreste, dans son trouble, ne la reconnaît pas et croit voir apparaître Clytemnestre. Elle lui demande d’où il vient. Il répond qu’il vient de Mycènes. Elle demande alors des nouvelles d’Agamemnon, et Oreste lui raconte toute la tragédie des Atrides. Iphigénie se rend compte que son cauchemar est devenu réalité.

Gluck Iphigénie en Tauride O malheureuse IphigénieCliquez sur Iphigénie

Acte III : Iphigénie veut prévenir sa sœur Électre. Elle a pitié des condamnés, dont un lui rappelle son frère Oreste, qui aurait le même âge (Air : D’une image hélas trop chérie). Mise en présence des deux hommes, elle discute avec Oreste et Pylade, et se résout à sauver l’un des deux. Elle choisit Oreste et lui donne un message pour sa sœur Électre. Les deux amis se disputent l’honneur de mourir pour l’autre. Oreste décide de rester pour sauver Pylade, et c’est Pylade qui part. Oreste lui recommande de porter ses derniers soupirs à sa sœur.

Acte IV : Iphigénie doit sacrifier Oreste, mais elle est partagée entre son devoir et l’horreur du sacrifice.

Gluck iphigénie en Tauride je t'implore et je trembleCliquez sur l’image

Au moment de mourir, Oreste qui croit sa sœur morte en Aulide, déclare : « Ainsi périt Iphigénie en Aulide », lui révélant ainsi qu’elle est sa sœur. Elle tombe dans ses bras.

Thoas, qui a appris la fuite de Pylade, vient s’assurer du sacrifice d’Oreste. Iphigénie lui révèle que le captif est son frère, et qu’elle ne peut le frapper. Les prêtresses de Diane défendent Oreste, mais Thoas, furieux, veut tuer et le frère et la sœur. Pylade arrive avec une troupe grecque et tue Thoas. Diane paraît. Elle pardonne à Oreste d’avoir tué sa mère, et lui enjoint de retourner à Mycènes pour monter sur le trône d’Agamemnon. Elle renvoie également Iphigénie en Grèce. Tout le monde se réjouit de cette fin heureuse (Chœur : Les dieux, longtemps en courroux).