Compositeurs

Carl Maria von WEBER (1786 – 1826)

Contemporain de BEETHOVEN (1770 – 1827) et SCHUBERT (1797 – 1828), Carl Maria von WEBER (1786 – 1826) tient une place importante dans l’histoire de l’opéra, où il est considéré comme le père de l’opéra romantique.

Le petit Charles-Marie est né en 1786 en Allemagne. Son père était homme de théâtre et violoniste. Ses cousines étaient de bonnes chanteuses et l’une d’elles, Constance, s’est mariée avec MOZART, qui a écrit pour elle quelques-uns de ses plus beaux airs.

En 1798, après le décès de sa mère, il part pour Munich. Là, il fréquente des poètes tels que Jean-Paul RICHTER ou E.T.A. HOFFMANN.

En 1804, il est nommé Maître de Chapelle à Breslau, ce qui lui permet de parfaire sa connaissance du répertoire. De 1807 à 1810, il est secrétaire du prince Louis à Stuttgart en même temps que professeur de musique des jeunes princesses. La liaison de Weber avec une cantatrice, ainsi que des malversations financières de son père lui font perdre ses fonctions, et en 1810, la famille s’installe à Mannheim. Weber entame alors un Singspiel en un acte : Abu Hassan. Il rencontre MEYERBEER et cette année-là, il écrit deux concertos pour clarinettes, dont le premier est resté au répertoire.

Weber concerto pour clarinette n 1Cliquez sur le clarinettiste

En 1813, il est nommé Maître de Chapelle à Prague. Il y monte les opéras de MOZART, ainsi que le Fidélio de BEETHOVEN. Puis il part à Dresde où il est chargé de développer l’opéra allemand face au style italien triomphant. C’est à cette époque qu’il écrit pour le piano L’invitation à la valse qui sera plus tard orchestrée par BERLIOZ.

Weber invitation à la valseCliquez sur le pianiste

En 1821, il écrit son chef d’œuvre, Le Freischütz, un opéra romantique allemand, qui connaîtra un grand succès. WAGNER lui-même reconnaîtra l’impact que son écoute a eu sur sa vocation de compositeur. On peut considérer qu’il y a dans cette œuvre une utilisation du leitmotiv, structure musicale que Wagner développera après lui.

Weber Freischütz ouvertureCliquez sur l’image

Après le succès du Freischütz, il écrit Euryanthe, une commande du Théâtre de Vienne pour faire émerger un opéra allemand face à l’envahisseur italien, mais la venue triomphale de ROSSINI à Vienne fait chuter cet opéra dès la création. La même mésaventure est arrivée à SCHUBERT à qui on avait commandé l’opéra Fierabras.

En 1824 il reçoit une commande du Covent Garden de Londres. Ce sera Oberon, créé en 1826, et c’est à Londres qu’il meurt cette même année alors qu’il travaillait à l’adaptation d’Oberon à la langue allemande.

Weber Oberon Ozean JanowitzCliquez sur la soliste

 

Compositeurs, Histoire de l'opéra

Christoph Willibald GLUCK (1714 – 1787)

GLUCK est né à Erasbach (Bohème) en 1714. Fils d’un garde-chasse, il étudie la musique comme enfant de chœur dans un collège de jésuites, où il apprend le chant, le clavecin, l’orgue et le violon. Il gagne Prague en 1732, où il complète ses études et gagne sa vie comme violoniste.

En 1736, il se rend à Vienne, où il se fait remarquer par le prince MELZI, qui l’emmène à Milan. Il fait ses débuts au théâtre en 1741 avec Artaserse, qui est un grand succès suivi d’autres commandes. Il écrit alors une vingtaine d’opéras serias (dans le style italien) pour Londres, Copenhague, Prague, Vienne, Rome, etc., œuvres qui n’ont pas été conservées.

Gluck est appelé à Londres en 1745. Il passe par Paris, où il entend des opéras de RAMEAU, et arrive à Londres alors qu’y triomphe HAENDEL.

Il quitte Londres pour Vienne où il donne Semiramide (1748) et où il se marie en 1750. En 1754, il obtient un poste de Kappelmeister à Vienne. Son style évolue alors vers l’opéra-comique français, ses livrets lui étant envoyés de Paris par FAVART. C’est ainsi qu’en 1760, il écrit l’Ivrogne corrigé d’après LA FONTAINE. En 1761, il fait la connaissance du librettiste CALZABIGI. De leur collaboration naîtra Orfeo ed Euridice (1762) qui est une révolution pour l’époque, la primauté étant donnée à l’action et l’expression des sentiments plutôt qu’à la virtuosité des chanteurs. Orfeo est suivi par Alceste en 1767.

gluck orfeo che faro senza EuridiceCliquez sur l’image

Mais Gluck veut triompher à Paris. (Comme Haendel, musicien allemand ayant composé en Angleterre des opéras écrits en italien, Gluck musicien bohème est parti en France écrire des opéras en français, après avoir composé des opéras en italien à Vienne). L’ambassadeur de France à Vienne lui propose un livret sur Iphigénie en Aulide, d’après RACINE, et recommande Gluck à Antoine DAUVERGNE, le directeur de l’Académie de musique. En fin politique, Gluck demande également sa protection à sa compatriote MARIE-ANTOINETTE, qui l’appelle à Paris en 1773. Iphigénie en Aulide est créé en 1774, la même année que sa réécriture d’Orphée en français. En 1776 paraît la version française d’Alceste, opéra que Gluck avait créé pour Vienne en 1767.

Gluck alceste ombres, larves ...Cliquez sur l’image

Après des débuts laborieux, le succès va croissant. En 1777 paraît Armide, que Gluck a écrit sur le même livret que LULLY un siècle auparavant. C’est un immense succès. En 1779, c’est le triomphe d’Iphigénie en Tauride, qui avait été mis en compétition entre Gluck et son rival PICCINI. Ce triomphe fut terni par l’échec de son opéra suivant, Écho et Narcisse (1779). Il se retire à Vienne, et n’écrira plus pour le théâtre. Victime de plusieurs attaques cérébrales, il meurt à Vienne en 1787.

À noter que ses différentes déclarations sur la musique dramatique, opposant la conception française et la conception italienne de l’art dramatique contribueront à la naissance de la querelle des bouffons.

Dans les 30 ans qui séparent RAMEAU de Gluck, la philosophie des Lumières est passée par là, et on passe du baroque de Rameau au préromantisme de Gluck, dont l’influence s’exercera sur les compositeurs à venir tels que BERLIOZ ou WAGNER. On considère ainsi qu’il est le premier compositeur à s’être servi des deux langages, musique et texte, pour raconter simultanément deux histoires différentes (cf. l’air : « Le calme rentre dans mon cœur » de Iphigénie en Tauride), presque un siècle avant Wagner, qui révérait Gluck. Il faut noter aussi le resserrement de l’action, et l’importance redonnée aux chœurs, qui sont là pour souligner et commenter l’action, comme dans le théâtre antique.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

 

Cinématographe, Compositeurs, littérature

Franz SCHUBERT (1797 – 1828)

Franz SCHUBERT (1797 – 1828) n’est pas connu pour ses opéras, il en a pourtant écrit ou mis en chantier une quinzaine entre 1811 et 1827.

Schubert naît en 1797 à Vienne. Son père est instituteur et lui donne ses premiers cours de violon alors que l’un de ses frères lui apprend le piano. L’atmosphère est musicale à la maison où, avec son père et deux de ses frères, ils forment un quatuor à cordes.

En 1808 il entre comme petit chanteur à la Chapelle impériale de Vienne, où il bénéficie d’une bonne éducation musicale. Il a comme professeur SALIERI, et entre dans l’orchestre. Il commence à composer dès 1810 des pièces pour piano, des lieder déjà, des quatuors à cordes, sa première symphonie.

En 1813, après la mue, il quitte la Chapelle impériale et entre à l’école normale, pour devenir instituteur comme son père.

Il écrit son premier chef-d’œuvre à dix-sept ans, le lied Marguerite au rouet, d’après GOETHE. De 1814 à 1816, il ne cesse d’écrire, et ce sont des symphonies, des messes, les premières sonates pour piano, des opéras, et toujours des lieder.

schubert marguerite au rouetCliquez sur l’image

En 1817, il quitte la maison de son père et loge chez un de ses amis, SCHOBER. Il écrit cette année-là, alors qu’il n’a que vingt ans, six sonates pour piano et de nombreux lieder, dont La Jeune Fille et la Mort et La Truite.

schubert der tod und das madchenCliquez sur l’image

En 1818, il devient maître de musique des enfants du comte ESTERHAZY et accompagne pendant l’été la famille en Hongrie. Il y compose des œuvres à quatre mains. Cette année-là, il écrit des lieder sur des textes des poètes romantiques allemands NOVALIS et SCHLEGEL, dont les très beaux Chants de la nuit.

De 1819 à 1823, le style de Schubert évolue et il se détache des formes héritées du passé. Il a du mal à achever ses œuvres. C’est le cas de sa huitième symphonie, qui restera célèbre sous le nom de Symphonie inachevée. La réputation de Schubert commence toutefois à dépasser le cercle des amis, et il s’essaie à la composition de singspiel, donnés sans grand succès au Théâtre de Vienne. En 1821, l’éditeur DIABELLI (celui des Variations) publie sur souscription son opus 1, Le Roi des aulnes. Cette même année, les réunions de ses amis autour de la musique de Schubert s’institutionnalisent, ce sont les fameuses Schubertiades.

schubert erlkonigCliquez sur l’image

En 1822 et 1823, il compose deux opéras, Alfonso und Estrella et Fierrabras, pour Vienne qui voulait des opéras écrits en allemand, mais la vague ROSSINI balaie tout sur son passage à l’époque et Schubert ne réussit pas à les faire représenter au théâtre. La même mésaventure est arrivée à WEBER avec Euryanthe.

schubert fierrabrasCliquez sur l’image

Fin 1822, il contracte la syphilis, et dès lors sa santé va se dégradant. C’est à cette époque qu’il compose la Wanderer Fantaisie. En 1823, il compose le cycle de lieder La Belle Meunière. En 1823, il écrit une musique de scène pour Rosamonde et en 1824, il se consacre essentiellement à la musique de chambre avec les quatuors Rosamonde et La Jeune Fille et la Mort, mais aussi son octuor pour cordes et vents, et la sonate Arpeggione (du nom d’un instrument aujourd’hui disparu).

En 1825, il succombe à la Walter Scott-mania, de cet écrivain écossais dont le romantisme a conquis son époque. Il écrit notamment sept lieder sur La Dame du Lac. Il commence sa dernière symphonie, la Grande Symphonie en Ut n°9. Sa réputation croît et ses sonates commencent à être publiées et jouées par les pianistes de son époque.

1826 est l’année de l’achèvement de sa symphonie n° 9, de son quinzième quatuor à cordes et de la dix-huitième sonate pour piano. Il écrit également ses deux trios op. 99 et 100. (Si vous avez vu le film Barry Lindon de KUBRICK, vous vous souvenez certainement de ceci.)

scubert trio opus 100Cliquez sur l’image

En 1827, à la mort de BEETHOVEN, Schubert participe aux cérémonies de ses funérailles. Il compose son testament musical, un dernier cycle de lieder, le bouleversant Winterreise (le Voyage d’hiver) sur des poèmes de MÜLLER, que je considère comme un véritable petit opéra pour voix et piano.

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Il meurt fin 1828 de la fièvre typhoïde, à 31 ans, laissant derrière lui quelque 500 à 600 lieder, dont certains sur des poèmes de Goethe, SCHILLER ou HEINE, vingt et une sonates pour piano, quinze quatuors, une dizaine d’œuvres pour la scène, neuf symphonies, et quantité de pièces (impromptus, moments musicaux, messes, quintettes…).

Compositeurs, histoire, littérature

Jean-Baptiste LULLY (1632 – 1687)

Né à Florence en 1632, venu en France à l’âge de 11 ans (il est marmiton à la cour), le jeune LULLY est choisi en 1646 par le chevalier de GUISE, qui recherchait pour sa cousine, mademoiselle de MONTPENSIER, un jeune Italien susceptible de converser avec elle dans la langue italienne. Son service durera jusqu’en 1652.

Ses talents de musicien le distinguent et il participe à la mise en place de ballets, qui était le genre musical en vogue à la Cour avant l’Opéra. Il est nommé en 1653 compositeur de la musique instrumentale du Roi, et s’impose peu à peu dans le genre du Ballet.

Début 1653, il est chargé de régler un ballet, Le Ballet de la Nuit, dans lequel il fait jouer le roi sous le masque du Soleil. De là viendra le nom de Roi-Soleil qui restera celui de Louis XIV pour la postérité.

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par Louis XIV (1661), il reçoit les positions de surintendant de la musique du roi et de maître de la musique de la famille royale. En 1662, il se marie avec la fille du compositeur Michel LAMBERT.

Sa collaboration avec MOLIÈRE dans les comédies-ballets commence en 1664 avec Le Mariage Forcé. Suivront ensuite notamment L’Amour Médecin (1665) et Le Bourgeois Gentilhomme (1670). En 1671, Molière et CORNEILLE écrivent ensemble Psyché, que Lully met en musique.

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En 1672, Lully rachète à PERRIN le privilège royal de l’opéra pour toute la France. Il devient alors Directeur de l’Académie Royale de Musique, où il créera 14 tragédies en musique ainsi que plusieurs ballets et œuvres diverses jusqu’à sa mort en 1687. Il sait adapter à la perfection le chant à la diction du français, et s’attache les services de QUINAULT pour rédiger les livrets de ses opéras. Parmi ceux composés avec Quinault figurent Cadmus et Hermione (1673), Alceste (1674), Thésée (1675), Atys (1676) et Roland (1684).

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Opéra et politique : À l’époque de Louis XIV, il fallait flatter le souverain. Ainsi, chacune des tragédies lyriques de Lully commence-t-elle par un prologue vantant les grandes Qualités du roi, desquelles les dieux eux-mêmes étaient jaloux.
Ainsi dans Alceste, c’est la nymphe de la Seine qui se languit du retour du Héros (comprendre Loulou XIV, parti à la guerre). Dans Atys, c’est à un dieu que l’on compare le roi. Dans Roland, il est comparé à Roland, le héros de l’Orlando Furioso, et dans Armide (1686), c’est la Gloire et la Sagesse qui louent le héros qui possède ces deux qualités.

Après la mort de la reine, et sous l’influence de madame de MAINTENON, Louis XIV a une crise de foi et se détourne de l’opéra. Quinault, son librettiste, tombe en disgrâce et interrompt sa carrière après avoir terminé le livret d’Armide en 1686. Le compositeur doit alors trouver un autre librettiste, CAMPISTRON, pour son dernier chef d’œuvre : Acis et Galatée (1686).

lully armideCliquez sur l’image

En 1687, Lully meurt de la gangrène des suites d’un coup de bâton qu’il s’est donné sur le pied en dirigeant son Te Deum (à l’époque, on marquait la mesure en frappant le sol avec un bâton).

lully te deumCliquez sur l’image

Sa composition la plus connue reste toutefois la chanson Au clair de la lune.

lully au clair de la luneCliquez sur le gramophone

(Source : pour cet article, j’ai consulté l’excellent Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcel BENOIT, éditions Fayard, 1992).

Lully est le premier des musiciens italiens à être venus exercer leurs talents en France.

Compositeurs, histoire

D.F.E. AUBER

Avant que d’être une station de RER, située entre les métros Opéra et Havre-Caumartin, Daniel François Esprit AUBER (1782 – 1871) a été un des compositeurs les plus fameux de son siècle.

Si la proximité d’Auber avec Opéra est évidente (toutes les rues du quartier Opéra portent des noms de compositeurs ou de librettistes), le lien avec HAVRE et CAUMARTIN l’est moins. Peut-être s’agit-il d’un duo de librettiste, comme MEILHAC et HALÉVY. Si vous avez un avis sur le sujet, merci de me le faire savoir !

(Rajouté le 1er avril 2019, pour tout savoir sur Havre & Caumartin, cliquez sur le lien.)

Né à Caen en 1782, Auber meurt à Paris pendant la commune. Sa famille s’installe à Paris à la Révolution. Le premier professeur d’Auber est Jean-Blaise MARTIN, baryton à l’Opéra–Comique (c’est lui qui a laissé son nom à la tessiture de baryton Martin). En 1802, son père l’envoie à Londres pour y apprendre l’anglais et les bases du commerce. Heureusement, la reprise de la guerre avec les Anglais le renvoie à Paris dès 1803. Il commence alors une carrière de musicien de salon (quatuor à cordes, piano, premier opéra-comique). En 1805, il rencontre CHERUBINI, alors Inspecteur du Conservatoire Impérial de Musique et approfondit son métier auprès de celui-ci pendant trois ans.

Il fait la connaissance du comte de Chimay qui le soutient. Son deuxième opéra-comique Jean de Couvin est donné au château de Chimay en 1812.

En 1819, la mort de son père le force à devenir non seulement indépendant, mais aussi responsable de sa famille. À partir de ce moment, il écrit en moyenne une œuvre lyrique par an. En 1823, il rencontre ROSSINI, venu à Paris pour s’occuper du Théâtre Italien. La découverte de sa musique va changer son style, la rendant plus vivante. Il rencontre également Eugène SCRIBE, l’un des plus importants librettistes du siècle. Ils écriront ensemble trente-sept ouvrages, presque tous des succès.

L’Opéra de Paris lui confie la composition d’un opéra en cinq actes. Ce sera La Muette de Portici (1828), qui sera un triomphe et fondera les bases d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française (le GOf). Notons à propos de La Muette de Portici que le duo « Amour sacré de la Patrie » a donné, en pleine représentation à Bruxelles, le signal de la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

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En 1829, Auber entre à l’Académie des Beaux-Arts. Parmi les ouvrages qui ont suivi, citons Fra Diavolo en 1830, qui renforce sa renommée.

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Suivront notamment Le Philtre (1831) dont le livret servira à DONIZETTI pour L’élixir d’amour (1832), Gustave III ou le Bal masqué (1833), dont le livret servira à VERDI pour Un ballo in maschera (1859) et un Manon Lescaut (1856), avant ceux de MASSENET et PUCCINI.

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En 1842, Auber succède à Cherubini au poste de Directeur du Conservatoire. Dans la deuxième moitié du siècle, les goûts changent et les œuvres d’Auber rencontrent moins de succès. Il meurt en 1871, dans les bras d’Ambroise THOMAS, qui lui succédera au Conservatoire.

À titre personnel, j’ai un gros faible pour Gustave III, roi de Suède (1833), que j’ai eu la grande chance de chanter à l’Opéra impérial de Compiègne il n’y a guère (tendez bien l’oreille en écoutant les chœurs, vous pourrez m’entendre).

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Compositeurs, Divers, Histoire de l'opéra

8 Mars – Journée internationale de la Femme

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale de la Femme (en France, on ajoute des droits de la Femme) qu’il faut en conclure que les 364 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs.

Je vais vous parler ici de quelques femmes compositrices, en commençant par Élisabeth JACQUET DE LA GUERRE (1665 – 1729), qui a écrit et joué pour Louis XIV et Louis XV. Dans le domaine de l’opéra, elle a composé la tragédie lyrique Céphale et Procris, mais devant le peu de succès rencontré, elle s’en est arrêtée là. D’elle sont restées des cantates et des pièces pour clavecin.

jacquet der la GuerreCliquez sur l’image

Au XIXe siècle, on peut citer Louise BERTIN (1805 – 1877), qui a écrit La Esmeralda dont le livret a été écrit par le grand VH lui-même, d’après son Notre Dame de Paris. Fille du directeur de l’important Journal des Débats, elle a également écrit un Faust. Sa position sociale et son statut de femme l’ont empêchée de connaître un succès qu’elle aurait pourtant mérité, comme en témoigne l’estime que BERLIOZ lui témoignait.

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Pendant ce temps en Allemagne, Fanny MENDELSSOHN (1805 – 1847) jouait du piano et composait, malgré l’avis de son père, et de son frère Félix. Ce n’est qu’après son mariage qu’elle pourra développer son art musical, et se faire jouer et publier. Elle a surtout écrit des pièces pour piano, des romances et des cantates. Quand vers la fin de sa vie, elle se lance pour faire connaître sa musique, ses contemporains ne veulent pas croire qu’une femme ait composé cette musique, et l’accusent d’avoir pillé son frère !

fanny mendelssohnCliquez sur l’image

Clara SCHUMANN (1819 – 1896) composait également, mais ce sont ses talents de pianiste qui étaient reconnus, pas ceux de compositrice, et c’est son Robert (SCHUMANN) de mari qui est resté pour la postérité comme un génie de la composition.

clara schumann

Mélanie BONIS (1858 – 1937) choisit comme pseudonyme Mel BONIS pour ses compositions musicales, pour ne pas être reconnue comme femme compositeur. Elle entre au conservatoire à 18 ans. C’est là qu’elle rencontre un chanteur-poète, qui sera le grand amour de sa vie, mais sa famille lui impose un mariage « sérieux ». Elle mettra en musique bien des poèmes de son amour. Sur la fin de sa vie, elle se consacre à de la musique religieuse.

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Pour le XXe siècle, on peut citer Germaine TAILLEFER (1892 – 1983), seule femme du groupe des six. Elle a écrit une œuvre abondante dans différents styles (piano, mélodie, musique de chambre, musique de films, concertos, opéras…). Elle a participé aux Mariés de la Tour Eiffel, sur un texte de COCTEAU, mais a également écrit un opéra de chambre sur un texte de IONESCO : Le Maître.

Deux autres femmes compositrices se sont distinguées, Lili et Nadia BOULANGER. Lili, la cadette, a été la première femme à gagner le grand prix de Rome. Sa carrière a malheureusement été trop brève, car elle est morte à l’âge de 24 ans, en laissant inachevé son opéra La Princesse Maleine, d’après MAETERLINCK. Sa grande sœur Nadia est beaucoup plus connue, car au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de 1000 élèves, dont les compositeurs Aaron COPLAND, Vladimir COSMA, Philip GLASS, Pierre HENRY, Michel LEGRAND ou Lazlo SCHIFFRIN. Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de VERLAINE, HEINE, VH ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de D’ANNUNZIO.

Compositeurs

Gioacchino ROSSINI

Gioacchino ROSSINI (1792 – 1868) a été un compositeur aussi précoce que fécond, puisqu’il a écrit son premier opéra à l’âge de 14 ans.

Né à Pesaro, en Italie (d’où son surnom de Cygne de Pesaro), il monte ses premiers opéras à Venise, et connaît la gloire avec l’Italienne à Alger (1813).

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Ses succès vénitiens lui ouvrent les portes de la Scala de Milan, où il crée son chef-d’œuvre Le Barbier de Séville en 1816. Il écrit cette pièce en 13 jours, mais il faut dire que, comme VIVALDI le faisait avant lui, il recyclait des airs à succès d’un opéra sur l’autre.

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Comme ses prédécesseurs du siècle précédent, il a dû aussi composer avec les caprices des divas et divos, qui lui faisaient changer sa musique pour pouvoir se mettre en valeur et briller à coups de vocalises vertigineuses.

En 1817, il écrit La Cenerentola (Cendrillon) et La Gazza ladra (La Pie voleuse).

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De 1815 à 1822, il dirige le théâtre royal de Naples, tout en continuant à alimenter les scènes de Rome ou de Milan.

Après un passage à Vienne, où la grande vague de sa musique balaie les tentatives de créer un opéra allemand (WEBER et SCHUBERT en seront les victimes), puis à Londres, il s’installe à Paris en 1823, où il prend la direction du Théâtre Italien. Il y monte Le voyage à Reims, écrit à l’occasion du sacre du roi Charles X. Cette œuvre de commande servira de matériau musical quelques années plus tard au Comte Ory (1828).

La gloire de Rossini est alors telle que STENDHAL écrit sa biographie dès 1824.

Il crée également à Paris un autre de ses chefs d’œuvre, Guillaume Tell, d’après le drame de SCHILLER, en 1829.  Âgé alors de 37 ans, il décide d’arrêter d’écrire pour le théâtre.

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Il ne quitte pas pour autant la musique, écrivant son Stabat Mater en 1832, une Petite Messe solennelle qui n’a de petite que le nom en 1864, ainsi que diverses petites pièces, qu’il appelle ses péchés de vieillesse, incluant Le duo des chats.

Bon vivant, il est aussi l’inventeur d’une recette à laquelle il a laissé son nom, le tournedos Rossini.

Il meurt à Passy en 1868.

De nos jours, Rossini reste populaire non seulement au travers de ses opéras, mais aussi au travers de la pub ou du cinéma, qui n’hésitent pas à utiliser ses musiques tout de suite accrocheuses. Je pense ici par exemple à Orange mécanique de KUBRICK et bien sûr à Tex AVERY.