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François-Adrien BOÏELDIEU

Le petit François-Adrien BOÏELDIEU (en France, n’oubliez pas le tréma sur le I) naît à Rouen fin 1775. Il suit ses premières études musicales à la cathédrale de Rouen où il est enfant de chœur.

Il compose son premier opéra-comique, la Fille coupable en 1793, à l’âge de 17 ans. Cette oeuvre est montée au Théâtre des Arts de Rouen. (Le théâtre des Arts à Rouen était une des seules scènes à donner encore des spectacles lyriques pendant la Terreur.) L’année suivante, Boïeldieu publie ses premières romances.

En 1796 il s’installe à Paris et commence à écrire des opéras-comiques pour la Salle Favart.

En 1798, il devient professeur au tout nouveau Conservatoire de musique de Paris (créé en 1795), tout en assurant une abondante production d’opéras, comme le Calife de Bagdad (1800).

Boïeldieu le Calife de Bagdad OuvertureCliquez sur le portrait de Boïeldieu

En 1803, il devient directeur de l’opéra français à la cour impériale de Saint-Pétersbourg où il reste jusque fin 1810. Ses œuvres de l’époque, comme les Voitures versées, sont donc créées là-bas. Certaines seront adaptées ultérieurement pour les scènes françaises.

Boïeldieu Les Voitures verséesCliquez sur l’image

En 1808, il écrit une musique de scène pour Athalie, de Jean RACINE.

En 1815, il devient musicien de la Cour, et en 1818, il succède à MÉHUL à l’académie des Beaux-arts. En 1818, il écrit un Petit Chaperon rouge, d’après le conte de PERRAULT.

En 1825, il compose Pharamond à l’occasion du couronnement de Charles X, mais surtout son œuvre la plus célèbre (encore aujourd’hui), la Dame blanche, sur un livret de l’incontournable SCRIBE, d’après Walter SCOTT. La Dame blanche est ainsi considéré comme un des premiers opéras gothiques.

Boïeldieu la Dame blanche Viens, gentille dameCliquez sur l’image

Les plus tintinophiles d’entre vous se souviendront que c’est un air de la Dame blanche que Tintin, enivré par les vapeurs d’alcool, chante dans l’album « le Crabe aux pinces d’or ».

Tintin et Boïeldieu

Vers la fin de sa vie, Boïeldieu a de sérieux ennuis de santé, doublés par la perte de ses revenus après la faillite de l’Opéra-comique et la chute de la royauté en 1830 (Charles X lui versait une pension). THIERS décide de lui faire verser une pension en remplacement.

Il meurt en 1834.

Outre son abondante production d’opéras comiques et de romances, Boïeldieu est aussi l’auteur de deux concertos pour harpe que l’on joue encore de nos jours.

Boïeldieu Concerto pour harpe en UtCliquez sur l’image

 

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Camille SAINT-SAËNS

Camille SAINT-SAËNS est né à Paris en 1835. Son père meurt quand il a deux mois, et il est élevé par sa mère, peintre, qui veut faire de son fils un artiste. Il apprend le piano avec une grand-tante, et se révèle vite être un enfant prodige. À onze ans, il donne son premier concert, où il joue le 3concerto de Beethoven. Il entre au Conservatoire de Paris en 1848, où il a GOUNOD comme professeur de composition. Il se distingue de ses petits camarades compositeurs français en n’obtenant pas le Grand Prix de Rome, et il sort du Conservatoire avec un prix d’orgue.

En 1853, à la sortie du Conservatoire, il est titulaire de l’orgue de Saint-Merri, où il se fait remarquer par BERLIOZ et LISZT. Avec un tel parrainage, il n’est pas étonnant qu’il se soit distingué plus tard avec ses poèmes symphoniques (Liszt est considéré comme « l’inventeur » du poème symphonique.) En 1857, il prend les commandes des grandes orgues de La Madeleine à Paris, où il restera 20 ans.

En 1861, il est professeur de piano dans une école de musique à Paris, où il a comme élève Gabriel FAURÉ et André MESSAGER. Pour le piano, il écrit cinq concertos, dont un en dix-sept jours seulement pour permettre à son ami Anton RUBINSTEIN d’avoir quelque chose de neuf à jouer lors d’un séjour à Paris. En 1870, il s’installe en Angleterre et a l’occasion de jouer devant la reine Victoria. Il produit également de la musique de chambre (sonate pour piano et violoncelle, rondo capricioso pour violon [1870]).

Saint-Saëns sonate piano violoncelle no 1Cliquez sur la pianiste et le violoncelliste (et la tourneuse de pages)

En 1871, de retour en France, il fédère autour de lui un groupe de jeunes musiciens français, et fonde la Société nationale de musique, pour défendre une musique conforme au génie français (on sortait alors de la guerre perdue contre la Prusse), société à laquelle adhèrent notamment César FRANCK ou son élève Gabriel Fauré.

En 1872, il compose un premier opéra, La Princesse Jaune, qui est un échec. Ses poèmes symphoniques qui datent de la même décennie connaissent plus de succès (Le rouet d’Omphale en 1871, Phaéton [1873] d’après les Métamorphoses d’OVIDE, La Danse Macabre en 1874…)

Saint-Saëns PhaetonCliquez sur l’image

En 1875, il se marie, mais son mariage est un échec. Après la mort de ses deux enfants en 1878, il se sépare de sa femme et assume désormais son homosexualité. 1875 est aussi l’année de sa première tournée à Saint-Pétersbourg, où il dirige La Danse Macabre.

Saint-Saëns la danse macabreCliquez sur l’orchestre

En 1877, il reçoit une forte somme de la part d’un mécène, qui meurt cette même année. Il écrit son chef-d’œuvre (pour l’opéra) Samson & Dalila (créé par Liszt en 1877 à Weimar).

Saint-Saëns Samson et Dalila Printemps qui commenceCliquez sur Dalila

En 1878, il crée son Requiem à la mémoire de son mécène. Il fait jouer les poèmes symphoniques de son ami Liszt en France.

Dans les années 1880, il entre à l’Académie des beaux-arts et reçoit la Légion d’honneur. En 1883, il compose l’opéra Henry VIII, et en 1886, sa monumentale Symphonie avec orgue, (dédiée à la mémoire de Liszt) et le délicieux Carnaval des animaux.

Saint-Saëns symphonie avec orgueCliquez sur l’organiste

Saint-Saëns le carnaval des animauxCliquez sur les animaux

À partir de 1888, après la mort de sa mère, il se met à voyager, notamment en Algérie et en Égypte, où il subit l’influence des musiques orientales (son cinquième concerto de piano est appelé « l’égyptien »).

En 1906, lui qui a déjà joué partout en Europe part en tournée aux États-Unis. En 1908, il est également le premier compositeur de musique de film (L’assassinat du duc de Guise). Il meurt à Alger en 1921.

Saint-Saëns autographe(autographe de Saint-Saëns, collection de l’auteur de ce blog)

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George GERSHWIN

George GERSHWIN est né en 1898 et mort en 1937. Fils d’une famille de juifs russes émigrés à la fin du XIXe siècle, il grandit à New-York. Il découvre le piano à l’âge de 12 ans, et montre tout de suite de grandes dispositions pour la musique. Auteur de chansons, puis de comédies musicales, il publie sa première composition à 18 ans.

En 1924, il honore une commande pour un concerto-jazz, la fameuse Rhapsody in blue qui lancera la carrière internationale de Gershwin.

Geshwin Rhapsody in blue Fantasia 2000Cliquez sur l’image

(En 1979, Woody ALLEN ouvrira son magnifique Manhattan sur cette Rhapsody in blue.)

En 1924, il signe un contrat pour un concerto de piano. Sitôt le contrat signé, il se précipite dans une librairie pour acheter un manuel de composition pour son concerto ! Il en résulta le Concerto en fa (1925).

Gershwin concerto en faCliquez sur la pianiste

En 1928, il rencontre RAVEL qui effectuait une tournée aux U.S.A. Il lui demande des cours de composition, Ravel refuse, au titre qu’il ferait « du Ravel de seconde classe, au lieu de faire du Gershwin de première classe » (rapporté par Jean ECHENOZ dans Ravel.) Gershwin part à son tour en tournée, en Europe, et c’est à Paris qu’il termine une autre de ses œuvres très populaires, Un Américain à Paris (1928).

Gershwin An American in ParisCliquez sur l’orchestre 

(On trouve quelques mesures de Un Américain à Paris au début de One cab’s Family du génial Tex AVERY.)

Parmi ses mélodies figurent de nombreuses pièces qui sont devenues des standards du jazz, comme « The Man I love »

Gershwin The Man I loveCliquez sur l’image

ou encore I got Rythm (qu’on peut entendre sur la B.O. de Celebrity [1989], de Woody Allen.)

Gershwin I got rythmCliquez sur le trio de jazz

George Gershwin a beaucoup travaillé avec son frère Ira (diminutif d’Israël) comme parolier, que ce soit pour ses mélodies ou ses comédies musicales.

En 1935, ils écrivent ensemble l’opéra jazz Porgy and Bess qui connaîtra un immense succès, plus peut-être dans le milieu du jazz que dans celui de l’opéra. Il en existe de nombreux enregistrements, dont un fameux de Ella FITZGERALD et Louis ARMSTRONG.

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur Satchmo

Gershwin meurt en 1937 d’une tumeur au cerveau.

Retrouvez plus de billets consacrés aux compositeurs en cliquant sur ce lien : Compositeurs.

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GOUNOD MYSTIQUE

Je n’ai pas insisté dans mon billet consacré à Charles GOUNOD sur le côté mystique de celui-ci. À la demande générale de l’un d’entre vous, voici donc un complément à ce billet.

Arrivé en 1839 à Rome avec son Grand Prix, il découvre les musiques de la chapelle Sixtine, notamment celle de PALESTRINA.

Palestrina O Magnum MysteriumCliquez sur le vitrail

Mais surtout, il fait la connaissance du Père LACORDAIRE, un brillant prédicateur, et sous son influence, il songe à devenir ecclésiastique. Dans cet état d’esprit, il écrit de la musique d’inspiration religieuse, notamment une Messe solennelle. En 1842, il quitte Rome pour Vienne, où il fait jouer son Requiem.

Il rentre à Paris en 1843 et pendant cinq ans, il n’écrit que de la musique religieuse. En 1848, il s’habille en ecclésiastique et se fait appeler l’abbé Gounod. Il assiste aux conférences de Lacordaire et suit des cours de théologie à Saint-Sulpice.

Gounod Ave Maria NormanCliquez sur l’image

Après son célébrissime Ave Maria de 1853, il compose en 1855 sa Messe de Sainte-Cécile.

Gounod messe de Sainte-CécileCliquez sur le disque

En 1878, épuisé par la composition de ses opéras, il retourne à Rome où il commence un opéra chrétien, Polyeucte.

Sur la fin de sa vie, il n’écrit plus que des œuvres d’inspiration telles Rédemption et Mors et Vita.

Gounod mors et vitaCliquez sur l’image

Il meurt en 1893, année où il écrit encore un Requiem (en Ut majeur) à la mémoire de son petit-fils.

Gounod requiem en Ut majeurCliquez sur l’image

 

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Charles GOUNOD

Charles GOUNOD, l’auteur d’une des adaptations les plus populaires du mythe de Faust, est né en 1818 dans une famille d’artistes. Son père était aquafortiste et sa mère pianiste.

En 1839, il remporte le grand prix de Rome, et son séjour à la villa Médicis est l’occasion pour lui de découvrir la musique polyphonique italienne, notamment celle de PALESTRINA.

Profondément croyant, il entre au séminaire, mais ne va pas jusqu’à la prêtrise. En 1853, il écrit une pièce pour violon d’après un prélude de BACH. Cette pièce deviendra plus tard son célèbre Ave Maria.

Gounod Ave Maria Norman

En 1851, il compose son premier opéra, Sapho. En 1854, ce sera La Nonne Sanglante, d’après le roman gothique anglais de C.S.LEWIS.

En 1855, il écrit la très belle Messe de Sainte Cécile.

Gounod Messe de Sainte Cécile SanctusCliquez sur l’image

En 1858, il écrit Le Médecin malgré lui, d’après MOLIÈRE.

Gounod Le médecin malgré lui 2

En 1859, c’est la création de son Faust, qui deviendra, et pour longtemps, l’opéra le plus joué au monde, avec notamment le fameux Air des bijoux, popularisé par HERGÉ avec le personnage de La Castafiore.

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur la Callas

En 1863, après une rencontre avec le poète Frédéric MISTRAL, il compose Mireille, d’après le poème de Mistral.

En 1867, il compose son autre énorme succès, Roméo et Juliette. Après cet opéra, sa verve lyrique se tarit, et il ne se consacre plus qu’à la composition d’œuvres sacrées.

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleilCliquez sur Roméo

Gounod meurt en 1893 à Saint-Cloud.

Retrouvez un autre aspect de Gounod dans le billet suivant: Gounod mystique.

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LE GROUPE DES CINQ

Dans le cadre de l’éveil des écoles nationales, des compositeurs russes se sont fédérés autour de BALAKIREV (1836 – 1910) pour former ce qu’on a appelé le Groupe des Cinq. Leur motivation était d’écrire de la musique russe, en se détachant des canons imposés de la musique occidentale. (TCHAÏKOVSKI, très influencé par cette musique occidentale, ne faisait pas partie de ce groupe dont il ne comprenait pas, au début, la musique.)

Ces compositeurs étaient :

  • Alexandre BORODINE (1833 – 1887)

Autodidacte pour la musique, Borodine a poursuivi des études scientifiques et devient docteur en médecine. À côté de ses études, il compose néanmoins et a l’occasion de rencontrer Moussorgski. C’est Balakirev qui le fait entrer dans le groupe des cinq en 1862. L’œuvre la plus connue (chez nous) de Borodine est certainement le poème symphonique Dans les Steppes de l’Asie centrale, dédié à Franz LISZT.

Borodine dans les steppes de l'Asie centraleCliquez sur l’image

Il a également écrit de la très belle musique de chambre, ainsi que l’opéra le Prince Igor, célèbre pour ses « Danses polovtsiennes ».

  • César CUI (1835 – 1918)

Ingénieur en génie civil, il rencontre Balakirev en 1856, et c’est à son contact qu’il se met à écrire de plus en plus de musique. Parmi les opéras écrits par César Cui on peut noter un Mademoiselle Fifi (1900) d’après Guy de MAUPASSANT ainsi que deux opéras pour enfants Le petit Chaperon rouge (1911) et le Chat botté (1913).

Cui MagnificatCliquez sur le magnificat

Moussorgski est célèbre pour son opéra Boris Godounov, mais aussi pour les Tableaux d’une exposition ou encore la Nuit sur le Mont Chauve, rendue populaire par Walt DISNEY dans son dessin animé Fantasia.

Moussorgski Une nuit sur le mont chauve FantasiaCliquez sur l’image

Si le club groupe des cinq s’est formé autour de l’autodidacte Balakirev, Rimski-Korsakov en était le véritable ciment, et il a aidé, orchestré, voire complété les œuvres de ses camarades.

Rimsky-korsakov ouverture sur 3 thèmes russesCliquez sur l’image

 

Écrivain, Compositrices, littérature, poésie

Guillaume APOLLINAIRE

Né à Rome en 1880, Guillaume Apollinaire de KOSTROWITSKY est un poète du début du XXe siècle, proche des avant-gardes de son époque. Sa mère, d’origine polonaise, s’installe à Monaco, puis en France, où le petit Guillaume fait donc ses études.

En 1900, Guillaume (qui s’appelait encore Wilhelm) s’installe à Paris où, dès 1901, il publie des poèmes. Très vite, il prend son cinquième prénom, Apollinaire, comme pseudonyme, et signe donc Guillaume Apollinaire.

En 1907, PICASSO lui fait rencontrer Marie LAURENCIN, avec qui il entretient une liaison tumultueuse. Ses autres amis peintres s’appellent, DERAIN, de VLAMYNK ou le douanier ROUSSEAU. Marie lui inspirera le poème « Marie », publié dans le recueil Alcools.

Poulenc Apollinaire MarieCliquez sur l’image

En 1911, il publie son premier recueil de poésies, le Bestiaire ou le Cortège d’Orphée qui sera mis plus tard en musique par POULENC.

Poulenc Apollinaire le bestiaireCliquez sur le Bestiaire

En 1913, il publie son recueil Alcools. Arthur HONEGGER en tirera six mélodies entre 1915 et 1917.

Honegger Apollinaire les SaltimbanquesCliquez sur les Saltimbanques

En 1914, il veut s’engager dans l’armée française, mais doit d’abord faire une demande de naturalisation pour y arriver. Il fait la connaissance de celle qu’il appellera Lou, et les poèmes qu’il lui envoie dans ses lettres seront publiés sous le titre Poèmes à Lou. En mars 1916, il est gravement blessé à la tête et doit être évacué à Paris, où il est opéré.

En 1917, il crée le terme « surréaliste » pour le programme du ballet Parade, de SATIE, COCTEAU et Picasso, monté par les Ballets russes. Cette même année, il écrit la pièce féministe (ou pas !) Les mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes et un prologue. Cette pièce sera mise en musique par la compositrice Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931), avant que Poulenc ne produise sa propre version en 1947.

Poulenc Apollinaire les Mamelles de TirésiasCliquez sur l’image

En 1918 paraît un nouveau recueil de poésie, les Calligrammes, pour lesquels la typographie même contribue à donner du sens au poème.

Apollinaire Calligramme

 

Il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole.

Et je vous propose, pour mieux découvrir le poème « Sanglots » extrait des Banalités mises en musique par Poulenc, une classe de maître extrêmement intéressante :