Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Paul VERLAINE (1844 – 1896)

Paul VERLAINE est né à Metz le 30 mars 1844.

Son père était militaire, d’où de nombreux déménagements de la famille pendant la jeunesse de Paul. Sa mère, qui avait fait deux fausses couches, adorera son fils et lui passera tout. Ses parents adopteront aussi une cousine orpheline, Élisa, qui sera le premier amour du jeune homme.

Verlaine père démissionne de l’armée avec le grade de capitaine, et la famille s’installe à Paris, où Paul suit ses études dans une pension privée et au lycée Condorcet. Peu intéressé par les études, il semble plus attiré par certains de ses jeunes condisciples.

Il publie son premier recueil de poésie, les Poèmes saturniens, à l’âge de 22 ans, en 1866. On peut y lire une certaine influence baudelairienne.

Brassens Chanson d'automneCliquez sur la Chanson d’automne

À l’occasion de cette sortie, un jeune poète, un certain MALLARMÉ, lui écrit pour lui signifier l’admiration qu’il porte à ses poèmes.

Peu intéressé par les études, Verlaine fréquente les cafés littéraires, et commence à boire (beaucoup) d’alcool, notamment de l’absinthe, boisson qui, selon les procédés de fabrication de l’époque, recélait du méthanol, un alcool attaquant le cerveau.

Dans le groupe des Vilains Bonshommes, lié aux Parnassiens, il fait la connaissance de Charles de SIVRY, un compositeur ami de CHABRIER avec qui ils ont des projets d’opérettes, Vaucochard et Fils 1er et Fisch-ton-Kan. Et c’est de Sivry qui présentera sa sœur Mathilde à Verlaine. Plus étonnant encore, après la commune, de Sivry se retrouva emprisonné, et en prison c’est lui qui donnera l’adresse de sa mère à un garde national qui cherchait un professeur de piano pour son fils. Ce fils s’appelait Claude Achille DEBUSSY, et fait partie des nombreux compositeurs qui ont déposé de la musique sous les vers de Verlaine.

Inquiet pour l’avenir de son fils, Verlaine père le fait entrer en 1864 comme employé de bureau à l’Hôtel de ville de Paris. Entretemps, son amour de jeunesse, Élisa s’est mariée à un riche industriel sucrier. en 1869, il publie le recueil Fêtes galantes, inspiré par une exposition des peintres du XVIIIe siècle qui avait eu lieu au Louvre.

Fauré Clair de LuneCliquez sur l’image

Debussy Colloque sentimentalCliquez sur le Colloque sentimental

Après la mort de son père, Verlaine continue de vivre chez sa mère qui le pousse à se marier avec Mathilde de neuf ans sa cadette. Le mariage se fera en 1870 et ils auront un fils, Georges, en 1871. Son amour pour Mathilde inspirera plusieurs poèmes de la bonne Chanson, qui paraîtra en 1871 après la guerre de 1870 et la Commune.

Hahn l'Heure exquiseCliquez sure l’Heure exquise

En 1871, justement, Verlaine reçoit une lettre qui bouleversera sa vie. Un jeune homme de Charleville, Arthur RIMBAUD, lui écrit qu’il souhaite quitter sa ville de province où il s’ennuie mortellement pour rejoindre la capitale. Après quelques hésitations, Verlaine l’invite à Paris. Cette rencontre est capitale tant il retrouve chez le jeune homme de 17 ans des idées qu’il porte en lui depuis longtemps. Dès lors, il se désintéresse de sa jeune femme pourtant enceinte. Verlaine et Rimbaud partent ensemble en Angleterre et en Belgique. Un jour, Verlaine tirera un coup de feu sur Rimbaud, ce qui lui vaudra une condamnation à deux ans de prison. Les poèmes écrits pendant cette période figurent dans les Romances sans paroles (1874).

Fauré SpleenCliquez sur l’image

En prison, il retrouve la foi catholique de son enfance et compose le recueil Sagesse (1880).

Boulanger (Nadia) un grand Sommeil noirCliquez sur le grand Sommeil noir

À sa sortie de prison, il retrouve brièvement, Rimbaud qui lui confie le manuscrit des Illuminations, que Verlaine fera imprimer quelques années plus tard.

En 1875, il est professeur à Londres avant de rentrer en France, où il enseigne dans un collège de jésuites. Il se prend d’affection pour un de ses jeunes élèves, Lucien. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Londres, avant de s’installer chez les parents de Lucien. La mort de celui-ci en 1883 bouleversera Verlaine qui écrira plusieurs poèmes que l’on trouve dans le recueil Amour.

Il rentre à Paris en 1882 et renoue avec le milieu littéraire. en 1884, Il publie son essai sur les Poètes maudits ainsi que le recueil Jadis et naguère, dans lequel on trouve son fameux « Art poétique ».

Mais son alcoolisme est toujours là, provoquant chez lui des épisodes de grande violence, il ira même jusqu’à essayer d’étrangler sa mère. Après un nouveau séjour en prison, il finira dans la déchéance, presque clochard, et meurt de pneumonie le 8 janvier 1896 à Paris.

Malgré son côté « asocial » ses talents de poètes ont été reconnus par les siens, et il a porté le titre de « prince des poètes », titre que portera Mallarmé après sa mort.

Liste des œuvres

(Source principale : Henri TROYAT – Verlaine – Flammarion 1993.)

Compositeurs

Baldassare GALUPPI (1706 – 1785)

Image Galuppi

Baldassare (Balthazar) GALUPPI est un compositeur vénitien né à Burano le 18 octobre 1706.

Son père lui apprend les bases de la musique et à 16 ans, il part à Venise exercer ses talents. Il apprend la composition auprès de MARCELLO, organiste à la basilique Saint-Marc. Il s’essaie à la composition d’opéra dès cet âge, mais sa première œuvre la Fede nell’incostanza ne rencontre pas les faveurs du public. Une autre œuvre, Dorinda (1729) lui vaudra plus de succès.

Comme son aîné VIVALDI (1678 – 1741), il est maître de musique dans un des hospices de charité de Venise, l’Ospedale dei Mendicanti, poste qu’il occupe de 1740 à 1753. En 1762, il devient Maître de musique de Saint-Marc et en 1766, il est maître des chœurs de l’Ospedale degli Incurabile (hospice des Incurables), poste qu’il occupera jusqu’en 1776.

Cependant, Galuppi voyageait beaucoup, se rendant à Vienne et à Berlin, puis à Londres en 1741 où il restera deux ans, y composant trois opéras. À cette époque, HAENDEL avait arrêté sa production d’opéras pour se consacrer à de la musique religieuse. L’oratorio Le Messie date précisément de 1741.

Même la Russie appelle Galuppi et en 1765 Catherine II le fait venir à Saint-Pétersbourg où il devient compositeur de la cour. Ses employeurs vénitiens l’ont laissé partir, lui laissant même ses émoluments, à condition qu’il fournisse chaque année un Gloria et un Credo pour la messe de Noël.

Galuppi Magnificat (Gloria)Cliquez sur le Gloria

Sa production d’opéras, genre majeur dans la Venise de l’époque, est assez impressionnante. Il nouera notamment une collaboration extrêmement fructueuse avec le dramaturge Carlo GOLDONI, collaboration commencée en 1740 avec Gustave Ier, roi de Suède, Gustavo primo, re di Svezia en V.O. (eh non, il ne s’agit pas de Gustave III, roi de Suède dont je vous parlais il n’y a guère.) Ils travaillèrent ensemble jusqu’en 1754 avec des œuvres comme Il Mondo della Luna (1750) ou Il Filosofo di campagna, le Philosophe de campagne en V.F. (1754). (Il existe une autre version plus connue de Il Mondo della Luna, c’est celle écrite par Joseph HAYDN en 1777.

Galuppi Il filosofo di Campagna Son pien di giubiloCliquez sur l’image

Bien évidemment pour l’époque, il s’est aussi frotté aux drames de MÉTASTASE (Pietro METASTASIO), mettant en musique Artaserse (1749), la Clemenza di Tito (1760) ou Il Re pastore (1762). Ces quelques opéras de Galuppi font partie de 1000 opéras (!) écrits sur les 27 poèmes de Métastase. On peut noter également la version de MOZART de Il Re pastore en 1775 et de La Clemenza di Tito en 1791.

Galuppi La Clemenzia di Tito Del piu sublime soglioCliquez sur Titus

Sur la fin de sa vie, Baldassare se consacrera à de la musique pour clavier

Galuppi sonate en Do majeurCliquez sur le pianiste

et à de nombreuses œuvres religieuses.

Galuppi Dixit Dominus en Sol mineurCliquez sur l’image

Galuppi meurt à Venise le 3 janvier 1785, à l’âge de 78 ans.

(Sources principales : les notes de l’édition du Dixit Dominus, Edizioni del Centro di Musica Antiqua della Fondazione Ghislieri, 2019).

Et cliquez ici pour avoir la liste des compositeurs et compositrices chroniqué(e)s sur ce blog.

Compositrices, Divers

VOUS REPRENDREZ BIEN UNE PETITE LARME ? – Partie 2, le XIXe SIÈCLE

Je vous parlais il n’y a guère des larmes à l’opéra et à la période baroque. Je me propose de prolonger ce sujet avec les larmes versées au XIXe siècle.

En 1807, à l’acte II de la Légende de Joseph en Égypte de MÉHUL, Jacob se réveille. Il a fait un rêve. Dans son rêve, il a vu son fils Joseph, disparu depuis longtemps et qu’il croyait mort. Il se rappelle alors son fils chéri. (Air : Ô, mon Joseph, cher enfant de mon cœur, le temps n’a pas séché mes larmes ».) Présents et tout aussi émus, ses fils Benjamin et Joseph (incognito) reprennent son très bel air dans ce bref duo.

Méhul Joseph O mon JosephCliquez sur Joseph (incognito), Jacob et Benjamin

Vingt-cinq ans plus tard, en 1832, ce sont de tout autres larmes qui perlent aux yeux de la coquette Adina dans L’Élixir d’amour de DONIZETTI, qui s’imagine que Nemorino ne l’aime pas. Nemorino, amoureux éconduit d’Adina reprend espoir en voyant cette larme furtive.

Donizetti l'Élixir d'amour Una furtiva lagrima (Alagna)Cliquez sur Nemorino

En 1837, dans son très théâtral Requiem, BERLIOZ nous régale et épuise les chœurs avec ce « Lacrimosa ».

Berlioz Requiem Lacrimosa (Bernstein)Cliquez sur l’image

Poursuivons notre voyage dans le temps et arrêtons-nous en 1851, avec Rigoletto de VERDI. À l’acte II, quand il comprend que sa fille se fait courtiser par le duc, le héros Rigoletto tombe en pleurs et s’humilie devant les courtisans. (Air : « Cortigiani, vil razza danata ».)

Verdi rigoletto Cortigiani, vil razza dannataCliquez sur Rigoletto

Verdi encore, deux ans plus tard, avec La Traviata. À la fin de cet opéra, Violetta, dite la Traviata, relit une lettre de Germont, le père de son amant Alfredo. Elle lit cette lettre au moment de mourir et pleure sur le passé perdu. (Air : « Adio del passato ».)

Verdi Traviata adio del passato DessayCliquez sur Violetta

Retour en France en 1886 avec Pauline VIARDOT qui met en musique la Chanson du pêcheur, de Théophile GAUTIER (une des six mélodies du cycle les nuits d’été de Berlioz.)

Viardot (Pauline) La chanson du pêcheurCliquez sur l’image

L’année suivante est celle de Werther de MASSENET. Liée par un serment fait à sa mère mourante, Charlotte ne peut répondre à l’amour que lui porte le jeune Werther. (Air: Va, laisse couler mes larmes ! »)

Massenet Werther les larmes qu'on ne pleure pasCliquez sur Charlotte

En 1892, dans Iolanta, l’héroïne de TCHAÏKOVSKI est aveugle et n’a jamais vu la lumière du jour ni la beauté des fleurs de son jardin. Quand un chevalier arrive chez elle et lui demande à quoi servent les yeux, elle ne peut que répondre : « à pleurer ».

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta et Godefroid

La même année, LEONCAVALLO mettait en scène les affres de la jalousie du clown Paillasse dans son opéra Pagliacci (Paillasse). À la fin du 1er acte, il sait que sa femme le trompe, mais il doit enfiler son costume de clown et faire semblant de rire, malgré ses pleurs rentrés (Air : Vesti la giubba »).

Leoncavallo Pagliacci Vesti la giubbaCliquez sur le clown Paillasse

En 1900, dans Rusalka de DVORAK, l’ondin, le père de l’ondine Rusalka qui a accepté de perdre son statut d’ondine et sa voix par amour pour un humain, pleure sur le triste sort de sa fille (Air : « Cely svêt neda ti »).

Dvorak Rusalka Cely svet neda tiCliquez sur l’ondin

Et pour entendre couler des larmes au XXe siècle, cliquez sur ce lien.

Compositrices, littérature, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« ART POÉTIQUE », de VERLAINE

Le poème « mis en musique » de ce mois sera Art poétique, de Paul VERLAINE. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Schubert An die MusikCliquez sur la musique

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

Hahn Chansons grises L'Heure exquiseCliquez sur la chanson grise

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur les claires étoiles

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Bonis Mel Nocturne pour flûte, Cor et PianoCliquez sur l’image

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,

Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Verdi Rigoletto Ch'io gli parliCliquez sur l’image

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur l’image

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Berlioz Les Nuits d'été Au cimetière (Crespin)Cliquez sur « l’âme éveillée »

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.

Citations musicales:

De la musique : SCHUBERT An die Musik

la chanson grise : HAHN Chansons grises : « l’Heure exquise »

des claires étoiles : FAURÉ Nuit d’étoiles

et la flûte au cor : Mel BONIS Scènes de la Forêt, « Nocturne pour Flûte, Cor et Piano »

la Pointe assassine, l’Esprit cruel et le Rire impur : VERDI Rigoletto. Dans Rigoletto, le héros, bouffon du duc, exerce son esprit acerbe contre les courtisans avec ses piques cruelles.

ce bijou d’un sou : GOUNOD Faust « Air des bijoux »

une âme en allée : BERLIOZ Les Nuits d’été « Au Cimetière (Clair de lune) »

Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE LEIPZIG…

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Leipzig est une ville de Saxe (Allemagne) qui a un très riche passé musical.

Elle est d’abord connue pour celui qu’on a surnommé le Cantor de Leipzig, J.-S. BACH. Johann Sebastian Bach, né à Eisenach en 1685, est mort à Leipzig en 1750 après 27 ans passés dans cette ville, où il était Maître de musique et Cantor de l’église Saint-Thomas, pour laquelle il écrivit plusieurs centaines de cantates (une par dimanche) ainsi que des œuvres de dimensions plus importantes comme des messes, des passions ou des oratorios.

Bach J.S. Lobet den Herrn, alle HeidenCliquez sur l’image

Mais avant Jean-Sébastien, il y avait eu Georges Friedrich TELEMANN (1681 – 1767). C’est lui qui, lors de ses études de droit à Leipzig, a fondé le Collegium Musicum, un orchestre qui sera dirigé après lui par Bach.

Telemann concerto pour trompetteCliquez sur l’image

Leipzig est aussi la ville qui a le plus ancien orchestre en activité, le Gewandhausorchester. L’origine de cet orchestre remonte à 1743, sous le nom de Concert Grosses, et son nom actuel date de 1781, quand la municipalité l’a installé dans les locaux du Gewandhaus, le bâtiment des marchands en textile.

Au XIXe siècle, la tradition musicale se perpétue. Le 22 mai 1813 naissait à Leipzig Richard WAGNER. Une de ses toutes premières œuvres, rarement jouée, est sa Symphonie en Ut majeur, créée à Leipzig en 1932 (Wagner avait 19 ans).

Wagner Symphonie en Do majeur (1er mvt)Cliquez sur l’image

En 1819, naissait le 13 septembre 1819 Clara WIECK, fille d’un professeur de piano et future pianiste virtuose. L’histoire retiendra d’elle qu’elle aura été la femme de Robert SCHUMANN.

Clara Schumann Abendfeier in VenedigCliquez sur l’image

Un des amis de Robert et Clara Schumann était Félix MENDELSSOHN.

Mendelssohn Concerto pour violon mvt 1 (Furtwängler Menuhin)Cliquez sur le violoniste

Né à Berlin en 1809, Félix se fixe à Leipzig en 1835, où il dirige le fameux orchestre du Gewandhaus, avec lequel il fera redécouvrir les partitions de J.-S. Bach, telles que la Passion selon Saint-Matthieu. Il assurera également la création posthume de la Neuvième symphonie de SCHUBERT.

Bach J.S Matthaus Passion chœur d'ouvertureCliquez sur le chœur d’ouverture

Schubert Symphonie n 9 mvt 2Cliquez sur l’image

Mendelssohn meurt à Leipzig le 4 novembre 1847, quelques mois après sa sœur Fanny.

Retrouvez une autre grande ville musicale avec Rome.

Compositeurs, Compositrices

Robert SCHUMANN (1810 – 1856)

Robert SCHUMANN est né le 8 juin 1810 à Zwickau, dans la Saxe. Son père, libraire et écrivain, l’inscrit dans une école privée où il peut apprendre le latin, le grec et le français.

Robert apprend le piano auprès de l’organiste de la cathédrale, et il n’a que 12 ans quand il compose sa première pièce musicale.

À 18 ans, il part étudier le droit à l’université de Leipzig. C’est là qu’il rencontre Friedrich WIECK, facteur de piano et professeur. Robert décide alors de parfaire sa formation musicale auprès de Wieck. À 20 ans, il écrit à sa mère son souhait d’abandonner le droit pour se consacrer à la musique.

Il s’installe chez les Wieck, ce qui lui donne l’occasion de fréquenter la jeune Clara, de 9 ans plus jeune que lui, et pour qui son père a les plus hautes ambitions concernant sa carrière de pianiste virtuose. C’est l’époque où Robert publie ses opus 1 (Variations sur le nom d’Abegg) et 2 (Papillons). Au cours de ces années d’apprentissage, il « invente » un appareil lui bloquant un doigt afin d’améliorer sa virtuosité, malheureusement, le résultat en sera une quasi-paralysie de ce doigt, ruinant ses espoirs de devenir pianiste virtuose.

Critique musical, il lance en 1831 lors de l’arrivée sur la scène européenne du jeune CHOPIN, âgé de tout juste vingt ans, son fameux « Chapeau bas, messieurs, un génie ! »

En 1834, il publie un journal musical, la Neue Zeitschrift für Muzik, où il oppose les tenants de l’ancienne musique, les « Philistins », aux tenants d’une musique plus moderne, les « Compagnons de David ». Parmi ces modernes figurent les Wieck père et fille, et bien évidemment Robert, qui apparaît sous les traits contrastés d’Eusebius le rêveur et de Florestan le passionné. Ce sont là les premiers signes de la dualité qui habitait Schumann. Les « Compagnons de David » (Davidsbund) ont été mis en musique dans les Davidsbündlertänze (1837) de l’opus 6.

Schumann (Robert) DavidbündlertänzeCliquez sur le pianiste

Entre-temps, la petite Clara a grandi et un amour tout ce qu’il y a de plus romantique naît entre les jeunes gens. Seulement voilà, il y a le père, Friedrich Wieck, qui ne voit pas du tout le pauvre Robert comme gendre, pensant qu’il serait incapable d’apporter à sa fille les revenus suffisants pour la faire vivre sur un train digne de son talent. Il s’oppose donc par tous les moyens, y compris la calomnie et le tribunal à tout rapprochement entre Robert Schumann et Clara Wieck.

Clara Schumann Adrian Mercure 2021Cliquez sur Clara Wieck-Schumann

En 1838, Robert part pour Vienne, où il rencontre le frère de Franz SCHUBERT qui lui remet un certain nombre de partitions, et une copie de la neuvième symphonie, dite la Grande. C’est ainsi que de retour à Leipzig, il peut faire créer sous la direction de son ami Félix MENDELSSOHN une des œuvres majeures de l’univers symphonique (tiens, il faudra que je vous parle un jour des neuvièmes symphonies célèbres, n’oubliez pas de m’y faire penser).

En 1839, les deux tourtereaux en viennent à faire un procès au père pour abus de pouvoir, et suite à ce procès gagné, ils peuvent enfin se marier, le 12 septembre 1840.

1840 est aussi un changement dans le style musical de Schumann. Jusqu’alors, il avait écrit pour le piano. Désormais, il se consacre au lied (à la mélodie), et il écrit, notamment, les Liederkreis et les Amours du poète, sur des textes de HEINE ou encore le cycle l’Amour et la vie d’une femme.

Schumann (Robert) LiederkreisCliquez sur l’alto

Le couple mène désormais une vie conjugale traditionnelle. Monsieur travaille à sa musique et à son journal musical pendant que madame s’occupe du ménage et des enfants.

Après les lieder de 1840, Robert aborde en 1841 le genre symphonique, avec sa première symphonie, dite le Printemps, et l’ébauche de son concerto pour piano.

Schumann (Robert) Symphonie 1 1er mvtCliquez sur l’image

1842 sera l’année de la musique de chambre, avec les 3 quatuors de l’opus 21, le quintette avec piano opus 44 et le quatuor avec piano opus 47.

Schumann (Robert) quintette opus 44Cliquez sur le quintette

En 1843, nouveau changement avec l’oratorio pour orchestre chœur et soliste le Paradis et la Péri. Robert se met à la direction d’orchestre, mais son caractère trop pusillanime ne lui permet pas de s’imposer dans ce domaine.

Bien que le succès, et donc les revenus financiers, soit au rendez-vous, tout cela ne suffit pas à couvrir les frais du ménage et l’éducation des nombreux enfants. Clara doit donc, même si elle a (pour le moment) renoncé à ses talents de compositrice, repartir en tournée pour assurer ses concerts.

Fin 1844, le couple s’installe à Dresde, capitale de la Saxe. Robert accompagne Clara dans ses tournées.

En 1845, il termine son concerto pour piano, qui sera créé à la fin de l’année, avec Clara au piano.

Schumann (Robert) Concerto pour pianoCliquez sur la célèbre pianiste chinoise

En 1847, ils sont affectés par la mort de leurs amis, Fanny et Félix Mendelssohn.

1848 sera l’année de son seul opéra, Genoveva, ainsi que de Manfred, un mélodrame d’après l’œuvre de Lord BYRON.

Schumann (Robert) GenovevaCliquez sur l’image

En 1849, à l’occasion du centenaire de la naissance de GOETHE, Schumann termine les Scènes de Faust qu’il avait commencées quelques années plus tôt.

Schumann (Robert) Faust SzenenCliquez sur l’image

En 1850, la ville de Düsseldorf lui propose la place de directeur musical de son orchestre et la famille déménage pour cette ville, ce qui donne l’occasion à Clara de reprendre son activité de pianiste. Robert peut ainsi créer début 1851 sa troisième symphonie, appelée Rhénane, mais très vite des conflits naissent entre l’orchestre et le chœur et leur directeur. Il réussit encore à jouer sa quatrième symphonie en 1853, mais sans grand succès. À l’occasion d’un concert en hommage à BEETHOVEN, le couple fait la connaissance du violoniste JOACHIM, qui deviendra vite un ami.

Un jeune homme vient frapper à leur porte pour leur présenter sa musique. Il s’agit de Johannes BRAHMS, et les Schumann apprécient tout de suite son génie. Lui aussi deviendra un de leurs plus fidèles amis. Fin 1854, Schumann démissionne de son poste de directeur de la musique.

Schumann, qui avait depuis longtemps de graves problèmes de santé mentale se jette dans le Rhin. On le sauve et il est alors placé dans un asile dont il ne sortira plus avant sa mort, le 29 juillet 1856.

Outre ses œuvres pour piano, ses lieders, son œuvre symphonique, sa musique de chambre, Schumann a également écrit des œuvres chorales, dont ce Zigeunerleben (la vie des Tziganes), une de mes préférées.

Schumann (Robert) ZigeunerlebenCliquez sur une de mes œuvres chorales préférées

Écrivains, Compositrices

HENRICH HEINE (1797 – 1856)

Je vous parlais il n’y a guère de Fanny MENDELSSOHN, cette grande sœur de Félix Mendelssohn, qui a eu beaucoup de mal à développer ses talents de compositrices et à faire publier ses œuvres. Je signalais que parmi les poètes de son temps qu’elle avait mis en musique figurait Heinrich HEINE. Ce n’est pas la première fois que l’on rencontre ce grand poète romantique sur ce blog, aussi ai-je décidé de lui consacrer un billet.

Et pour commencer, écoutons l’opus 1 n° 1 de Fanny, le Schwannengesang (Chant du Cygne) écrit sur un poème de Heine.

Fanny Mendelssohn Schwanenlied (Heine)Cliquez sur l’image

Heinrich Heine, donc, est né le 13 décembre 1797 à Düsseldorf. (La disparition des archives d’état civil de l’époque fait qu’on n’est pas certain de cette date.)

Après quelques tentatives de travail dans la banque de son oncle, il poursuit sans grand succès des études de commerce et de droit. De 1821 à 1823, il étudie à l’université de Berlin, notamment auprès de HEGEL. Même s’il avait déjà écrit plus jeune des poésies, c’est de cette période que datent ses premières œuvres. En 1825, il obtient son doctorat en droit et, pour pouvoir exercer (il était juif), se convertit au christianisme.

En 1824 paraît le recueil qui contient un de ses poèmes les plus connus, la Loreley, qui a fait l’objet d’un grand nombre d’adaptations musicales, notamment par LISZT (1841) et Clara SCHUMANN (1843).

Liszt die LoreleiCliquez sur l’image

Schumann Clara Die LoreleiCliquez sur l’image

En 1827, il publie le recueil le Livre des chants (Buch der Lieder), qui inspirera Robert SCHUMANN dans son Dichterliebe (Les Amours du poète).

Schumaan Robert Dichterliebe op 48 - 1Cliquez sur l’image

En 1831, Heine part pour Paris (en partie parce que ses origines juives en Allemagne lui fermaient beaucoup de portes.) Correspondant d’un journal allemand, il publie une série d’articles sur la situation en France, articles qui seront sévèrement censurés en Allemagne. À cause de cette censure, il s’installe définitivement à Paris où il fréquente les salons, y rencontrant BERLIOZ, CHOPIN, SAND ou Alexandre DUMAS. Il francise son prénom et se fait appeler Henri.

En 1841, il se marie avec Augustine MIRAT, une ancienne grisette qu’il fréquentait depuis 1834, mais qu’il voulait mettre à l’abri en cas de malheur.

Défenseur de la démocratie, les idées de Heine étaient proches de celles de son lointain cousin Karl MARX ou de Hegel, son professeur à Berlin. Son écriture s’en ressent et il est passé d’un romantisme tardif à une littérature plus engagée.

Il admirait Napoléon, mais celui d’avant le 18 brumaire. Dans sa jeunesse, il avait assisté à l’entrée de l’empereur à Düsseldorf. On en trouve des traces dans son poème Die beiden Grenadiere (les deux Grenadiers), poème qui a été mis en musique par Robert Schumann (en allemand, et citant la Marseillaise) et WAGNER (en français).

Schumann Die beiden GrenadiereCliquez sur l’image

Wagner les deux GrenadiersCliquez sur l’image

Heine a servi de source d’inspiration pour une autre œuvre de Wagner, son Vaisseau fantôme (der fliegende Holländer). En 1834, Heine écrivit la nouvelle Mémoires de Monsieur de Schnabelewopski, qui contenait la légende de ce marin errant pour avoir blasphémé durant une tempête. C’est en se souvenant de cette histoire que Wagner a rédigé le livret de son opéra.

Wagner Vaissau fantôme ouvertureCliquez sur le Vaisseau fantôme

Les dernières années de sa vie le voient alité, car il souffre d’une maladie neurologique qui va en s’aggravant, le rendant presque paralysé. Il meurt à Paris le 17 février 1856, à l’âge de 59 ans.

Heine est certainement le poète ayant suscité le plus de mélodies, aussi n’est-il pas étonnant que tous les grands compositeurs de lieder se soient emparé de son œuvre.

Schubert Der DoppelgängerCliquez sur la mélodie de Schubert

Brahms MeerfahrtCliquez sur la mélodie de Brahms

Wolf Wenn ich in deine Augen sehCliquez sur la mélodie de Wolf

Compositrices

Fanny MENDELSSOHN (1805 – 1847)

© Adrian Mercure 2022

Née à Hambourg le 14 novembre 1805, Fanny MENDELSSOHN, la sœur de l’autre, disparaissait à Berlin le 14 mai 1847, il y a 175 ans. Sa famille s’installe à Berlin en 1811.

Comme son frère Félix, elle manifeste très jeune ses dons musicaux, mais alors que leur père encourage Félix dans sa vocation, il dissuade Fanny de développer les siens.

Je me suis un peu servi pour cet article ce que nous en dit Aliette de LALEU dans son livre Mozart était une femme.

Dans son enfance, Fanny était proche de son jeune frère Félix, de 3 ans son cadet, qui n’hésitait pas à lui soumettre ses idées musicales, confiant qu’il était dans le jugement de sa sœur. Alors qu’à l’âge de 15 ans, elle envoie fièrement à son frère quelques lieder écrits en allemand, elle reçoit une lettre de son père la dissuadant de poursuivre dans cette voie. La musique, écrit-il en substance, est une affaire d’homme et une femme doit se réserver pour les choses propres à leur sexe.

Deux ans plus tard, Fanny se fiance avec un peintre, Wilhelm HENSEL, qu’elle épousera à 24 ans. Heureusement pour elle, son mari n’a pas les mêmes prévenances contre ses aspirations musicales et il sera au contraire un soutien, l’encourageant à écrire et à publier ses œuvres.

Félix cherche à contourner l’interdiction paternelle en proposant à Fanny de publier ses compositions sous son nom. Mais cette aide est à double tranchant. Les œuvres qui ont le plus de succès ne sont pas les siennes, mais celles de sa sœur ! Dix ans plus tard, donnant un concert à Londres devant la reine Victoria, celle-ci croit lui faire plaisir en chantant un de ses vieux lieders, Italien, et Félix est obligé d’avouer qu’il n’en est pas le compositeur.

Fanny Mendelssohn ItalienCliquez sur l’image

En 1830, Fanny et Wilhelm ont un fils, Sebastian Ludwig Félix (comme BACH, BEETHOVEN et son oncle), qu’elle soigne et élève en mère modèle. À côté de ces tâches ménagères, il lui reste du temps pour composer sa musique et jouer du piano.

En 1839, Fanny et son mari font un séjour à Rome. Elle fait la connaissance de GOUNOD qui tombe amoureux de sa musique et l’encourage à continuer.

À partir de 1843, elle organise les concerts donnés par ses parents à Berlin en invitant des compositeurs, en jouant elle-même du piano, voire en dirigeant un chœur ou un orchestre de chambre.

Prenant de plus en plus confiance en elle, Fanny écrit en 1846 une de ses œuvres majeures, le Trio pour piano, violon et violoncelle.

Fanny Mendelssohn Trio avec piano 4e mvtCliquez sur trio

Elle meurt à l’âge de 41 ans d’une crise d’apoplexie à Berlin, le 14 mai 1847, quelques mois après la création publique de ce trio.

Ses compositions sont essentiellement pour piano ou des lieders, sur des textes des poètes de son temps, GOETHE, HEINE, BYRON ou EICHENDORFF (et de son mari), de la musique de chambre, ainsi que quelques pièces pour chœur ou encore une mise en musique pour le second Faust de Goethe.

Fanny Mendelssohn Nocturne en sol mineurCliquez sur le nocturne

Fanny Mendelssohn Fantaisie pour violoncelle et pianoCliquez sur la Fantaisie pour violoncelle et piano

Fanny Mendelssohn Scènes du Faust IICliquez sur l’image

Retrouvez Aliette de LALEU dans une de ses chroniques de France Musique : https://www.youtube.com/watch?v=F-Qb7qKk8U4

(P.S. Comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portrait de Fanny MENDELSSOHN à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise ou un cadeau personnalisé, c’est ici : Adrian Mercure (adrian- )

Agenda Ironique, Compositeurs

Erik SATIE (1866 – 1925)

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par Photonanie qui nous propose les contraintes suivantes :

J’ai envie que l’action se passe dans un pays froid, l’Islande éventuellement mais pas que.

J’aimerais assez que s’y glissent les mots suivants: ailurophile, syllogomanie, bec à foin et puis aussi coquecigrue parce que j’aime bien ce mot.

Si en plus le texte se présente sous forme d’anadiplose je serai comblée mais si ce n’est pas le cas, je le serai aussi, l’important étant que vous soyez nombreuses et nombreux à participer.

Erik SATIE est né le 17 mai 1866 à Honfleur, un pays froid. Un pays froid, certes, mais pas aussi froid que la Finlande, toutefois. Erik a 4 ans quand sa famille s’installe à Paris. Les leçons de piano données par sa belle-mère le dégoûtent de la musique.

Comme son compatriote Alphonse ALLAIS, Satie développera une sorte d’humour absurde, que l’on retrouve dans les titres de ses pièces. Les titres de ses pièces sont par exemple Trois morceaux en forme de poire, ou Préludes flasques (pour un chien). Ce sens de l’humour décalé de nos deux compères n’en fait pas pour autant des becs à foin.

À 13 ans, il entre quand même au Conservatoire de musique, mais jugé sans talent, il en est vite renvoyé.

En 1887, il s’installe à Montmartre et peu de temps après se lie d’amitié avec les poètes MALLARMÉ ou VERLAINE.

En 1888, il compose les Gymnopédies. Les Gymnopédies sont ses premières pièces à être rentrées au répertoire des pianistes.

Satie Gymnopédie n° 1Cliquez sur la pianiste

En 1890, il fréquente le cabaret du Chat noir, où il fait la connaissance de DEBUSSY.

En 1893, il se lie à Suzanne VALADON, mais la blessure amoureuse causée par leur séparation au bout de quelques mois ne guérira jamais. Suite à cette rupture, il écrit Vexations, une phrase musicale courte à jouer 840 fois de suite.

En 1897, en souvenir peut-être de sa ville natale, il écrit ses Pièces froides.

Satie Pièces froidesCliquez sur l’image

En 1898, il s’installe à Arcueil, dans une maison où il demeurera jusqu’à la fin de sa vie.

En 1899, il est témoin au mariage de Debussy.

En 1905, il reprend des études de musique en s’inscrivant à la Schola Cantorum de d’INDY et y étudie le contrepoint avec ROUSSEL.

En 1915, il fait la connaissance de COCTEAU. C’est le compositeur d’avant-garde Edgar VARÈSE qui les a présentés. Dans le cadre du rapprochement franco-anglais dû à la Première Guerre mondiale, il souhaitait en effet monter à Paris une adaptation musicale du Songe d’une nuit d’été de SHAKESPEARE. Le projet n’aboutira finalement pas, même si Satie a écrit les parties musicales qui lui incombaient. La partie n° 2 est intitulée Coquecigrue (ça ne s’invente pas !).

Satie Cinq grimaces pour le Songe d'une nuit d'été II. CoquecigrueCliquez sur la pianiste

Même si ce projet n’a pas abouti, l’amitié entre Satie et Cocteau était nouée et ensemble, ils écriront pour les ballets russes le ballet Parade, avec un rideau de scène de PICASSO.

Satie ParadeCliquez sur l’image

En 1916, la princesse de POLIGNAC lui commande une œuvre chantée : Socrate, qui sera créée en 1918.

Satie Socrate la Mort de SocrateCliquez sur l’image

En 1923, son ailurophilie le pousse à écrire dans ses Ludions la Chanson du chat.

Satie Ludions chanson du chatCliquez sur l’image

Il meurt le 1er juillet 1925 d’une cirrhose due à une consommation excessive d’absinthe. Après sa mort, on retrouvera dans sa maison, à laquelle il n’avait jamais donné accès à quiconque, une collection impressionnante de parapluies et de faux cols, preuve de sa syllogomanie. On retrouva aussi des partitions inconnues, dont celle de l’opéra Geneviève de Brabant.

Retrouvez ici ma participation suivante à l’A.I.

Compositrices, Couleurs

ROSE

Après le vert du printemps, je vous propose de passer au rose.

J’ai déjà écrit sur cette couleur dans mon article « Voici des roses« , mais je vais essayer ici de parler de la symbolique associée au rose.

Mais tout d’abord, retrouvons Hildegarde von BINGEN, herboriste, chanoinesse et musicienne, dans son Vos flores rosarium.

von Bingen vos flores rosariumCliquez sur Vos flores rosarium

En peinture, le rose s’obtient par un mélange de rouge et de blanc. Plus on met de blanc, plus le rose est pâle. D’après les légendes de l’antiquité, la couleur rose proviendrait du sang d’Adonis, l’amant d’Aphrodite, qui aurait coloré lors de sa mort les premières roses. La rose est ainsi associée au symbole de l’amour qui triomphe de la mort, voire à la renaissance.

La légende de Vénus et Adonis (ou Aphrodite et Adonis), racontée par OVIDE dans ses Métamorphoses, a été mise en musique par John BLOW.

Blow Vénus & AdonisCliquez sur l’image

Dans la religion chrétienne, la symbolique de la rose pour la renaissance spirituelle liée à l’amour divin a ainsi été reprise pour la vierge Marie. Une de ses appellations est la Rose mystique, la rose sans épines. Le rosaire est ainsi un ensemble de « Je vous salue Marie » et son nom vient de la guirlande de roses qui couronne Marie selon cette symbolique.

Tallis Ave rosa sine spinisCliquez sur l’image

À l’époque médiévale, la rose est associée à l’amour courtois des troubadours. On la retrouve dans le Roman de la Rose ou, un peu plus tard, dans la célèbre poésie de RONSARD, Mignonne allons voir si la rose.

Ronsard Mignonne allons voir si la roseCliquez sur l’image

De l’autre côté du Channel, la guerre des Deux-Roses est le nom donné à la lutte pour le trône d’Angleterre entre la maison d’York, qui avait une rose blanche sur son blason et la maison des Lancaster, qui avait une rose rouge sur son blason. Cet épisode de l’histoire d’Angleterre a été raconté par SHAKESPEARE dans sa première tétralogie sur Henry VI et Richard III. Richard III a fait l’objet d’un opéra de BATTISTELLI en 2005.

Battistelli Richard IIICliquez sur l’image

(Source principale pour la partie symbolique : Encyclopédie des symboles, le livre de poche, collection la Pochothèque, 1996.)

Retrouvez d’autres nuances de ROSE sur le blog « Nervures et entailles » de Joséphine.

Et retrouvez mes autres billets consacrés aux couleurs :

Blanc

Bleu

Rouge

Vert

Et pourquoi ne pas prolonger ce billet avec un bonus surprise ?

point-dinterrogationPourquoi ne prolongeriez-vous pas ce billet en cliquant sur le bonus surprise ?