Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés

LES INDES GALANTES de RAMEAU (1735)

Les Indes galantes est ce qu’on appelle un opéra-ballet, une forme dérivée de la tragédie lyrique, où la danse tient une grande importance. On ne parle plus de découpage en actes, mais en entrées, chaque entrée pouvant raconter une histoire indépendante des autres, rompant ainsi la règle des trois unités chère aux auteurs classiques.

Le premier opéra-ballet fut l’Europe galante (1697), de Campra. Les Indes galantes est donc une réponse à cette Europe galante.

Composé par RAMEAU en 1735, cet opéra-ballet ne comportait à sa création que trois entrées. La quatrième a été rajoutée à la reprise en 1736.

  • Le Turc généreux : Classique histoire d’Occidentaux qu’une tempête a jetés sur les rivages turcs. Osman tombe amoureux d’Émilie, désespérée d’avoir perdu son fiancé. Quand elle le retrouve, le turc, généreux, les laisse à leur amour.

Rameau Indes galantes Turc généreuxCliquez sur l’image

  • Les Incas du Pérou : Carlos, vainqueur des incas aime la princesse Phani. Huascar le grand prêtre du soleil reproche son attitude à Phani. Il simule une éruption volcanique, mais meurt écrasé par les rochers, laissant Carlos et Phani libres de leur amour.

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  • Les fleurs : Tacmas, prince persan, est amoureux de Zaïre, une esclave de son ami Ali, qui lui est amoureux de Fatima. Après un chassé-croisé, tout est bien qui finit bien.

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  • Les sauvages d’Amérique : Adario, chef indien battu par les Français et les Espagnols, s’inquiète à propos de Zima dont il est amoureux mais qui est courtisée à la fois par le chef français et le chef espagnol. Zima les rejette pour se tourner vers Adario. Tout se termine autour du calumet de la paix.

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Mes opéras préférés

WERTHER, de MASSENET (1887 – 1892)

Adapté des Souffrances du jeune Werther (1774), le livre du grand GOETHE qui a « lancé » le romantisme et provoqué une vague de suicide dans toute l’Europe, cet opéra s’ouvre et se ferme par des chants de Noël.

MASSENET en achève la partition en 1887, mais, refusée à Paris (!), c’est à Vienne que Werther est représenté pour la première fois en 1892, grâce au succès de Manon.

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut dire qu’on est dans un schéma (S+T/B) puisqu’une soprano (Charlotte) et un ténor (Werther) s’aiment, amour qui est empêché par un baryton (Albert).

Acte I : Le Bailli, un veuf, est en train de faire répéter à ses six plus jeunes enfants des chants pour Noël (Jésus vient de naître). Werther arrive, il vient chercher la fille aînée, Charlotte, pour l’accompagner au bal (Air : « Je ne sais si je veille »).

Massenet Werther Je ne sais si je veille KraussCliquez sur Werther

Charlotte descend, habillée pour le bal. Les enfants, dont Charlotte s’est occupée depuis la mort de leur mère, accourent vers elle et l’entourent. On présente Werther à Charlotte, et ils partent au bal. Le Bailli part rejoindre ses amis au cabaret.

Albert apparaît. Il discute avec Sophie de son mariage prochain avec Charlotte, qu’il aime tant.

De retour du bal, Charlotte et Werther se séparent, mais Werther ne peut se résoudre à la quitter, et il lui déclare sa flamme. Le Bailli annonce à Charlotte qu’Albert est de retour. Charlotte, qui était sur le point de céder à Werther lui explique alors qu’elle a juré à sa mère mourante d’épouser Albert. Werther lui dit qu’il en mourra. 

Acte II : Les gens du village se dirigent vers l’église pour assister à la messe. Les amis du Bailli, éméchés, chantent un hymne à Bacchus. Arrivent Charlotte et Albert, mariés depuis déjà trois mois. Werther, seul, désespéré, les observe (Air : « J’aurais sur ma poitrine »).

Massenet Werther J'aurais sur ma poitrine ThillCliquez sur Werther

Voyant Werther, Albert cherche à le consoler. Charlotte sort de l’église. Elle va voir Werther, mais celui-ci ne peut lui parler que de son amour pour elle. Elle le gronde, car désormais elle est mariée et lui demande de s’éloigner, lui ordonnant de ne pas revenir avant Noël. Resté seul, il se résout à partir, mais des pensées morbides le hantent. Sophie revient et invite Werther à se joindre à eux, mais celui-ci s’enfuit, disant qu’il ne reviendra jamais.

 Acte III : Le soir de Noël, chez Charlotte et Albert. Charlotte pense à Werther. Elle relit ses lettres, inquiète par la dernière, où il lui demande de le pleurer s’il ne revient pas. Sophie entre, inquiète pour Charlotte (Air : « Les larmes qu’on ne pleure pas »).

werther sophie kochcliquez sur l’image

La porte s’ouvre. C’est Werther, qui n’a pu résister au désir de revoir Charlotte. Ils se rappellent leur passé, et Werther lui lit les vers du barde Ossian, sur le vain retour du printemps (Air : « Pourquoi me réveiller ».)

Massenet Werther Pourquoi me réveiller AlagnaCliquez sur Werther et Charlotte

Charlotte le prie de s’arrêter, mais sa voix la trahit. Werther la presse de révéler ses sentiments. Après une vaine résistance, elle tombe dans les bras de Werther, avant de se reprendre et de s’enfuir, en lui interdisant de la revoir. Albert paraît alors. Charlotte le rejoint, troublée par la scène qui vient de se dérouler. Un domestique apporte un mot de Werther, annonçant qu’il part pour un long voyage, et qu’il souhaite emprunter les pistolets d’Albert. Albert demande à Charlotte de confier ses pistolets au domestique.

Acte IV : La nuit de Noël, Werther est étendu chez lui, mortellement blessé. Charlotte fait irruption en l’appelant quand soudain elle le voit. Pouvant encore parler, il demande pardon à Charlotte. Elle veut aller chercher de l’aide, mais il la retient. Charlotte peut désormais lui avouer son amour, cherchant un dernier baiser. On entend dehors le chant des enfants tandis que Werther agonise.

Cinéma, Mes opéras préférés

DON GIOVANNI, de MOZART (1788)

Opéra de la maturité de MOZART, Don Giovanni est une commande de l’opéra de Prague. C’est le deuxième de la trilogie Mozart – Da Ponte, commencée avec Les noces de Figaro et complétée avec Cosi fan Tutte. Le livret a été écrit d’après le Don Juan de MOLIÈRE. Les chanteurs étant mécontents de ne pas avoir assez de grands airs pour se mettre en valeur, Mozart en a rajouté plusieurs pour la création viennoise en 1788.

Ouverture.

Acte I : Don Giovanni s’est introduit de nuit dans la maison de Donna Anna afin de la séduire. Dehors, son valet Leporello l’attend en se plaignant de la vie que lui fait mener son maître (Air : Notte e giorno faricar). Don Giovanni sort en courant de la maison, poursuivi par Donna Anna et son père, le Commandeur. Le Commandeur défie Don Giovanni, mais celui-ci le blesse mortellement avant de s’enfuir avec Leporello. Donna Anna revient avec son fiancé, Don Ottavio, et ils découvrent le corps sans vie du Commandeur. Donna Anna fait promettre à son fiancé qu’il vengera son père.

Plus tard, Don Giovanni et son valet croisent sur leur route Donna Elvira, qui se plaint d’avoir été séduite puis abandonnée par Don Giovanni. Celui-ci, qui ne l’a pas reconnue, veut la séduire mais quand il la reconnaît, il s’éloigne et laisse Leporello lui lire le catalogue des conquêtes de son maître (Air du catalogue : Madamina, il catalogo e questo).

Mozart Don Giovanni Air du catalogueCliquez sur Dona Elvira et Leporello

Le maître et son valet croisent ensuite un groupe de paysans qui vont fêter les noces de
Zerlina et Masetto. Don Giovanni les invite à son château et reste seul avec Zerlina (Duo : « La ci darem la mano ») avant que Donna Elvira n’arrive.

don giovanni la ci daremCliquez sur l’image

Celle-ci prévient Zerlina du danger qu’elle coure et s’éloigne avec elle. Donna Anna et Don Ottavio arrivent à leur tour. Ils viennent demander à Don Giovanni de les aider à trouver le meurtrier du Commandeur. Donna Anna reconnait Don Giovanni à sa voix et réclame vengeance à Don Ottavio (Air : « Or sai chi l’honore ».) Leporello revient et informe son maître que la noce est arrivée au château, et qu’il a réussi à se débarrasser de Donna Elvira. Don Giovanni invite tout le monde à boire (Air: « Fin ch’han dal vino ».)

Donna Elvira, Donna Anna et Don Ottavio arrivent masqués au château et se font inviter à la fête (Septuor : « Bisogna aver corragio ».)

don giovanni bisognaCliquez sur l’image

Don Giovanni essaie à nouveau de séduire Zerlina, mais celle-ci appelle à l’aide. Don Giovanni essaie de faire porter le chapeau à Leporello, mais les trois invités, retirant leur masque, accusent Don Giovanni qui prend la fuite.

Acte II : Le soir, Leporello annonce à son maître qu’il va le quitter. Don Giovanni calme sa mauvaise conscience avec de l’argent. Il veut séduire la femme de chambre de Donna Elvira, et pour ce faire, il échange ses vêtements avec ceux de son valet. Sous ce déguisement, il chante une romance à sa nouvelle proie (Air : « Deh vieni alla finestra »), pendant que Leporello détourne l’attention de sa maîtresse.

Mozart Don Giovanni Deh, vieni alla finestraCliquez sur Don Giovanni

Masetto arrive avec une petite troupe de paysans, ils cherchent le séducteur pour le tuer. Don Ottavio, Zerlina et Masetto découvrent Leporello portant les habits de son maître. Ils veulent le châtier, mais finissent par reconnaître le valet.

À la tombée de la nuit, le maître et son valet se retrouvent dans un cimetière. Don Giovanni se vante de ses nouvelles aventures quand on entend une voix sortir de la tombe du commandeur. Don Giovanni, par forfanterie, invite la statue à souper. Celle-ci accepte.

Don Giovanni est en train de souper chez lui. Donna Elvira lui demande de se repentir, ce qu’il ne fait pas. En sortant, elle pousse un grand cri en croisant la statue du Commandeur qui arrive et frappe à la porte. Leporello va ouvrir et revient terrorisé annoncer la venue de la statue. Le Commandeur demande à Don Giovanni de se repentir (Air : « Don Giovanni, a cenar teco »), mais ce dernier refuse encore. Il tend vers la main vers la statue qui la prend et l’entraîne dans les flammes de l’enfer.

Don Giovanni finalCliquez sur l’image

Les principaux personnages donnent la morale de l’histoire, Leporello se dit prêt à servir un meilleur maître, Donna Anna se décide à épouser son fiancé, Donna Elvira se retire au couvent et Zerlina et Mazetto vont célébrer leurs noces.

Enfin, pour les cinéphiles, je me dois de mentionner le très beau Don Giovanni tourné par Joseph LOSEY.

Mes opéras préférés

RUSALKA, de DVORAK (1900 – 1901)

Si je connais de longue date le très bel Air à la lune, je n’ai découvert cet opéra dans son intégralité qu’en 2015, lors des magnifiques représentations qui en ont été données à Bastille. Je me suis rendu compte à cette occasion combien les représentations que je me faisais de Dvorak pouvaient être erronées. En effet, pour moi Dvorak était associé à BRAHMS, c’est-à-dire à une école anti-wagnérienne. Or, tout dans Rusalka est wagnérien, à commencer par une utilisation très subtile des leitmotivs.

Neuvième des dix opéras écrits par DVORAK, Rusalka est composé en 1900 et créé en 1901. Le livret combine les thèmes de l’Ondine d’E.T.A.HOFFMANN et de La petite sirène d’ANDERSEN.

En ce qui concerne l’opéra tchèque, Dvorak (1841 – 1904) assure la liaison entre SMETANA (1824 – 1884) et JANACEK (1854 – 1928).

Acte I : Trois dryades (nymphes des bois) chantent au clair de lune au bord d’un lac. Elles aguichent l’Ondin, le génie des eaux, avant de s’enfuir. La naïade (nymphe des eaux) Rusalka confie sa tristesse à son père l’Ondin : elle est tombée amoureuse d’un humain qui vient se baigner dans son lac. Pour l’amour du prince, elle veut devenir humaine et obtenir une âme. Son père essaie de l’en dissuader, car cela la condamnerait. Devant l’insistance de Rusalka, il lui dit que seule la sorcière Jezibaba pourra l’aider. Avant d’invoquer Jezibaba, elle confie son amour à la lune argentée qui baigne le paysage.

renee fleming rusalkaCliquez sur l’image

Puis elle appelle la sorcière, qui la prévient de ce qui l’attend : devant les humains, Rusalka restera muette, et si jamais son humain l’abandonne, elle sera, avec son bien-aimé, victime d’une malédiction éternelle ! Sûre de la force de son amour, Rusalka accepte les conditions de Jezibaba qui lui fabrique alors la potion qui fera d’elle une femme.

À l’aube, des chasseurs se dirigent vers le lac. Le prince apparaît, à la recherche de la naïade, dont il sent la présence, mais qu’il ne peut voir. Resté seul, il aperçoit enfin Rusalka. Émerveillé par sa beauté, il lui demande si elle est femme ou fée (air : Vidino divna, presladka). Muette, Rusalka lui ouvre les bras, et le prince amoureux l’emmène dans son château alors que les autres naïades pleurent la perte de leur sœur.

Acte II : Au château, on prépare la fête pour les noces du prince. Le garde-forestier demande au marmiton ce qui se passe, et le marmiton lui répond que le prince a ramené une femme étrange et muette de la forêt. Le garde lui dit que la forêt est habitée par des nymphes et par la sorcière Jezibaba (Air : « U nàs v lese strasi »). Ils sortent quand le prince arrive avec Rusalka.

Dvorak Rusalka U nas v lese strasi

Le prince se demande s’il percera un jour le secret de sa fiancée (Air : Jiz tyden dlis mi po boku). Parmi les invités, il y a une princesse étrangère qui, jalouse, veut séduire le prince. Celui-ci s’éloigne avec sa nouvelle conquête pendant que le bal commence. Humiliée, Rusalka se réfugie dans le jardin alors que la lune se lève. L’Ondin, qui s’était approché de la fête pleure sur le sort de sa fille (Air : « Cely svet neda ti »).

Dvorak Rusalka Cely svet neda tiCliquez sur l’image

Rusalka avoue à son père qu’elle a été trahie, rejetée par l’homme qu’elle aime. Elle comprend son erreur. Ni femme, ni fée, elle ne peut plus ni vivre ni mourir. Le prince et la princesse reviennent. Il déclare sa flamme à la princesse, lui disant qu’il en a oublié son ancien amour. Désespérée, Rusalka se jette dans ses bras, mais il la repousse. Indigné, l’Ondin se montre au prince, et lui annonce qu’il ne pourra pas échapper à l’étreinte de sa fille. Terrorisé, le prince demande à la princesse de l’aider, mais la belle étrangère l’abandonne à son triste sort.

Acte III : Rusalka se lamente sur son sort au bord du lac de la forêt (Air : « Mladosti své pozbavena »).

Dvorak Rusalka Mladosti své pozbavenaCliquez sur Rusalka

Elle demande l’aide de Jezibaba qui lui indique le moyen de retrouver sa condition de naïade : verser le sang de celui qui l’a séduite (Air : Lidokou krvi musis smsti). Elle lui tend un poignard, mais Rusalka toujours amoureuse refuse et le jette dans le lac. La sorcière la maudit à jamais et ses sœur naïades lui refusent le droit de les rejoindre dans le monde de l’eau.

Les serviteurs du prince viennent demander l’aide de Jezibaba, lui expliquant qu’une magicienne a envoûté le cœur du prince, avant de l’abandonner le soir de leur mariage. Entendant cela, l’Ondin, furieux, promet de se venger des humains.

Les dryades dansent au clair de lune quand l’Ondin les interrompt. Le prince apparaît, cherchant Rusalka là où il l’a vue la première fois. Celle-ci apparaît. Ni vivante, ni morte; ni femme ni fée; elle est condamnée à errer toutes les nuits pour attirer les humains et les noyer dans le lac. Le prince court vers elle et lui demande pardon. Rusalka lui explique qu’un baiser de sa part provoquerait sa mort, mais le prince réclame ce baiser qui lui apportera la paix dans la mort. Rusalka le couvre de baisers et il meurt, heureux, dans ses bras. L’Ondin annonce que le sacrifice a été vain. Après avoir embrassé une dernière fois son amour, elle s’enfonce dans le lac en déplorant son destin maudit.

Mes opéras préférés

L’ÉLIXIR D’AMOUR, de DONIZETTI (1832)

L’Élixir d’amour (l’Elisir d’amore) est un opéra de DONIZETTI créé à Milan en 1832. Le livret est tiré de celui que SCRIBE avait écrit pour AUBER : Le Filtre. (Auber, Scribe, ça ne vous rappelle rien ? le GOf bien sûr !)

Avec l’Élixir d’amour, on est en plein bel canto (beau chant) et c’est dans cet opéra que l’on trouve un des airs favoris des ténors (et du public) : Una furtiva lacrima.

Acte I : Sur la place du village à midi, Gineta et les villageois font la pause. Nemorino chante son amour sans espoir pour la belle Adina (Air : Quanto e bella). Adina, elle, est plongée dans son livre, elle rit de l’histoire de Tristan qui a dû avoir recours à un filtre pour se faire aimer d’Yseult. Des soldats arrivent, et le sergent Belcore (Jolicœur) cherche à séduire Adina (Air: Come Parido vezzoso).

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur l’image

Adina n’en a cure. Elle demande à Nemorino d’aller voir son oncle malade à la ville. Alors qu’il la relance avec son amour, elle lui répond qu’elle est incapable d’y répondre, ne se sentant pas prête à se fixer. Il lui répond que son amour est comme le fleuve, qui ne peut s’empêcher de couler vers la mer (Air et duo : Chedi all’aura lusinghiera).

Une trompette se fait entendre et les villageois viennent voir. C’est un bel étranger arrivant en carrosse. Dulcamara en sort, se présentant comme un grand docteur, inventeur d’une médecine miracle (Air : « Udite, o rustici ».)

Donizetti l'élixir d'amour Udite, o rusticiCliquez sur Dulcamara

Nemorino, crédule, demande au docteur s’il a l’élixir d’amour. Celui-ci répond qu’il le distille lui-même et lui en vend une bouteille, demandant la discrétion sur cette vente. Il prévient qu’il y a un délai d’un jour avant qu’il ne fasse effet (le temps pour lui de quitter le village). Nemorino goûte le breuvage (c’est du Bordeaux), et Adina arrive alors que le vin commence à faire son effet. Elle s’étonne de son changement d’humeur (Duo : « Esulti pur la barbara ».)

Donizetti Élixir E sul ti pur la barbaraCliquez sur Nemorino et Adina

Belcore revient, et Adina lui annonce qu’elle est prête à se marier avec lui, dans six jours. Cela provoque l’hilarité de Nemorino, qui sait que dès le lendemain l’élixir agira, mais ce rire provoque la rage d’Adina, qui n’avait fait cette promesse au sergent que pour exciter sa jalousie. À ce moment, un ordre du capitaine arrive, la garnison doit quitter la ville dès le lendemain. Le sergent insiste alors pour épouser Adina le jour même. Nemorino la supplie d’attendre le lendemain (Air puis ensemble : Adina credimi, te ne scongiuro). Adina prend sa défense auprès du sergent qui veut le chasser, avant de convier le village à la fête.

Acte II  : Tout le monde se réjouit (Chœur : Cantiamo, facciam brindisi). Adina regrette que Nemorino ne soit pas de la fête. Dulcamara et Adina entonnent une barcarolle (duo : Io son ricco, e tu sei bella). Belcore les interrompt, car le notaire arrive pour le mariage. Adina s’inquiète de l’absence de Nemorino. Celui-ci arrive, désespéré à la vue du notaire. Il demande au docteur de faire avancer les effets de l’élixir. Celui-ci veut bien vendre une deuxième bouteille, mais Nemorino n’a plus d’argent. Belcore lui dit que, s’il s’engage, il touchera vingt écus (Duo : Venti scudi). Nemorino signe et part trouver le docteur, pendant que Belcore se réjouit d’avoir berné son rival. Gianetta révèle aux commères que l’oncle de Nemorino vient de mourir et qu’il lui laisse un héritage conséquent (Chœur : Saria possibile). À ce moment, Nemorino arrive, ayant abusé de son élixir (Air : Dell’elisir mirabile). Dulcamara explique à Adina qu’il est la cause de cette transformation, qu’il lui a fourni un élixir lui donnant l’amour de sa belle, et que pour payer cet élixir, Nemorino s’est enrôlé. Adina se rend compte de l’amour de Nemorino (Duo : Quando amoro), mais Dulcamara lui dit qu’il courtise toutes les femmes. Adina s’imagine être la seule qui ne l’intéresse pas. Il lui propose son élixir, mais elle refuse, certaine d’avoir le moyen de conquérir Nemorino (Air : « Una tenera occhiarina ».)

Nemorino revient, songeur parce qu’il a vu perler une larme aux paupières d’Adina (Air : « Una furtiva lagrima »), mais Adina apparaissant, il feint l’indifférence pour la forcer à se révéler. Elle demande pourquoi il veut se faire soldat et partir, et lui dit qu’elle a racheté son engagement et le lui tend (Air : Prendi, per me se libero). Après un dernier quiproquo, ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Les soldats reviennent, et Belcore doit s’avouer vaincu, pendant que Dulcamara vante les vertus de son élixir.

Donizetti Élixir Una furtiva lagrimaCliquez sur l’image

Mes opéras préférés

L’ENFANT ET LES SORTILÈGES, de RAVEL (1925)

L’enfant et les sortilèges  est un conte pour enfants écrit sur un livret de COLETTE entre 1919 et 1924, et créé à l’opéra de Monte-Carlo en 1925.

Il ne s’agit pas ici d’un opéra au découpage traditionnel en actes et scènes, mais plutôt d’une suite de tableaux où RAVEL déploie toute sa fantaisie et sa science de l’orchestration, y intégrant même des éléments de jazz.

Écrit pour les enfants, ce bref opéra (moins d’un heure) a tout pour faire découvrir et aimer ce genre de musique aux plus jeunes.

Argument : L’enfant (âgé de 6 ou 7 ans) n’a pas envie de faire son travail. Maman arrive et le gronde, puis le laisse seul. L’enfant se met alors en colère et s’en prend à tout ce qui lui tombe sous la main. Il casse la théière, blesse l’écureuil dans sa cage et tire la queue du chat. Il casse l’horloge, attise le feu avant de verser le contenu de la bouilloire dedans. Quand, fatigué, il veut s’asseoir dans le fauteuil, celui-ci se retire et la révolte des objets et des animaux martyrisés par l’enfant commence.

Ravel l'Enfant et les Sortilèges débutCliquez sur l’enfant

Le fauteuil commence une discussion avec une bergère Louis XV, puis c’est l’horloge qui, ayant perdu son balancier, se met à sonner sans fin (Ding, ding, ding, et encore ding). C’est ensuite la théière anglaise (black and costaud) et la tasse chinoise (keng-ça-fout) qui discutent. Comme le soleil décline, l’enfant se rapproche du feu pour se rapprocher qui lui crache au visage (je réchauffe les bons, je brûle les méchants). L’enfant a de plus en plus peur. Des lambeaux du papier peint déchiré, les personnages s’animent et commencent une pastorale (adieu pastourelles, pastoureaux adieu). Puis vient la princesse du conte de fées, mais l’enfant a déchiré son livre de contes, c’en est fini de la belle princesse. Puis sortent des livres de cours un petit vieillard (un robinet coule dans un réservoir) et les chiffres (Mon dieu, c’est l’arithmétique !)

Ravel l'enfant et les sortilèges l'arithmétiqueCliquez sur l’arithmétique

Maintenant la nuit est tombée, le chat noir sort de sous le fauteuil, bientôt rejoint par la chatte blanche à la porte du jardin (duo des chats). L’enfant sort. On entend le bruit des insectes et des rainettes. L’enfant veut s’appuyer sur l’arbre, mais celui-ci se plaint de la blessure que l’enfant lui a faite plus tôt avec son couteau, bientôt suivi par le chœur des arbres (nos blessures).

Ravel l'enfant et les sortilèges les insecetesCliquez sur l’image

Une rainette sort de l’étang et s’approche de l’enfant, mais l’écureuil la prévient de se méfier (sauve-toi, sotte). L’enfant se sent de plus en plus seul et appelle sa maman, mais les animaux veulent le punir avec leurs griffes, avec leurs ailes, avec leurs dents. Mais l’enfant voit un écureuil blessé et se penche sur lui pour panser la plaie. Les animaux changent le regard qu’ils portaient sur lui (il a pansé la plaie, épanché le sang). Ils font une ronde autour de lui, émus, et chantent (il est bon l’enfant, il est sage). Ils appellent sa mère en cherchant à prononcer le mot si doux qu’il vient de dire (Ma – man). Enfin, la porte s’ouvre et Maman apparaît. L’enfant se jette dans ses bras.

Ravel l'enfant et les sortilèges finalCliquez sur le final

Mes opéras préférés, opéra russe

Eugène ONÉGUINE, de TCHAÏKOVSKI (1877)

Parmi la dizaine d’opéras écrits par TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine est certainement un des plus populaires. Écrit en 1877 d’après une nouvelle de POUCHKINE, il a été créé à Moscou en 1879. Sixième opéra écrit par Tchaïkovski, c’est le premier à avoir rencontré un vrai succès.

Je l’ai vu l’année dernière à l’Opéra de Paris à Bastille, dans une distribution qui devait comporter la (très) grande soprano Anna Netrebko. Avant le lever de rideau, il y a eu une annonce informant qu’Anna ne serait pas présente ce soir-là. Bronca dans la salle, les gens étant venus du monde entier pour entendre la Netrebko. Une petite jeune a chanté/joué le rôle « au pied levé » : Elena Stikihina.  Et à la fin, la bronca est devenue une ovation comme j’en ai rarement entendu.

Acte I : Un soir d’été à la campagne, madame Larine et la nourrice évoquent le passé sur le thème : l’habitude finit par l’emporter sur l’amour. Les deux filles de la maison entrent, Tatiana la rêveuse et Olga la pragmatique. Lenski, le fiancé d’Olga arrive accompagné de son voisin Onéguine. Onéguine demande à Tatiana ce qu’elle trouve à faire dans cette campagne reculée. Tatiana répond qu’elle lit et rêve.

Le soir venu, Tatiana troublée par sa rencontre avec Onéguine n’arrive pas à dormir. Elle décide de lui écrire une lettre dans laquelle elle lui révèle son amour (extraordinaire Air de la lettre !) qu’au matin elle lui fait porter. Onéguine arrive et répond qu’il ne peut pas s’engager.

renée fleming air de la lettreCliquez sur l’image

Acte II : Il y a bal ce soir chez les Larine en ce jour de la fête de Tatiana (Chœur Vot tak Syurpriz). Tatiana et Onéguine dansent, mais très vite les cancans des vieilles l’exaspèrent. Il décide de rendre Lenski jaloux en dansant avec Olga. Lenski en fait le reproche à Olga qui lui répond qu’elle trouve Onéguine charmant. Un invité français (et ridicule), monsieur Triquet chante des couplets qu’il a écrits pour Tatiana. Onéguine propose une autre danse à Olga, mais c’en est trop pour Lenski qui s’énerve et provoque Onéguine.

Lenski arrivé sur le lieu du duel pense à sa mort prochaine et se rappelle sa jeunesse (air de Lenski). Onéguine arrive et pense à leur amitié passée (Duo), mais le duel a lieu et Onéguine tue Lenski.

duel onéguine
Duo Onéguine Lenski

Acte III : Plusieurs années plus tard, Onéguine est de retour d’exil. La scène se passe chez le prince Grémine, qui est accompagné d’une ravissante jeune femme qui attire l’attention d’Onéguine. Le prince chante son amour pour sa femme (air de Grémine) avant de la présenter à Onéguine : c’est Tatiana. À sa vue, Onéguine sent renaître les jours passés de sa jeunesse et l’amour qu’il a laissé échapper.

air de grémineCliquez sur l’image

Quelques jours plus tard, dans la demeure des Grémine, Tatiana est troublée : elle a reçu une lettre d’Onéguine, qui demande à la voir. Quand Onéguine paraît, il se jette à ses pieds et lui déclare son amour. Elle lui rappelle la lettre qu’elle lui avait écrite plusieurs années auparavant, et le mépris avec lequel il lui avait répondu. Elle l’accuse de ne s’intéresser à elle que parce qu’elle est devenue riche et célèbre. Onéguine s’obstine. Tatiana finit par lui avouer qu’elle aussi l’aime, mais qu’elle restera fidèle à son mari. Elle se lève et s’en va, laissant Onéguine à sa douleur.

Mes opéras préférés, Mythologie

TRISTAN UND ISOLDE, de WAGNER (1859)

Tristan und Isolde est le premier opéra que j’ai eu la chance de voir à Bayreuth, en 1986. La photo ci-dessus est une carte postale de cette représentation, qui reste pour moi un de ces moments magiques que l’on a parfois l’occasion de vivre dans une vie.

En 1854 WAGNER, qui vit en exil à Zurich après avoir fait le coup de poing sur les barricades avec BAKOUNINE en 1849, fait la connaissance du riche couple WESENDONCK. Très vite, une attirance mutuelle naîtra entre Richard Wagner et Mathilde Wesendonck, et Wagner devra s’éloigner de Zurich en 1858. De leur rencontre naîtront deux chefs d’œuvre, les Wesendonck Lieder (1857 – 1858), une mise en musique de poèmes de Mathilde par Richard, et Tristan und Isolde (1858 – 1859). Certains thèmes musicaux de la première œuvre se retrouvent dans la deuxième.

Il est difficile d’isoler tel ou tel air de la partition, l’opéra figurant un long poème musical continu, écrit par Wagner d’après une légende celtique bien connue. Citons toutefois les deux extrêmes de la partition: le prélude et la « mort d’Isolde ».

Wagner Tristan und Isolde préludeCliquez sur le prélude

L’opéra a été créé en 1865 à Munich, sous les auspices de Louis II de Bavière.

Acte I : La scène se passe sur le pont d’un navire qui conduit Isolde en Cornouailles où l’attend son fiancé le roi Marke. Entendant une chanson de marins qui lui rappelle sa destinée, elle veut mourir. Sa servante Brangäne ne réussit pas à la calmer. Isolde voit Tristan tenir le gouvernail du bateau et elle demande à Brangäne d’aller le chercher. Tristan refuse, son devoir étant de gouverner le bateau. Kurwenal, l’écuyer de Tristan chante une chanson cornouaillaise rappelant le combat où Tristan a tué Morold, le fiancé d’Isolde. En entendant ce chant, le désespoir d’Isolde éclate et elle raconte à Brangäne comment peu après la mort de Morold, elle  a soigné un chevalier blessé qui s’est avéré être l’assassin de son fiancé. Elle a voulu le tuer, mais quand leurs regards se sont croisés, elle n’a pu achever son geste. Cet homme qu’elle a soigné et guéri a arrangé pour elle un mariage avec son maître, le roi Marke. Isolde demande à Brangäne un filtre de mort pour elle et Tristan. Quand le bateau arrive, Tristan se présente à Isolde pour la mener auprès du roi. Isolde lui tend la coupe de la réconciliation, mais Brangäne a substitué au philtre de mort un philtre d’amour. Quand Tristan commence à boire, Isolde lui arrache la coupe, pour mourir avec lui. Les deux héros se regardent, éperdus, ils ont changé de monde !

Le chœur des matelots chante son salut au roi Marke.

Acte II : Dans son jardin, Isolde attend la nuit. On entend au loin des trompes de chasse qui s’éloignent. Isolde demande à Brangäne d’éteindre la torche qui les éclaire. C’est un signal pour Tristan. Commence alors un (très) long duo d’amour, d’abord sur le thème du jour maudit et de la nuit bénie. Ils entonnent l’hymne « Descends sur nous, nuit de l’amour »  (« Sink hernieder, Nacht der Liebe ») où les deux voix se mêlent.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Cliquez sur Tristan und Isolde

Du haut d’une tour, Brangäne qui surveille leur lance un avertissement. Le duo continue, évolue et l’amour de passion devient mystique. Maintenant, les deux amants veulent s’unir dans la mort. Brangäne lance un autre avertissement, le jour se lève, il faut finir, mais les deux amants continuent leur duo extatique. Soudain, la scène est envahie par des chasseurs conduits par Melot. Marke est avec eux. Il chante une longue plainte sur la trahison de Tristan. Tristan se tourne vers Isolde, le suivra-t-elle vers le pays obscur ? Isolde est prête à le suivre n’importe où. Tristan et Melot se battent en duel, et Tristan s’effondre au sol. Isolde se précipite sur lui. La nuit cède la place au jour.

Acte III : Tristan est étendu, blessé, dans son château. Kurwenal veille sur lui. On entend la plainte du chalumeau (un instrument à vent) d’un pâtre, qui veille avec Kurwenal. Ils guettent une voile sur l’océan, celle du bateau qui doit conduire Isolde auprès de Tristan. Tristan se réveille et délire. Soudain le chalumeau se fait joyeux, un navire arrive. Tristan se lève et va à la rencontre d’Isolde. Elle se précipite vers lui, mais il meurt dans ses bras. Un deuxième bateau arrive. C’est celui du roi Marke, à qui Brangäne  a expliqué l’interversion des philtres, et qui vient unir les deux amants. Kurwenal et Melot se battent et meurent. Le silence se fait quand soudain Isolde ouvre les yeux. Son chant s’élève, c’est la célèbre mort d’Isolde qui git sur le corps de Tristan, morte d’extase, morte d’amour, morte de fidélité.

Wagner Tristan und Isolde mort d'Isolde (Norman)Cliquez sur Isolde

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut ranger Tristan un Isolde dans la catégorie (T+S)/B.

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KING ARTHUR, de PURCELL (1691)

Dans l’arbre phylogénétique de l’opéra, les œuvres de PURCELL occupent un rameau à part. En effet, King Arthur est un semi-opéra, un genre qui dérive du masque de cour élisabéthain, qui consistait à donner des représentations chantées et dansées par les nobles de la cour de la reine Élisabeth 1re, environ un siècle avant Purcell. Les héros ne chantent pas eux-mêmes, ce sont plutôt des génies ou des divinités qui chantent, soutenus par un chœur omniprésent.

Pour avoir chanté King Arthur il n’y a guère, et dans de très bonnes conditions artistiques, je peux affirmer que c’est un vrai bonheur pour un choriste que de chanter cette œuvre (voir l’affiche du concert en tête de ce billet).

King Arthur, donc, a été créé en 1691, deux ans après Didon et Enée et ressort de l’épopée arthurienne.

Acte I : L’armée saxonne offre à ses dieux, Wotan et Freïa, un sacrifice avant la bataille. Mais alors que les saxons se livrent à une beuverie, les bretons les provoquent avec un Come if you dare (Viens si tu l’oses en français).

purcell king arthur come if you dareCliquez sur l’image

Acte II : Le roi Arthur et ses troupes poursuivent les saxons. À une croisée de chemins, ils doivent choisir entre les indications de Philidel, qui les mèneraient en lieu sûr, et celles de Grimbold, qui les perdraient dans les marécages. Ils font le bon choix, et la musique s’adoucit (We brethren of air).

Les villageois donnent une fête pour distraire Emmeline, la fiancée d’Arthur (ensemble et chœur : How blest are shepherds).

Acte III : Le génie du froid veut geler les hommes (célébrissime Cold Song: What power art thou), mais Cupidon fait de la résistance et réclame que son empire règne sur tous les cœurs.

purcell king arthur cold song nomiCliquez sur Klaus NOMI

Acte IV : Un duo de sirènes cherche à vamper Arthur, suivi d’un magnifique air célébrant les délices suprêmes de l’amour (How happy the lover). Alors qu’aucun mortel ne peut résister au chant des sirènes, Arthur résiste.

Purcell King Arthur How happy the loversCliquez sur l’image

Acte V : L’enchanteur Merlin invoque Éole. Le dieu du vent calme la mer déchaînée tandis qu’une île surgit des flots, où trône Britannia.

Un chœur exalte la pêche et l’agriculture, sources de richesses dans un pays enfin pacifié (Round thy coasts).

Enfin, Vénus arrive qui personnifie la beauté parfaite de l’Angleterre (Fairest Isle).

Purcell King Arthue Fairest IsleCliquez sur l’image

Mes opéras préférés

THE TURN OF THE SCREW, de BRITTEN (1954)

The Turn of the screw (Le Tour d’écrou en français) est un opéra de chambre écrit en 1954 par Benjamin BRITTEN, d’après une nouvelle de Henry JAMES. Il a été créé à La Fenice de Venise par les musiciens de l’English Opera Group, un ensemble fondé quelques années plus tôt par Britten pour redonner des lettres de noblesse à l’opéra anglais.

Dans ce huis clos à six voix, Britten a parfaitement su traduire l’atmosphère fantastique de la nouvelle de James, qui raconte une histoire de fantôme revenant hanter deux enfants,  et on sent l’angoisse monter au fur et à mesure que le drame se noue. A titre très personnel, quand j’ai découvert cette œuvre à Favart dans les années 1980, j’ai été tellement enthousiasmé que je suis retourné la voir le lendemain !

Prologue: Le prologue est écrit pour ténor solo et piano. Le narrateur évoque l’arrivée d’une nouvelle gouvernante chez le tuteur des enfants Miles et Flora.

Acte I : Dans la propriété de Bly où ils vivent, les enfants accueillent leur nouvelle gouvernante, et lui font visiter la propriété.

Le lendemain, on apprend que Miles est renvoyé de l’école à cause de sa mauvaise influence sur ses camarades. Se pourrait-il qu’il soit méchant?

Quelques temps plus tard, alors que les enfants jouent, la gouvernante croit voir une silhouette en haut de la tour de la maison. Interrogée, l’intendante Mrs Grose lui dit qu’il s’agit de Peter Quint. Elle lui apprend alors un pan inquiétant du passé de cette maison. L’ancien majordome prenait des libertés avec Miles et a séduit Miss Jessel, l’ancienne gouvernante, avant de la faire mourir. Lui-même est mort en glissant sur la glace. La gouvernante comprend alors que sa mission est de protéger les enfants.

Alors que la gouvernante fait réciter leurs leçons aux enfants, Miles se met à chanter une chanson inquiétante (Malo, malo,…). Plus tard, la gouvernante et Flora sont au bord du lac quand Flora déclare: « Ce lac, c’est la mer morte » avant de se remettre à jouer à la poupée (« Go to sleep »).

Britten The Turn of the Screw The LakeCliquez sur la gouvernante et Flora

Le fantôme de Miss Jessel apparaît de l’autre côté du lac.

Britten The Turn of the Screw Acte I scènes 6 à 8Cliquez sur l’image

Dans la nuit, la voix de Quint appelle Miles, qui lui répond. La voix de Miss Jessel se joint à eux et Flora lui répond (quatuor). Les cris de la gouvernante et de l’intendante interrompent cette fantastique scène de possession.

Acte II: Quint et Miss Jessel apparaissent dans une atmosphère fantomatique. Dans leur duo, la tension entre eux croît (Duo : « The ceremony of innocence is drowned »).

Britten The Turn of the Screw Ceremony of innocenceCliquez sur l’image

Dans sa chambre, la gouvernante sent la présence de Miss Jessel en train d’écrire à sa table. Quand Miss Jessel prend la parole, menaçant les enfants, la gouvernante qui avait songé à fuir Bly comprend qu’elle ne peut pas les abandonner. Elle se décide à écrire à leur tuteur pour l’informer de ce qui se passe (Air: « Sir, dear Sir »).

Dans la nuit, la voix de Quint ordonne à Miles de voler la lettre de la gouvernante, ce qu’il fait.

Le lendemain, pendant que Miles joue tranquillement du piano, Flora quitte discrètement la pièce et se rend vers le lac. La gouvernante la suit et sent la présence de Miss Jessel. Elle demande à Flora si elle la sent aussi, mais Flora lui répond qu’elle la déteste. La gouvernante comprend qu’elle a perdu, que Miss Jessel lui a appris à la haïr.

Mrs Grose apprend à la gouvernante que sa lettre a été volée et n’est jamais partie. La gouvernante supplie Miles de lui dire si c’est lui qui a volé la lettre. Quint essaie de l’empêcher d’avouer. La gouvernante demande à Miles qui se tient devant lui. Miles pousse un dernier cri « Peter Quint, toi, démon » et la gouvernante reste seule avec le cadavre de Miles. Elle reprend le chant funèbre « Malo ».

Britten The Turn of the Screw Acte II scène 8Cliquez sur l’image