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Histoire de l’opéra : les années 1800 – 1850

J’avais laissé notre ami l’opéra à la fin des années 1700.

La transition entre les deux siècles se fait naturellement avec BEETHOVEN (1770 – 1827), qui a excellé dans toutes les formes musicales, sonates, musique de chambre, symphonies, concertos, etc. Parmi toute son œuvre, Beethoven a tenu à écrire un opéra, genre incontournable à son époque, et c’est ainsi qu’il a écrit Fidelio, en s’y prenant à deux reprises, une première version en 1804 et une deuxième en 1814.

Beethoven fidelio mir ist so wunderbarCliquez sur l’image

La première moitié du XVIIIe siècle correspond au romantisme. En Allemagne, ce romantisme s’exprime avec SCHUBERT (1797 – 1828) et surtout WEBER (1786 – 1826) et son Freischütz (1821).

freischutz harnoncourtCliquez sur l’image

À cette époque, l’Allemagne essaie de se libérer de l’influence italienne (La Flûte enchantée et Fidelio sont écrits en allemand). Dans ce même mouvement vers le nationalisme, l’opéra de Vienne commande dans les années 1820 à Schubert et Weber des opéras en allemand (des singspiels), mais c’est malheureusement l’époque où la déferlante ROSSINI (1792 – 1868) se répand sur l’Europe, et les représentations de Vienne, balayées par la Rossini-mania, sont des échecs.

rossini semiramide bel raggioCliquez sur l’image

Après Weber, l’Allemagne continuera dans le romantisme voire l’opéra gothique avec SPOHR (1784 – 1859), et surtout MARSCHNER (1785 – 1861) et son Vampire (1828) d’après Lord Byron et le Templier et la Juive (1829) d’après Walter SCOTT.

Marschner le vampireCliquez sur le vampire (à vos risques et périls)

L’écrivain romantico-historique écossais Walter SCOTT (1771 – 1832) connaîtra un succès prodigieux dans toute l’Europe, et inspirera bon nombre de compositeurs.

En Italie, les musiciens les plus renommés sont Rossini (1792 – 1868), DONIZETTI (1797 – 1848) et BELLINI (1801 – 1835).

Curieusement, Paris devient la capitale européenne de la musique où l’on rencontre les grands virtuoses, tels que LISZT ou PAGANINI, et  où les Italiens CHERUBINI (1760 – 1842), Rossini, Bellini et Donizetti viennent tous se faire adouber au Théâtre-Italien. BERLIOZ (1803 – 1869) représente à lui tout seul la musique romantique française.

Devant cette concentration parisienne de compositeurs, on assiste alors à la création d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française, sous l’impulsion de l’Italien CHERUBINI (1760 – 1842), de l’Allemand MEYERBEER (1791 – 1864) ou du Français AUBER (1782 – 1871). Ce genre est caractérisé par un drame bâti sur une trame historique avec des décors somptueux et un grand ballet.

Et pour terminer, je vous propose une petite sélection des plus beaux duos d’amour écrits pendant cette période.

Retrouvez la suite dans Histoire de l’opéra : les années 1850 – 1880.

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Histoire de l’opéra – les années 1700

Continuons l’histoire de l’opéra commencée avec les années 1600. Bien entendu, ce découpage en tranches n’a pas réellement de sens, les styles ne s’arrêtant pas à date fixe, et les compositeurs ne mourant pas tous en fin de siècle pour laisser la place aux générations suivantes. Il s’agit là de grands repères faciles à mémoriser.

Nous avions donc laissé notre ami l’opéra aux mains des Italiens et des Français, qui s’étaient partagé l’Europe lyrique. Par exemple, l’Allemand HAENDEL (1685 – 1759), après avoir fait ses classes en Italie est parti en Angleterre pour écrire et monter des opéras en italien. L’Autrichien GLÜCK (1714 – 1787) lui, après avoir écrit et joué des opéras en italien à Vienne, fera le voyage vers la France, où il écrira des opéras en français.

Vers la fin du XVIIe siècle, Naples va devenir le foyer de l’opéra italien, avec la création de l’opera seria (opéra sérieux) dont le principal représentant est Alessandro SCARLATTI (1659 -1725). À la même époque, VIVALDI (1678 – 1762) triomphait à Venise. Mais à Naples, patrie de la commedia dell’arte, on avait pris l’habitude d’insérer aux entractes des intermèdes légers ou des ballets. Ces intermèdes finiront par prendre leur autonomie avec la création de l’opera buffa (opéra bouffe).

vivaldi orlando furioso sol da teCliquez sur l’image

En France, après la tragédie lyrique dont les codes ont été fixés par Lully, on s’est mis à introduire de plus en plus de ballets, ce qui a conduit à une nouvelle forme, l’opéra-ballet. Le premier opéra-ballet est l’Europe galante de Campra (1660 – 1744).

campra l europe galanteCliquez sur l’image

Pendant ce temps, on donnait sur les foires parisiennes des pastiches, c’est-à-dire des spectacles où l’on plaçait des paroles nouvelles sur des airs connus (Vivaldi était un spécialiste des pastiches, car pour assurer le rythme élevé de production de ses opéras, il n’hésitait pas à se resservir d’airs qui avaient eu du succès, et que le public connaissait, pour ses nouveaux opéras). Après un certain nombre de querelles entre les comédiens italiens et les comédiens français, qui avaient le privilège royal pour les spectacles parlés, et avec l’Académie royale de musique, qui avait le privilège royal pour les spectacles chantés, le théâtre de la Foire devient en 1714 le théâtre de l’Opéra-Comique, et les forains obtiennent le privilège de Louis XIV de donner des spectacles chantés ET parlés, ce qui donne naissance à la forme opéra-comique. Après diverses vicissitudes, l’Opéra-Comique est relancé en 1752, le chansonnier FAVART étant un de ses fondateurs.

Le principal successeur de Lully était RAMEAU (1683 – 1764), musicien plus intéressés par l’harmonie (il est l’auteur de Traités d’harmonie) que par la mélodie. Il s’est mis à l’opéra sur le tard, et a été caricaturé par DIDEROT dans le roman Le neveu de Rameau. Vers le milieu du siècle apparaît le style classique, dont Joseph Haydn (1732 – 1809) est un représentant ainsi que Mozart (1756 – 1791) et ses vingt opéras.

Haydn Il mondo della luna ouvertureCliquez sur l’image

Il faut noter que l’hégémonie italo-française était toujours en place, puisque Haydn a écrit ses opéras en italien, et Mozart une grande partie des siens, même s’il a également écrit des Singspiels, c’est à dire des œuvres chantées en allemand, dont la célèbre Flûte enchantée (Zauberflöte).

Et pour terminer, je vous propose une petite sélection des plus beaux duos d’amour écrits pendant ce siècle.

Le classicisme laissera la place au romantisme, mais ça, c’est pour le siècle suivant.

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DIDON ET ÉNÉE, de PURCELL (1689)

L’opéra baroque Didon et Enée (1689) est un des derniers opéras écrits en langue anglaise avant une éclipse de près de deux siècles, où l’italien régnera sur les scènes anglaises.

Écrit par Henry PURCELL (1659 – 1695) sur un argument tiré de l’Enéide de Virgile, ce bref opéra (environ une heure) est, sans jeu de mots, un semi-opéra, c’est-à-dire un mélange de théâtre et d’opéra (rappelons qu’à l’origine, l’opéra est du théâtre mis en musique, ou du théâtre chanté).

L’histoire est celle de Didon, la reine de Carthage qui aime en secret Enée, le prince de Troie. Belinda sa confidente lui propose d’épouser le prince, ce qui rapprocherait les deux royaumes. Didon accepte et le premier acte se termine dans la joie.

Purcell Didon et Enée Pursue thy conquest

Cliquez sur Belinda

Les choses se gâtent au deuxième acte, car dans leur caverne des sorcières complotent pour faire tomber Didon et Carthage. La sorcière en chef va faire passer un de ses elfes pour Mercure afin de convaincre Enée de quitter Didon et d’accomplir son destin, qui est de partir fonder une nouvelle cité en Italie. Elles vont déclencher un orage pour séparer Didon et Enée.

Purcell didon et Enée But ere we this perform

Alors que Didon vante les beautés de la nature, les sorcières font éclater leur orage. Tous vont se mettre à l’abri dans le château. Enée resté seul voit apparaître le faux Mercure qui lui ordonne de quitter Carthage et de prendre la mer pour l’Italie. Déchiré entre son amour et cet ordre divin, il décide d’aller vers son destin.

À l’acte III, les marins préparent le départ d’Enée, qui annonce à Didon qu’il la quitte.

Purcell Didon et Enée Come away, fellow sailors

Cliquez sur le marin

Devant le courroux de Didon, il décide de rester et de braver la colère de Jupiter mais Didon, outrée qu’il ait seulement songé à la quitter, le rejette encore. Enée parti, elle se donne la mort dans un des plus bouleversants airs d’opéra (When I am laid in earth).

Purcell Didon Norman

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Histoire de l’opéra – les années 1600

L’opéra est né entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe, dans une période de bouillonnement culturel en Europe qui a vu la naissance du théâtre moderne avec Shakespeare ou du roman moderne avec le Don Quichotte de Cervantès.

À Florence se réunissait un cénacle d’intellectuels, dont Vincenzo Galilei (le père de l’autre), cénacle qui voulait redonner à la musique sa prééminence sur d’autres formes d’art, dont la poésie.

En 1600, à l’occasion du mariage d’Henry IV et de Marie de Médicis fut donnée à Florence une représentation d’un genre nouveau, les Euridice de Peri  et Caccini.

Peri et Caccini EuridiceCliquez sur l’image

De retour à Mantoue, le duc qui faisait partie des invités de Florence demanda à Monteverdi, son musicien de cour, un spectacle qui pourrait rivaliser avec celui des Médicis. Eh oui, déjà à l’époque l’envie d’en mettre plein la vue à ses amis guidait les choix esthétiques. Monteverdi s’exécutera en 1607 avec l’Orfeo, favola in musica (fable en musique).

En Allemagne, Schütz écrit un opéra, Daphné (1627), qui est malheureusement perdu. La guerre de Trente Ans a toutefois empêché le développement d’un art scénique comme en France ou en Italie.

Ce nouveau genre connaît très vite un grand succès, et dès le milieu du XVIIe siècle, des foyers d’opéra s’ouvrent à Venise, à Rome, à Naples ou à Milan.

C’est Mazarin qui introduit l’opéra en France avec une représentation de l’Orfeo de Rossi en 1647.  Pour le mariage de Louis XIV en 1660, il commande un opéra à l’Italien Cavalli, Ercole amante (Hercule amoureux), mais des problèmes techniques, notamment le théâtre qui devait être construit à cette occasion ayant pris du retard, c’est une autre œuvre de Cavalli qui est montée, Serse (Xerxès).

cavalli Ercole amanteCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, un autre Italien venu à la cour comme maître de ballet prendra les rênes de la musique en France: Lully qui écrira des tragédies lyriques sur des poèmes de Quinault et des comédies-ballet avec Molière.

À la même époque en Angleterre, Purcell essaie d’acclimater le genre à la langue anglaise avec ses semi-opéras (King Arthur, Didon et Énée), mais ce genre périclitera après sa mort en 1695.

Malena ErnmanCliquez sur Didon

Dès lors, et pour plus de deux siècles, pratiquement tout l’opéra en Europe sera chanté soit en italien, soit en français.

Ne manquez pas la suite dans Histoire de l’opéra – les années 1700.

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BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) ET L’OPÉRA

Beaumarchais par Adrian

Si on connaît généralement les deux grands « tubes » de l’opéra inspirés par le théâtre de BEAUMARCHAIS (1732 – 1799), à savoir Les Noces de Figaro (1786) de Mozart et Le Barbier de Séville de Rossini, on sait moins par contre que Beaumarchais était lui-même musicien et qu’il a écrit un opéra, Tarare (1787), qu’il avait envisagé de faire mettre en musique par Gluck, et qui le sera finalement par Salieri.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais naît le 24 janvier 1732 à Paris. Son père est horloger et à l’âge de 13 ans, Pierre-Augustin entre en apprentissage dans son atelier. En 1756, il se marie avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve du seigneur de Bosc-Marchais (dit Beaumarchais). sa femme meurt, âgée de 35 ans, l’année suivante et Pierre est accusé du meurtre de sa femme.

Il entre dans le monde de la finance et son génie spéculatif lui apporte une belle fortune. En 1761, il achète une charge de secrétaire du roi, qui lui apportera la noblesse.

En 1764, Beaumarchais fait un voyage d’affaires à Madrid.

En 1768, il se marie une seconde fois, toujours avec une riche veuve. Ils auront deux enfants, tous deux morts en bas âge. Sa deuxième femme meurt en 1770, et Beaumarchais est à nouveau accusé.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Le Mariage de Figaro a été écrit en 1778, mais des contraintes telles que la censure en ont reporté la création en 1784. C’était donc encore une pièce très récente quand Mozart l’a adaptée à l’opéra.

Le Barbier de Séville a été écrit en 1772 pour les Comédiens italiens, sous forme d’opéra-comique, avec des airs populaires italiens ou espagnols que Beaumarchais avait entendus à Madrid. Cet opéra ayant été refusé par les Italiens, Beaumarchais le remanie sous forme de comédie classique pour les Comédiens français en 1775. Païsello en tire un opéra dès 1782 (on peut en entendre un air dans la BOF du Barry Lindon de Kubrick). Et c’est à propos d’une dispute sur les droits que les comédiens reversaient aux auteurs que Beaumarchais fondera une société ancêtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

En 1786, Beaumarchais se marie une troisème fois, avec une femme de 21 ans plus jeune que lui. Ils auront un enfant, et elle survivra à notre héros.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville a été adaptée à l’opéra par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupableCliquez sur l’image

Pour revenir à Tarare, un des airs les plus célèbres de la partition a été utilisé par le chansonnier BÉRANGER pour plusieurs de ses chansons.

Beaumarchais meurt le 18 mai 1799 à Paris, à l’âge de 67 ans.

Amusamment, on retrouve Beaumarchais parmi les héros de l’opéra The Ghosts of Versailles (Les fantômes de Versailles) de John Corigliano, une commande du Metropolitan Opera de New York pour les cent ans de cette institution en 1983. Le compositeur ayant pris du retard, l’opéra n’a été créé qu’en 1991. Dans cet opéra, le fantôme de Beaumarchais, amoureux de celui de Marie-Antoinette veut changer le destin de celle-ci en se servant de la trame de sa propre pièce La Mère coupable.

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur l’image