Mes opéras préférés

LA PÉRICHOLE, d’OFFENBACH (1868)

La Périchole est une opérette d’Offenbach écrite sur un livret des joyeux duettistes Meilhac et Halévy. L’argument en est tiré d’une comédie de Prosper Mérimée, le Carosse du Saint-Sacrement, contenue dans le Théâtre de Clara Gazul.

Initialement composée de deux actes, un troisième acte a été rajouté à la reprise en 1874.

Le pitch : À Lima, un chanteur et une chanteuse de rues réussissent à duper le vice-roi du Pérou, coureur de jupons impénitent.

Acte I : Le vice-roi du Pérou sort incognito de son palais, pour savoir ce que son peuple pense de lui. Il espère bien ausi pouvoir s’occuper d’une p’tite femme dans un petit pied-à-terre qu’il possède en ville.

Cliquez sur le vice-roi incognito

Pendant ce temps, la Périchole et son amant Piquillo chantent sur la place, mais ne rencontrent guère de succès. Dommage, car ils auraient besoin d’argent pour se marier.

Cliquez sur la Périchole et Piquillo

Pendant que Piquillo fait la quête, la Périchole s’endort. Le vice-roi de retour est frappé par la beauté de la jeune femme et lui propose de devenir demoiselle d’honneur de la vice-reine. La Périchole accepte, et écrit une lettre à Piquillo pour l’assurer de son amour.

Cliquez sur la Périchole un peu grise

Désespéré, Piquillo veut se pendre, mais heureusement, un gentilhomme de la Cour, qui cherchait un mari pour la (future) favorite du vice-roi, lui propose ce mariage. Piquillo, qui a trop bu, accepte et le voilà marié à la Périchole, sans même qu’il s’en soit rendu compte.

Acte II : Le lendemain, Piquillo annonce qu’il aime une autre femme que celle qu’on lui a fournie, mais avant de retrouver la Périchole, il doit présenter officiellement sa femme au vice-roi. Quand il se rend compte que la Périchole est la maîtresse du vice-roi, il se met en colère et se retrouve illico au « cachot des maris récalcitrants ».

Cliquez sur le vice-roi et la Périchole

La Périchole réussit toutefois à le faire libérer. Réunis, ils chantent leur malheur devant le vice-roi qui, ému, les laisse partir ensemble.

Cliquez sur la Périchole

Acte III (variante de 1874) : La Périchole rend visite à Piquillo dans son cachot. Elle informe son mari que son honneur est sauf et qu’elle va soudoyer le geôlier. Quand celui-ci arrive, on se rend compte que c’est le vice-roi déguisé. Il fait enfermer la Périchole avec son mari et s’en va. Un vieux prisonnier les aide à s’évader par un tunnel qu’il a creusé.

En ville, les trois évadés sont repérés par la garde qui prévient le vice-roi. Nos deux héros lui chantent leurs malheurs et le vice-roi, ému, les laisse se marier et avoir des enfants qui grandiront car ils sont espagnols (gnols gnols gnols).

Cliquez sur le final
Mes opéras préférés

SALOME, de STRAUSS (1905)

Personnage cité dans les Évangiles, mais pas nommé, Salomé devient à la fin du XIXe siècle l’archétype de la femme enfant fatale, avec Mallarmé, Baudelaire, Flaubert, et les tableaux de Gustave Moreau qui lui donneront un visage. C’est enfin Oscar Wilde qui fixe sa légende en 1891, dans une pièce écrite en français. Une représentation de cette pièce à Berlin donnera à Strauss l’idée de mettre cette histoire en musique et de composer son opéra vénéneux.

Salomé a été créé à Dresde avec succès fin 1905, avant de connaître l’hostilité des publics de Berlin, Londres et New York, la pièce étant jugée sulfureuse et immorale.

Notons que Salomé avait déjà inspiré un opéra à Massenet (Hérodiade, 1881)

Le pitch : Salomé, fille d’Hérode et Hérodias, est amoureuse du prophète Jochanaan qui le premier a éveillé sa sensualité. Ne parvenant pas à se faire aimer de lui, elle réclame sa tête, transformant sa pulsion sexuelle inassouvie en pulsion de mort.

Scène I : Dans le désert, alors que le tétrarque Hérode offre un festin, les gardes parlent de la beauté de la princesse Salomé, la belle-fille d’Hérode. Leur capitaine, Narraboth, n’a d’yeux que pour Salomé. Le page d’Hérodiade, comparant la beauté de la lune à celle de Salomé, pressent quelque malheur.

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Naraboth ne l’écoute pas et n’entend pas plus les prophéties de Jochanaan, un prophète enfermé dans une citerne qui annonce l’arrivée du Messie.

Cliquez sur Naraboth

Scène II : Salomé apparaît, fuyant le regard lubrique de son beau-père. Elle compare la beauté de la lune à celle d’une vierge chaste et pâle. La voix de Jochanaan se fait entendre, jetant l’anathème sur sa mère, Hérodiade. En entendant cette voix, Salomé est saisie d’une violente pulsion de voir le prophète, malgré l’interdiction du Tétrarque. Consciente de l’effet qu’elle produit sur Narraboth, elle s’arrange pour qu’il lui ouvre la citerne où Jochanaan et le fasse sortir.

Cliquez sur Salomé et Jochanaan

Scène III : Sortant de la citerne, Jochanaan défie Hérode, et insulte Hérodias. Fascinée, Salomé exprime le désir de toucher le corps et les cheveux du prophète, de baiser sa bouche, mais le prophète la repousse. Désespéré de ne pas exister pour la princesse, Narraboth se tue. Jochanaan lui dit de chercher le seul homme qui peut la sauver et pardonner ses péchés, mais Salomé ne l’écoute pas. Il maudit Salomé avant de retourner en prison dans sa citerne.

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Scène IV : Hérode et Hérodiade arrivent, cherchant Salomé. Hérodiade reproche à Hérode sa manière de regarder Salomé. Il répond en regardant la lune, la comparant à une femme hystérique. Il découvre le cadavre de Naraboth et un soldat lui apprend qu’il s’est tué. Il invite Salomé à boire et manger avec lui. La foule des juifs et des Nazaréens commence une dispute sur la venue du sauveur, sur fond d’imprécations du prophète. Le prophète reprend ses imprécations. Hérodiade demande qu’on le fasse taire, puis qu’on le remette aux juifs, qui se lancent alors une dispute théologique. Hérode demande à Salomé de danser pour lui. Elle refuse, mais il lui promet de lui donner ce qu’elle demandera si elle s’exécute. Salomé commence une danse provocante, où elle se défait un à un de ses voiles (Célébrissime danse des sept voiles).

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À la fin, Hérode lui demande ce qu’elle veut. Comme prix de sa danse, elle réclame qu’on lui apporte la tête de Jochanaan sur un plateau d’argent. Hérodiade est enchantée, mais Hérode refuse, lui propose des bijoux, tout ce qu’il a de précieux. Salomé insiste et Hérode finit par céder. On apporte la tête du prophète à Salomé, qui l’embrasse sur la bouche, en lui faisant une déclaration d’amour. Horrifié, Hérode ordonne que l’on tue Salomé.

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Cinéma, Mes opéras préférés

LES AILES DU DÉSIR, de LOUATI (2023)

Les Ailes du désir d’Othman Louati, sur un livret de Gwendoline Soublin, est une commande de la Co[opéra]tive, une association de 6 lieux de théâtre. Il s’agit d’une adaptation du merveilleux film de Wim Wenders, en V.O. Der Himmel über Berlin (Le Ciel au-dessus de Berlin) datant de 1987, film qui a obtenu le prix de la mise en scène à Cannes. L’œuvre a été créée le 9 novembre 2023 à Dunkerque et sera donnée dans tous les théâtres de la Co[opéra]tive soit Quimper, Compiègne, Besançon, Rennes et Tourcoing.

Louati les Ailes du désir itw LouatiCliquez sur le jeune et brillant compositeur

Au début de l’œuvre, les humains sont représentés par des marionnettes (3 marionnettistes pour animer une marionnette, plus le chanteur qui chante dans l’ombre à côté d’eux. Petit à petit, les marionnettes disparaîtront et les rôles seront tenus par des humains.

Louati les Ailes du désir marionnettesCliquez sur la marionnette et ses marionnettistes

Le pitch : Dans le Berlin des années 1950, deux anges veillent sur les humains, écoutant leurs pensées. L’une des deux décide de perdre son statut d’ange pour vivre aux côtés d’une jeune trapéziste, Marion.

Premier tableau : Quand l’enfant était enfant # 1. Les deux anges Cassiel et Damielle se remémorent les temps primitifs.

Louati les Ailes du désir Damielle

Deuxième tableau : Âmes berlinoises mêlées # 1. Sur un très beau fond d’ombres chinoises, les Berlinois déambulent et on entend leurs pensées. Présentation de 3 personnages principaux : la mère sans insouciance, l’aimant jamais aimé et le mendiant en strass.

Louati les Ailes du désir image scène 1

Troisième tableau : La Bibliothèque # 1, présentation de la lectrice.

Quatrième tableau : Âmes berlinoises # 2 : présentation de l’enfant et du vieux rescapé. Arrivée du cirque.

Cinquième tableau : Le cirque, Marion, la directrice du cirque et l’employé.

Louati les Ailes du désir image scène 5

Sixième tableau : À l’extérieur du cirque, à côté du Mur de Berlin. Peter, un jeune graffeur qui exerce ses talents sur le Mur, sent la présence des anges et essaye d’entrer en contact avec eux.

Septième tableau : Quand l’enfant était enfant # 2.

Huitième tableau : En ville #1. Damielle suit Marion qui déambule en ville. (Scène musicale).

Neuvième tableau : Le Mur # 2. Les passants regardent le Mur graffé par Peter. On entend leurs pensées. L’aimant jamais aimé saute du toit d’un immeuble et se tue.

Dixième tableau : La bibliothèque # 2. Damielle est venu dire au revoir à Cassiel. Sa décision est prise, elle va rejoindre le monde des humains.

Onzième tableau : En ville # 2. Damielle découvre de nouvelles sensations dans son corps d’humain.

Douzième tableau : Le Mur # 3. Peter reconnaît Damielle et révèle que lui aussi, avant, était un ange.

Treizième tableau : Au club. Peter et Damielle entrent ensemble dans un club. Marion y est présente et écoute la chanteuse, qui est la mendiante en strass.

Louati les Ailes du désir image scène 12

Quatorzième tableau : Quand l’enfant était enfant # 3. Cassiel dit ce qu’il a vu, deux corps se fondre dans la nuit électrique. Il se demande si lui aussi saura un jour ce qu’aucun ange ne sait. Rideau.

(Sources principales : La création au Bateau Feu à Dunkerque, le 9 novembre 2023, et le livret. Les images viennent de différents sites internet et peuvent faire l’objet de droits d’auteur.)

Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

NABUCCO, de VERDI (1841)

Nabucco est un des premiers succès de Verdi. Achevé en 1841 et créé en 1842 à la Scala de Milan, son côté patriotique a fait de Verdi le porte-parole de la révolte contre l’occupant autrichien, le fameux chœur « Va pensiero » devenant vite un hymne pour les partisans de la liberté. Parmi les chanteuses de la création figurait Giuseppina Strepponi, qui deviendra plus tard la maîtresse de Giuseppe Verdi, puis sa femme.

Le pitch : Roméo et Juliette à Babylone. Ismaël, neveu du roi des Hébreux et Fenena, fille de Nabuchodonosor, roi de Babylone, s’aiment, mais les deux peuples sont en guerre.

Acte I : Dans le temple du roi Salomon, à Jérusalem. Alors que les troupes de Nabuchodonosor, le roi de Babylone, menacent la ville, les Hébreux supplient leur seigneur de leur venir en aide. Zaccaria, le grand prêtre, a pris en otage Fenena, la fille de Nabucco, et compte s’en servir pour faire la paix avec les Babyloniens.

Ismaël, le neveu du roi des Hébreux, vient annoncer que les Babyloniens arrivent et que rien ne semble pouvoir les arrêter. Zaccaria exhorte les Hébreux à aller les repousser.

Verdi Nabucco Come notte a sol fulgenteCliquez sur Zaccharia et les Hébreux

Ils sortent, laissant Ismaël et Fenena seuls. Fenena rappelle à Ismaël qu’elle l’avait fait libérer de Babylone. Les deux jeunes gens, qui s’aiment, s’apprêtent à prendre la fuite quand arrive Abigaïlle, qui prétend être une fille adultérine de Nabucco, avec une troupe de Babyloniens déguisés en Hébreux. Abigaïlle, qui est amoureuse d’Ismaël se dit prête à sauver les Hébreux s’il laisse tomber Fenena. (Trio : Io t’amava).

Verdi Nabucco Prode guerrier... Io t'amava !Cliquez sur Ismaël, Abigaïlle et Fenena

Nabucco est entré dans le temple sacré de Jérusalem et veut piller la ville. Zaccaria menace de tuer sa fille Fenena, mais Ismaël s’interpose et arrête son geste. Nabucco livre alors le temple à ses troupes et capture les Hébreux, qui maudissent Ismaël qui a trahi leur patrie en sauvant Fenena. (Quintette : « Mio furor no fui costrette »).

Verdi Nabucco Mio furor, non pi costrettoCliquez sur l’image

Acte II : Dans le palais de Babylone. Abigaïlle, qui se croyait la fille de Nabucco, découvre qu’il n’en est rien. Nabucco laisse le soin à sa fille Fenena de gouverner Babylone pendant son absence. Abigaïlle est furieuse, d’autant que Fenena fait libérer les Hébreux.

Verdi Nabucco Ben io t'invenniCliquez sur Abigaïlle

Ismaël est convoqué par les prêtres hébreux pour répondre de sa trahison mais Anna, la sœur de Zaccaria, prend sa défense et explique qu’il n’a pas sauvé la vie d’une infidèle, mais d’une Juive, car Fenena s’était convertie au judaïsme.

Verdi Nabucco Tu sul labbroCliquez sur Zaccaria

Abigaïlle arrive et demande la couronne à Fenena, mais Nabucco survient à son tour et s’en empare. Il commence par se moquer du dieu des Babyloniens, Belos, puis du dieu des Hébreux, en menaçant Zaccaria et les siens. Le dieu des Hébreux lui lance un éclair et sa couronne roule au sol. Nabucco devient fou alors que la couronne est prestement récupérée par Abigaïlle.

Acte III : Les jardins suspendus de Babylone. Abigaïlle siège sur le trône et le grand prêtre babylonien veut lui faire signer la condamnation à mort des Hébreux. Elle feint d’hésiter quand arrive Nabucco, le roi déchu. Abigaïlle se moque de lui, et lui demande d’apposer son sceau sur la condamnation des Hébreux, ce qu’il fait, signant par là la mort de sa propre fille Fenena. À Abigaïlle qui lui rappelle qu’elle aussi est sa fille, il lui déclare qu’elle n’est que la fille d’un esclave. Abigaïlle déchire le parchemin qui prouve sa basse extraction et demande aux gardes d’emmener le roi déchu, qui demande une dernière fois la grâce de sa fille Fenena. (Duo : « Di qual onta aggravarsi ».)

Verdi Nabucco Oh, di qual'onta aggravasiCliquez sur Nabucco

Sur les bords de l’Euphrate, les Hébreux pleurent leur patrie perdue (Chœur : « Va pensiero ».)

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur le chœur des Hébreux se lamentant sur les bords de l’Euphrate

Zaccaria leur demande d’arrêter de pleurer et leur annonce que le Dieu d’Israël vaincra les idoles babyloniennes.

Acte IV : Dans le palais de Babylone. Nabucco sort d’un cauchemar et entend des cris dans la cour. Il va à la fenêtre et voit sa fille enchaînée. Il appelle alors le dieu d’Israël à l’aide, implorant son pardon. À ce moment, son fidèle Abdallo arrive avec des soldats. Il lui rend son épée royale et lui offre de reconquérir son trône.

Les Hébreux prisonniers traversent les jardins suspendus. Zaccaria exhorte Fenena à mourir en martyre. C’est alors qu’arrive Nabucco, qui ordonne de briser la statue de Belos. Celle-ci tombe miraculeusement toute seule et se brise. Nabucco libère les Hébreux et leur ordonne de construire un temple pour leur dieu.

Pendant que tous louent le grand Jéhovah, deux soldats arrivent avec Abigaïlle, qui s’est empoisonnée. Elle avoue sa faute et demande pardon avant de mourir. (Air : « Su me… morente… esanime… »). Zaccario adresse une prophétie à Nabucco : « en servant Jéhovah, tu deviendras le roi des rois ! »

Verdi Nabucco Su me morente, esanime...Cliquez sur Abigaïlle

(Source principale : les représentations des arènes de Vérone en 1981, et le DVD associé).

Mes opéras préférés

CAPRICCIO, de STRAUSS (1942)

Conversation en musique en un acte, livret du chef d’orchestre Clemens Krauss d’après une idée de Stefan ZWEIG. Ce quinzième et dernier opéra de Strauss représente une synthèse de la carrière musicale de Richard Strauss.

Le pitch : Dans Capriccio, Strauss, et ses librettistes, essaye de répondre à la question « Qui de la poésie et de la musique prend le pas sur l’autre? ». Il se sert d’un poète et d’un compositeur, tous deux amoureux d’une comtesse, pour aboutir à la réponse que le mieux, c’est l’alliance des deux, et que cette alliance, c’est l’opéra !

Acte I : En 1775 dans un château près de Paris, La Roche, le directeur de théâtre, Flamand le compositeur et Olivier le poète préparent une fête pour l’anniversaire de la comtesse Madeleine. Ils discutent pour savoir qui, de la musique ou du poème, a la prééminence. Madeleine est une jeune veuve, et le poète et le musicien se disputent ses faveurs. Ils écoutent le sextuor de Flamand.

Strauss Capriccio SextuorCliquez sur le sextuor

Le directeur de théâtre se prononce en faveur de l’opera buffa. Le comte, le frère de la comtesse, se prononce clairement en faveur du théâtre, et plus particulièrement de l’actrice Clairon. Le directeur revient, la scène est prête, les répétitions peuvent commencer. Ce sera d’abord une pièce musicale, puis une pièce de théâtre, et enfin une surprise du directeur. Clairon, la comédienne, apparaît, saluée par le directeur. Elle commence à lire avec le comte la fin de la pièce, une scène d’amour, que l’auteur vient de terminer. Convaincue par l’interprétation du comte, elle demande au directeur de monter la pièce. À la comtesse qui félicite l’auteur pour la déclaration d’amour finale de sa pièce, l’auteur répond que c’est à elle que cette déclaration s’adresse. Le compositeur veut mettre ces vers en musique, ce qui n’enchante pas le poète, jaloux. Quand le musicien a fini, il chante sa composition à la comtesse, ravie (Air, puis trio : « Kein andres, das mir so im herzen loht »).

Strauss Capricccio Kein andres, das mir so in Merzen lohtCliquez sur l’image

C’est au tour du compositeur d’avouer que c’est ses sentiments qu’il a mis dans sa musique. La comtesse avoue qu’elle hésite entre vers et musique, les deux arts étant si intimement liés. Il la supplie de répondre à sa déclaration, mais elle réserve sa réponse pour un rendez-vous qu’elle lui fixe le lendemain. Le comte revient de la répétition, ravie d’avoir « intéressée » l’actrice, mais sa sœur lui dit qu’il ne faut pas confondre amour et admiration. Elle lui explique que le poète et le musicien se sont déclarés, et que ce qui sortira de cette histoire ne peut être qu’un opéra.

Tout le monde revient au salon. Le comte invite Clairon à souper, mais elle décline l’invitation. Le directeur présente son petit spectacle italien. Clairon rompt avec le poète. La dispute entre poésie et musique redémarre, mais la comtesse tranche pour la tragédie en musique, l’opéra, qui rapproche les deux arts. Le directeur fait entendre un duo de chanteurs italiens, dans lequel Strauss parodie cet art. (duo puis ensemble).

Le comte propose à l’actrice de la raccompagner à Paris. Le directeur dévoile le programme de son spectacle. Il y aura d’abord une allégorie : la Naissance de Pallas Athénée. Tous se moquent de cette idée dans un joyeux charivari (ensemble). Il y aura ensuite une pièce héroïque : la Chute de Carthage. Les moqueries reprennent de plus belle devant cette conception passéiste du spectacle. Le directeur se défend alors en montrant tout ce qu’il apporte au spectacle par ses mises en scène et ses décors, que ni la musique ni le livret ne sont capables d’apporter. Il se porte en gardien de la tradition devant la médiocrité des compositions contemporaines, en attendant que de nouvelles œuvres de génie voient le jour. (Air : « Hola, ihr streiter in Apoll »).

Strauss Capriccio Holà Ihr streiter in ApollCliquez sur La Roche

Tout le monde le félicite de cette profession de foi. La comtesse demande au poète et au musicien de mettre leur art au service du directeur, en composant un opéra. On cherche un sujet, Ariane à Naxos ou Daphné (deux sujets d’opéras déjà traités par Strauss), mais c’est le comte qui a l’idée de raconter leur propre histoire. On se sépare pour la nuit, laissant la place aux domestiques, qui commentent cette journée. Le souffleur, qui s’était endormi dans son trou, en sort et s’étonne de ne trouver plus personne. Le comte accompagnant Clairon à Paris, la comtesse s’apprête à souper seule. Le poète lui fait dire qu’il viendra le lendemain connaître le dénouement de l’histoire. La comtesse se souvient alors qu’elle a déjà rendez-vous avec le musicien. Reprenant le sonnet mis en musique, elle comprend qu’elle ne peut pas choisir (Air : Kein andres, das mir …). Se regardant dans la glace, elle demande à son reflet de l’aider à trouver la fin de l’histoire, si il y en a une qui ne soit pas triviale (air crépusculaire, préfiguration des 4 derniers lieder de Strauss).

Strauss Mondscheinmusik (Mélodie du Clair de lune)Cliquez sur la « Mélodie du clair de lune »

Le maître d’hôtel vient annoncer que le souper est servi.

Strauss Capriccio Scène finaleCliquez sur la scène finale

Contes et légendes, littérature, Mes opéras préférés

LE CONTE DU TSAR SALTAN, de RIMSKY-KORSAKOV (1900)

Écrit par Rimsky-Korsakov à l’occasion du centenaire de la naissance de Pouchkine, le Conte du tsar Satan est une adaptation d’une de ses nouvelles, et a été créé à Moscou en 1900.

Le pitch : Cendrillon au pays des tsars de Russie.

Prologue : Le tsar Saltan cherche une femme et l’a fait savoir. Dans une famille, la mère et ses deux filles aînées se mettent sur les rangs, l’une veut tisser des habits pour le tsar, l’autre lui faire la cuisine. La plus jeune, souffre-douleur de la mère et des deux sœurs rêve de faire un bel enfant au tsar. C’est elle que Saltan choisit pour femme, réservant à ses deux sœurs une place de tisseuse et une place de cuisinière à la cour. Jalouses, elles complotent contre leur sœur, et prédisent au tsar que leur sœur engendrera un monstre.

Acte I : Quelques mois plus tard, le tsar s’apprête à partir à la guerre (Marche).

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan SuiteCliquez sur la marche du tsar

La tsarine berce Gvidon, son bébé, en lui chantant une berceuse. Elle est inquiète, car elle n’a pas de nouvelles de son mari, parti à la guerre. Pendant qu’elle berce son bébé, la marâtre chante qu’elle souhaite la mort du bébé. Le bouffon essaie de rassurer la tsarine. Le conteur du tsar arrive. La tsarine, pressentant un malheur lui demande de raconter une histoire.

Les courtisans viennent présenter leurs hommages, et veulent voir le tsarévitch nouveau-né.

Un messager du tsar arrive. La tsarine demande aux lettrés qu’on lise le message. Celui-ci dit que, par ordre du tsar, il faut sans délai mettre la tsarine et son fils dans un tonneau, et les jeter à la mer. (Beau chant de déploration de la tsarine).

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan la tsarine dans un tonneauCliquez sur Rimsky-Korsakov

Acte II : Plus tard, la tsarine et son fils ont été jetés par la tempête sur une île. Le tsarévitch se fabrique un arc et des flèches. Voyant un vautour attaquer un cygne, Gvidon tue le vautour d’une flèche. Le cygne lui révèle alors que le vautour était un sorcier.

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Ty, tsarevitch, moy spasitelCliquez sur l’image

Pour le remercier, le cygne fait apparaître une ville magnifique. (chant de louanges du peuple libéré). Le peuple propose à Gvidon, leur libérateur, la couronne. Celui-ci accepte.

Acte III : Le cygne vient voir le prince et veut savoir pourquoi il est triste, lui promettant de l’aider. Le prince veut voir son père. Justement, un navire va partir pour le royaume de Tsaltan.

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Flight of the BumblebeeCliquez sur l’image

Pour lui permettre de suivre ce navire, le cygne transforme le tsarévitch en bourdon. (célébrissime Vol du bourdon). Gvidon arrive ainsi au pays du tsar.

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan le Vol du bourdonCliquez sur l’image

La cour du tsar se demande pourquoi celui-ci est soucieux.

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Acte III scène 2 Merci Tsar SaltanCliquez sur l’image

Ils lui racontent que lors de leur voyage, ils ont vu un prodige. Une île inhospitalière qui s’est transformée en île merveilleuse, gouvernée par le prince Gvidon. Le tsar veut aller voir cette île, ce que la marâtre voudrait empêcher. Le bourdon la pique. Un boyard ajoute que l’île regorge de trésors. Le bourdon pique une des sœurs. Un boyard décrit les merveilles qui se trouvent sur l’île. Saltan déclare qu’il se mettra en route dès le lendemain. Les femmes disent qu’il y a sur l’île une femme d’une très grande beauté. Le bourdon pique encore. Tous se lancent à sa poursuite pour l’écraser.

Acte IV : Sur son île, le tsarévitch rêve de rencontrer la femme d’une très grande beauté dont il a entendu parler quand il était bourdon. Il appelle le cygne pour l’aider à la trouver. Le cygne lui dit qu’il peut la lui présenter et reprend alors sa forme première : c’est la princesse ! (Duo, puis trio avec la mère).

Une flotte arrive, conduite par le tsar. Le peuple l’accueille. Gvidon va à sa rencontre, mais recommande à sa mère de se cacher. Il demande à Saltan de lui parler de sa famille. Le tsar raconte qu’autrefois il avait une femme aimante et aimée. Ils ont vécu heureux avant qu’il ne parte à la guerre, confiant sa famille aux boyards pour qu’ils la protègent. Et depuis, le remords le ronge. Gvidon lui dit de sécher ses larmes.

Le tsar veut voir les merveilles de l’île. Gvidon montre les deux premières. Pour la troisième, l’ex-cygne prend la parole et dit qu’elle est une enchanteresse, qui est sur terre pour rendre les gens heureux.

Le tsar lui demande alors de faire apparaître la tsarine, ce qu’elle fait ! L’émotion est à son comble. Le tsar demande où est son fils, et Gvidon lui répond que c’est lui, son fils. Les deux sœurs veulent se disculper, chargeant leur mère. Le tsar dit qu’elles méritent la mort, mais qu’il leur pardonne, parce que c’est grâce à leur machination que le tsarévitch a pu rencontrer sa femme.

(Source principale : la production du Théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles de 2019).

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LES PALADINS, de RAMEAU (1760)

Comédie lyrique de Rameau, sur un livret de Duplat de Monticourt inspiré d’un conte de La Fontaine, le Petit Chien qui secoue de l’argent et des pierreries (lui-même adapté du Roland furieux de l’Arioste). Le mélange des genres pratiqué par Rameau (Manto est un androgyne, chanté par un haute-contre !), ainsi que la faiblesse du livret, explique que cette œuvre n’ait pas rencontré le succès lors de sa création. Ici, plus de dieux ou de héros de la mythologie, mais tout simplement des êtres humains. On sent venir Beaumarchais et son Barbier de Séville.

Le pitch : Le vieil Anselme a des vues sur sa pupille Argie, qui aime Atis. Celui-ci paraît et, avec l’aide de la fée Manto, provoque la honte d’Anselme.

rameau les paladinsCliquez sur l’ouverture

Acte I : Argie, pupille d’Anselme, s’ennuie, car son amant Atis est parti (Air : « Triste séjour, Solitude ennuyeuse »).

Rameau les Paladins Triste séjour, Solitude ennuyeuse

(Ici, Rameau se parodie lui-même, en reprenant son « Tristes apprêts » de Castor et Pollux

Rameau Castor et Pollux Tristes apprêts, pâles flambeauxCliquez sur l’image)

Elle est gardée par Orcan, pour le compte d’Anselme. Sa confidente Nérine lui dit d’espérer et essaie de séduire Orcan pour qu’il les laisse sortir du château d’Anselme. Soudain, une musique se fait entendre. Ce sont des pèlerins. Parmi eux se cache Atis, qui vient ainsi retrouver Argie. Orcan essaie de les séparer, mais tremble devant la détermination d’Atis. Orcan est enrôlé parmi les pèlerins, afin de l’éloigner du château. Mais voici qu’on entend Anselme arriver à son tour.

Acte II : Anselme se réjouit à l’idée de retrouver Argie, mais il voit arriver Orcan, en habit de pèlerin. Argie arrive, habillée en pèlerine. Elle annonce à Anselme qu’elle va le délivrer d’une présence qui l’importune, puisqu’elle s’en va, et que c’est en vain qu’il soupire après elle. Elle part rejoindre Atis, un jeune Paladin et demande à Anselme de l’aimer comme un père. Anselme fait mine de se résigner à son départ, et lui annonce qu’il va lui faire présent d’un trésor dont il a la garde, et qu’Orcan va lui remettre.

Argie sortie, Anselme sort un poignard, qu’il confie à Orcan pour qu’il la tue. Nérine, cachée, a tout vu et sort prévenir Atis. Orcan, resté seul et toujours aussi peureux, ne peut se résoudre à tuer Argie, car il craint que son spectre ne revienne hanter ses nuits. Nérine revient et feint de ne pas voir Orcan, en soupirant après lui. Comme celui-ci s’approche, Nérine le rejette alors qu’une troupe de Démons et de Furies sort du bois.

C’est Atis et ses Paladins, déguisés, qui veulent faire peur à Orcan. Argie paraît et on reproche à Orcan d’avoir voulu tuer Argie. Il demande grâce. Argie ordonne qu’on le relâche. Tous se réjouissent de la liberté retrouvée d’Argie (Air & chœur : « Vengeurs des beautés qu’on outrage »).

Atis ordonne à ses Paladins de prendre une forme plus aimable. Ils sortent pour ôter leurs déguisements, et reviennent dans leurs habits de Paladins.

Rameau les Paladins Entrée très gaye des TroubadoursCliquez sur l’image

Mais un nouveau bruit se fait entendre. C’est Anselme qui arrive avec une troupe armée. Atis, Argie et les autres vont s’enfermer dans le château.

Rameau les Paladins Je vole, amour, où tu m'appelesCliquez sur l’image

Rameau les Paladins Pour voltiger sous les bocagesCliquez sur Atis et Nérine

Acte III : Anselme s’apprête à attaquer le château, mais un enchantement le fait disparaître, faisant apparaître un palais à sa place. Une belle esclave apparaît. Anselme veut savoir à qui est ce palais. L’esclave, qui est la fée Manto, dit que c’est à elle, et qu’elle est prête à le mettre à la disposition d’Anselme si celui se déclare auprès d’elle.

Rameau les Paladins Esclave contentez mes désirs curieuxCliquez sur Anselme et Manto

Alors qu’il s’apprête à se déclarer, Manto fait venir Argie comme témoin de son serment. Argie lui fait le reproche de n’avoir su choisir entre elle et le palais, il répond qu’il n’a accepté que pour mettre le palais à ses pieds. Mais Argie ne veut que son Atis. Manto se dévoile, et appelle Atis. Anselme sort désespéré, alors que tous se réjouissent du bonheur d’Argie et d’Atis (Air & chœur : « Lance, amour, tes traits vainqueurs »).

(Source principale : le DVD du spectacle de 2004 au théâtre du Châtelet, par William Christie et les Arts florissants, éd. Opus arte.)

Cinéma, Mes opéras préférés

LULU, de BERG (1929-1935)

Lulu est un opéra composé par Alban Berg de 1929 jusqu’à sa mort en 1935. Berg en a écrit lui-même le livret, à partir de L’esprit de la terre (1895) et La boîte de Pandore (1902), deux pièces de Wedekind. Tout l’opéra est bâti sur un principe de symétrie formelle, l’action décrivant l’ascension de Lulu, jusqu’à la mort de son seul amour (premier acte et première scène du deuxième acte), suivi d’un interlude orchestral, et sa descente aux enfers (deuxième scène du deuxième acte et troisième acte).

En 1935, il s’interrompt dans la composition de Lulu pour écrire un Concerto pour violon, dédié à la mémoire de Manon Gropius, la fille d’Alma Mahler et de l’architecte Walter Gropius (fondateur du Bauhaus), morte à l’âge de dix-huit ans. C’est le Concerto à la mémoire d’un ange.

Resté inachevé à la mort de Berg, c’est le compositeur Friedrich Cerha qui en a orchestré la fin pour la production complète donnée au Palais Garnier en 1979 par Pierre Boulez.

Les cinéphiles reconnaîtront l’histoire du film Loulou, de Pabst, avec Louise Brooks dans le rôle de l’héroïne.

Pour préparer le public à sa musique, Berg a écrit une Suite Lulu, créée en 1934.

Berg Lulu Suite III Lied der LuluCliquez sur la Lulu-suite

Le pitch : Lulu consomme les hommes, qui meurent pour elle. Le destin change mais la mort de ses amant(e)s continue. Lulu meurt tuée par Jack l’Éventreur.

Berg Lulu (MET 2015)Cliquez sur le pitch

Prologue : Le dompteur appâte le chaland pour qu’il vienne voir sa ménagerie. Il décrit ses animaux, allégories des personnages que l’on va voir, et fait entrer le serpent (Lulu). Le dompteur en décrit le destin tragique. Lulu repartie, il invite le public à entrer sous son chapiteau.

Berg Lulu PrologueCliquez sur le prologue

Acte I : Dans l’atelier du peintre, qui peint le portrait de Lulu. Le compositeur Alwa souhaite engager Lulu pour son opéra. Alwa et son père, le docteur Schön, sortent. Le peintre presse Lulu, qui craint que son mari, vieux professeur de médecine, ne rentre. Quand celui-ci arrive et découvre Lulu et le peintre ensemble, il meurt de saisissement. Le peintre est désolé, Lulu totalement indifférente. (Aux questions du peintre, Lulu n’a qu’une réponse : je ne sais pas.)

Berg Lulu Der Mahler AriosoCliquez sur le peintre

Dans le salon du peintre où trône le portrait de Lulu. Lulu et le peintre sont mariés. Ils reçoivent une lettre annonçant les fiançailles de Schön. On sonne à la porte. C’est Schigolch, un mendiant, qui vient voir où Lulu vit, et lui demander de l’argent. Schigolch sort et Schön entre. Il demande à Lulu ce que son père faisait ici. Il est venu dire que, fiancé, il ne veut plus voir Lulu, mais Lulu veut continuer à le voir. Lulu sort alors que le peintre rentre. Schön lui dit qu’il devrait mieux surveiller sa femme. Le peintre comprend que Lulu le trompe avec Schön. Celui-ci lui raconte son histoire avec Lulu. Le peintre va dans la pièce voisine. On entend des cris derrière la porte, qu’il a fermée à clé. Alwa arrive à ce moment. On défonce la porte et on trouve le corps du peintre, qui s’est tranché la gorge. Lulu veut quitter la maison. Schön dit que c’est la fin de ses fiançailles, son destin étant lié à celui de Lulu.

Alwa a écrit un spectacle, dont Lulu est la vedette. Il est amoureux d’elle. Ils discutent avant l’entrée en scène de Lulu. Un prince vient la voir tous les soirs et voudrait l’emmener en Afrique. Alwa, resté seul, pense à son prochain opéra (qui raconterait l’histoire de Lulu !). Le prince entre. Lulu rentre de scène. Elle s’est évanouie en voyant Schön et sa fiancée dans la salle. Ce dernier arrive. Il avait commandé le spectacle à Alwa dans l’espoir qu’un admirateur éloignerait Lulu, mais n’avait pas imaginé qu’on l’emmènerait en Afrique. Lulu sentant son pouvoir sur Schön lui dicte une lettre de rupture pour sa fiancée. Il a l’impression de signer son arrêt de mort.

Berg Lulu Akt I Alwa LuluCliquez sur Alwa et Lulu

Acte II : Dans le salon de Schön, la comtesse Geschwitz a offert des fleurs à Lulu. Elle l’invite à un bal de femmes, où elle lui demande de venir habillée en homme. À leur départ, Schön se sent très seul, face à son nouveau cercle d’amis. Lulu revient, ils ont une discussion sur qui a voulu épouser l’autre en gagnant leur chambre à coucher. La comtesse Geschwitz revient et se cache derrière un paravent, alors qu’arrivent les amis de Lulu : Schigolch, l’Athlète (double du Dompteur du prologue) et le Lycéen (l’ours de la ménagerie). Ils viennent faire la fête pendant l’absence de Schön. Lulu sort de sa chambre et aguiche le Lycéen avant de ressortir. Tous pensent qu’elle attend le prince qui veut l’épouser. Lulu revient et dit qu’ils ont peur de Schön. L’Athlète montre ses muscles. Le valet de chambre annonce le Docteur Schön, tout le monde se cache. Ce n’est qu’Alwa, toujours attiré par Lulu. Schön apparaît et assiste, caché, au dialogue amoureux entre Alwa et Lulu, à la fin duquel Lulu révèle à Alwa qu’elle a empoisonné sa mère. Schön se montre et fait des reproches à Lulu. Il lui met son revolver dans la main pour qu’elle se suicide. Lulu propose le divorce, mais Schön refuse. Lulu déclare que des hommes se sont suicidés pour elle. À ce moment, le Lycéen sort de sa cachette. Comme Schön se tourne vers lui, Lulu l’abat. Schön mourant appelle Alwa au secours. Lulu cherche à fuir, retenue par Alwa. Elle le supplie de la laisser partir, mais il est trop tard, la police est là.

Berg Lulu Akt II Wenn sich die MenschenCliquez sur l’image

Interlude orchestral : À partir de ce moment, le milieu du drame, l’ascension de Lulu cesse et son destin va suivre une trajectoire descendante, symétrique de la trajectoire du début. Pour figurer ce renversement, Berg a ainsi composé un palindrome de 3 minutes !

Berg Lulu Akt II interlude orchestral (palindrome)Cliquez sur le palindrome

Dans la maison d’Alwa, Alwa, Geschwitz et l’Athlète ont préparé un plan pour faire évader Lulu. Geschwitz a contracté le choléra pour prendre la place de Lulu à l’hôpital, qui est tombée malade en prison. Schigolch arrive avec des passeports qui leur permettront de fuir à Paris, après l’évasion de Lulu. Il repart avec Geschwitz chercher Lulu à l’hôpital. Le Lycéen arrive ; il a un plan pour sauver Lulu, mais Alwa lui dit que c’est trop tard, qu’elle est morte. D’abord incrédule, il part en déclarant que sa vie ne vaut rien. Lulu rentre, habillée avec les vêtements de Geschwitz, avec qui elles ont échangé leurs rôles. Elle se débarrasse de l’acrobate, qui voulait se marier avec elle, et faire d’elle une acrobate. Elle entraîne Alwa sur le divan. La passion embrase Alwa, mais pas Lulu, qui lui rappelle qu’elle a tué son père. Elle veut surtout savoir s’il l’accompagnera dans sa fuite à Paris.

Berg Lulu Akt II Air d'AlwaCliquez sur Alwa

Acte III : Dans un salon bourgeois à Paris, on fait la fête. Un banquier vend (très cher) des actions. Tout le monde en veut. Dans une salle de jeu au fond, on joue. Le Marquis demande de l’argent à Lulu, mais celle-ci n’en a plus. Il lui propose l’alternative suivante : ou elle se prostitue pour lui, ou il la dénonce à la police. Un bordel du Caire lui propose 1200 marks pour elle. Lulu propose de le payer en actions du banquier. Le Marquis veut de l’argent, pas du papier. Geschwitz fait une scène de jalousie à Lulu, qu’elle accuse de l’avoir trahie. L’athlète revient vers Lulu, c’est désormais 20 000 marks qu’il demande pour ne pas la livrer à la police. Si elle n’a pas d’argent, elle peut payer en nature ! Dans le brouhaha de la fête, le banquier annonce que ses actions ne valent plus rien. Schigolch à son tour demande de l’argent à Lulu. Elle se met à pleurer, elle n’a pas d’argent et l’Athlète va la dénoncer. Schigolch propose un plan pour s’en débarrasser. Il a remarqué que Geschwitz ne laisse pas l’Athlète indifférent. Lulu convainc Geschwitz d’accompagner l’Athlète dans une maison de rendez-vous, en lui garantissant qu’il ne lui arrivera rien. Sitôt les deux partis. Lulu va voir le groom et échange ses vêtements avec lui avant de prendre la fuite avec Alwa. La police vient arrêter Lulu, mais trop tard, elle est partie.

Dans une chambre sous les toits. Alwa et Schigolch attendent Lulu. Celle-ci arrive avec son premier client (le double de son premier mari). Elle l’entraîne dans la chambre. Quand l’homme ressort et part, ils regardent combien Lulu a gagné. Geschwitz arrive. Elle a trouvé le tableau de Lulu chez un brocanteur. Ils le clouent au mur et comparent la beauté passée de Lulu à ce qu’elle est maintenant devenue. Une nouvelle personne arrive. Entre le Nègre (le double du peintre). Il veut toucher Lulu, qui recule. Il s’énerve et empoigne Lulu. Alwa veut intervenir et tombe, frappé à mort par le Nègre, qui sort. Schigolch cache le cadavre quand Geschwitz rentre, prête à se suicider devant l’indifférence affichée par Lulu. Celle-ci entre, accompagnée par un troisième client. C’est Jack l’Éventreur (le Tigre de la ménagerie et le double du docteur Schön). Lulu est attirée par ce client. Elle demande de l’argent, il fait mine de partir. Finalement c’est elle qui paiera pour l’avoir. Ils entrent dans la chambre. Geschwitz décide de quitter cet endroit quand on entend un cri terrible de Lulu. Geschwitz va vers la porte. Jack sort de la chambre, un couteau à la main. Il poignarde Geschwitz et part tranquillement. Geschwitz appelle Lulu une dernière fois avant de mourir.

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

Mes opéras préférés, Mythologie

HERCULES, de HAENDEL (1744)

Hercules a été écrit par Haendel en 1744, et créé sans succès à Londres début 1745.

Techniquement parlant, Hercules de Haendel est, comme l’était Semele, un oratorio, et pas un opéra. C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire une présence du chœur renforcée, avec un effectif plus conséquent, se rapprochant, par exemple, de cet autre chef-d’œuvre qu’est le Messie (Messiah).

On a heureusement pris l’habitude au XXxe siècle de donner Hercules en représentation à l’opéra. Le scénario est inspiré des Trachiniennes, de Sophocle, et raconte comment Déjanire, la femme d’Hercule jalouse de la princesse Iole, va faire mourir son mari.

L’histoire commence alors qu’Hercule est parti au combat, pour se venger d’Eurytos, roi d’Oechalie, qui lui avait promis sa fille Iole comme prix d’un concours et n’avait pas tenu sa promesse. Hercule a ravagé le royaume d’Oechalie et a fait prisonnière Iole. Pendant ce temps en Thrace, son peuple et sa femme Déjanire sont sans nouvelle du héros.

Acte I : Une conseillère de Déjanire déplore l’inconsolable chagrin de celle-ci, persuadée que son mari Hercule est mort au combat. Les oracles consultés confirment cette mort, mais Hyllus, leur fils, ne veut pas les croire. Il veut partir à sa recherche, encouragé par le peuple quand Lichas annonce le retour d’Hercule. Celui-ci arrive avec des captifs, dont Iole, la fille d’Eutyros qu’Hercule était parti combattre. Sa grande beauté ne manque pas d’intéresser Hyllus ! Se trouvant face à Hercule, Iole revoit et revit la mort de son père.

Haendel Hercules My father Ah methinks I seeCliquez sur Iole

Hercule annonce que le temps des combats est fini, laissant la place au temps de ses amours avec Déjanire

Acte II : Iole chante sa nostalgie d’un bonheur simple, tandis que Déjanire est persuadée qu’Hercule la trompe avec la trop belle jeune fille.

Haendel Hercules When beauty sorrow's livery wearsCliquez sur l’image

Lichas observe la montée de la jalousie chez Déjanire, alors qu’Hyllus se désespère face à l’indifférence d’Iole, qui n’éprouve aucune sympathie pour le fils de celui qui a tué son père. Hyulle se défend en rappelant le pouvoir universel de l’amour.

Haendel Hercules Jealousy Infernal PestCliquez sur l’image

Pendant qu’Hercule doit faire respecter les rites liés à sa victoire, Déjanire confie à Lichas une tunique destinée à son mari. C’est la tunique de Nessus, une des victimes d’Hercule, tunique qui imbibée de son sang est censée ramener la fidélité dans le cœur de son mari.

Acte III : Lychas raconte qu’Hercule, ayant revétu la tunique offerte par sa femme, a été empoisonné par ce vêtement.

Haendel Hercules Ye sons of Trachin, mourn you valiant chiefCliquez sur l’image

Il est mort dans d’atroce souffrances, en maudissant Déjanire et sa vengeance. Il demande à son fils de mourir sur un bûcher au sommet du mont Oeta.

Quand on informe Déjanire de l’arrivée d’Hercule à l’Olympe, elle se rend compte qu’elle est responsable de la mort de son mari et sombre dans la folie.

Haendel Hercules Where shall I flyCliquez sur Déjanire sombrant dans la folie

Tant de malheur suscite la pitié de Iole.

haendel Hercules My breast with tender pity swellsCliquez sur Iole prise de pitié pour Déjanire

Jupiter décrète alors l’union d’Iole et d’Hyllus ! Le peuple se réjouit de cette fin heureuse.

Haendel Hercules To him your grateful notes of praise belongCliquez sur le peuple se réjouissant de cette fin heureuse

(Source principale : le DVD/Blue Ray du spectacle de l’Opéra de Paris en 2004).

Et si vous en voulez un peu plus, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère si vous en voulez un peu plus

Mes opéras préférés

L’ITALIENNE À ALGER, de ROSSINI (1813)

Écrit en 1813, la même année que Tancredi, l’Italienne à Alger (l’Italiana in Algeri) est le premier « grand » opéra-comique de Rossini. Son ouverture, comme celle du Barbier de Séville, est un des grands classiques de Rossini. Devant le peu de temps qu’il avait pour honorer cette commande, il a d’ailleurs recyclé une ouverture déjà écrite pour un des petits opéras en un acte qu’il avait déjà produits en quantité. Le thème, très proche de celui de L’enlèvement au Sérail de Mozart, relève de l’orientalisme en vogue à l’époque.

Le pitch : Le bey Mustafa veut échanger sa femme Elvira contre l’Italienne Isabella. Lindoro, le fiancé D’Isabella, qui est esclave du bey, prend la fuite avec Isabella.

Ouverture :

Rossini l'Italienne à Alger ouvertureCliquez sur la célèbre ouverture

Acte I : Elvira se lamente parce que son mari Mustafa, bey d’Alger, ne l’aime plus. Sa suivante Zulma et les gardes du harem cherchent à la consoler. Mustafa arrive et confirme les craintes d’Isabella : il n’aime plus sa femme.

Il ordonne à Haly, le capitaine de ses corsaires, de faire venir Lindoro, un esclave italien qu’il a depuis trois mois, pour le marier à sa femme et ainsi se débarrasser d’elle. Il lui demande également de lui trouver une Italienne. Lindoro chante le malheur d’être séparé d’Isabella, sa fiancée. (Air: « Languir per una bella », avec son introduction au cor).

Rossini l'Italienne à Alger Languir per una bellaCliquez sur Lindoro

On vient lui proposer une femme qui répondrait en tout à son attente, c’est Elvira.

Suite à une tempête qui a jeté son navire sur le rivage, Isabella, partie à la recherche de son fiancé Lindoro, arrive. Elle est capturée par les corsaires, en compagnie de Taddeo, un soupirant qu’elle fait passer pour son oncle. (Air et chœur : Cruda sorte ! Amor tirano ».)

Rossini l'Italienne à Alger Cruda sorte Amor tirannoCliquez sur Isabella se lamentant sur son sort cruel

Mustafa propose à Lindoro de repartir en Italie dans le bateau que ses corsaires viennent de capturer, à condition qu’il parte avec Elvira. Haly vient le prévenir qu’il a capturé une belle Italienne. Le chœur des eunuques chantent la gloire de Mustafa, qui conquiert toutes les femmes. On présente Isabella à Mustapha, qui le charme. Elvira et Lindoro viennent faire leurs adieux, mais Lindoro et Isabella se troublent quand ils se reconnaissent. Mustafa explique la situation (quintette), mais Isabella refuse, et lui ordonne de rester avec sa femme. Elle demande que Lindoro lui soit affecté comme esclave.  L’acte se termine dans un ébouriffant septuor final.

Rossini l'Italienne à Alger Septuor de la fin du 1er acteCliquez sur l’ébouriffant septuor final du 1er acte

Acte II : Le chœur chante que, sous le coup de l’amour, Mustafa est devenu idiot. Isabella se croit trahie par Lindoro, mais celui-ci lui explique la situation et réussit à la rassurer.

Rossini l'Italienne à Alger O come il cor di giubiloCliquez sur Lindoro

Taddeo entre, craignant d’être empalé, mais Mustafa le nomme grand « Kaïmakan », c’est-à-dire vice-gouverneur.

Rossini l'Italienne à Alger Ho un gran peso sulla testaCliquez sur Taddeo

Les femmes entrent. Isabella est invitée par Mustafa à prendre le café, mais elle se débrouille pour ne pas rester en tête à tête avec Mustafa. Elle invite même Elvira à ce rendez-vous qu’il aurait voulu galant. (Air de Mustapha : « le femmine d’Italia ».)

Rossini l'Italienne à Alger le femmine d'ItaliaCliquez sur l’image

Elle remercie Mustafa du titre de Kaïmakan donné à Taddeo. Lindoro et Isabella s’apprêtent à rire du spectacle que vont donner Mustafa et Taddeo. Ils veulent nommer Mustafa Pappataci (soit : Mange et tais-toi !), lors d’une cérémonie où Mustapha et Taddeo sont priés de manger, boire et dormir en gardant le silence. Les Italiens captifs entrent en scène, et Isabella leur redonne du courage (Air : « Pensa alla Patria »).

Rossini l'Italienne à Alger Pensa alla PatriaCliquez sur l’image

Profitant que les gardes de Mustafa sont assommés par l’alcool distribué pendant la cérémonie, les Italiens prennent la fuite. Resté seul, Mustapha doit se résoudre à rejoindre sa femme Elvira, renonçant aux belles Italiennes.