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LE COURONNEMENT DE POPPÉE

Aujourd’hui, retour aux sources de l’opéra avec Le Couronnement de Poppée (L’incoronazione di Poppea), de MONTEVERDI.

Drame musical de Monteverdi créé début 1643 à Venise, l’année de la mort de Monteverdi. L’argument en est tiré des œuvres de TACITE.

Prologue : La Fortune et la Vertu se disputent la suprématie sur les humains. L’Amour les départage, c’est lui qui règne sur le cœur des hommes. Il en donne pour exemple l’histoire de Néron et Poppée.

monteverdi couronnement de Poppée prologueCliquez sur l’image

Acte I : En arrivant chez son amante Poppée (Air : Apri un balcon, Poppea), Othon découvre des gardes de Néron devant sa porte. Il comprend que Néron et Poppée ont passé la nuit ensemble. Les gardes de Néron, se réveillant, se plaignent de l’inconséquence de Néron qui néglige les affaires de l’État pour ses amours avec Poppée. Arrivent Poppée et Néron. Néron, qui ne peut dévoiler son amour pour Poppée tant qu’il n’a pas répudié sa femme Octavie voudrait partir, mais a du mal à résister aux séductions de Poppée.

Poppée restée seule chante son espoir, mais sa nourrice Arnalta lui dit qu’Octavie a découvert que Néron la trompe, et la prévient contre l’amour et les fantaisies de l’empereur.

monteverdi couronnement de Poppée speranza tu mi vaiCliquez sur Octavie

Octavie est furieuse contre Néron et se plaint du sort des femmes rendues malheureuses par les hommes (Air : Disprezzata Regina). Sa nourrice lui conseille de prendre un amant pour se venger, mais elle refuse noblement. Sénèque, le philosophe, lui montre ce que son infortune lui fait gagner en vertu. Valetto, le serviteur d’Octavie, s’indigne de ce discours spécieux et le menace. Resté seul, Sénèque médite. Le pouvoir n’apporte pas le bonheur aux rois.

La déesse Athéna apparaît à Sénèque, et lui prédit sa mort prochaine. Néron annonce à Sénèque sa volonté de répudier Octavie pour épouser Poppée. Sénèque argumente contre ce projet, provoquant la fureur de Néron. Puis Néron annonce à la lascive Poppée sa volonté de se marier avec elle. Poppée lui fait remarquer que Sénèque risque de s’opposer à ce projet. La fureur de Néron reprend, et il condamne Sénèque à mort.

Othon vient faire des reproches à Poppée, qui lui répond que c’est de sa faute s’il n’a pas su se faire aimer, et qu’elle appartient désormais à Néron. Poppée partie, Othon envisage de la tuer. Drusilla, amoureuse d’Othon, le rejoint, mais constate que Poppée occupe toujours ses pensées. Othon la détrompe et lui offre son cœur.

Acte II : Sénèque médite quand un envoyé d’Athéna lui annonce sa mort prochaine. Un envoyé de Néron entre et l’informe de sa condamnation. Sénèque annonce donc à ses amis qu’il va mourir, ce qui pour lui est la délivrance de l’âme (Air : Amici, è giunta l’ora). Ses amis épicuriens lui opposent la joie d’être vivant (Chœur : Non morir, Seneca).

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque

Néron se réjouit avec son ami Lucain d’être débarrassé de Sénèque. Othon qui avait pensé tuer Poppée a abandonné cette idée, mais Octavie lui demande de se déguiser en femme pour approcher Poppée et la tuer. S’il ne s’exécute pas, elle l’accusera auprès de Néron d’avoir tenté de la violer. Othon va alors voir Drusilla, tout heureuse de l’avoir reconquis. Elle accepte de prêter ses vêtements à Othon.

Poppée, avec sa nourrice, se prépare pour la nuit. Elle appelle l’Amour à favoriser ses plans. La nourrice lui chante une berceuse.

monteverdi couronnement de Poppée oblivion soaveCliquez sur l’image

Amour vient veiller sur le sommeil de Poppée et quand Othon arrive pour la tuer, Amour retient son bras et la protège. Othon s’enfuit, mais Poppée et Arnalta reconnaissent Drusilla. Amour veut que Poppée devienne impératrice.

Acte III : Drusilla se réjouit : grâce au meurtre de sa rivale, Othon sera à elle, mais on vient l’arrêter. Néron interroge Drusilla, qui garde le silence sur son geste pour ne pas trahir Othon. Othon arrive et s’accuse de la tentative de meurtre sur Pompée, sur l’ordre d’Octavie. Drusilla maintient que c’est elle la coupable. Ému, Néron lève la sentence de mort et condamne Othon à l’exil. Drusilla demande à partager son exil. Néron en profite pour exiler Octavie aussi. Poppée et Néron chantent leur joie d’être libres de se marier. Arnalta se réjouit de voir sa maîtresse monter sur le trône, car elle la suivra dans cette élévation. Octavie fait ses adieux à Rome et à ses amis (Ah, adio Roma). Néron couronne Poppée en tant qu’épouse et impératrice, devant le sénat rassemblé (Chœur + duo : Pur ti miro).

monteverdi couronnement de Poppée pur ti miroCliquez sur Néron et Poppée

 

Mes opéras préférés

SIEGFRIED, de WAGNER

Voici déjà quelques temps que j’ai laissé la Walkyrie sur son rocher, endormie par son père Wotan, le dieu en chef, en attendant qu’un homme « qui ne connaît pas la peur » vienne la réveiller. Voici donc la suite de l’histoire.

Deuxième pièce de la trilogie avec prologue l’Anneau du Niebelung, Wagner interrompt longuement la composition en 1857 pour se consacrer à Tristan & Isolde et aux Maîtres chanteurs de Nüremberg. Il ne se remet à Siegfried qu’en 1869 et le termine en 1871. Siegfried est créé à Bayreuth en 1876, avec l’ensemble de la tétralogie.

Arrivé à cet endroit de votre lecture, vous devez vous demander s’il faut dire trilogie ou tétralogie. Je reviendrai un jour sur ce sujet, mais pour l’instant imaginez simplement que vous êtes en présence du Seigneur des anneaux de Tolkien (une trilogie) et de Bilbo le Hobbit (un prologue).

Acte I : Dans la forêt, Mime qui a recueilli Siegfried, l’enfant né de l’union incestueuse entre Siegmund et Sieglinde, s’escrime à forger une épée pour le jeune Siegfried. Mais c’est peine perdue, Siegfried casse toutes les épées qu’il forge pour lui. Siegfried revient. Il a capturé un ours qu’il envoie « taquiner » Mime. Mime lui raconte tout ce qu’il a fait pour lui depuis que, « marmot vagissant », il l’a recueilli et élevé. Justement, Siegfried veut savoir qui il est, d’où il vient, qui sont ses parents… Mime finit par lui raconter l’histoire de Siegmund et Sieglinde, et lui parle de Nothung, l’épée brisée de son père. Siegfried demande à Mime de réparer Nothung, et repart dans la forêt.

Wotan, déguisé en voyageur, vient voir Mime. Il lui propose un marché, il répondra à trois questions que lui posera Mime, et en échange, il lui posera trois questions. Celui des deux qui ne saura pas répondre aux trois questions mettra sa tête en gage. Mime demande au voyageur qui habite les entrailles de la terre, la crête des montagnes, et les hauteurs célestes (cf. Rheingold, l’Or du Rhin), ce à quoi Wotan répond facilement. À son tour, Wotan pose ses questions. Les deux premières sont faciles, mais à la troisième, « qui saura reforger l’épée ? » Mime ne sait pas répondre. Wotan lui apprend avant de repartir que seul celui qui ne connaît pas la peur pourra reforger l’épée.

Siegfried rentre de la forêt. Il demande des nouvelles de Nothung, et Mime est obligé de lui avouer qu’il ne réussit pas à la reforger. Il lui dit qu’il le laissera partir lorsqu’il connaîtra la peur, et il lui parle de Fafner qui est susceptible de lui faire connaître cette peur. Siegfried se met alors en tête de reforger l’épée, puis d’aller voir Fafner pour connaître la peur et être libéré de Mime. Et le voilà qui lime, qui forge, qui actionne le soufflet, qui forge (Air : Souffle soufflet).  Pendant que Siegfried s’active sur la forge, Mime prépare à la cuisine un poison qui lui permettra de tuer Siegfried une fois Fafner vaincu et de s’emparer ainsi du trésor des Niebelungen.

wagner siegfried scène de la forgeCliquez sur l’image

Acte II : Au fond de la forêt, devant la grotte où Fafner garde l’Or du Niebelung, Alberich et le voyageur se rencontrent. Wotan réveille Fafner pour le prévenir de l’arrivée de Siegfried, mais celui-ci ne lui prête pas attention et se rendort. Siegfried arrive, guidé par Mime, effrayé. Il renvoie Mime pour rester seul et médite. Il entend le chant d’un oiseau sur une branche, et se demande ce que peut signifier son chant.

wagner siegfried murmures de la forêtCliquez sur Siegfried

Il essaie d’imiter le chant de l’oiseau avec son cor, mais le seul résultat qu’il obtient est de réveiller le géant Fafner, métamorphosé en dragon, qui l’attaque. Siegfried se sert alors de Nothung pour tuer le dragon.

Wagner siegfried tue le dragonCliquez sur Siegfried

Une goutte du sang lui touche la main. Alors qu’il se lèche la main pour nettoyer le sang, il acquiert le pouvoir de comprendre l’oiseau, qui lui parle du trésor et du heaume magique cachés dans la grotte. Siegfried entre alors pour les chercher, pendant que Mime et Alberich se disputent leur victime. Mais quand Siegfried ressort de la caverne, ils prennent peur et s’éclipsent discrètement. L’oiseau reprend son chant, et prévient Siegfried des intentions de Mime. Ainsi quand celui-ci vient lui offrir à boire, Siegfried le tue. L’oiseau lui parle alors de la présence de Brünnhilde, endormie sur son rocher, protégée par un cercle de feu. Siegfried part à sa recherche.

Acte III : Wotan vient demander conseil à Erda, déesse de la terre et source du savoir. Mais celle-ci ne voit pas tout, et il apparaît évident à Wotan que la fin des dieux qu’elle lui a prophétisée est inéluctable. Il cherche à léguer son pouvoir à Siegfried pour faire cesser la malédiction de l’anneau d’Albérich. Siegfried arrive, guidé par l’oiseau. Il demande à Wotan le chemin du rocher, mais Wotan tente de s’interposer. Siegfried brise alors la lance de Wotan avec Nothung, son épée. C’est le début de la fin du règne des dieux.

Siegfried se dirige alors vers le cercle de feu où Brünnhilde dort sur son rocher et le franchit sans peine. Là, retirant le casque et l’armure du guerrier allongé, il découvre une femme (Es ist kein Mann !). Intimidé, il finit par la réveiller d’un baiser. Brünnhilde salue alors le soleil, mais commence par résister à Siegfried. Puis elle finit par céder, et Brünnhilde devient une mortelle, amoureuse d’un humain. L’opéra se termine par leur duo d’amour.

wagner siegfried scène finaleCliquez sur le Festspielhaus

Retrouvez la suite dans le Crépuscule des dieux.

 

Mes opéras préférés

LADY MACBETH DE MZENSK

Lady Macbeth de Mzensk est un opéra de CHOSTAKOVITCH créé en 1934. Écrit d’après un roman de LESKOV datant de 1865, il se passe dans une ville de province russe où l’héroïne, Katerina, s’ennuie. (Le roman Madame Bovary de FLAUBERT est paru en 1857.) L’œuvre a été jouée avec succès pendant deux ans, avant que STALINE ne l’entende début 1936, qualifie cette musique de « chaos musical » et ne l’interdise. Il faudra attendre 1962 pour que cette interdiction soit levée.

Stylistiquement, on entend des influences mahlériennes dans la superbe orchestration, et on retrouve des rythmes entendus chez PROKOFIEV dans la rythmique. Pour l’aspect dramatique, l’influence de JANACEK est forte avec ses opéras Katia Kabanovna ou Souvenirs de la maison des morts (pour l’acte IV).

Acte I : Katerina, mal mariée avec le fils de Boris, le propriétaire de l’abattoir industriel de la ville, s’ennuie ferme. Elle dit à son beau-père qui la presse de faire un enfant que son mari, Zinovy, n’est pas capable de lui en faire un. Comme celui-ci doit quitter l’usine quelque temps, le beau-père fait promettre à Katerina de rester fidèle. Un nouvel ouvrier, Sergueï, est embauché à l’abattoir, précédé d’une réputation de grand séducteur.

Les ouvriers s’en prennent à la servante Aksinia. Katerina intervient et leur fait des reproches. Sergueï la met au défi de se battre contre lui, mais elle perd très vite. Comme le beau-père arrive, elle invente une histoire pour se disculper, ainsi que Sergueï.

Chostakovitch lady Macbeth acte I serguei katerinaCliquez sur Katerina et Sergueï

Le soir, Katerina chante sa frustration, seule dans sa chambre. Sergueï, arrive, prétextant vouloir emprunter un livre, mais ses motivations sont évidentes, et très vite Katerina succombe à ses avances.

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur l’image

Acte II : Boris victime d’insomnie se rappelle sa jeunesse fougueuse. Quand il voit Sergueï sortir de la chambre de sa belle-fille, il alerte tout le monde. Sergueï est attrapé et Boris lui donne le fouet avant de le faire enfermer. Puis, satisfait, il demande à Katerina de lui préparer son repas. Ulcérée par la scène qu’elle vient de vivre, elle met de la mort-aux-rats dans son repas. Boris est pris de souffrances atroces, mais Katerina les ignore et lui prend les clés de l’entrepôt où est enfermé Sergueï.

Le lendemain, les ouvriers trouvent Boris mourant et vont chercher le pope. Boris dit qu’il a été empoisonné par sa belle-fille, mais le pope l’ignore.

Sergueï passe la nuit avec Katerina. Il est inquiet du retour de Zinovy, mais Katerina le rassure, lui disant qu’il sera bientôt son mari. Elle est quand même hantée par le fantôme de Boris qu’elle voir revenir toutes les nuits. Zinovy rentre à l’improviste et Sergueï se cache, mais le mari trouvant sa ceinture bat Katerina avec. Zinovy sort de sa cachette et pendant qu’il l’immobilise le mari, Katerina étrangle son mari.

Chostakovitch lady Macbeth acte IICliquez sur l’image

Acte III : Zinovy, dont le corps a été caché, est considéré comme disparu. On va célébrer les noces de Katerina et Sergueï. Un numéro de cabaret est prévu pour les réjouissances, numéro présenté par le balourd miteux (sic). Alors que tout le monde se réjouit, Katerina a le pressentiment qu’on va trouver le cadavre de Zinovy. Elle prévient Sergueï qu’il est temps de fuir, mais celui-ci a du mal à abandonner les richesses acquises lors de son mariage avec Katerina. Quand la police arrive, il est trop tard, et Katerina avoue. Les deux amants sont arrêtés.

Acte IV : Katerina et Sergueï font partie d’un convoi de détenus en route vers le camp pénitentiaire. Sergueï renie Katerina à qui il fait porter la faute de sa déchéance. Il s’occupe d’une autre prisonnière, qui lui demande une paire de bas chauds. Sergueï va alors demander à Katerina sa paire de bas, disant que c’est pour lui, mais dès qu’il les a, il va les offrir à l’autre prisonnière, qui vient la remercier. Ulcérée, Katerina la pousse dans le fleuve avant de s’y jeter elle-même.

Chostakovitch lady Macbeth acte 4Cliquez sur l’image

 

Mes opéras préférés

MANON de MASSENET (1883)

Manon est, avec Werther, un des opéras les plus populaires de MASSENET. Il lui donne l’occasion de déployer son génie lyrique avec des airs comme « Adieu notre petite table » et « Ah fuyez douce image » ou les duos Nous vivrons tous les deux ou « N’est-ce plus ma main que cette main presse ».

Écrite sur un livret d’Henry Meilhac entre 1881 et 1883, l’œuvre est créée en 1884 à l’Opéra-Comique. Elle est tirée du roman de l’Abbé Prévost La véritable histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut paru en 1731. Cet opéra a connu le succès dès sa création. Ce roman avait déjà était adapté par SCRIBE pour D.F.E. AUBER en 1856, et le sera encore par PUCCINI en 1893.

Acte I : Dans la cour d’une hostellerie, le vieux Guillot et Brétigny appellent l’hôtelier pour festoyer avec trois jeunes galantes. Pendant ce temps, Lescaut, un soldat, attend sa cousine Manon pour la conduire au couvent. Le coche arrive et les passagers descendent, se plaignant des désagréments du voyage. Manon paraît et Lescaut et Manon font connaissance.

massenet manon je suis encore tout étourdieCliquez sur Manon

Puis Guillot, voyant la jeune fille, cherche à la séduire. Restée seule, Manon, songeuse, compare la vie de luxe et de plaisir des trois jeunes femmes et la vie austère qui l’attend au couvent (Air : « Voyons, Manon, plus de chimère »). Arrive le chevalier des Grieux. Au premier regard, il tombe amoureux de Manon, qui elle tombe sous le charme de des Grieux. Des Grieux convainc Manon de le suivre à Paris (Duo : « Nous vivrons à Paris tous les deux »). Quand Lescaut et Guillot reviennent, Manon est partie.

Acte II : Des Grieux et Manon sont installés dans une chambre à Paris. Des Grieux écrit une lettre à son père où il lui demande l’autorisation d’épouser sa fille. Ils la lisent ensemble (Duo : On l’appelle Manon).

massenet manon acte IICliquez sur l’image

Lescaut arrive pour sauver l’honneur de sa famille, accompagné de Brétigny habillé en soldat. Celui-ci prévient Manon que le père de des Grieux veut faire enlever son fils (Quatuor). Si elle laisse faire cet enlèvement, il veillera à ce qu’elle vive toujours dans le luxe. Manon cède. Restée seule, elle dit adieu à leur bonheur passé (Air : « Adieu, notre petite table »).

massenet manon adieu notre petite tableCliquez sur Manon

À son retour, des Grieux évoque le bonheur de vivre avec Manon (Air : en fermant les yeux…). On frappe à la porte. Des Grieux va ouvrir, et il est enlevé.

Acte III : Lors d’une fête au Cours-la-Reine, Lescaut dépense sans compter pour la femme qu’il aime (Air : À quoi bon l’économie). Les « élégantes » paraissent, parmi lesquelles Manon au bras de Brétigny, son nouvel amant (Airs : Je marche sur tous les chemins, suivi de Profitons bien de la jeunesse).

massenet manon je marche sur tous les cheminsCliquez sur Manon

Une conversation surprise entre Brétigny et le comte des Grieux lui apprend que le chevalier veut entrer au séminaire de Saint-Sulpice. Manon cherche à savoir auprès de des Grieux si son fils pense encore à elle. Guillot, qui espère toujours séduire Manon, fait venir à la fête le ballet de l’Opéra, mais Manon décide de partir chercher le chevalier à Saint-Sulpice, persuadée qu’il ne peut l’avoir oubliée.

À Saint-Sulpice, où l’abbé des Grieux est devenu la coqueluche de ces dames par ses sermons, le comte essaye de dissuader son fils de prononcer ses vœux, mais en vain (Air : Épouse quelque belle fille). Pourtant, sa prière montre qu’il doit lutter contre le souvenir de Manon.

massenet manon ah fuyez douce imageCliquez sur des Grieux

L’arrivée de Manon, qui vient lui demander pardon, le trouble. Il cherche à résister, mais finit par céder devant son charme (Air : N’est-ce plus ma main).

Acte IV : À l’hôtel de Transylvanie, on se livre au jeu et aux plaisirs. Manon arrive avec son chevalier et le pousse à jouer, pour regagner sa fortune dilapidée. Il se laisse entraîner et pendant qu’il joue, Manon chante son amour de l’or et de la vie (Air et trio : À nous les amours et les roses). Il réussit à gagner une très grosse somme contre Guillot qui, jaloux, l’accuse d’avoir triché. La police arrive et arrête Manon et des Grieux. Son père intervient pour faire relâcher des Grieux, mais Manon est condamnée à la déportation.

Acte V : Sur la route du Havre, des Grieux et Lescaut attendent le convoi des déportées (Air : Manon, pauvre Manon). Lescaut soudoie un sergent pour que Manon et des Grieux puissent rester un moment seuls. Manon s’accuse d’avoir gâché leur amour et implore le pardon du chevalier. Des Grieux cherche à la rassurer, mais Manon est trop épuisée pour fuir avec lui et meurt dans ses bras (reprise lacrymogène de l’air : N’est-ce plus ma main que cette main presse).

massenet manon final acte 5Cliquez sur l’image

 

 

Mes opéras préférés

LA DAME DE PIQUE de TCHAÏKOVSKI

La Dame de pique est un opéra de TCHAÏKOVSKI composé sur un livret de son frère Modeste d’après une nouvelle de POUCHKINE, et créé à Saint-Pétersbourg en 1890. C’est avec Eugène Onéguine un des deux plus connus de ce compositeur, et on y retrouve sa francophonie, notamment avec le chœur d’enfants introductif et avec le personnage de la Comtesse qui se rappelle sa jeunesse à Paris.

 Acte I : Le rideau se lève à Saint-Pétersbourg, au parc où les gouvernantes emmènent les enfants. On voit ceux-ci jouer les petits soldats, comme dans Carmen de BIZET que Tchaïkovski révérait. Sourine et Tchékalinski parlent de leur ami Herrmann. Celui-ci, taciturne, passe ses nuits dans les cercles de jeu, mais sans toucher aux cartes. Herrmann se confie à Tomski : il est amoureux d’une belle et riche inconnue.

Le Prince Eletski se joint à ses amis pour annoncer son mariage. Tout le monde s’en réjouit, sauf Herrmann tout à son désespoir. Alors que Lisa approche avec sa grand-mère, la comtesse, Herrmann reconnaît en Lisa sa belle inconnue. L’air sombre de Herrmann fait peur aux deux femmes qui l’ont déjà remarqué tournant autour d’elles. Tomski raconte une anecdote sur la comtesse. Dans sa jeunesse, elle avait perdu sa fortune au jeu à Paris. En échange d’un rendez-vous galant avec le comte de Saint-Germain, elle avait obtenu le secret de trois cartes gagnantes, qui lui avaient permis de regagner sa fortune. Sourine et Tchékalinski, par plaisanterie, proposent à Herrmann d’obtenir ce secret, mais Herrmann, lui, ne pense qu’à obtenir l’amour de Lisa. L’orage se déchaîne sur le parc.

Dans son salon, Lisa fait de la musique avec ses amies (Duo).

dame de pique duo lisa paulineCliquez sur l’image

Son amie Pauline chante une chanson mélancolique, puis pour consoler Lisa, un air populaire russe que toutes reprennent en chœur. La gouvernante vient les gronder de la part de la Grand-Mère, disant que c’est l’heure d’aller se coucher. Restée seule dans sa chambre, Lisa confie son chagrin à la nuit. Elle n’aime pas Eletski, c’est vers Herrmann que vont ses pensées. Herrmann apparaît à la fenêtre et lui confie son amour, et son souhait de mourir maintenant qu’il sait qu’elle va se marier avec un autre. Il se cache lorsque la comtesse vient dire à Lisa qu’il est l’heure de se coucher, mais en la voyant, il se rappelle le secret des trois cartes de la comtesse. Il renonce à la mort à laquelle il aspirait pour s’en emparer. Quand ils sont à nouveau seuls, il supplie Lisa qui finit par céder et se donne à lui.

 Acte II : Lors d’un bal, le Prince Eletski s’étonne de la froideur de sa fiancée. Déclarant son amour dans un air plein de noblesse, il dit à Lisa que si elle ne l’aime pas, il est prêt à renoncer à elle pour assurer son bonheur.

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Herrmann paraît, obsédé par le secret des trois cartes. Sourine et Tchékalinski poursuivent leurs plaisanteries au sujet des trois cartes de la comtesse.

Suit une très mozartienne pastorale sur le thème de l’amour triomphant de la richesse. Quand Herrmann se trouve face à face avec la comtesse, l’idée des richesses qu’il pourrait obtenir avec les trois cartes le hante.

dame de pique pastoraleCliquez sur l’image

Lisa lui confie une clé qui lui permettra de la rejoindre la nuit dans sa chambre, en passant par celle de sa grand-mère. Il accepte le rendez-vous de Lisa, mais c’est bien le secret de la comtesse qu’il compte ravir.

Herrmann pénètre dans la chambre de la comtesse. Entendant des bruits de pas, il se cache et la vieille dame entre avec ses suivantes. Se remémorant sa jeunesse, elle évoque les réceptions auxquelles elle allait à Paris. (Air de Grétry qui personnellement m’émeut toujours : « Je crains de lui parler la nuit ».)

dame de pique comtesseCliquez sur l’image

Comme elle s’assoupit, elle voit Herrmann se dresser devant elle, qui la menace et lui demande de révéler son secret. Terrifiée, elle meurt sans parler. Lisa entre alors et réalise que ce n’est pas pour elle que Herrmann est venu, mais pour le secret de sa grand-mère.

Acte III : Après un prologue orchestral, le rideau s’ouvre sur Herrmann lisant une lettre de Lisa, qui lui donne rendez-vous à la nuit pour lui permettre de se disculper de la mort de sa grand-mère. Dans un demi-sommeil, Herrmann revit les événements de la nuit précédente, il croit entendre un requiem, il veut fuir, mais le spectre de la comtesse se dresse devant lui et lui donne la formule des cartes : le trois, le sept, l’as, en lui demandant d’épouser Lisa.

Lisa, qui attend Herrmann, veut croire à son innocence (grand air de Lisa).

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Quand il arrive enfin, il répète machinalement les mots d’amour que Lisa lui dit. Il est obsédé par l’idée d’aller à la salle de jeu. Finalement, tout à son obsession, il repousse Lisa qu’il ne reconnaît même plus. Désespérée, celle-ci va se jeter dans la Neva.

Le prince Eletski arrive au cercle de jeu. Il déclare aux joueurs qui s’étonnent de sa présence qu’il a perdu sa fiancée et qu’il vient pour se venger. Après une chanson légère de Tomski et un chœur des joueurs, le jeu peut commencer. Herrmann arrive et mise sur les cartes révélées par la comtesse et gagne sur les deux premières. Il remet tous ses gains en jeu sur la troisième carte, et le prince Eletski relève le défi. Herrmann joue donc l’as, mais c’est la Dame de Pique qui sort. Regardant cette carte funeste, il croit voir le visage ricanant de la comtesse. Il se suicide et, en mourant, demande pardon au prince. Il croit voir Lisa, implore son amour, et meurt.

 

Mes opéras préférés

LES CONTES d’HOFFMANN d’OFFENBACH

En ce jour anniversaire des deux cents ans d’Offenbach, j’ai voulu lui rendre hommage au travers de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

Auteur connu pour ses opéras-bouffes ou opérettes, OFFENBACH souffrait de cette étiquette de « Mozart de l’opérette » qu’on lui avait attribuée. Quand le librettiste Jules Barbier lui propose le livret des Contes d’Hoffmann, il voit là l’occasion de se faire reconnaître comme compositeur « sérieux ». Malheureusement, il meurt quelques mois avant la création de son œuvre en 1881, et ne peut donc pas goûter à son succès.

Les Contes d’Hoffmann, donc, sont une adaptation de contes fantastiques de l’auteur allemand E.T.A. Hoffmann.

Prologue : La muse de la poésie veut s’accaparer le poète Hoffmann. Pour parvenir à ses fins, elle prend les traits de son ami Nicklausse. La cantatrice Stella qui interprète le Don Giovanni de Mozart envoie une lettre avec la clé de sa loge à Hoffmann, pour qu’il vienne la voir après le spectacle. Le conseiller Lindorf, trouvant la lettre et la clé, veut aller dans la loge à la place d’Hoffmann. À l’entracte, Hoffmann arrive dans une taverne où, après qu’il eut chanté la chanson humoristique de Kleinzach, des étudiants le pressent de raconter ses trois histoires d’amour.

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Acte I : À Paris. L’inventeur Spalanzani espère que son invention, une poupée mécanique nommée Olympia, lui rapportera suffisamment d’argent pour régler ses dettes. Hoffmann, qui a aperçu Olympia, en est tombé amoureux. Il veut la rencontrer. Coppélius apparaît. C’est lui qui a fourni les yeux de la poupée, et il vient se faire payer. Il vend à Hoffmann une paire de lunettes magiques qui lui font voir Olympia comme une vraie femme. Spalanzani paye Coppélius avec une traite sans provision. Puis il présente sa « fille » à ses invités. Tous sont éblouis (Chœur : Elle a des yeux, de très beaux yeux). Alors que Hoffmann, qui a déclaré son amour à Olympia, danse avec elle, le mécanisme de la poupée se dérègle, entraînant le couple dans une valse endiablée. Il tombe et brise ses lunettes. Cochenille, l’assistant de Coppélius apparaît : Coppélius a cassé la poupée pour se venger. Ses lunettes brisées, Hoffmann se rend compte qu’il ne s’agissait que d’un automate.

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Acte II : À Munich. Le conseiller Crespel cherche à éloigner sa fille Antonia et Hoffmann. (Air : C’est une chanson d’amour). Antonia est douée d’une voix exceptionnelle mais, malade, elle se rapproche de la mort chaque fois qu’elle chante. Elle tient son don (et son mal) de sa mère, une célèbre cantatrice. Hoffmann la pousse à poursuivre sa carrière de cantatrice. Le docteur Miracle vient proposer ses services à Crespel. Caché, Hoffmann entend de quel mal souffre Antonia. Resté seul avec elle, il lui fait promettre de renoncer à chanter. Le docteur Miracle revient auprès d’Antonia, et par des moyens magiques, fait revivre la mère d’Antonia pour la convaincre de chanter encore. Antonia entonne une dernière fois son chant et s’effondre dans les bras de son père.

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Acte III : À Venise. (Barcarolle : belle nuit) Lors d’une fête chez Giulietta, à Venise, Hoffmann déclare renoncer à l’amour. Dapertutto promet à Giulietta un diamant si elle réussit à lui obtenir le reflet d’Hoffmann, comme elle lui a donné l’ombre de Schlémil, une autre de ses victimes.  Hoffmann se laisse séduire par Giulietta. Incapable de la quitter, il se bat en duel avec Schlémil et le tue. Giulietta se moque de lui. Hoffmann veut rester, mais, horrifié, il se rend compte qu’il a perdu son reflet. Il tue Giulietta. Nicklausse le pousse à quitter Venise.

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Épilogue : Hoffmann est épuisé par l’évocation de ses souvenirs de jeunesse. Il explique que les trois femmes représentent les trois facettes d’une même personne, la cantatrice Stella. La diva apparaît, mais devant l’ivresse d’Hoffmann, elle part au bras de Lindorf. Restés seuls, Nicklausse se dévoile. La muse décide Hoffmann à ne plus se consacrer qu’à elle.

Mes opéras préférés

LE BARBIER DE SÉVILLE de ROSSINI

Le Barbier de Séville est probablement l’opéra le plus connu de ROSSINI (1792 – 1868). Créé en 1816 dans des conditions difficiles (la première a été catastrophique), il n’a pas tardé à trouver sa place au répertoire.

Le livret est bâti sur une adaptation de la pièce éponyme de BEAUMARCHAIS, et l’œuvre contient de très belles pages lyriques, à commencer par la célèbre ouverture.

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Acte I : Le comte Almaviva veut donner une sérénade sous la fenêtre de Rosine, la pupille du docteur Bartolo (Ecco ridente in cielo). La belle ne paraît pas et Almaviva reste seul quand arrive Figaro, ancien domestique du comte devenu barbier de Bartolo. Figaro chante les avantages qu’il a à être l’homme à tout faire (le factotum) de toute la ville (Largo al factotum).

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Rosine apparaît enfin à son balcon et laisse tomber un petit mot encourageant Almaviva à continuer de faire sa cour. À Bartolo méfiant, elle dit que c’est la musique d’un opéra à la mode : La Précaution inutile (La Précaution inutile était le sous-titre de la pièce originale de Beaumarchais.) Comme Bartolo sort, Almaviva, se faisant passer pour Lindoro, un étudiant désargenté, reprend sa sérénade. Figaro lui conseille de se déguiser en officier titulaire d’un billet de logement pour entrer chez Bartolo.

Dans sa maison, Rosine chante son amour nouveau pour Lindoro (Una voce poco fa).

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Basile, le maître de musique de Bartolo vient prévenir celui-ci de la présence en ville d’Almaviva. Il lui dit qu’il va le calomnier pour le déconsidérer. (La calunnia é un venticello). (Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.)

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Ils sortent pour préparer le contrat de mariage entre Bartolo et sa pupille, mais Figaro qui était caché a tout entendu. Il prévient Rosine, qui lui confie un billet pour Almaviva/Lindoro quand Bartolo revient, toujours soupçonneux.

Almaviva arrive, déguisé en soldat ivre. Une dispute commence entre les deux hommes, et le comte profite de la colère de Bartolo pour glisser un billet à Rosine. Les voisins attirés par le bruit arrivent à leur tour, et l’acte se termine par un de ces chahuts ébouriffants dont Rossini avait le secret.

Acte II : Almaviva est de retour chez Bartolo. Cette fois, il se fait passer pour Don Alonso, l’assistant de Basile qui vient donner sa leçon de musique à Rosine à la place de son maître malade. Bartolo reste méfiant, mais Rosine qui a reconnu Lindoro peut répondre à son amour (Contro un cor).

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Figaro arrive pour raser Bartolo, et détourner son attention pendant la rencontre de Rosine et Almaviva. Il subtilise la clé de la fenêtre de Rosine pour pouvoir revenir l’enlever de nuit.

Basile survient, surprenant Bartolo qui le croyait malade, Figaro et Almaviva le convainquent de jouer les malades moyennant une bourse bien garnie (Buena serra). Le comte prévient Rosine de se tenir prête à minuit, mais Bartolo surprend leur manège et chasse Don Alonso. Il demande à Basile d’aller chercher le notaire pour avancer le mariage. Il se sert du petit mot d’amour qu’il avait récupéré pour montrer à Rosine qu’Almaviva se joue d’elle. Furieuse celle-ci se décide à épouser son tuteur pour se venger et lui révèle qu’on doit venir l’enlever cette nuit même.

À la nuit tombée, Figaro et le comte s’introduisent dans la maison. Rosine repousse Lindoro, mais celui-ci révèle sa véritable identité. Le malentendu se dissipe et les deux amoureux se réconcilient. Quand le notaire arrive avec le contrat de mariage, l’astucieux Figaro se débrouille pour faire marier Rosine et Almaviva, avec Basile comme témoin. Quand Bartolo arrive, il est trop tard. Almaviva dévoile son identité et tout se termine bien pour (presque) tout le monde dans un sextuor et chœur final : Di si felice innesto.

Bonus : En complément, voici une version alternative de l’ouverture, qui aura évidemment sa place dans le billet  » L’humour en musique « , si je me décide un jour à le publier.

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