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LA FORCE DU DESTIN (LA FORZA DEL DESTINO)

En 1859 Giuseppe VERDI, pris par la politique (il était entré au parlement italien), arrête la composition musicale. Mais fin 1860, il reçoit une commande du théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg. Ce sera La Force du destin (La Forza del destino), opéra créé en 1862. Par rapport à cette version russe, la version la plus jouée aujourd’hui est le remaniement que Verdi en a fait pour les scènes italiennes en 1867. Si la Force du destin n’est pas l’œuvre la plus connue de Verdi, son ouverture est très célèbre.

Verdi La forza ouvertureCliquez sur la tour Eiffel

Suivant le classement de G.B.SHAW, nous sommes ici en présence d’une structure (S+T/B+B) puisqu’une Soprano (Léonora) et un Ténor (Alvaro) s’aiment et il y a les Barytons Basses (le père de Léonora, puis son frère) qui cherchent à les en empêcher.

Acte I : Dans son palais à Séville, le marquis de Calatrava demande à sa fille Léonora de ne plus penser à un étranger qui lui tourne autour, avant d’aller se coucher. Léonora est troublée, car elle compte fuir pendant la nuit avec l’étranger, Alvaro, et se marier en secret. Alvaro entre et la presse de partir, mais Léonora voudrait voir son père avant de partir. Ils chantent leur amour (Duo : seguirti fino agli ultimi).

Le marquis qui a entendu du bruit entre dans la chambre de sa fille et provoque Alvaro. Celui-ci jette son pistolet au sol, mais le coup part accidentellement et tue le marquis.

Acte II : Quelque temps plus tard, dans une auberge, Léonora est en fuite, déguisée en homme. Elle reconnaît parmi les hôtes son frère Carlos, à la recherche du couple fugitif. Une gitane captive l’assistance avec une chanson sur la guerre que doit mener l’Italie (Air : al suon del tamboro). Tout le monde s’agenouille pour prier quand un groupe de pèlerins passe.

Carlos presse l’aubergiste de questions sur l’identité d’un de ses hôtes, resté dans sa chambre. Il prétend être le camarade d’un certain Vargas, qu’il aide à poursuivre l’assassin de son père, en fuite avec sa sœur (Air Son Pereda, son ricco d’onore).

Verdi La forza Acte II Son PeredaCliquez sur l’image

Léonora qui a repris sa fuite arrive aux portes d’un couvent où elle demande asile. Le père supérieur lui permet de rester, déguisée en homme, mais elle ne doit recevoir aucune visite autre que la sienne (Air : La vergine degli Angeli).

Verdi La forza Acte II La Vergine degli AngeliCliquez sur l’image

Acte III : En Italie, Alvaro se bat contre l’oppresseur autrichien. Il se rappelle Léonora, qu’il croit morte (Air: Oh, tu che in seno agli angeli). Dans la bataille, il secourt un officier en danger. Il s’agit de Carlos, et les deux hommes se jurent une amitié à la vie à la mort (Amici in vita, in morte).

Alvaro, gravement blessé, demande à Carlos de brûler sans les lire les lettres qu’il porte sur lui si jamais il mourait (Duo: Solenne in quest’ora).

Verdi La forza Acte III Sollene in quest'oraCliquez sur l’image

Carlos lui propose la décoration de l’ordre de Calatrava, ce qu’Alvaro refuse, éveillant ainsi ses soupçons. Quand il découvre un médaillon représentant sa sœur Léonora dans la poche d’Alvaro, Carlos exulte, il a enfin retrouvé son ennemi. Il faut qu’Alvaro vive pour qu’il puisse le tuer de ses propres mains.

Une fois Alvaro guéri, Carlos le provoque en duel. Alvaro proteste de son innocence, mais quand Carlos dit qu’il va aussi tuer Léonora, Alvaro sort son épée. On sépare les deux hommes et Alvaro part, à la recherche d’un monastère où il pourra finir ses jours.

Acte IV : Dans le couvent où Léonora vit en secret, le frère portier donne la soupe aux pauvres qui se présentent en louant la gentillesse de Frère Raffaello. Il s’agit d’Alvaro qui s’est réfugié là. Un étranger arrive qui demande à voir ce Frère Raffaello. C’est Carlos qui a retrouvé la trace d’Alvaro. Il le provoque en duel (duo Col sangue).

Dans sa retraite, Léonora prie pour retrouver sa sérénité que son amour pour Alvaro lui a fait perdre (Air: pace, pace, mio dio) quand elle entend le bruit d’un duel.

Verdi La forza Acte IV Pace, pace, mio dioCliquez sur l’image

Alvaro arrive et lui demande les derniers sacrements pour un mourant. Il la reconnaît sous son déguisement de moine, et indique son frère Carlos, mortellement blessé. Elle se dirige vers lui quand on entend un cri. Carlos, poursuivant sa vengeance jusqu’au bout, a poignardé sa sœur ! Alvaro maudit le ciel et le Père supérieur emmène Léonora. Les prières de Léonora mourante réussissent à le ramener au calme.

Mes opéras préférés

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX (GÖTTERDÄMMERUNG)

Troisième pièce de la trilogie avec prologue de WAGNER L’anneau du Niebelung, le Crépuscule des Dieux, terminé en 1874, est créé lors du premier Festival de Bayreuth en 1876.

J’avais donc laissé, à la fin de Siegfried, notre héros sur son rocher avec Brünnhilde qu’il vient de tirer du sommeil où Wotan l’avait plongée.

Prologue : Au lever du rideau, les Nornes, filles d’Erda, tressent les fils du destin. Elles rappellent le passé et commencent à voir l’avenir, quand la corde qu’elles tressent se rompt.

Le jour se lève sur le rocher de Brünnhilde et Siegfried. Siegfried s’apprête à partir pour de nouvelles aventures, et il donne l’Anneau à Brünnhilde, en gage de fidélité, avant de s’éloigner sur le Rhin.

Wagner Crépuscule voyage sur le RhinCliquez sur l’image

Acte I : Dans leur palais, Gunther, roi des Burgondes et sa sœur Gutrune discutent avec leur demi-frère Hagen. Hagen dit qu’il connaît la femme qui conviendra à Gunther. C’est Brünnhilde, mais seul Siegfried est capable de franchir le cercle de feu qui la protège. Il se propose, par l’usage de filtres, de tromper Siegfried pour qu’il leur ramène Brünnhilde.

Siegfried descendant le Rhin arrive au palais. Il est accueilli par Gunther, qui lui fait boire un filtre d’oubli. À la demande de Gunther, Siegfried propose de l’accompagner jusqu’au rocher de la Walkyrie, où il pourra trouver une femme.

Waltraute, une des walkyries, vient voir sa sœur Brünnhilde sur son rocher. Elle lui donne des nouvelles de Wotan leur père, et du Walhalla. Depuis que Wotan est rentré avec sa lance brisée par Siegfried, il s’est retiré au Walhalla, refusant les pommes de Freia, qui empêchent les dieux de vieillir. Il envoie ses corbeaux en espion de par le monde. Waltraute supplie Brünnhilde de rendre l’Anneau aux Filles du Rhin pour faire cesser sa malédiction. Brünnhilde refuse de se séparer de ce cadeau de Siegfried et Waltraute s’en va, déçue.

Wagner Crépuscule Waltraute et BrunnhildeCliquez sur l’image

Siegfried revient. Il a revêtu le Tarnhelm, le heaume magique qui permet de prendre la forme que l’on veut (cf. L’Or du Rhin) et a pris l’apparence de Gunther. Il demande Brünnhilde comme épouse. Celle-ci refuse, mais Siegfried la force et lui prend l’Anneau.

Acte II : Hagen dort sur le bord du Rhin, en attendant le retour de Siegfried et Gunther. Alberich, son père, le réveille et le pousse à récupérer l’Anneau.

Wagner Crépuscule Schläfst du HagenCliquez sur le rideau de scène

Siegfried et Brünnhilde arrivent au palais. Hagen demande à ses hommes de s’armer pour préparer les noces de Brünnhilde et de Gunther.

Wagner Crépuscule Ihr GibischsmannenCliquez sur les Gibichsmannen

Brünnhilde, voyant Siegfried qui a repris sa forme normale porter l’Anneau comprend que c’est lui qui est venu l’enlever pour le compte de Gunther. Elle veut se venger. Devant sa colère, Hagen lui propose de tuer Siegfried. Brünnhilde révèle alors que le seul moyen de le tuer est de le frapper dans le dos, car le héros ne peut pas fuir devant un adversaire.

Acte III : Les filles du Rhin attendent le héros qui leur rendra l’or. Au loin, on entend le cor de Siegfried qui se rapproche. Quand il arrive près d’elles, elles lui réclament l’Anneau, évoquant sa malédiction. Siegfried se moque d’elles et garde l’Anneau.

Siegfried retrouve ses compagnons de chasse. Profitant d’une halte, il leur raconte sa jeunesse. Arrivé au moment que le philtre lui a fait oublier, Hagen lui en donne un autre, qui lui fait retrouver la mémoire. Il poursuit donc son histoire, comment il a trouvé Brünnhilde endormie sur un rocher entouré de feu, et comment il l’a réveillée d’un baiser. À ce moment, les corbeaux de Wotan passent dans le ciel. Siegfried les regarde, et Hagen en profite pour le frapper dans le dos. Siegfried meurt, se rappelant Brünnhilde. On pose son corps dans une barque pour le conduire au palais.

Dans le palais, Gutrune est inquiète. Hagen arrive, et lui annonce la mort de Siegfried, tué par un sanglier. Gutrune devine la vérité. Hagen avoue que c’est lui qui a frappé Siegfried. Il réclame l’Anneau. Gunther veut intervenir, mais Hagen le tue à son tour. Au moment où il s’approche du corps de Siegfried pour voler l’anneau, les mains du héros se dressent, et il recule. Brünnhilde paraît, triomphante. Elle annonce que sa vengeance est presque accomplie. Brünnhilde fait construire un bûcher où on dépose le cadavre de Siegfried. Elle chante les louanges de son héros, passe l’Anneau à son doigt, puis met le feu au bûcher. Elle demande aux corbeaux de Wotan d’annoncer à leur maître que la fin des dieux est proche, et saute dans le feu avec son cheval. À ce moment, le Rhin déborde et s’approche du bûcher. Les filles du Rhin récupèrent enfin leur bien. Hagen cherche à les en empêcher, mais elles l’entraînent dans les flots.

Wagner Crépuscule finalCliquez sur Brünnhilde

Voilà, il ne me restera plus qu’à vous raconter le début de l’histoire, avec l’Or du Rhin, et la tétralogie (autre nom de la trilogie avec prologue) sera terminée. Et puis peut-être un jour, parlerais-je des liens entre cette œuvre et le Seigneur des anneaux de TOLKIEN.

 

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IPHIGÉNIE EN TAURIDE

Tragédie-opéra de GLUCK créée en 1779 à l’académie royale de musique, c’est la dernière tragédie lyrique de Gluck. Il y a recyclé beaucoup d’airs de sa période italienne. Gluck avait déjà mis en scène Iphigénie dans son Iphigénie en Aulide, d’après RACINE, en 1774.

Iphigénie a été envoyée en Tauride par Diane, afin de la protéger d’un sacrifice voulu par son père Agamemnon, pour gagner la guerre de Troie. Quand l’œuvre commence, elle est donc en Tauride (pays imaginaire que l’on peut situer vers l’actuelle Crimée)  depuis quinze ans, sans nouvelles de sa famille.

Acte I : Après une ouverture symphonique évoquant la tempête, Iphigénie se souvient de son cauchemar de la nuit, lui rappelant la malédiction dont sa famille est victime depuis Tantale. Elle a vu sa mère Clytemnestre tuer Agamemnon son père et elle-même tuant son frère Oreste.

Gluck iphigénie en Tauride o toi qui prolongeas mes joursCliquez sur l’image

Le roi des Scythes, Thoas, apparaît. Un oracle lui ayant prédit qu’il mourrait tué par un étranger, il fait mettre à mort tout étranger qui débarque sur son île. Le peuple chante un chant barbare, réclamant du sang pour expier les crimes passés. Deux étrangers sont rejetés par la tempête sur le rivage. Le peuple est content, ils feront de bonnes victimes. On les interroge, mais ils taisent leur nom. Thoas les condamne à mort.

Acte II : Les deux étrangers enchaînés dans leur cellule attendent la mort. Il s’agit d’Oreste et Pylade. Oreste regrette d’avoir entraîné son ami Pylade à la mort (Air : Dieux qui me poursuivez). Pylade essaie de le calmer.

Gluck Iphigénie en Tauride unis dès la plus tendre enfanceCliquez sur Pylade

On les sépare. Oreste se calme avant de s’endormir.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Dans son sommeil, il voit les Euménides, qui l’accusent d’avoir tué sa mère. Iphigénie entre, mais Oreste, dans son trouble, ne la reconnaît pas et croit voir apparaître Clytemnestre. Elle lui demande d’où il vient. Il répond qu’il vient de Mycènes. Elle demande alors des nouvelles d’Agamemnon, et Oreste lui raconte toute la tragédie des Atrides. Iphigénie se rend compte que son cauchemar est devenu réalité.

Gluck Iphigénie en Tauride O malheureuse IphigénieCliquez sur Iphigénie

Acte III : Iphigénie veut prévenir sa sœur Électre. Elle a pitié des condamnés, dont un lui rappelle son frère Oreste, qui aurait le même âge (Air : D’une image hélas trop chérie). Mise en présence des deux hommes, elle discute avec Oreste et Pylade, et se résout à sauver l’un des deux. Elle choisit Oreste et lui donne un message pour sa sœur Électre. Les deux amis se disputent l’honneur de mourir pour l’autre. Oreste décide de rester pour sauver Pylade, et c’est Pylade qui part. Oreste lui recommande de porter ses derniers soupirs à sa sœur.

Acte IV : Iphigénie doit sacrifier Oreste, mais elle est partagée entre son devoir et l’horreur du sacrifice.

Gluck iphigénie en Tauride je t'implore et je trembleCliquez sur l’image

Au moment de mourir, Oreste qui croit sa sœur morte en Aulide, déclare : Ainsi périt Iphigénie en Aulide, lui révélant ainsi qu’elle est sa sœur. Elle tombe dans ses bras.

Thoas, qui a appris la fuite de Pylade, vient s’assurer du sacrifice d’Oreste. Iphigénie lui révèle que le captif est son frère, et qu’elle ne peut le frapper. Les prêtresses de Diane défendent Oreste, mais Thoas, furieux, veut tuer et le frère et la sœur. Pylade arrive avec une troupe grecque et tue Thoas. Diane paraît. Elle pardonne à Oreste d’avoir tué sa mère, et lui enjoint de retourner à Mycènes pour monter sur le trône d’Agamemnon. Elle renvoie également Iphigénie en Grèce. Tout le monde se réjouit de cette fin heureuse (Chœur : Les dieux, longtemps en courroux).

 

Mes opéras préférés

LE CHEVALIER À LA ROSE (DER ROSENKAVALIER)

Le chevalier à la rose (Der Rosenkavalier) est le deuxième opéra fruit de la collaboration de Richard STRAUSS et Hugo von HOFFMANNSTHAL. Écrit en 1910, il est représenté au théâtre de la cour à Dresde en 1911.

Avec cette « comédie en musique » voulue par les auteurs comme un hommage aux Noces de Figaro de MOZART, Strauss se défait de son wagnérisme initial. Tout en raffinement, un charme crépusculaire baigne la partition.

Acte I : Dans la chambre de la maréchale, au matin. Celle-ci est avec son jeune amant, le comte Octavian. Ils prennent leur petit-déjeuner ensemble quand un bruit leur fait craindre le retour du maréchal. Octavian cherchant à se cacher prend les vêtements de la femme de chambre. Un cousin de la maréchale, le baron Ochs, entre. Le baron, séduit par Octavian, l’empêche de partir et lui fait des avances. À la maréchale qui s’en étonne, il s’explique par une profession de foi de jouisseur impénitent avant de revenir à son propos initial : il est venu parler de son mariage avec Sophie, la fille du marchand Faninal récemment anobli. Il vient demander à la Maréchale qui serait susceptible de porter la rose d’argent à sa fiancée Sophie, suivant une coutume de l’époque. La Maréchale qui a remarqué l’attrait qu’exerce Octavian dans ses habits de femme sur le baron Ochs, propose Octavian.

La cour de la Maréchale entre alors pour préparer son lever. Le baron Ochs et le notaire discutent du contrat de mariage à établir. La Maréchale fait sortir tout le monde. Deux intrigants proposent leurs services à Ochs pour obtenir de la jeune servante un rendez-vous.

Restée seule, la Maréchale qui se sent vieillir et sentant que son charme va bientôt passer se laisse aller à la mélancolie. Octavian revient habillé en homme, et elle lui prédit que tôt ou tard, il la quittera pour une femme plus jeune et plus jolie.

strauss rosenkavalieract I die Zeit ist ein sonderbar DingCliquez sur la maréchale et Octavian

Il proteste de sa fidélité. Pourtant, comme elle lui refuse un moment avec elle, il la quitte. Elle cherche à le faire revenir, mais trop tard, il est parti sans même qu’elle ait pu lui dire au revoir. Elle demande à son laquais de porter l’écrin de la rose d’argent à Octavian.

Acte II : Chez monsieur de Faninal, le jour des fiançailles, tout le monde se réjouit, Sophie chante son émotion. Octavian paraît, porteur de la rose d’argent. Il s’avance vers Sophie et la lui remet. Les deux jeunes gens se sentent immédiatement attirés l’un par l’autre.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur Sophie et Octavian

Le baron Ochs arrive à son tour. Sa grossièreté (il lui rappelle son origine bourgeoise et la chance qu’elle a de se marier avec un représentant de la vraie noblesse), heurte Sophie. Elle le compare à un maquignon qui viendrait l’acheter. Quand Faninal demande au baron Ochs de venir signer le contrat de mariage, le baron confie Sophie à Octavian pour lui tenir compagnie.

Sophie demande à Octavian de la secourir et Octavian lui propose son aide ce qui les rapproche encore. Les deux intrigants ont tout vu et veulent prévenir Ochs. Ochs refuse de prendre au sérieux les révélations d’Octavian, qui lui annonce que Sophie ne l’aime pas et qu’il doit renoncer à elle. Mais le ton montant, il le provoque en duel et, tirant son épée, le blesse au bras. Le baron se met à crier et tout le monde crie au scandale. Faninal renvoie Octavian, et menace d’envoyer au couvent sa fille qui refuse de se marier avec Ochs. Le baron se fait soigner par les serviteurs de Faninal en préparant sa revanche contre Octavian et Sophie.

Le baron reçoit un petit mot de billet. C’est la servante remarquée chez la maréchale qui lui propose un rendez-vous galant, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Il feint toutefois d’ignorer les appels à récompense de l’entremetteuse.

Acte III : Dans l’auberge où il a donné rendez-vous à Ochs, Octavian prépare, avec les deux intrigants déçus par le comportement du baron, une mise en scène destinée à discréditer celui-ci, afin d’empêcher son mariage avec Sophie.

Ochs arrive à ce qu’il croit être un souper galant mais, troublé par la ressemblance entre la servante et Octavian, se sent mal à l’aise. Octavian livre ses réflexions sur le temps qui passe, dans une parodie des réflexions de la maréchale au premier acte. Quand le piège ourdi contre lui se déclenche, le baron Ochs appelle l’aubergiste, mais c’est l’intrigante qui apparaît, prétendant être la femme abandonnée du baron. Octavian envoie discrètement chercher Faninal, pendant que le baron appelle la police, qui arrive. Ochs tente de s’expliquer, disant qu’il était en train de souper avec sa fiancée. Le commissaire croit alors qu’Octavian, déguisé en femme, est la fille de Faninal, ce que celui-ci dément. Il envoie chercher Sophie qui attend dehors quand des enfants font irruption et entourent le baron en l’appelant « papa ». Le scandale est complet.

Octavian met le commissaire dans la confidence, avant de se retirer pour remettre ses vêtements d’homme. La Maréchale, avertie, arrive et comprend tout. Elle fait comprendre à Ochs qu’il serait bon qu’il parte, ce qu’il fait sans bien comprendre ce qui lui arrive, au grand désespoir de ses domestiques qui cherchent à se faire payer. Sophie, voyant l’attitude d’Octavian vis-à-vis de la Maréchale, croit son amour perdu.

Quand le calme est revenu, la Maréchale comprend que le moment qu’elle redoutait est arrivé. Octavian déclare son amour à Sophie, et la Maréchale rapproche les deux jeunes gens avant que de se retirer avec noblesse. Les deux jeunes gens n’osent croire à leur bonheur !

strauss rosenkavalier trio final

 

Opéra viennois, la partition repose bien évidemment sur la valse. Il existe même une version orchestrale qui est souvent donnée en concert.

strauss rosenkavalier suite orchestraleCliquez sur l’image

Et puis, une fois n’est pas coutume, je vous présente ici une deuxième version de la présentation de la rose à Sophie, quand l’amour naît entre elle et Octavian.

strauss rosenkavalier duo 2e acte Dessay von OtterCliquez (encore) sur Sophie et Octavian

 

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LE COURONNEMENT DE POPPÉE

Aujourd’hui, retour aux sources de l’opéra avec Le Couronnement de Poppée (L’incoronazione di Poppea), de MONTEVERDI.

Drame musical de Monteverdi créé début 1643 à Venise, l’année de la mort de Monteverdi. L’argument en est tiré des œuvres de TACITE.

Prologue : La Fortune et la Vertu se disputent la suprématie sur les humains. L’Amour les départage, c’est lui qui règne sur le cœur des hommes. Il en donne pour exemple l’histoire de Néron et Poppée.

monteverdi couronnement de Poppée prologueCliquez sur l’image

Acte I : En arrivant chez son amante Poppée (Air : Apri un balcon, Poppea), Othon découvre des gardes de Néron devant sa porte. Il comprend que Néron et Poppée ont passé la nuit ensemble. Les gardes de Néron, se réveillant, se plaignent de l’inconséquence de Néron qui néglige les affaires de l’État pour ses amours avec Poppée. Arrivent Poppée et Néron. Néron, qui ne peut dévoiler son amour pour Poppée tant qu’il n’a pas répudié sa femme Octavie voudrait partir, mais a du mal à résister aux séductions de Poppée.

Poppée restée seule chante son espoir, mais sa nourrice Arnalta lui dit qu’Octavie a découvert que Néron la trompe, et la prévient contre l’amour et les fantaisies de l’empereur.

monteverdi couronnement de Poppée speranza tu mi vaiCliquez sur Octavie

Octavie est furieuse contre Néron et se plaint du sort des femmes rendues malheureuses par les hommes (Air : Disprezzata Regina). Sa nourrice lui conseille de prendre un amant pour se venger, mais elle refuse noblement. Sénèque, le philosophe, lui montre ce que son infortune lui fait gagner en vertu. Valetto, le serviteur d’Octavie, s’indigne de ce discours spécieux et le menace. Resté seul, Sénèque médite. Le pouvoir n’apporte pas le bonheur aux rois.

La déesse Athéna apparaît à Sénèque, et lui prédit sa mort prochaine. Néron annonce à Sénèque sa volonté de répudier Octavie pour épouser Poppée. Sénèque argumente contre ce projet, provoquant la fureur de Néron. Puis Néron annonce à la lascive Poppée sa volonté de se marier avec elle. Poppée lui fait remarquer que Sénèque risque de s’opposer à ce projet. La fureur de Néron reprend, et il condamne Sénèque à mort.

Othon vient faire des reproches à Poppée, qui lui répond que c’est de sa faute s’il n’a pas su se faire aimer, et qu’elle appartient désormais à Néron. Poppée partie, Othon envisage de la tuer. Drusilla, amoureuse d’Othon, le rejoint, mais constate que Poppée occupe toujours ses pensées. Othon la détrompe et lui offre son cœur.

Acte II : Sénèque médite quand un envoyé d’Athéna lui annonce sa mort prochaine. Un envoyé de Néron entre et l’informe de sa condamnation. Sénèque annonce donc à ses amis qu’il va mourir, ce qui pour lui est la délivrance de l’âme (Air : Amici, è giunta l’ora). Ses amis épicuriens lui opposent la joie d’être vivant (Chœur : Non morir, Seneca).

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque

Néron se réjouit avec son ami Lucain d’être débarrassé de Sénèque. Othon qui avait pensé tuer Poppée a abandonné cette idée, mais Octavie lui demande de se déguiser en femme pour approcher Poppée et la tuer. S’il ne s’exécute pas, elle l’accusera auprès de Néron d’avoir tenté de la violer. Othon va alors voir Drusilla, tout heureuse de l’avoir reconquis. Elle accepte de prêter ses vêtements à Othon.

Poppée, avec sa nourrice, se prépare pour la nuit. Elle appelle l’Amour à favoriser ses plans. La nourrice lui chante une berceuse.

monteverdi couronnement de Poppée oblivion soaveCliquez sur l’image

Amour vient veiller sur le sommeil de Poppée et quand Othon arrive pour la tuer, Amour retient son bras et la protège. Othon s’enfuit, mais Poppée et Arnalta reconnaissent Drusilla. Amour veut que Poppée devienne impératrice.

Acte III : Drusilla se réjouit : grâce au meurtre de sa rivale, Othon sera à elle, mais on vient l’arrêter. Néron interroge Drusilla, qui garde le silence sur son geste pour ne pas trahir Othon. Othon arrive et s’accuse de la tentative de meurtre sur Pompée, sur l’ordre d’Octavie. Drusilla maintient que c’est elle la coupable. Ému, Néron lève la sentence de mort et condamne Othon à l’exil. Drusilla demande à partager son exil. Néron en profite pour exiler Octavie aussi. Poppée et Néron chantent leur joie d’être libres de se marier. Arnalta se réjouit de voir sa maîtresse monter sur le trône, car elle la suivra dans cette élévation. Octavie fait ses adieux à Rome et à ses amis (Ah, adio Roma). Néron couronne Poppée en tant qu’épouse et impératrice, devant le sénat rassemblé (Chœur + duo : Pur ti miro).

monteverdi couronnement de Poppée pur ti miroCliquez sur Néron et Poppée

 

Mes opéras préférés

SIEGFRIED, de WAGNER

Voici déjà quelques temps que j’ai laissé la Walkyrie sur son rocher, endormie par son père Wotan, le dieu en chef, en attendant qu’un homme « qui ne connaît pas la peur » vienne la réveiller. Voici donc la suite de l’histoire.

Deuxième pièce de la trilogie avec prologue l’Anneau du Niebelung, Wagner interrompt longuement la composition en 1857 pour se consacrer à Tristan & Isolde et aux Maîtres chanteurs de Nüremberg. Il ne se remet à Siegfried qu’en 1869 et le termine en 1871. Siegfried est créé à Bayreuth en 1876, avec l’ensemble de la tétralogie.

Arrivé à cet endroit de votre lecture, vous devez vous demander s’il faut dire trilogie ou tétralogie. Je reviendrai un jour sur ce sujet, mais pour l’instant imaginez simplement que vous êtes en présence du Seigneur des anneaux de Tolkien (une trilogie) et de Bilbo le Hobbit (un prologue).

Acte I : Dans la forêt, Mime qui a recueilli Siegfried, l’enfant né de l’union incestueuse entre Siegmund et Sieglinde, s’escrime à forger une épée pour le jeune Siegfried. Mais c’est peine perdue, Siegfried casse toutes les épées qu’il forge pour lui. Siegfried revient. Il a capturé un ours qu’il envoie « taquiner » Mime. Mime lui raconte tout ce qu’il a fait pour lui depuis que, « marmot vagissant », il l’a recueilli et élevé. Justement, Siegfried veut savoir qui il est, d’où il vient, qui sont ses parents… Mime finit par lui raconter l’histoire de Siegmund et Sieglinde, et lui parle de Nothung, l’épée brisée de son père. Siegfried demande à Mime de réparer Nothung, et repart dans la forêt.

Wotan, déguisé en voyageur, vient voir Mime. Il lui propose un marché, il répondra à trois questions que lui posera Mime, et en échange, il lui posera trois questions. Celui des deux qui ne saura pas répondre aux trois questions mettra sa tête en gage. Mime demande au voyageur qui habite les entrailles de la terre, la crête des montagnes, et les hauteurs célestes (cf. Rheingold, l’Or du Rhin), ce à quoi Wotan répond facilement. À son tour, Wotan pose ses questions. Les deux premières sont faciles, mais à la troisième, « qui saura reforger l’épée ? » Mime ne sait pas répondre. Wotan lui apprend avant de repartir que seul celui qui ne connaît pas la peur pourra reforger l’épée.

Siegfried rentre de la forêt. Il demande des nouvelles de Nothung, et Mime est obligé de lui avouer qu’il ne réussit pas à la reforger. Il lui dit qu’il le laissera partir lorsqu’il connaîtra la peur, et il lui parle de Fafner qui est susceptible de lui faire connaître cette peur. Siegfried se met alors en tête de reforger l’épée, puis d’aller voir Fafner pour connaître la peur et être libéré de Mime. Et le voilà qui lime, qui forge, qui actionne le soufflet, qui forge (Air : Souffle soufflet).  Pendant que Siegfried s’active sur la forge, Mime prépare à la cuisine un poison qui lui permettra de tuer Siegfried une fois Fafner vaincu et de s’emparer ainsi du trésor des Niebelungen.

wagner siegfried scène de la forgeCliquez sur l’image

Acte II : Au fond de la forêt, devant la grotte où Fafner garde l’Or du Niebelung, Alberich et le voyageur se rencontrent. Wotan réveille Fafner pour le prévenir de l’arrivée de Siegfried, mais celui-ci ne lui prête pas attention et se rendort. Siegfried arrive, guidé par Mime, effrayé. Il renvoie Mime pour rester seul et médite. Il entend le chant d’un oiseau sur une branche, et se demande ce que peut signifier son chant.

wagner siegfried murmures de la forêtCliquez sur Siegfried

Il essaie d’imiter le chant de l’oiseau avec son cor, mais le seul résultat qu’il obtient est de réveiller le géant Fafner, métamorphosé en dragon, qui l’attaque. Siegfried se sert alors de Nothung pour tuer le dragon.

Wagner siegfried tue le dragonCliquez sur Siegfried

Une goutte du sang lui touche la main. Alors qu’il se lèche la main pour nettoyer le sang, il acquiert le pouvoir de comprendre l’oiseau, qui lui parle du trésor et du heaume magique cachés dans la grotte. Siegfried entre alors pour les chercher, pendant que Mime et Alberich se disputent leur victime. Mais quand Siegfried ressort de la caverne, ils prennent peur et s’éclipsent discrètement. L’oiseau reprend son chant, et prévient Siegfried des intentions de Mime. Ainsi quand celui-ci vient lui offrir à boire, Siegfried le tue. L’oiseau lui parle alors de la présence de Brünnhilde, endormie sur son rocher, protégée par un cercle de feu. Siegfried part à sa recherche.

Acte III : Wotan vient demander conseil à Erda, déesse de la terre et source du savoir. Mais celle-ci ne voit pas tout, et il apparaît évident à Wotan que la fin des dieux qu’elle lui a prophétisée est inéluctable. Il cherche à léguer son pouvoir à Siegfried pour faire cesser la malédiction de l’anneau d’Albérich. Siegfried arrive, guidé par l’oiseau. Il demande à Wotan le chemin du rocher, mais Wotan tente de s’interposer. Siegfried brise alors la lance de Wotan avec Nothung, son épée. C’est le début de la fin du règne des dieux.

Siegfried se dirige alors vers le cercle de feu où Brünnhilde dort sur son rocher et le franchit sans peine. Là, retirant le casque et l’armure du guerrier allongé, il découvre une femme (Es ist kein Mann !). Intimidé, il finit par la réveiller d’un baiser. Brünnhilde salue alors le soleil, mais commence par résister à Siegfried. Puis elle finit par céder, et Brünnhilde devient une mortelle, amoureuse d’un humain. L’opéra se termine par leur duo d’amour.

wagner siegfried scène finaleCliquez sur le Festspielhaus

Retrouvez la suite dans le Crépuscule des dieux.

 

Mes opéras préférés

LADY MACBETH DE MZENSK

Lady Macbeth de Mzensk est un opéra de CHOSTAKOVITCH créé en 1934. Écrit d’après un roman de LESKOV datant de 1865, il se passe dans une ville de province russe où l’héroïne, Katerina, s’ennuie. (Le roman Madame Bovary de FLAUBERT est paru en 1857.) L’œuvre a été jouée avec succès pendant deux ans, avant que STALINE ne l’entende début 1936, qualifie cette musique de « chaos musical » et ne l’interdise. Il faudra attendre 1962 pour que cette interdiction soit levée.

Stylistiquement, on entend des influences mahlériennes dans la superbe orchestration, et on retrouve des rythmes entendus chez PROKOFIEV dans la rythmique. Pour l’aspect dramatique, l’influence de JANACEK est forte avec ses opéras Katia Kabanovna ou Souvenirs de la maison des morts (pour l’acte IV).

Acte I : Katerina, mal mariée avec le fils de Boris, le propriétaire de l’abattoir industriel de la ville, s’ennuie ferme. Elle dit à son beau-père qui la presse de faire un enfant que son mari, Zinovy, n’est pas capable de lui en faire un. Comme celui-ci doit quitter l’usine quelque temps, le beau-père fait promettre à Katerina de rester fidèle. Un nouvel ouvrier, Sergueï, est embauché à l’abattoir, précédé d’une réputation de grand séducteur.

Les ouvriers s’en prennent à la servante Aksinia. Katerina intervient et leur fait des reproches. Sergueï la met au défi de se battre contre lui, mais elle perd très vite. Comme le beau-père arrive, elle invente une histoire pour se disculper, ainsi que Sergueï.

Chostakovitch lady Macbeth acte I serguei katerinaCliquez sur Katerina et Sergueï

Le soir, Katerina chante sa frustration, seule dans sa chambre. Sergueï, arrive, prétextant vouloir emprunter un livre, mais ses motivations sont évidentes, et très vite Katerina succombe à ses avances.

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur l’image

Acte II : Boris victime d’insomnie se rappelle sa jeunesse fougueuse. Quand il voit Sergueï sortir de la chambre de sa belle-fille, il alerte tout le monde. Sergueï est attrapé et Boris lui donne le fouet avant de le faire enfermer. Puis, satisfait, il demande à Katerina de lui préparer son repas. Ulcérée par la scène qu’elle vient de vivre, elle met de la mort-aux-rats dans son repas. Boris est pris de souffrances atroces, mais Katerina les ignore et lui prend les clés de l’entrepôt où est enfermé Sergueï.

Le lendemain, les ouvriers trouvent Boris mourant et vont chercher le pope. Boris dit qu’il a été empoisonné par sa belle-fille, mais le pope l’ignore.

Sergueï passe la nuit avec Katerina. Il est inquiet du retour de Zinovy, mais Katerina le rassure, lui disant qu’il sera bientôt son mari. Elle est quand même hantée par le fantôme de Boris qu’elle voir revenir toutes les nuits. Zinovy rentre à l’improviste et Sergueï se cache, mais le mari trouvant sa ceinture bat Katerina avec. Zinovy sort de sa cachette et pendant qu’il l’immobilise le mari, Katerina étrangle son mari.

Chostakovitch lady Macbeth acte IICliquez sur l’image

Acte III : Zinovy, dont le corps a été caché, est considéré comme disparu. On va célébrer les noces de Katerina et Sergueï. Un numéro de cabaret est prévu pour les réjouissances, numéro présenté par le balourd miteux (sic). Alors que tout le monde se réjouit, Katerina a le pressentiment qu’on va trouver le cadavre de Zinovy. Elle prévient Sergueï qu’il est temps de fuir, mais celui-ci a du mal à abandonner les richesses acquises lors de son mariage avec Katerina. Quand la police arrive, il est trop tard, et Katerina avoue. Les deux amants sont arrêtés.

Acte IV : Katerina et Sergueï font partie d’un convoi de détenus en route vers le camp pénitentiaire. Sergueï renie Katerina à qui il fait porter la faute de sa déchéance. Il s’occupe d’une autre prisonnière, qui lui demande une paire de bas chauds. Sergueï va alors demander à Katerina sa paire de bas, disant que c’est pour lui, mais dès qu’il les a, il va les offrir à l’autre prisonnière, qui vient la remercier. Ulcérée, Katerina la pousse dans le fleuve avant de s’y jeter elle-même.

Chostakovitch lady Macbeth acte 4Cliquez sur l’image