Oulipo, Poésie

À CLYMÈNE, de Verlaine (1869)

Après « Mon rêve familier« , de Verlaine, je vous propose ce mois-ci un autre poème de Verlaine, « À Clymène », paru en 1869 dans le recueil les Fêtes galantes.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,
Chère, puisque tes yeux,
Couleur des cieux,

Cliquez sur la barcarolle
Cliquez sur l’es romances sans paroles

Puisque ta voix, étrange
Vision qui dérange
Et trouble l’horizon
De ma raison,

Puisque l’arôme insigne
De ta pâleur de cygne
Et puisque la candeur
De ton odeur,

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Ah ! puisque tout ton être,
Musique qui pénètre,
Nimbes d’anges défunts,
Tons et parfums,

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A, sur d’almes cadences
En ses correspondances
Induit mon cœur subtil,
Ainsi soit-il !

Cliquez sur l’Amen

Citations musicales :

Barcarolles : Offenbach, Les Contes d’Hoffmann « Barcarolle »

Romances sans paroles : Mendelssohn, Romances sans paroles

Ta paleur de cygne : Wagner, Lohengrin

D’anges défunts : Louati, Les Ailes du désir

Ainsi soit-il : Berlioz, La Damnation de Faust, « Amen ».

Et puis, il y un bonhomme qui s’y entendait beaucoup mieux que moi pour mettre Verlaine en musique, c’est mon pote Gabriel Fauré, alors voici :

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LES NYMPHES

Ces nymphes, je les veux perpétuer… (Mallarmé)

Après les muses, les nymphes. Ces semi-divinités personnifiant les forces vives de la nature (selon le CNRTL) abondent dans les opéras, surtout à l’époque baroque.

On peut entendre des nymphes chanter dès le premier opéra, puisque dans l’Orfeo de Monteverdi (1607), il y a de nombreux chœurs de bergers et de nymphes.

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En 1673, dans le prologue d’Alceste de Lully, on entend la nymphe de la Seine (sic) déplorer le départ du héros (entendre Loulou XIV) à la guerre.

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Dans Polifemo, de Porpora, les deux nymphes Galatée et Calypso imaginent les peines et les joies qui vont enfler leurs cœurs, quand ils s’ouvriront à l’amour. Polyphème survient, brûlant d’amour pour Galatée. Il veut la couvrir de cadeaux, mais la nymphe se refuse à lui (Air : « M’accendi in sen col guardo »).

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Dans un des plus célèbres opéras de Rameau, Platée (1745), l’héroïne éponyme n’est autre qu’une nymphe des marais.

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Attention spoiler: À la fin des Boréades (1763) de Rameau, on apprend que le héros est le fils d’Apollon et d’une nymphe, et qu’il est donc d’origine divine.

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La légende de Céphale et de la nymphe Procrys a fait l’objet de nombreux opéras, dont celui de Keiser dès 1674, celui de Grétry en 1773 (que j’ai eu l’occasion de chanter Salle Favart), mais aussi celui de l’espagnol Araja qui a écrit en 1755 sur le sujet le premier opéra chanté en russe.

En 1876, Léo Delibes écrit le ballet : Sylvia, ou la nymphe de Diane.

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Dans Rusalka de Dvorak, Rusalka est une naïade c’est-à-dire une nymphe des eaux, mais on rencontre également des dryades, qui sont des nymphes des bois.

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Dans Ariane à Naxos (1911) de Richard Strauss, un trio de nymphes chantent les qualités de Bacchus.

On trouve également beaucoup de nymphes dans le N’allez pas au bois d’Ormonde de Ravel : naïades, ménades, thyades, dryades, hamadryades, à côté d’une foule d’autres créatures légendaires.

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Enfin, je ne peux résister au plaisir de citer l’Après-midi d’un faune, de mon pote Mallarmé, et son premier vers: Ces nymphes, je les veux perpétuer. Ce poëme a été mis en musique par Debussy sous le titre Prélude à l’après-midi d’un faune.

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Nature, opéra russe

POULES ET COQS

Les coqs et les poules apparaissent parfois sur la scène de l’opéra ou dans la musique dite classique.

La Poule est une pièce de clavecin de Jean-Philippe Rameau.

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On peut citer le Coq d’or de Rimski-Korsakov (saviez-vous que les coqs russes ne chantent pas en faisant « Cocorico », mais en faisant « Kikeriki Koko Koko » ?)

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Il y a aussi un coq dans la petite Renarde rusée de Janacek. Ce coq se pavane dans la basse-cour, entouré de ses poules. La renarde incite les poules à se débarrasser de ce coq qui les exploite, et quand la voie est libre, la renarde se précipite sur les poules pour les manger.

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Dans son Carnaval des animaux, Saint-Saëns met les poules et les coqs en musique.

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Respighi a adapté la Poule de Rameau pour son recueil des Oiseaux.

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Un autre type de Coq est Charles Lecocq, le compositeur de la Fille de madame Angot. Élève au conservatoire en même temps que Georges Bizet, ils ont écrit chacun une opérette pour un concours, le Docteur Miracle. Ce concours était organisé par Jacques Offenbach, le « roi de l’opérette », pour assurer la relève du genre.

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Compositeurs

Luigi CHERUBINI (1760-1842)

Luigi CHERUBINI est né le 14 septembre 1760 à Florence.

Fils d’un musicien qui lui inculque les bases de la composition, il fait ses débuts à Florence en 1782 avec Armida abbandonata d’après le Tasse.

En 1785, c’est à Londres que l’on joue la finta Principessa avant Turin en 1788 avec Ifigenia in Aulide.

En 1785 déjà, on le trouvait à Paris où il rencontrait Marie-Antoinette, par l’intermédiaire du violoniste Viotti. Il y était membre de la Loge et Société Olympique, une société de concerts liée à la franc-maçonnerie, société dont le Chevalier de Saint-Georges était le chef d’orchestre.

Il écrit sa première composition pour l’Académie royale de musique (l’ancêtre de l’Opéra de Paris), Démophon, en 1788, œuvre qui ne rencontre pas un grand succès.

En 1789, Cherubini devient codirecteur du Théâtre de Monsieur (le frère du roi), théâtre pour lequel il écrit Lodoïska (1791), Élisa (1794), son chef-d’œuvre Médée (1797), L’Hôtellerie portugaise (1797) et Les Deux Journées (1800).

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En 1794, Luigi se marie avec Anne Cécile Tourette, la fille d’un contre-ténor. Ils auront trois enfants.

En 1796, il est nommé inspecteur au Conservatoire de Paris, qui venait tout juste d’être créé. En 1805, il y rencontre Auber auprès de qui il approfondit son métier pendant trois ans.

En 1797, Cherubini écrit sa Médée qui restera longtemps au répertoire.

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Sous l’empire, il disparaît un peu à cause d’une certaine hostilité de Napoléon qui ne l’appréciait pas, et ce n’est que sous la Restauration que sa carrière redémarre.

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En 1813, Étienne de Jouy écrit pour Cherubini les Abencérages.

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Au Conservatoire, Cherubini prend la classe de composition, avant d’en prendre la direction en 1822.

En 1827, avec l’appui de Cherubini, Meyerbeer entame une collaboration avec Eugène Scribe, un des plus fameux librettistes de son temps.

En 1833, Andersen voyage en Allemagne où il rencontre le compositeur Louis Spohr, avant de se rendre à Paris où il fait la connaissance de Cherubini et de Heine. 1833 est l’année où Cherubini écrit AliBaba.

Luigi Cherubini meurt à Paris le 15 mars 1842, à l’âge de 81 ans.

Outre sa trentaine d’opéras, Cherubini a également écrit de la musique de chambre des symphonies et deux Requiems.

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Écrivains, littérature

ÉMILE ZOLA (1840-1902)

Émile Zola naît à Paris le 2 avril 1840.

Son père était un ingénieur italien et sa mère femme au foyer. En 1843, la famille s’installe à Aix-en-Provence où le père d’Émile avait le projet de construire un canal. Mais le père meurt alors que le jeune garçon n’a que sept ans, et sa mère, sans revenus, l’élève avec l’aide de sa propre mère. C’est à Aix-en-Provence qu’Émile commence sa scolarité. Au collège d’Aix-en-Provence, Émile fait la connaissance en 1852 de Paul Cézanne, avec qui il restera longtemps ami.

Zola échoue par deux fois au baccalauréat, puis part à Paris rejoindre sa mère en 1858. En 1860, il entre comme employé aux écritures à l’administration des douanes. En 1862, il obtient la nationalité française.

En 1862, il entre chez l’éditeur Hachette, ce qui lui donne l’occasion de pénétrer le milieu littéraire de son époque. En 1864, il publie son premier livre, Les Contes à Ninon.

Fin 1864, Zola rencontre Alexandrine Meley. En 1865, il quitte sa mère pour s’installer avec Alexandrine, mais malgré les nombreux articles qu’il publie dans la presse, ce sont encore des années de vache maigre qu’il vit avec sa compagne.

En 1867 paraît le roman Thérèse Raquin.

Émile et Alexandrine se marient en 1870, mais ils doivent fuir à Marseille pendant la guerre de 1870 avant de revenir à Paris en 1871.

En 1871, Zola rencontre Gustave Flaubert qui lui présente Alphonse Daudet et Ivan Tourgueniev. Il fait également la connaissance de Guy de Maupassant et Joris Karl Huysmans, avec qui ils passeront des soirées littéraires dans la maison de campagne que Zola avait achetée à Médan (près de Paris). En 1880, ils font paraître Les soirées de Médan, un recueil de contes co-signés par ces écrivains.

Entre-temps, Zola commence son œuvre certainement la plus connue, le Cycle des Rougon-Macquart. Cet ensemble de vingt romans, qui l’occupe de 1871 à 1993, embrasse la description de toutes les franges de la société dans laquelle il vit. En 1877, l’Assommoir connaît un très grand succès et permet enfin à Zola de vivre correctement.

Littérairement, Zola est le chef de fil du naturalisme, mouvement littéraire visant à se déprendre de l’idéal romantique, en décrivant des personnages et des situations scientifiquement documentées. Ce mouvement s’éteindra avec Zola, mais connaîtra une suite en Italie avec le vérisme. L’opéra naturaliste le plus connu est Louise, de Gustave Charpentier.

Cliquez sur Louise

En 1880, le décès de la mère de Zola l’affecte profondément et le plonge dans une dépression.

En 1888, année où il est fait chevalier de la Légion d’honneur, Zola tombe amoureux de Jeanne, une jeune femme qu’Alexandrine avait embauchée. De cet amour naîtront deux enfants cachés, Denise (1889) et Jacques (1891). La découverte de cette liaison par sa femme provoque une grave crise dans le couple Zola, mais finalement Alexandrine accepte cette situation.

Zola était peu réceptif à la musique. Zola, qui prenait beaucoup de notes avant d’écrire ses romans, s’était fait aider pour Nana par Ludovic Halévy, le librettiste avec Meilhac de La Belle Hélène d’Offenbach. Il a décrit dans Nana une opérette, La blonde Vénus, où il critique le parti pris satirique d’Offenbach et de ses librettistes.

En 1888, Zola rencontre le compositeur Alfred Bruneau, qui lui propose d’écrire un opéra à partir de son roman Le Rêve. Après le succès de cette collaboration, Zola lui écrit le livret de L’attaque du moulin (1893), un des contes parus dans Les soirées de Médan.

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La collaboration entre Zola et Bruneau se poursuit avec Lazare (1893), Messidor (1897) et l’Ouragan (1901).

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Face à la montée de l’antisémitisme des années 1890, Zola s’engage contre cette haine raciste. La condamnation de l’officier Dreyfus est pour lui l’occasion de s’engager encore plus avec son article « J’accuse », qui lui vaut un retentissant procès de la part du gouvernement et des militaires. Condamné à une lourde amende et à un an de prison, Zola part en Angleterre. Il revient à Paris quand l’officier qui avait fait un faux témoignage contre Dreyfus se suicide, mais le temps de la justice est lent, et Zola ne rentre à Paris qu’au bout de onze mois d’exil.

Émile Zola meurt par asphyxie à son domicile parisien le 29 septembre 1902, à l’âge de 62 ans.

En 1955, le cinéaste René Clément fait appel à Raymond Queneau pour écrire les chansons de son film Gervaise, inspiré de l’Assommoir de Zola, avec une musique de Georges Auric.

Auric Gervaise

Cliquez sur Gervaise

Agenda Ironique

VOIR DIEU EN FACE (A.I. de janvier 2026)

Ce mois-ci, c’est Jobougon qui est aux manettes de l’Agenda Ironique. Et koikilnoudmande, Jo ? Rien moins que d’interviewer Dieu.

En ce mois de janvier, pour bien commencer l’année et bien aiguiser vos plumes artistiques, je vous propose donc d’aller interviewer Dieu.
Vous le faites sous toutes les formes qui vous conviendront, de la manière qui vous plaira, à la condition toutefois d’insérer au moins quatre de ces neuf morceaux de phrases à votre convenance. L’ordre d’arrivée dans les textes de ces bouts est toutafé relatif, c’est votre interview qui en décidera.

Voici ces bouts de phrases (Tous les extraits de phrases viennent des 366 réels à prise rapide de Raymond Queneau) :

1 – Aujourd’hui à midi pile
2 – Ça ressemble presque à une blague

3 – Succession de bruits
4 – Comme un avis à la population
5 – Cherche toujours
6 – Sujet brûlant
7 – Profonde pensée philosophique
8 – Ça a l’air vieux mais
9 – Pas de place pour

Ne vous privez ni d’humour, ni d’ironie, ni de sarcasme, ni même de tendresse…
Avec raillerie, dérision, gaîté, fantaisie, surréalisme…

Mais brèfle, c’est tellement mieux esspliqué chez Jo : https://jobougon.wordpress.com/2026/01/11/agenda-ironique-de-janvier-2026/

Dans les mythologies, il n’est pas rare que des humains cherchent à interviewer les dieux, ou des dieux interviewant des humains, ou des dieux interviewant des dieux. Voyons donc ces différents cas de figure.

Sémélé était une mortelle qui aimait Jupiter et était aimée par lui Elle a voulu voir à tout prix Jupiter sous sa forme de dieu (il y a une petite manipulation de Junon derrière ça). Mal lui en en a pris, car la mortelle ne pouvant supporter la vue divine s’est trouvée brûlée vive. Ce sujet brûlant nous a été raconté par Haendel dans l’opératorio Semele.

Cliquez sur Sémélé

Ça a l’air vieux mais, dans la Grèce (très) antique, Cupidon est tombé malencontreusement amoureux de la belle Psyché (il s’était blessé avec sa propre flèche, ce gros maladroit !). Le père de Psyché se rend alors à Delphes pour interviewer Apollon pour savoir quoi faire de sa fille. Las, l’oracle est formel, Psyché doit être abandonnée sur un rocher. Cette histoire a inspiré bien des compositeurs, à commencer par Lully.

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L’histoire de Tirésias, eh bien, ça ressemble presque à une blague. Figurez vous que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et que Junon prétendait le contraire. Le couple divin a interviewé le devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était le seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir. Cette histoire racontée par Guillaume Apollinaire a été mise en musique par Francis Poulenc, sous le titre Les Mamelles de Tirésias.

Au début du troisième acte de Siegfried, de Wagner, le dieu en chef Wotan, inquiet de la tournure que prennent les choses depuis qu’il a violé les runes sacrées gravées sur sa lance provenant de l’Yggdrasil, interviewe Erda, la déesse de la Terre, pour essayer de voir l’avenir. Mais il n’y a plus de place pour les prévisions d’Erda, et Wotan comprend que le crépuscule des dieux est proche.

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Contes et légendes, Mythologie

OBÉRON

Obéron est un personnage de la littérature anglo-saxonne. Roi des elfes, il apparaît sous le nom d’Alberich dans la littérature germanique. Dans Huon de Bordeaux, roman du XIIIe siècle, Aubéron (sic) est condamné à être nain et bossu.

Dans la traduction anglaise de Huon de Bordeaux, Aubéron devient Oberon, et c’est Shakespeare qui lui assigne son rôle pour l’éternité en en faisant l’époux de Titania, la reine de fées, dans le Songe d’une nuit d’été (1590). Oberon joue alors le rôle de Cupidon, et c’est muni d’un lys, fleur symbole de la pureté, qu’il fait naître le sentiment amoureux chez les amants qu’il veut favoriser.

En 1611, Ben Jonson écrit un masque, Oberon, the fairy Prince, dont la musique est signée Ferrabosco.

À la fin du XVIIe siècle, on retrouve les personnages d’Oberon et de Titania dans le semi-opéra the Fairy Queen (1692) de Purcell.

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En 1826, c’est pour Londres que Weber écrit son dernier opéra, Oberon.

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Sous son nom germanique d’Alberich, c’est un des personnages principaux de la Tétralogie de Wagner.

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En 1960, Britten écrit son Songe d’une nuit d’été.

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Le dernier avatar musical (à ce jour) d’Oberon est celui d’Astor Piazzolla avec son El sueno de una noche de verano (1986).

Cliquez sur Oberon final

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Laffont-Bompini, éditions Robert Lafont, collection Bouquins, 1999).

Compositrices

MADDALENA CASULANA (1544-1590)

Maddalena Casulana est née vers 1544, probablement à Casole ou à Vicence, près de Sienne en Toscane.

Compositrice, luthiste et chanteuse, elle est la deuxième compositrice à avoir été publiée. (La première étant Gracia Baptista, une religieuse espagnole de la même époque, dont une composition, Conditor Alme, a été publiée dans une anthologie de compositeurs ibériques où elle était la seule femme.)

Au début des années 1550, Maddalena se marie et a deux enfants. Elle se sépare de son mari, alchimiste, qu’elle accuse de gaspiller l’argent du ménage, puis part à Venise où elle cherche l’appui des Médicis.

En 1566, Maddalena écrit sa première composition, quatre madrigaux.

En 1568, c’est à Maddalena Casulana qu’on fait appel pour l’écriture d’un motet composé à l’occasion du mariage de Guillaume V de Bavière et de Marie de Lorraine. Ce motet, aujourd’hui perdu, sera dirigé par le très célèbre Roland de Lassus.

En 1568 également, elle fait paraître, sous son nom, un livre de madrigaux à quatre voix, Il primo libro di madrigali a quatro vocci, dédié à Isabelle de Médicis. Dans cette dédicace, elle fait remarquer à quel point les hommes font erreur quand ils s’attribuent l’usage exclusif du talent.

Je veux révéler au monde la vaine erreur des hommes, qui se croient maîtres des dons de l’intellect au point qu’il leur semble impossible de partager ces derniers avec les femmes.

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En 1570, elle fait paraître son Secundo libro di madrigali a qutro voci.

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À Venise, Maddalena Casulana se lie avec un comédien musicien, à qui elle enseigne le contrepoint. Sa réputation grandit en Europe et, en 1571, on la trouve à la cour de Maximilien II à Vienne, avant qu’elle ne se rende à la cour du roi de France en 1572.

En 1579, Maddalena se marie à un signor Mezari, dont on ignore à peu près tout. Maddalena signe dès lors « Maddalena Mezari detta Casaluna ».

En 1583, elle fait paraître son Primo libro di madrigali a cinque voci.

Cliquez sur le madrigal à cinq voix

Maddalena Casulana meurt vers 1590.

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(Source principale : le site « Présence compositrices » https://www.presencecompositrices.com/compositrice/casulana-maddalena/).

littérature, Oulipo, Poésie

« MON RÊVE FAMILIER », de VERLAINE (1866)

Après « le Vampire« , de Baudelaire, je vous propose ce mois-ci un poème de Verlaine, « mon Rêve familier », paru en 1866 dans les Poèmes saturniens.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Cliquez sur Cavaradossi

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Cliquez sur Jenufa

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Cliquez sur Leporello

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Cliquez sur le flûtiste

Citations musicales :

D’une femme inconnue, et que j’aime : Puccini Tosca « Recondita armonia ».

Les moiteurs de mon front blême : Janacek Jenufa « Zdravas Kralovno (Ave Maria) ».

Est-elle brune, blonde ou rousse ? : Mozart Don Giovanni « air du catalogue ».

Pareil au regard des statues : Vivaldi Orlando furioso « Sol da te ».

Anniversaire

LES ANNIVERSAIRES DE 2026 – 3 – LES OEUVRES QUE C’EST PAS DE L’OPÉRA

Après les anniversaires de 2025, voyons quels anniversaires nous pourrons célébrer en 2026 (ou quels événements nous pourrons commémorer). Comme pour 2025, devant l’abondance de dates à commémorer, j’ai décidé de faire cette présentation en trois parties. « Les compositeurs et les compositrices » puis « les opéras« , et voici maintenant « les œuvres classiques que c’est pas de l’opéra ».

En 1826, la 9ème symphonie de Beethoven triomphe à Leipzig, et c’est la création/échec de son 13ème quatuor. Beethoven en détache alors la grande fugue pour en faire une pièce à part. Beethoven termine le 14ème quatuor et entame le 16ème. La 10ème symphonie avance bien ( !) et Beethoven termine le 16ème quatuor.

Cliquez sur le XVIe quatuor

Cette même année 1826, toujours à Vienne, Schubert achève sa Grande Symphonie, son Quinzième quatuor à cordes, sa Dix-huitième sonate pour piano. Il écrit également ses deux trios opus 99 et 100.

Cliquez sur l’opus 100

En 1826, Donizetti écrit la cantate iL Conte Ugolino, d’après Dante.

Cliquez sur la cantate

En 1876, Tchaïkovski écrit la cantate Francesca da Rimini, d’après Dante.

Cliquez sur la cantate

En 1876, Augusta Holmès écrit la symphonie Roland furieux, d’après l’Arioste.

Cliquez sur Augusta

En 1876, Lalo écrit son Concerto pour violoncelle.

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En 1876, Smetana écrit son 1er quatuor, « de ma Vie ».

Cliquez sur Bedrich

En 1876, Delibes écrit le ballet Sylvia, ou la nymphe de Diane.

Cliquez sur les pizz’

En 1876, Puccini écrit sa Missa di Gloria.

En 1876, Richard Strauss écrit, à douze ans, son opus 1, une marche de fête pour orchestre.

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En 1926, Richard Strauss termine Hélène d’Égypte.

En 1926, Ravel termine les Chansons madécasses.

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En 1926, de Falla compose son Concerto pour clavecin.

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En 1926, Enesco écrit sa 3e sonate pour violon et piano « dans le caractère populaire roumain« .

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