Compositeurs, Mallarmé, Mythologie

Richard WAGNER (1813 – 1883)

Wagner par Adrian

le dieu richard

Ainsi se termine le poëme écrit par MALLARMÉ en hommage à Richard WAGNER dont il était un des premiers admirateurs français.

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Wagner, donc, est né à Leipzig le 22 mai 1813 (la même année que VERDI). Très jeune, il est attiré par le théâtre. En 1821, il assiste au Freischütz de WEBER, ce qui déterminera sa vocation musicale. Il entreprend des études littéraires et à quatorze ans, il écrit un drame « shakespearien » (il fait mourir tous les personnages à la fin). Il compose une ouverture musicale pour son drame.

Après quelques œuvres de jeunesse, il entame son troisième opéra Rienzi, alors qu’il est directeur musical du théâtre de Riga. Il a l’ambition de monter Rienzi à Paris et s’embarque pour Paris via Londres, mais la traversée est terrible. Une tempête oblige le bateau à s’arrêter dans une crique, et le chant des matelots inspire à Wagner une nouvelle idée d’opéra. Ce sera le Vaisseau fantôme (Der fliegende Holländer). Wagner en écrit lui-même le livret d’après une nouvelle d’Heinrich HEINE. Terminé en 1842, c’est le premier de ses opéras à être resté au répertoire.

wagner vaisseau fantome ouverture

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Suivront Tannhäuser (1845) et Lohengrin (1850), tous deux écrits d’après des légendes médiévales.

wagner tannhauser ouverture

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En 1848, après avoir fait le coup de poing sur les barricades de Dresde avec son ami BAKOUNINE, il doit fuir et part à Weimar où il rencontre LISZT puis se rend à Zürich. Là, il rencontre un riche industriel, Otto WESENDONCK et surtout sa jeune femme, Mathilde, de qui il tombe amoureux. Il écrira les Wesendonck Lieder sur des poèmes de Mathilde. Il travaille sur le livret d’un opéra: La mort du jeune Siegfried, (qui deviendra Le Crépuscule des dieux) mais il se rend compte qu’il doit raconter ce qui s’est passé avant, il entreprend donc le livret de Siegfried, puis remontant toujours le temps, la Walkyrie. Il compose alors un prologue à sa trilogie: L’Or du Rhin (Rheingold). La composition des livrets est terminée en 1852 et il peut commencer la mise en musique.

Il s’interrompt deux fois pendant l’écriture de sa trilogie avec prologue (plus familièrement appelée tétralogie). Une première fois pour écrire Tristan und Isolde, sous le coup de sa découverte de SCHOPENHAUER et de son amour impossible pour Mathilde, une deuxième fois pour écrire sa seule comédie: Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867).

Wagner Tristan prélude

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En 1859, il retourne à Paris où Napoléon III donne l’ordre que l’on monte Tannhaüser. Mais l’époque était au Grand Opéra à la française (le GOf), et Wagner se voit contraint de rajouter une scène de ballet. Il insère alors la scène du Vénusberg dès le début de premier acte, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que les membres du Jockey Club, qui avaient leurs petites amies dans le corps du ballet, soupaient avant d’aller au spectacle voir leurs amies danser. Furieux du traitement de Wagner, ils organisent alors une cabale et Tannhaüser est vite retiré de l’affiche.

Aimant le luxe et les femmes, Wagner était toujours à cours d’argent. L’arrivée en 1864 sur le trône de Bavière du roi Louis II le favorisera. En effet, Louis II, grand admirateur de son œuvre lui donnera les moyens de composer sa musique sans souci d’ordre matériel.

Entre temps, il avait retrouvé Cosima, la fille de LISZT à l’époque mariée à Hans von BÜLOW, un chef d’orchestre qui a beaucoup œuvré pour faire connaître sa musique. En 1865, c’est la naissance d’Isolde, le premier enfant qu’ils auront avec Cosima. Ils se marieront en 1870.

En 1876, il ouvre à Bayreuth un théâtre qu’il a fait construire pour la représentation de son Œuvre. Depuis, cette date, et à de très rares exceptions près (la guerre 39 – 45), on n’y joue que l’œuvre du Maître au cours d’un festival qui se tient en juillet – août.

Son dernier opéra est un drame mystique, Parsifal (1882) reprenant des thèmes de la légende du Graal. Wagner meurt à Venise le 13 février 1883.

wagner parsifal prélude rattle

Retrouvez ici les arguments des principaux opéras de Wagner :

Rienzi

Le Vaisseau fantôme.

Tannhäuser.

Lohengrin.

L’Or du Rhin (Rheingold).

La Walkyrie.

Siegfried.

Tristan & Isolde.

Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867)

Le Crépuscule des dieux.

Parsifal.

Mythologie

LE MYTHE D’ORPHÉE

Il est intéressant de noter que le premier héros d’opéra a été un musicien : Orphée, dont la musique avait pouvoir même sur les animaux, et même sur les dieux puisque par son chant, il réussit à séduire Charon (Caron en V.O) pour sortir Eurydice des enfers.

Il a donc naturellement inspiré les compositeurs tout au long  de l’histoire de l’opéra, depuis les proto-opéras de Peri et Caccini Euridice (1600) (cf. Histoire de l’opéra – les années 1600)

Peri et Caccini EuridiceCliquez sur l’image

et Monteverdi et son Orfeo (1607).

monteverdi orfeoCliquez sur l’image

En 1647, le premier opéra représenté en France sera l’Orfeo de Rossi, et ce à l’instigation de Mazarin. Au XVIIIe siècle, Gluck s’y prendra à deux fois pour mettre la légende d’Orphée et Eurydice, une première fois à Vienne et en italien en 1762, une deuxième fois à Paris et en français en 1774. Berlioz en fera une adaptation en 1859.

 j ai perdu mon eurydiceCliquez sur l’image

Jean-Chrétien Bach, le dernier fils de Jean-Sébastien écrira également un Orfeo ed Euridice.

Bach Jean-Chrétien Orfeo ed Euridice La legge accettoCliquez sur l’image

Il y en a beaucoup d’autres, dont celui de Sartorio, que j’ai découvert récemment.

Sartorio Orfeo Orfeo, tu dormiCliquez sur l’image

Au XIXe siècle, c’est Offenbach qui mettra Orphée en musique dans son Orphée  aux enfers (1858).

orphée duo de la mouchecliquez sur l’image

De nos jours, le mythe est toujours vivant. La preuve en est la création d’Eurydice, opéra de Matthew Aucoin au MET en 2021.

Aucoin eurydice trailerCliquez sur le trailer

Mes opéras préférés, Mythologie

L’ORFEO, de Monteverdi (1607)

L’Orfeo (1607) de MONTEVERDI est souvent considéré comme le premier opéra de l’histoire. Il a été commandé à Monteverdi par le duc de Mantoue qui voulait rivaliser avec les fastes de la cour des Médicis, où l’on avait représenté en 1600 Euridice, de Jacopo PERI à l’occasion du mariage de Henry IV avec Marie de Médicis.

Et pour commencer ce voyage en opéra, je vous propose la symphonie d’ouverture, magistralement interprétée par Jordi Savall.

Acte I : Nymphes et bergers célèbrent les noces d’Orphée et Eurydice avant de se rendre au temple d’Apollon, le père d’Orphée, pour lui rendre hommage.

Monteverdi Orfeo Acte ICliquez sur le chœur des nymphes

Acte II : Orphée et les bergers célèbrent Pan quand on annonce une funeste nouvelle, Eurydice, mordue par un serpent, est morte. Après une douloureuse complainte (Air : « Tu sei morta »), Orphée décide d’aller chercher son Eurydice en enfer.

Monteverdi Orfeo Tu sei mortaCliquez sur Orphée

Acte III : Orphée guidé par Espérance arrive aux portes de l’enfer. Là, Espérance le laisse car, comme chacun sait depuis DANTE « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ». Charon lui interdit l’entrée, mais Orphée insiste. Jouant de sa lyre, il endort Charon et lui vole sa barque pour traverser le Styx.

Acte IV : Aux enfers, Proserpine émue par l’amour d’Orphée pour Eurydice supplie son époux Pluton d’exaucer sa prière. Pluton accepte à condition que, sur le chemin du retour, Orphée ne porte pas son regard sur Eurydice. Mais entendant du bruit derrière lui, il se retourne et la voit. Il perd à nouveau Eurydice tandis qu’on le reconduit vers le monde des vivants.

Acte V : De retour sur terre, Orphée inconsolable chante sa détresse, mais nul sinon l’écho ne répond à sa voix, répétant la fin de chacune de ses phrases. La folie s’empare de lui et Apollon descendant du ciel lui reproche de s’être laissé emporter par son hybris. Il l’invite à rejoindre le ciel où il jouira de l’immortalité et pourra contempler l’image de sa bien-aimée. Après son apothéose, le chœur des bergers et des nymphes chante la gloire de celui qui vécut sur terre, souffrit sa passion, descendit aux enfers avant de monter rejoindre son père au ciel (ça ne vous rappelle pas quelqu’un?)

Monteverdi Orfeo finalCliquez sur l’image