Compositrices

Graciane FINZI (née en 1945)

Photo Georges Tourdjman 

Graciane Finzi naît le 10 juillet 1945 à Casablanca dans une famille de musiciens. Son père était violoniste et sa mère pianiste. À l’âge de 3 ans, Graciane jouait déjà du piano.

Après des études au Conservatoire de Casablanca, Graciane entre à l’âge de dix ans au Conservatoire National Supérieur de Paris en solfège spécialisé et à douze ans en classe de piano. Elle obtient très tôt ses prix d’harmonie (1962), de contrepoint (1964), de fugue (1964) et de composition. Elle écrit d’ailleurs sa première œuvre pour passer le concours d’entrée dans la classe de composition. Elle a comme professeurs Elsa Barraine pour la lecture à vue et Tony Aubin en classe de composition.

En 1979, Graciane Finzi est nommée professeur au CNSM.

Elle a reçu de nombreux prix et distinctions :

En 1982, elle reçoit le Prix de la promotion symphonique de la SACEM et en 1989 le Prix Georges Enesco.

En 1992, le Prix SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) pour son opéra Pauvre assassin

En 2001, le Grand Prix Sacem pour l’ensemble de son œuvre

En 2006, le Prix Chartier de l’institut de France

En 2013, le Grand Prix Musique SACD

En 2020, le Prix Florent Schmitt de l’Institut de France. Graciane Finzi est nommée Chevalière des Arts et Lettres

En 2024, le Grand prix de l’UNAC

Le 14 juillet 2025, Graciane Finzi est promue Chevalière de La Légion d’honneur.

Le répertoire de Graciane Finzi compte environ 180 œuvres, dont sept opéras et 4 œuvres lyriques pour enfants. Très intéressée par l’apprentissage de la musique pour les enfants, elle écrit le Clavier fantastique (1999), d’après Jules Verne, un « opéra pédagogique » qui s’adresse à des enfants de tous les milieux.

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Parmi ses opéras, citons entre autres Le dernier jour de Socrate (1988), livret de Jean-Claude Carrière ou Fraülein Else (2013), opéra de chambre d’après Schnitzler.

Plusieurs de ses œuvres symphoniques sont des commandes de Radio-France, et ont été créées par les orchestres de cette maison.

Entre 2001 et 2003, Graciane Finzi est compositrice en résidence à l’Orchestre National de Lille.

Ses œuvres sont dirigées par des chefs d‘orchestre tels que Myung-Whun Chung, Jésus Lopez Cobos, Jean-Claude Casadesus, Adrian Sunshine…

Là-bas peut-être, opéra pour adolescents et tout public, commande de l’Orchestre National de Lille.

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Outre ses œuvres symphoniques et lyriques, le répertoire de Graciane Finzi comporte de la musique de chambre et de la musique lyrique. Elle a ainsi mis en musique des classiques comme Lamartine (la Vie, l’Amour), Hugo, Verlaine (C’est l’heure exquise, Marine, 2022) ou Mallarmé (Un coup de dés jamais… 1998), et des contemporains comme Michel Cassé.

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Impression Tango (2005) pour violon (ou alto, ou violoncelle) et accordéon.

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L’Attente et le Retour, pour erhu, suonà et orchestre, créé à Shanghaï en 2007.

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Diane et Actéon (2010), pour quatuor et cordes et soprano, d’après les Métamorphoses d’Ovide.

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Ouverture pour une symphonie (2020)

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En 2022, Graciane Finzi écrit L’existence du possible (2022) pour la finale du concours de cheffes d’orchestre « la Maestra » à la Philharmonie de Paris organisé par le Paris Mozart Orchestra dirigé par Claire Gibault.

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Et voici un dernier extrait musical : Océan sonore.

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Pour suivre l’actualité de Graciane Finzi, le mieux est d’aller sur son site internet Graciane-Finzi.fr, avec beaucoup d’informations et de vidéos de sa musique.

(Cet article a été aimablement relu et corrigé par Graciane Finzi, qu’elle en soit ici remerciée.)

Compositrices

ISABELLA LEONARDA (1620-1704)

La compositrice Isabella Leonarda est née à Novara dans le Piémont le 6 septembre 1620. Issue de la noblesse de cette ville, elle entre à 16 ans au Collegio di Sant’ Orsola, un couvent des Ursulines.

Elle y apprend la musique et très vite se découvre des talents de compositrice. Elle occupe le poste de professeur de musique de son couvent et dispose ainsi d’un chœur pour interpréter ses œuvres à l’occasion des célébrations religieuses.

Magnificat

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Dixit Dominus

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Ave Regina Caelorum

Cliquez sur l’Ave Regina Caelorum

Ad arma, o spiritus

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En 1676, elle devient mère supérieure de son couvent.

Ses œuvres, majoritairement écrites pour les besoins de la vie monastique, comportent beaucoup de motets, mais également des sonates.

En 1693, à l’âge de 73 ans, elle publie un recueil de 12 sonates qui, d’après le CNSMD de Lyon, seraient les premières sonates publiées par une femme. Dans ces sonates, elle fait éclater le cadre strict de cette forme, limitée à quatre mouvements, en allant jusqu’à treize.

Sonata Duodecima

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Trio en Ut mineur opus 16 n° 5

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Sa renommée musicale semble n’avoir pas dépassé sa région, mais à Novara, elle était considérée comme « la Musa novarese » (la muse de Novare).

Isabella Leonarda meurt le 25 février 1704 à Novara, à l’âge de 84 ans.

Compositeurs, Compositrices, Mythologie

Darius MILHAUD (1892-1974)

Darius Milhaud est né à Marseille le 4 septembre 1892. Ses parents sont musiciens amateurs et Darius montre vite des dispositions pour la musique. En 1909, il étudie au Conservatoire de musique de Paris, où il a comme professeur Charles-Marie Widor et Paul Dukas. Il se lie d’amitié avec Georges Auric et Arthur Honegger

En 1912, il rencontre le poète Francis Jammes et le dramaturge Paul Claudel, écrivains qu’il mettra en musique. Il compose notamment des musiques de scène pour la traduction par Claudel de l’Orestie d’Eschyle.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

Quand Claudel est nommé diplomate à Rio de Janeiro, en 1917, il propose à Milhaud de le suivre en tant que secrétaire. C’est l’occasion pour Darius de découvrir les rythmes sud-américains, qu’il intègre à ses ballets l’Homme et son désir (1917), sur un argument de Claudel, et le Bœuf sur le toit.

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À son retour à Paris en 1918, on l’intègre au Groupe des Six, aux côtés de Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc, Louis Durey et Arthur Honnegger. En 1921, il collabore ainsi aux Mariés de la tour Eiffel, une œuvre commune à ce groupe sur un texte de Cocteau.

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En 1920, le même Cocteau avait détourné Le bœuf sur le toit de Darius Milhaud, souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors étaient de Raoul Dufy et la chorégraphie de Massine.

La dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes est le Train bleu (1924), toujours avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleu
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En 1925, Darius se marie avec une de ses cousines, Madeleine Milhaud. Ils auront un fils, Daniel.

En 1930, Milhaud compose l’opéra Christophe Colomb, sur un texte de Claudel.

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En 1933, Milhaud écrit deux chansons pour Madame Bovary, de Flaubert.

En 1939, il s’empare du mythe de Médée dans un opéra qui porte ce nom.

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En 1940, Milhaud doit fuir la France occupée, sous le double titre de Juif et de compositeur de musique dégénérée. Il part donc aux États-Unis où il enseigne la musique à l’université d’Oakland en Californie. Parmi ses élèves, on trouve Burt Bacharach, ou les minimalistes Steve Reich et Philip Glass.

En 1947, à son retour en France, Milhaud est nommé professeur au Conservatoire de musique de Paris, tout en gardant son activité d’enseignant aux États-Unis. À Paris, il aura comme élève notamment Betsy Jolas.

En 1958, Boris Vian écrit Fiesta une comédie-musicale avec une musique de Darius Milhaud.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville de Beaumarchais, est adaptée à l’opéra en 1966 par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupable
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Darius Milhaud meurt à Genève le 22 juin 1974, à l’âge de 81 ans.

Cinéma, Compositeurs, Compositrices

QUELQUES COMPOSITEURS POLONAIS

La Pologne est un pays d’Europe, entré dans l’Union européenne en 2004, qui est en pleine évolution.

Quand on parle musique classique et Pologne, le premier nom qui (me) vient à l’esprit est celui de Frédéric Chopin (1810-1849). Schumann, critique musical, lance en 1831 lors de l’arrivée sur la scène européenne du jeune Chopin, âgé de tout juste vingt ans, son fameux « Chapeau bas, messieurs, un génie ! » Écoutez quelques transcriptions pour piano d’airs d’opéra.

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Parmi les œuvres de Chopin figurent bien évidemment des polonaises.

Cliquez sur Yuja (sans Momo)

Karol Szymanowski (1882-1937), héritier de la musique de Chopin avant de s’ouvrir aux compositeurs de son temps comme Debussy, Ravel ou Stravinsky, puis de renouer avec ses racines populaires polonaises. Il a écrit l’opéra le Roi Roger entre 1918 et 1924.

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Witold Lutoslawski (1913-1994), d’abord inspiré par Szymanowski, reviendra ensuite aux racines musicales populaires de son pays.

Kristof Penderecki (1933-2020) a commencé sa carrière de compositeur par une période sérielle, conformément aux canons de son époque, avant de revenir à une musique tonale plus classique, comme dans son Requiem polonais. Dans le domaine de l’opéra, il s’est illustré notamment par les Diables de Loudun (1969).

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Henrik Gorecki (1933-2010) a commencé comme Penderecki par une musique proche du sérialisme, avant de se simplifier. De lui, j’aime particulièrement sa Symphonie n° 3, dite des Chants plaintifs.

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Zbigniew Preisner, né en 1955, a composé la musique de la plupart des films de Krzisztof Kieslowski. À la mort de celui-ci, il a composé Requiem for my friend à la mémoire de son ami.

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Wlodek Pawlik, né en 1958, et Leszek Mozdzer, né en 1971, se sont illustrés dans la musique de jazz.

Hania Rani, née en 1990, représente une nouvelle génération de compositrices. Ses compositions les plus connues sont les Inner Symphonies, pour violoncelle, voix, célesta, piano et synthétiseur.

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Compositeurs, Compositrices

ANTONIA BEMBO (1643-1715)

Antonia Bembo, dont l’opéra Ercole Amante sera monté la saison prochaine à l’Opéra de Paris, est une compositrice italienne née à Venise vers 1643.

Fille d’un médecin, Giacomo Padoani, elle reçoit une éducation raffinée, et apprend la musique auprès de Francesco Cavalli, notamment le chant et la guitare.

En 1659, elle se marie avec Lorenzo Bembo, issu d’une des plus anciennes familles de la noblesse vénitienne, avec qui ils auront 3 enfants. Mais en 1670, Lorenzo part faire la guerre en Crête, laissant Antonia seule avec ses trois enfants, et à peine de quoi subvenir à ses besoins. La situation s’envenime au retour du mari, et Antonia demande une procédure de divorce, rejetée par les autorités.

En 1676, elle fuit Venise et vient à Paris, où sa réputation de chanteuse l’avait précédée. Louis XIV exprime le désir de l’entendre. Conquis, le roi lui octroie une pension à vie, qui lui permet de vivre à Paris, au couvent de Notre-Dame des Bonnes Nouvelles.

Le plus ancien des manuscrits musicaux d’Antonia, les Produzioni Armoniche, date des 1695-1700, et ce recueil est dédié à Louis XIV. C’est dans ce recueil qu’on trouve son air le plus célèbre, le Lamento della Vergine.

Cliquez sur le lamento

Alors que la plupart de ses mélodies sont en italien, on y trouve aussi un air écrit en français, « ah, que l’absence ».

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En 1707, elle écrit l’opéra l’Ercole amante, sur le même livret que celui commandé à Cavalli en 1660 pour le mariage du roi français.

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Outre les œuvres déjà citées, le catalogue d’Antonia Bembo comporte de nombreux airs, des psaumes et des motets.

Cliquez sur le psaume 37
Cliquez sur le psaume 6

Antonia Bembo meurt à Paris vers 1715.

(Source principale : le blog de la BNF / Gallica : https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/ces-dames-baroques-elisabeth-jacquet-de-la-guerre-et-antonia-bembo)

Compositeurs

Léo DELIBES (1836-1891)

Léo Delibes naît le 21 février 1836 à Saint-Germain-du-Val, dans la Sarthe.

Au Conservatoire de Paris, il a comme professeur Adolphe Adam, et il en sort en 1850 avec un prix de solfège.

Il compose des opérettes, Deux vieilles gardes (1856), Maître Griffard (1857), l’Omelette à la Follembûche (1859), sur un livret de Labiche, le Serpent à plumes (1864) et a l’occasion de se faire repérer comme compositeur de ballets.

En 1863, il est chef des chœurs à l’Opéra de Paris et travaille avec le compositeur de ballet Minkus pour la Source (1866). On lui confie alors l’écriture d’un autre ballet, Coppélia, ou la fille aux yeux d’émail (1870), est inspiré par la nouvelle l’Homme de sable d’E.T.A. Hoffmann. Cette nouvelle a également inspiré Offenbach pour le personnage de Coppélia dans ses Contes d’Hoffmann.

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En 1872, Léo se marie avec Léontine Denain.

En 1876, Léo Delibes écrit un autre ballet : Sylvia, ou la nymphe de Diane.

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En 1880, il est nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves figure Émile Jacques-Dalcroze, auteur d’une méthode musicale novatrice.

En 1883, Léo Delibes écrit son opéra Lakmé, librement inspiré d’un roman de Pierre Loti. Lakmé comporte quelques scènes restées célèbres, comme le redoutable « Air des clochettes », ou le duo des fleurs « Où vas-tu, Malika ? ».

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Cliquez sur l’air redoutable

Léo Delibes meurt le 16 janvier 1891 à Paris, à l’âge de 64 ans.

La musique de Léo Delibes a été particulièrement pillée par les réclamiers pour vendre toutes sortes de produits dispensables.

Compositrices

Hélène de MONTGEROULT (1764-1836)

Hélène de Nervo est née à Lyon le 2 mars 1764. Issue d’une famille de la noblesse, elle passe une partie de sa jeunesse à Paris où elle étudie le piano. Élève très douée, son professeur déclare qu’il n’a plus rien à lui apprendre alors qu’Hélène n’a encore que treize ans.

Hélène a l’occasion d’exercer ses talents de pianiste dans le « bureau d’esprit » (le salon) de son père, ainsi que dans les salons de la peintre Elisabeth Vigée-Lebrun ou de l’écrivaine madame de Staël.

En 1784, elle se marie avec le marquis de Montgeroult et, en 1785, elle fait la connaissance du violoniste Viotti.

En 1793, son mari est nommé ambassadeur à Naples, mais sur le chemin de cette ville, la famille est attaquée et ils sont faits prisonniers par les Autrichiens. Le marquis de Montgeroult meurt en prison.

De retour à Paris, Hélène passe devant le Comité de salut public, et elle sauve sa tête en improvisant au piano sur l’air de la Marseillaise.

Début 1795, Hélène de Montgeroult a un fils que le père, Charles-Antoine Hys, reconnaît par son mariage avec la marquise en 1797.

En 1795, à la création du conservatoire de musique de Paris, Hélène de Montgeroult est nommée professeur de la classe pour hommes de piano-forte. C’est aussi l’année de parution de ses trois premières sonates pour piano. Dans son enseignement, elle est une des rares personnes à étudier et faire étudier encore les œuvres de Jean-Sébastien Bach, mort en 1750.

En 1800 paraissent les trois sonates de l’opus 2.

Cliquez sur la sonate op 2 n° 3

En 1806, elle publie Six nocturnes pour chant et piano, sur des textes de Métastase.

Cliquez sur l’aria de la sonate op 5 n 2
Cliquez sur l’allegro de la 9e sonate

En 1812, elle achève son grand œuvre, son Cours complet pour l’enseignement du forte-piano, avec ses cent quatorze études pour piano, préfigurant celles de Chopin quelques années plus tard. Le cours sera publié en 1820.

Cliquez sur l’étude n° 62
Cliquez sur l’étude n° 111

Hélène de Montgeroult, qui n’a jamais joué pour le grand public, joue pour ses amis dans l’intimité de son salon, dans le cadre des « lundis de madame de Montgeroult ».

En 1820, elle se marie à nouveau avec le comte de Charnage, qui mourra en 1826.

En 1834, Hélène a des problèmes de santé et elle quitte Paris pour s’installer en Italie. C’est à Florence qu’Hélène de Montgeroult meurt le 20 mai 1836, à l’âge de 72 ans.

En 1836, Schumann comme Chopin avaient 26 ans et on peut penser, on peut entendre, que les compositions d’Hélène de Montgeroult ont exercé une influence sur eux. On peut donc considérer qu’elle a bâti un pont entre J.-S. Bach et les romantiques.

(Source principale : ce podcast de France Musique

À lire : Jérôme Dorival : Hélène de Montgeroult – la marquise et la Marseillaise, éditions Symétrie, 2006.

Jérôme Dorival : Hélène de Montgeroult – le génie d’une compositrice, éditions Symétrie, 2024.)

Compositeurs

Dimitri CHOSTAKOVITCH (1906-1975)

Dimitri Chostakovitch naît à Saint-Pétersbourg le 25 septembre 1906. C’est sa mère, pianiste, qui lui donne ses premières leçons de piano alors qu’il a 9 ans.

En 1919, Dimitri entre au conservatoire de Petrograd où il étudie le piano et la composition. Le directeur du conservatoire, Alexandre Glazounov, reconnaît vite ses talents musicaux.

Chostakovitch démarre une carrière de pianiste concertiste et écrit ses premières pièces, dont un Scherzo pour orchestre (opus 1).

Son père meurt en 1922 et l’année suivante, Chostakovitch quitte le conservatoire. Pour gagner sa vie, il devient pianiste dans un cinéma où il accompagne la projection des films muets. Il tient cet emploi pendant deux ans avant de retourner au conservatoire, où il choisit la composition. Sa Symphonie n° 1 date de cette époque.

Entre 1927 et 1928, Chostakovitch compose le Nez, d’après une nouvelle de Gogol extraite des Nouvelles de Petersbourg. Le jeune Chostakovitch avait eu connaissance des avancées musicales effectuées par Stravinsky ou Berg (Wozzeck date de 1922). Le Nez a été créé partiellement en 1929 à Leningrad mais, dans la Russie soviétique de l’époque, ses hardiesses ont été critiquées. Il quitte l’affiche en 1930 et il faudra attendre 1974 pour que le Nez soit à nouveau joué en Russie.

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En 1929, il reçoit une commande d’état pour sa Symphonie n°2, à l’occasion du dixième anniversaire de la révolution d’Octobre. Il écrit aussi un ballet, l’Âge d’or, qui quitte l’affiche assez rapidement. Chostakovitch est sévèrement critiqué et ses œuvres sont de moins en moins jouées.

En 1932, Chostakovitch se marie avec Nina Varzar.

En 1933, il écrit son concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes n° 1.

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En 1934, il compose une suite pour orchestre de jazz, dont vous connaissez probablement le thème.

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L’influence de Staline qui voulait régenter le monde de l’art lui pose de gros problèmes. En 1934, Chostakovitch écrit l’opéra Lady Macbeth de Mzensk. Écrit d’après un roman de Leskov datant de 1865, il se passe dans une ville de province russe où l’héroïne, Katerina, s’ennuie. (Le roman Madame Bovary de Flaubert est paru en 1857.) L’œuvre a été jouée avec succès pendant deux ans, avant que Staline ne l’entende début 1936, qualifie cette musique de « chaos musical » et ne l’interdise. Il faudra attendre 1962 pour que cette interdiction soit levée.

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Après deux autres symphonies, Chostakovitch prend un poste de professeur au conservatoire de Léningrad. On joue ses symphonies 5 et 6, avec succès, et son Quintette pour piano lui vaut en 1941 le prix Staline récompensant les œuvres musicales marquantes de l’année.

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En 1941, Chostakovitch participe à la défense de Léningrad. Il rend hommage à cette bataille dans sa Symphone n°7, Leningrad. Il est alors considéré comme un héros.

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Cette idylle avec le public, et avec les autorités, s’interrompt après la guerre et Chostakovitch figure sur une liste des compositeurs « formalistes », à côté de Prokofiev ou Khatchaturian. Il est renvoyé du conservatoire et ses œuvres ne sont plus jouées. Il doit alors faire amende honorable et ne compose plus que des œuvres de propagande.

Heureusement pour Chostakovitch, Staline meurt en 1953, et un vent relatif de liberté souffle sur les milieux artistiques. Chostakovitch crée sa Symphonie n° 10, qui connaît un grand succès. Le pouvoir l’oblige toutefois à accepter le poste de secrétaire de l’Union des compositeurs soviétiques, et certaines de ses déclarations convenues de secrétaire l’éloignent de certains de ses amis.

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Dimitri Chostakovitch meurt le 9 août 1975 à Moscou, à l’âge de 68 ans.

(Source principale : le site de la Philharmonie de Paris).

Compositeurs

André CAMPRA (1660-1744)

André Campra naît à Aix-en-Provence au début du mois de décembre 1660.

André commence ses études musicales à la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix, où il est enfant de chœur. En 1680, il devient maître de chapelle en Arles, où il reste jusqu’en 1683, avant de partir à Toulouse.

En 1694, Campra arrive à Paris. Il est nommé maître de la musique de Notre-Dame de Paris. En 1695, il publie un recueil de petits motets.

Encouragé par le futur régent Philippe d’Orléans, il semble intéressé par le théâtre, activité peu compatible avec sa fonction d’ecclésiastique. C’est pourquoi Campra publiera son opéra-ballet l’Europe galante (1697) sans nom de compositeur.

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La mort de Lully en 1687 avait débarrassé l’art lyrique français du carcan que Lully faisait régner. Ceci permettra à Campra un rapprochement avec la musique italienne. Le Carnaval de Venise (1699) est publié sous le nom de son frère cadet, mais l’astuce ne trompera personne. Dans cet opéra-ballet, on chante aussi bien en français qu’en italien, chose impensable vingt ans plus tôt.

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En 1700, Campra démissionne de son poste à Notre-Dame pour pouvoir se consacrer librement à ses penchants lyriques. C’est ainsi qu’il fait paraître Hésione (1700), Aréthuse (1701), Tancrède (1702), les Muses (1703), Iphigénie en Tauride (1704), Alcine (1705), Hippodamie (1708), les Fêtes vénitiennes (1710).

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En 1712, il écrit Idoménée, qui inspirera Mozart, Camille, reine des Vosges (1717), les Âges (1718).

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En parallèle de cette carrière lyrique, Campra continue à écrire de la musique sacrée, quatre livres de motets, des psaumes ou des messes.

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En 1718, Louis XV lui octroie une pension annuelle de 500 livres.

En 1722, Campra devient directeur de la musique du prince de Conti et, quand Michel-Richard Delalande démissionne des trois quarts de ses fonctions à la Chapelle royale, Campra en récupère une partie. C’est pour cet ensemble qu’il écrit ses psaumes à grand chœur.

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André Campra meurt à Versailles le 29 juin 1744, à l’âge de 84 ans.

(Source principale : dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoît, éditions Fayard, 1992.)

Compositeurs

Carlo GOZZI (1720-1806)

Issu d’une vieille famille vénitienne, Carlo Gozzi naît à Venise le 13 décembre 1720.

Très jeune, il s’adonne à sa passion, l’écriture. À 21 ans, Carlo s’engage dans l’armée pour servir en Dalmatie. Au bout de trois ans, il revient à Venise mais la mort de son père déchaîne la cupidité de ses sœurs qui se battent pour les miettes de l’héritage familial. Sa misanthropie empire et Carlo quitte la demeure ancestrale.

Dès lors, il n’aura de cesse de se battre pour contrer son grand rival vénitien, Carlo Goldoni, et l’influence du drame à la française sur le théâtre italien. Il rejoint l’académie des Granelleschi, une société littéraire qui voulait restaurer le classicisme face aux extravagances du baroque.

En 1757, Gozzi commence une série de pamphlets dirigés notamment contre Goldoni. Trouvant que celui-ci ne servait que des contes pour enfants au public de Venise, il écrit en 1761 L’Amore delle tre melarance (L’Amour des trois oranges), où il met en scène les personnages de la commedia dell’arte. Devant le succès de cette comédie, il écrit Il Corvo (Le Corbeau).

L’amour des trois oranges sera porté à l’opéra par Prokofiev en 1919.

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Le Corbeau a fait l’objet en 1832 d’un opéra par Hartmann sous le titre Ravnen.

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En 1762, Carlo Gozzi écrit La Donna serpente (La Femme serpent), Il Re cervo (Le Roi Cerf) et Turandot, d’après un vieux conte asiatique, et en 1765 L’Augellin Belverdes (L’Oiselet Beauvert), dirigé contre la philosophie des Lumières.

La Femme serpent a servi de sujet à Wagner pour son premier opéra, Les Fées.

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Alfredo Casella s’est servi de cette même pièce pour son opéra La Donna serpente (1932).

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Le Roi Cerf a fait l’objet d’une adaptation à l’opéra par Henze en 1956 sous le titre König Hirsch.

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Quant à Turandot, cette pièce a été adaptée à l’opéra par Busoni en 1917

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mais la version la plus connue est celle de Puccini.

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Après une dernière fable Zeim, re dei geni (Zeim, le roi des génies), Gozzi se tourne vers des pièces plus populaires, dont la plupart ne connaissent pas le succès.

En 1780, il écrit ses Memorie inutili pubblicate per umiltà (Mémoires inutiles publiés par humilité).

Carlo Gozzi meurt à Venise le 4 avril 1806, à l’âge de 85 ans.