Compositeurs

Luigi CHERUBINI (1760-1842)

Luigi CHERUBINI est né le 14 septembre 1760 à Florence.

Fils d’un musicien qui lui inculque les bases de la composition, il fait ses débuts à Florence en 1782 avec Armida abbandonata d’après le Tasse.

En 1785, c’est à Londres que l’on joue la finta Principessa avant Turin en 1788 avec Ifigenia in Aulide.

En 1785 déjà, on le trouvait à Paris où il rencontrait Marie-Antoinette, par l’intermédiaire du violoniste Viotti. Il y était membre de la Loge et Société Olympique, une société de concerts liée à la franc-maçonnerie, société dont le Chevalier de Saint-Georges était le chef d’orchestre.

Il écrit sa première composition pour l’Académie royale de musique (l’ancêtre de l’Opéra de Paris), Démophon, en 1788, œuvre qui ne rencontre pas un grand succès.

En 1789, Cherubini devient codirecteur du Théâtre de Monsieur (le frère du roi), théâtre pour lequel il écrit Lodoïska (1791), Élisa (1794), son chef-d’œuvre Médée (1797), L’Hôtellerie portugaise (1797) et Les Deux Journées (1800).

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En 1794, Luigi se marie avec Anne Cécile Tourette, la fille d’un contre-ténor. Ils auront trois enfants.

En 1796, il est nommé inspecteur au Conservatoire de Paris, qui venait tout juste d’être créé. En 1805, il y rencontre Auber auprès de qui il approfondit son métier pendant trois ans.

En 1797, Cherubini écrit sa Médée qui restera longtemps au répertoire.

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Sous l’empire, il disparaît un peu à cause d’une certaine hostilité de Napoléon qui ne l’appréciait pas, et ce n’est que sous la Restauration que sa carrière redémarre.

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En 1813, Étienne de Jouy écrit pour Cherubini les Abencérages.

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Au Conservatoire, Cherubini prend la classe de composition, avant d’en prendre la direction en 1822.

En 1827, avec l’appui de Cherubini, Meyerbeer entame une collaboration avec Eugène Scribe, un des plus fameux librettistes de son temps.

En 1833, Andersen voyage en Allemagne où il rencontre le compositeur Louis Spohr, avant de se rendre à Paris où il fait la connaissance de Cherubini et de Heine. 1833 est l’année où Cherubini écrit AliBaba.

Luigi Cherubini meurt à Paris le 15 mars 1842, à l’âge de 81 ans.

Outre sa trentaine d’opéras, Cherubini a également écrit de la musique de chambre des symphonies et deux Requiems.

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Compositrices

MADDALENA CASULANA (1544-1590)

Maddalena Casulana est née vers 1544, probablement à Casole ou à Vicence, près de Sienne en Toscane.

Compositrice, luthiste et chanteuse, elle est la deuxième compositrice à avoir été publiée. (La première étant Gracia Baptista, une religieuse espagnole de la même époque, dont une composition, Conditor Alme, a été publiée dans une anthologie de compositeurs ibériques où elle était la seule femme.)

Au début des années 1550, Maddalena se marie et a deux enfants. Elle se sépare de son mari, alchimiste, qu’elle accuse de gaspiller l’argent du ménage, puis part à Venise où elle cherche l’appui des Médicis.

En 1566, Maddalena écrit sa première composition, quatre madrigaux.

En 1568, c’est à Maddalena Casulana qu’on fait appel pour l’écriture d’un motet composé à l’occasion du mariage de Guillaume V de Bavière et de Marie de Lorraine. Ce motet, aujourd’hui perdu, sera dirigé par le très célèbre Roland de Lassus.

En 1568 également, elle fait paraître, sous son nom, un livre de madrigaux à quatre voix, Il primo libro di madrigali a quatro vocci, dédié à Isabelle de Médicis. Dans cette dédicace, elle fait remarquer à quel point les hommes font erreur quand ils s’attribuent l’usage exclusif du talent.

Je veux révéler au monde la vaine erreur des hommes, qui se croient maîtres des dons de l’intellect au point qu’il leur semble impossible de partager ces derniers avec les femmes.

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En 1570, elle fait paraître son Secundo libro di madrigali a qutro voci.

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À Venise, Maddalena Casulana se lie avec un comédien musicien, à qui elle enseigne le contrepoint. Sa réputation grandit en Europe et, en 1571, on la trouve à la cour de Maximilien II à Vienne, avant qu’elle ne se rende à la cour du roi de France en 1572.

En 1579, Maddalena se marie à un signor Mezari, dont on ignore à peu près tout. Maddalena signe dès lors « Maddalena Mezari detta Casaluna ».

En 1583, elle fait paraître son Primo libro di madrigali a cinque voci.

Cliquez sur le madrigal à cinq voix

Maddalena Casulana meurt vers 1590.

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(Source principale : le site « Présence compositrices » https://www.presencecompositrices.com/compositrice/casulana-maddalena/).

Compositrices

ELSA BARRAINE (1910-1999)

Elsa Barraine naît le 13 février 1910 à Paris. Son père, Matthieu Barraine, était violoncelliste solo dans l’orchestre de l’Opéra de Paris et sa mère chantait dans le chœur de la Société des concerts du conservatoire (l’ancêtre de l’Orchestre de Paris).

Elsa suit ses études musicales au Conservatoire supérieur de musique de Paris à l’âge de neuf ans. À dix-sept ans, elle entre dans la classe de composition de Paul Dukas, où elle a comme camarades Olivier Messian et Maurice Duruflé. Elle compose ce Premier prélude et fugue sur un chant israélite.

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En 1929, Elsa Barraine obtient le grand Prix de Rome avec sa cantate la Vierge guerrière, en hommage à Jeanne d’Arc. Elle compose également le poème symphonique Harald Harfagar. C’est de la villa Médicis, où elle séjourne de 1930 à 1933, qu’elle assiste à la montée du fascisme en Italie. Elle compose alors Pogromes d’après André Spires.

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En 1931, elle écrit l’opéra-comique le Roi bossu.

À son retour en France, Elsa Barraine est chef de chant à l’Orchestre national de la radiodiffusion française (l’ancêtre de l’Orchestre national de France).

En 1938, en réponse à une commande de l’État d’une pièce symphonique, Elsa Barraine écrit sa Symphonie n° 2, Voïna, ce qui signifie la guerre en russe. À la suite des accords de Munich, elle adhère au parti communiste.

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En 1940, son père, qui était juif, est renvoyé de l’orchestre de l’Opéra de Paris. En 1941, c’est au tour d’Elsa d’être exclue de toutes ses fonctions, et elle entre dans la Résistance. À la fin de l’année 1944, elle tient la rubrique musicale du journal l’Humanité.

De 1944 à 1946, Elsa Barraine est directrice de l’Orchestre national. Elle est aussi directrice pour la France de la maison de disques « le Chant du monde », une maison d’origine soviétique qui publiait des œuvres régionalistes ou ethnomusicographiques du monde entier.

En 1948, elle compose une cantate sur des poèmes de son ami Paul Éluard, Poésie ininterrompue.

En 1949, suite au congrès de Prague, elle fonde l’Association française des musiciens progressistes.

En 1952, Elsa Barraine retourne au Conservatoire de Paris, en tant que professeur de déchiffrage. Elle y a notamment comme élève Graciane Finzi. En 1969, Elsa succède à Olivier Messiaen pour la classe d’analyse musicale.

Intéressée par la culture chinoise, Elsa Barainne apprend le chinois et en 1971 écrit Musique rituelle, une œuvre inspirée par le Livre des morts tibétain.

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Elsa Barraine meurt le 20 mars 1999 à Strasbourg, à l’âge de 89 ans.

Compositrices, Divers, Historique, littérature

LES FEMMES ET LA MUSIQUE AU MOYEN ÂGE, d’Anne IBOS-AUGÉ. 2 – Les musiciennes dans l’univers profane.

Vous connaissez mon intérêt pour les compositrices aussi, quand Françoise Objois m’a parlé de la conférence d’Anne Ibos-Augé sur « les femmes et la musique au Moyen Âge », je n’ai pas pu ne pas y assister. Son livre, divisé en trois parties, est une mine d’informations sur le Moyen Âge.

Après l’article consacré aux actrices du monde religieux, je vous propose la deuxième partie, la musique dans l’univers profane.

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II.1 la poétesse compositrice

Le saviez-vous ? (moi, je l’ignorais), le féminin de troubadour est trobairitz.

La première d’entre elles est Azalaïs de Porcairagues, autrice d’une seule canso, Ar em al freg temp vengut (voici venu le temps du froid). Malheureusement, cette poésie est parvenue jusqu’à nous sans musique et les musiciens d’aujourd’hui doivent recourir à d’autres mélodies pour pouvoir la restituer au mieux. Le principe était d’ailleurs connu (et pratiqué) au Moyen Âge !

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Qu’est-ce que l’amour courtois, chanté par les troubadours et les trobairitz ? C’est un « idéal de vie, où l’homme courtois doit posséder des manières distinguées et un esprit fin… et par-dessus tout, il doit aimer de fin’amor, d’amour courtois » (pp. 108-109). L’amour courtois est exclusif et constant.

Les trouveresses en France d’Oïl et au-delà. Parmi les compositrices en langue d’oïl, on trouve Blanche de Castille, la mère de Saint-Louis, autrice d’une Chanson à la Vierge.

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II.2 la ménestrelle

Parisa était, avec son mari Janin, ménestriers de bouche. Les ménestrels, ou ménestriers, représentaient à l’époque tout type de musicien. Les chanteurs étaient appelés ménestriers de bouche, alors que les musiciens militaires étaient appelés ménestriers de guerre.

Parisa et Janin ont exercé leur métier de musiciens à la cour de Savoie autour de l’année 1400. Le métier de ces ménestriers était d’animer en musique les nombreuses fêtes de la cour, mais aussi d’accompagner les seigneurs en voyage ou à la guerre. (On retrouvera plus tard cette fonction chez les chansonniers, comme Charles Favart qui était chansonnier du duc de Saxe.)

II.3 La mécène

La comtesse Marie de Champagne (1145-vers 1202) est la première fille d’Aliénor d’Aquitaine et du roi Louis VII. Elle soutient les lettres et de la musique comme sa mère, et plusieurs auteurs de son époque, dont Chrétien de Troyes, lui dédicacent certains de leurs écrits.

III – Fictions et représentations

La troisième partie traite de la représentation des femmes dans les fictions de l’époque.

III.1 la femme sujet

Ainsi de Marion, dans le Jeu de Robin et Marion, d’Adam de la Halle. Les jeux étaient une forme de théâtre mêlé de musique, préfigurant (de loin) l’opéra (cf. l’arbre phylogénétique de l’opéra).

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III.2 la musicienne de fiction

On connaît généralement l’Yseut de la légende de Tristan et Yseut, mais quelle découverte que l’aspect musicienne d’Yseut. Dans la version de Gottfried de Strasbourg, Yseut est une musicienne et compositrice accomplie. Elle écrit au moins trois lais, dont une lettre poème destinée à être chantée par Tristan quand il la lira.

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Bien sûr, il y a encore beaucoup d’autres choses dans ce livre, alors le mieux, c’est quand même de le lire.

(Source : Les Femmes et la musique au Moyen Âge de Anne Ibos-Augé, éditions du Cerf, 2025.)

Compositeurs

UNE HEURE AVEC OTHMAN LOUATI

Le jeune et brillant compositeur Othman Louati a une actualité musicale aussi chargée que passionnante. Il m’a aimablement consacré une heure pour parler de ses projets.

Ravel : En août, au festival Ravel, Othman Louati était professeur et chef des ensembles pour la classe de composition de Michael Jarrell. Et fin août, il a été assistant à la direction musicale pour la Main gauche, de Ramon Lazkano, d’après Ravel de Jean Echenoz, avec l’Ensemble intercontemporain dirigé par Pierre Bleuse.

Le 13 décembre, il dirigera le Philharmonique de Radio-France pour une adaptation de L’Enfant et les sortilèges, opéra-tableau comme l’est les Ailes du désir.

Solaris : Pour la première fois depuis, longtemps, l’opéra vidéo Solaris n’est pas une commande. L’idée lui en est venue par amour du cinéma, le grand art du XXe siècle, qui permet de traiter les grands mythes de notre temps. Solaris, le livre de Stanislas Lem, a fait l’objet d’une adaptation au cinéma par Andreï Tarkovski. C’est un faux film de science-fiction où Tarkovski voulait retrouver une situation où un homme se confesse auprès de la femme qu’il a perdue. On le sait peut-être, mais le cinéaste est porteur d’une mystique chrétienne (cf. Andreï Roublev). Ce pourrait être pour Othman une évolution vers la musique sacrée, l’opéra vidéo devenant un oratorio vidéo, avec la scène ultime de lévitation sur une musique de Bach. Tarkovski est aussi un des cinéastes phares pour Jacques Perconte, qui n’a pas tardé à accepter de travailler sur ce projet quand Othman le lui a présenté.

Solaris sera créé le 29 avril à l’Atelier lyrique de Tourcoing, avant une reprise à Angers et à Grenoble.

Chiens : Othman a écrit une musique de scène pour Chiens, qui sera joué en février aux Bouffes du Nord, avec une mise en scène de Lorraine de Sagazan.

Visions : Pièce pour percussion et ensemble électronique écrite pour l’ensemble « Les Apaches », fera l’objet d’un enregistrement en janvier. Il s’agit d’un prologue à l’Histoire du soldat de Stravinsky.

Sanctuaires : Création le 25 septembre à l’auditorium de Radio-France. Sanctuaires est une commande de Radio France pour le chœur de Radio France et l’orchestre « Les Apaches ». Quand il était en 1ère année du conservatoire de Paris, Othman était percussionniste dans le Roi David d’Honegger, dirigé par Lionel Sow. Quatorze ans plus tard, il retrouve Lionel Sow (le chef du chœur de Radio France) dans ce concert où les pièces de Sanctuaires (psaumes 13 et 104) seront intriquées avec le Roi David. Sanctuaires se glisse dans l’oratorio d’Honegger, avec une mise en musique de psaumes de Théodore de Bèze.

La Planète Sauvage de René Laloux, Ciné-concert par Le Balcon et Nitaï Hershkovits à la Cité de la musique les 31 janvier et 1er février. Direction musicale.

Le premier opéra d’Othman, les Ailes du désir, fera l’objet d’une reprise à Clermont et à Paris en février.

Le 9 mai, Satie-Cage au Théâtre du Châtelet, un spectacle sous-titré Une parade, de la fête au silence, avec l’ensemble Les Apaches.

Compositrices

Cécile CHAMINADE (1857-1944)

Cécile Louise Stéphanie Chaminade naît le 8 août 1857 à Paris. C’est sa mère, très bonne pianiste, qui s’aperçoit de son talent pour la musique et lui donne ses premiers cours.

Alors que son père a fait construire une villa au Vésinet, près de Paris, les Chaminade se rapprochent de Georges Bizet, un ami de la famille, qui conseille d’inscrire Cécile au Conservatoire. Mais le père refuse, le rôle d’une jeune femme de la bourgeoisie étant d’être une bonne épouse et une bonne mère. Finalement, Bizet trouve un arrangement en faisant suivre à Cécile des cours privés.

En 1880, Cécile Chaminade écrit son opus 1, un trio pour piano, violon et violoncelle.

En 1882, lors d’une soirée musicale donnée par son père pour ses amis, on joue la Sévillane (opus 32), un opéra-comique en un acte. Malgré le succès de cette soirée, l’œuvre ne sera jamais jouée sur scène, et la partition en est aujourd’hui perdue. Il n’en reste que des extraits, dont l’ouverture, qui avait été donnée en concert par Jules Pasdeloup, ou cette sérénade.

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En 1884, elle écrit ces Feux de la Saint-Jean pour voix de femmes.

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En 1888, elle écrit la musique du ballet Callirhoë, créé à Marseille, et une symphonie avec chœurs, les Amazones, créée à Anvers.

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En 1892, elle écrit les Sylvains, opus 60.

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En 1901, Cécile épouse l’éditeur de musique Louis-Mathieu Carbonel. Louis-Mathieu décède en 1907, et le couple n’aura pas d’enfant.

Pianiste concertante, Cécile Chaminade donne de nombreuses tournées, notamment en Angleterre, où elle est reçue par la reine Victoria, et aux États-Unis.

En 1913, Cécile Cheminade est la première compositrice à recevoir la Légion d’honneur.

Pendant la guerre de 1914-1918, elle arrête la musique et dirige un hôpital à Londres. Après la guerre, elle ne reprend pas son activité de concertiste, mais continue de composer.

À sa mort, elle nous laisse plus de 400 pièces musicales, dont 200 pièces écrites pour le piano et 150 mélodies. Je vous propose ici l’Ondine, opus 101 (1900).

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Cécile Chaminade meurt le 13 avril 1944 à Monte-Carlo, à l’âge de 86 ans.

Compositrices, Divers, Historique, littérature

LES FEMMES ET LA MUSIQUE AU MOYEN ÂGE, d’Anne IBOS-AUGÉ. 1 – Les actrices du monde religieux.

Vous connaissez mon intérêt pour les compositrices, aussi quand Françoise Objois m’a parlé de la conférence d’Anne Ibos-Augé sur « les femmes et la musique au Moyen Âge », je n’ai pas pu ne pas y assister. Son livre, divisé en trois parties, est une mine d’informations sur le moyen-âge.

I – Les actrices du monde religieux.

I.1 – la moniale

Herrade de Hohenburg (vers 1125-1195), abbesse du couvent de Hohenburg sur le mont Sainte-Odile. Elle a écrit l’Hortus deliciarum (le Jardin des délices), soit 45000 vers, 67 poèmes lyriques dont 12 notés musicalement, 400 images. C’est une compilation de textes divers, destinée à l’éducation des moniales.

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Organisation de la musique dans les couvents : il s’agissait essentiellement de psaumes et d’hymnes. La cantrix dirigeait le chœur, apprenait à chanter à ses consœurs, mais aussi à lire et écrire la musique.

De cette époque, le Codex de Las Huelgas (XIIIe siècle) est probablement la plus importante source de polyphonies féminines. Planctus o monialis concio.

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I.2 – la béguine

Les béguines étaient des femmes qui vivaient en marge de la société, sans avoir nécessairement prononcé de vœux religieux.

Parmi elles, Hadewijch d’Anvers (première moitié du XIIIe siècle) est une poétesse et, peut-être, compositrice brabançonne. Elle connaissait la poésie courtoise française. À côté de ses 45 poèmes, Hadewijch a écrit 14 visions, ainsi que des lettres. Les Visions (mystiques) figurent un parcours initiatique la menant vers le Christ rédempteur, largement musicales. Vers la fin du XIIIe siècle, les béguines peuvent être payées pour chanter, notamment lors des messes d’enterrement.

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I.3 – la mystique

La plus connue des musiciennes du moyen âge est certainement Hildegarde de Bingen qui a écrit trois livres de « visions », le Scivias écrit en 1151, le Liber vitae meritorium, écrit entre 1158 et 1163, et le Liber divinorum operum écrit à partir de 1158. Dans ces visions, inspirées par l’Esprit-Saint, Hildegarde s’exprime notamment sur « l’essence divine de la musique et sur ses trois principales fonctions : se rappeler la voix d’Adam avant la chute, susciter la dévotion grâce à la beauté, se pénétrer des chants de Dieu » (Page 63).

Dans sa Symphonia armonie celestium revelationum, ses compositions musicales louent la Sainte Trinité, la vierge Marie, les Vierges, les Veuves et les Innocents. Hildegarde est aussi l’autrice du premier drame liturgique, l’Ordo virtutum (Page 65).

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Page 71 Voir en musique. Anne Ibos-Augé nous explique comment la musique peut être un préambule à la vision, la musique « déclenchant » ces visions. Mais la vision déclenchée, la mystique peut entendre de la musique à l’intérieur de cette vision.

I.4 – la copiste

Dans ce chapitre, l’organisation des ateliers de copie est détaillée, ainsi que la fabrication des encres ou des parchemins. On y apprend la différence entre écrire (un texte) et noter ce texte, c’est çà dire mettre des notes sous le texte pour pouvoir le chanter.

Suit une description de la notation musicale au moyen-âge (page 90).

Retrouvez sur ce site la deuxième partie : II – Les musiciennes dans l’univers profane

(Source : Les Femmes et la musique au Moyen Âge de Anne Ibos-Augé, éditions du Cerf, 2025).

Compositeurs, Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

IL EST LÀ, IL EST LÀ, IL EST LÀ, MON DEUXIÈME LIVRE !

Eh oui, mon opus 2 vient de sortir aux éditions Le Lys bleu.

Ce deuxième volume est consacré aux Écrivains, dramaturges et librettistes et contient cinquante-huit biographies d’écrivains dont les œuvres ont suscité des opéras ou des pièces musicales.

Les écrivains choisis vont des tragiques Grecs (Eschyle, Sophocle et Euripide) à Boris Vian, en passant par Shakespeare, Cervantès et Molière ou encore Goethe, Pouchkine et Scribe. Comme pour le premier livre, j’ai inséré un QR Code qui vous permettra, en l’activant, d’arriver sur la page idoine de mon site, et donc d’écouter toutes les jolies musiques que je cite dans le livre.

Vous pouvez le commander directement sur le site de l’éditeur :

Si vous optez pour cette solution, n’hésitez pas à saisir le code promo LLB5 pour bénéficier d’une réduction de 5%.

Vous pouvez également le commander chez votre libraire ou dans votre grande surface culturelle préférée.

(P.S. il me reste quelques exemplaires de mon opus 1, Compositeurs et compositrices, que vous pouvez me commander via le formulaire de contact de mon site.)

(P.P.S. : vous pouvez aussi me commander l’opus 2, je vous ferai bénéficier du prix auteur, et vous pourrez avoir une chouette dédicace personnalisée).

Compositrices

SIVAN ELDAR (née en 1985)

crédit photo Laura Stevens

Sivan ELDAR naît le 1er septembre 1985 à Tel-Aviv. Elle commence à étudier le piano et le chant à 5 ans. À l’âge de 15 ans, Sivan part aux États-Unis où elle étudie à l’United World College la composition, le piano et l’ethnomusicologie. Elle poursuit ses études à Boston, où elle suit en parallèle des cours sur les études éthiques et sur la politique, puis en 2009 à Berkeley où elle obtient un doctorat en composition. À Berkeley, elle fera partie, de 2009 à 2016, des instructeurs au « John Adams composer youngs program », destiné à des jeunes de moins de 18 ans. C’est dans ce cadre que Sivan écrit en 2014 Tarr.

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En 2012-2013, dans le cadre de son année Fulbright à Prague, Sivan a l’occasion d’aborder la scène, dans une collaboration avec le groupe de théâtre physique Spitfire Company (Mirenka Čechová), projet qui a ensuite été créé à Oslo en 2015.

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En 2014 également, la Terezin Music Foundation lui commande deux œuvres chorales pour la commémoration du soixante-dixième anniversaire de la libération des camps de concentration. Mother Tongue et The Song About the Child sont ainsi créés à Boston le 5 octobre 2015.

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En 2016-2017, Sivan Eldar rejoint l’IRCAM (Institut de Recherche et de Création Acoustique/Musique) où elle étudie la composition et l’informatique musicale. Elle y sera en résidence de 2020 à 2025. C’est à l’IRCAM qu’elle écrit la pièce électroacoustique You’ll drown, dear, avec la collaboration de Cordelia Lynn, d’après La Princesse blanche de Rainer Maria Rilke.

En 2018, elle écrit Solicitations pour quatuor à cordes.

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Vous pouvez aussi avoir un enregistrement audio, de meilleure qualité, en cliquant sur le lien suivant Solicitations.

Heave (2018), écrit en collaboration avec l’IRCAM (Augustin Muller) sur un texte de Cordelia Lynn, est créé au festival « Voix nouvelles » de la fondation Royaumont.

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De 2019 à 2022, Sivan est compositrice en résidence à l’Opéra de Montpellier où elle anime plusieurs ateliers internationaux pour les compositeurs, les écrivains et les chefs, incluant Paroles et musiques dirigé par Ted Huffman.

Una Mujer derramada (2019) écrit pour l’Opéra de Montpellier et l’Orchestre de chambre de Paris.

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En 2020, elle écrit After Arethusa pour le chœur Accentus et l’Opéra de Montpellier. After Arethusa est créé à Venise en 2021.

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En 2021, Sivan Eldar écrit avec Cordelia Lynn Like Flesh, son premier opéra, une fable écologico-queer d’après les Métamorphoses d’Ovide. La création a lieu à l’Opéra de Lille le 21 janvier 2022, avant Montpellier, Nancy et Anvers. Like Flesh a obtenu le prix Fedora Opéra en 2021. (Fedora est un prix décerné par le cercle européen des mécènes de l’opéra et du ballet, ayant pour objectif le renouvellement du répertoire lyrique et chorégraphique.) (Like Flesh est une des plus belles créations qu’il m’a été donné de voir ces dernières années.) Like Flesh a été repris à Bâle en octobre 2025.

Caroline Sonrier (directrice de l’Opéra), Cordelia Lynn (librettiste), Silvia Costa (metteuse en scène), Sivan Eldar (compositrice), Maxime Pascal (chef d’orchestre), lors de la présentation à la presse de la création de Like Flesh à Lille
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Sivan Eldar reçoit de nombreux prix et distinctions. En 2022-2023, elle obtient le Grand Prix de Rome, en 2023 le Prix Nouveau Talent Musique 2023 de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et en 2024 le Prix Opera America Discovery. En 2025, elle est nommée Chevalière de l’ordre des Arts et Lettres.

Sivan Eldar a également bénéficié d’une aide de la part de la Villa Albertine. Il s’agit d’un programme mis en place par la France en 2021 pour soutenir la création française aux États-Unis. Sivan s’est servi de cette aide en 2022 pour travailler avec Peter Sellars et Ganavya Doraiswamy à son opéra The nine jewelled Deer.

The Stone, the Tree the Well (2024), écrit pour le chœur Accentus, le chœur de la radio lettonne et le chœur Spirito de Lyon, est créé à la chapelle du lycée Corneille de Rouen.

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En 2025, elle crée avec Ganavya Doraiswamy (voix et livret), Lauren Groff (co-librettiste), Peter Sellars à la mise en scène et Julie Mehretu pour la scénographie, son second opéra The Nine Jewelled Deer, créé au festival d’Aix-en-Provence le 6 juillet 2025.

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À partir de septembre (2025), Sivan Eldar est professeur de composition à la Norwegian Academy of Music à Oslo.

Sivan Eldar travaille actuellement à un troisième opéra pour le Grand Théâtre de Genève, en coproduction avec Nancy et le Luxembourg. Le livret sera de Cordelia Lynn, inspiré par le Palais de glace (Is-slottet) de Tarjei Vessas. La création aura lieu en octobre 2028.

Également à venir, pour la saison 2025-2026, le troisième volet de la trilogie écrite pour le chœur Accentus. Il s’agira d’une pièce pour chœur et orchestre.

Et pour en savoir plus sur Sivan Eldar, allez donc sur son site internet.

(Cet article a été écrit en collaboration avec Sivan Eldar, qui m’a aimablement reçu à l’IRCAM.)

Compositeurs

Ferdinand HÉROLD (1791-1833)

Louis Joseph Ferdinand Hérold naît à Paris le 28 janvier 1791. Son père, professeur de piano, lui apprend naturellement à jouer de cet instrument, et Ferdinand montre une remarquable précocité. Il n’a que onze ans quand il compose ses premières œuvres.

À la mort de son père en 1802, sa mère va voir Grétry avec une des partitions de son fils à la main. Le verdict du maître est sans appel : Ferdinand doit continuer la musique. À quinze ans, Hérold entre au Conservatoire où il a comme professeurs Louis Adam, Kreutzer pour le violon et Méhul pour la composition. En 1812, Hérold emporte le Grand Prix de Rome.

Après son séjour à Rome, où il compose sa première symphonie, il se rend à Naples où il devient professeur de musique des filles du roi de Naples, Murat. Il se mêle à la vie musicale italienne et en 1815, il fait jouer son premier opéra, la Gioventù di Enrico Quinto.

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Après Naples, Hérold se rend à Vienne où il est reçu par Salieri.

À la fin de l’été 1815, il rentre à Paris, où il occupe le poste de pianiste au Théâtre-Italien. Boïeldieu lui demande de le seconder dans l’écriture d’un opéra pour l’Opéra-Comique, Charles de France. Il écrit ensuite son premier succès parisien, les Rosières. Malheureusement, les livrets qu’on lui confie sont souvent de qualité médiocre et le succès n’est pas toujours à la hauteur de ses ambitions. En 1823, il écrit pour l’Opéra Lasthénie.

En 1825, le directeur de l’opéra lui propose un bon livret, et Marie est un vrai succès. Hérold se décide alors à quitter le Théâtre-Italien pour l’Opéra, où il est chef de chant. On lui commande de la musique de ballet, dont la Somnambule (1827), la Fille mal gardée (1828), et la Belle au bois dormant (1829).

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En 1831, il écrit pour l’Opéra-Comique le Corsaire, ensuite rebaptisé Zampa.

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En 1832, il crée son ultime chef-d’œuvre : le Pré-aux-Clercs, d’après une nouvelle de Mérimée. Cette fois, c’est un triomphe, mais Hérold n’en profitera pas longtemps puisqu’il meurt le 19 janvier 1833, cinq semaines après la première. Il avait 41 ans.

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(Source principale : le programme des représentations de Zampa, ou la fiancée de marbre, à l’Opéra-Comique en 2008.)