Agenda Ironique, Divers

LE DOUZE DANS TOUS SES ÉTATS

J’avais déjà commencé à écrire cet article quand le sujet de l’Agenda Ironique de mars 2026 est tombé. J’ai donc décidé de le réorienter de manière à ce qu’il réponde au cahier des charges proposé par Amélie (voir cidsous).

Ce mois-ci, c’est Plume dans la main (Amélie) qui nous propose le sujet de l’Agenda Ironique. Et kwaquèle nous demande, Plume dans la main ? Elle nous demande d’accueillir le printemps (c’est de saison) : nouveau départ, recommencement, nouvelle ère, bref, nouveauté ! sous forme de cercle circulaire, ou à la rigueur, de rond, et avec « des émojis qui n’existent toujours pas en 2026 alors qu’on n’en peut plus de les réclamer ! » comme :

– le drapeau breton alors que chacun sait que s’il y a du public, il y a un drapeau breton.

– la framboise alors que qui se sert de l’émoji tête d’ail ?

– l’entonnoir alors que c’est quand même un must have.

– le rein parce qu’on a tous un pote néphrologue.

– le pangolin parce que rendez-nous 2018. 

Et pour les plus joueurs, essayer de faire quelque chose de l’émoji tête d’ail dont on se demande bien pourquoi à quoi il peut servir, à part tenir à distance les vampires et garnir les émojis gigots.

Donc, en bref, du nouveau, du cercle, des émojis et une tête d’ail.

Comme d’habitude, c’est mieux expliqué chez Plume dans la mainouskil faudra aller déposer, dans les commentaires, les liens des textes, comme d’habitude.

Le douze est souvent considéré comme le symbole d’un cycle achevé. On le retrouve donc dans les douze mois de l’année ou dans les douze signes du zodiaque (cycles annuels). Un exemple de constellation dont l’explication se trouve dans un opéra est la constellation des Gémeaux, avec l’opéra Castor et Pollux de Rameau.

Cliquez sur les jumeaux Castor et Pollux

Le douze est aussi à la base de la décomposition d’un temps plus présent. Ainsi, la journée est décomposée en deux fois douze heures, chaque heure étant décomposée en cinq fois douze minutes, chaque minute étant décomposée en cinq fois douze secondes. Le douzième coup de minuit, qui marque à la fois la fin d’une journée et le début d’une nouvelle, est souvent associé à des scènes infernales, comme dans le Freischütz de Weber, ou encore dans cette scène du Vampire de Marschner (un conseil, munissez vous d’une gousse d’ail avant de regarder la vidéo.)

Ne cliquez sur l’image que si vous vous êtes munis d’une gousse d’ail

Toujours en symbolique, douze est le produit de trois et de quatre, le trois représentant l’univers céleste (voir la Sainte Trinité de la chrétienté) et le quatre l’univers terrestre, délimité par les quatre points cardinaux.

En mythologie, on trouve le douze notamment dans les douze travaux d’Hercule. Hercule est un de ces personnages de la mythologie qui a été abondamment porté à l’opéra. Claude Terrasse a ainsi écrit ses Travaux d’Hercule (1901).

Cliquez sur les travaux d’Hercule

Douze est aussi le nombre d’apôtres de Jésus. Das liebesmahl der apolstel (la Cène des apôtres) est une cantate de Wagner écrite en 1853 à Dresde pour célébrer la Pentecôte.

Cliquez sur l’image

En musique, douze est le nombre de degrés de la gamme chromatique occidentale (Do – Do dièse – Ré – Ré dièse – Mi – Fa – Fa dièse – Sol – Sol dièse – La – La dièse – Si – Do).

Au début du XXe siècle, quand l’évolution de notre musique savante a fait disparaître la notion de tonalité en vigueur depuis de nombreux siècles, Arnold Schönberg a appelé dodécaphonisme la manière d’écrire une musique où aucune hiérarchie ne s’imposait entre les douze sons de la gamme. Douze est aussi le nombre de temps du blues, qui associe ainsi rythmes binaires et rythmes ternaires.

Cliquez sur l’image

En géométrie, le dodécaèdre régulier est un des cinq solides de Platon. Il est très joli et je n’arrive pas à comprendre pourquoi il n’a pas droit à son émoji.

Je suis désolé, mais il n’y a rien de nouveau sous le soleil depuis la géniale invention de l’alexandrin, ce vers de douze pieds qui sied si bien à la prosodie française. Que seraient les tragédies de Racine ou de Corneille sans la perfection de leurs alexandrins, genre « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » ou encore « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule » !

Agenda Ironique

HASARD CALENDULAIRE (A.I. de Février 2026)

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique s’en revient chez Jérôme (Carnets paresseux), qui nous propose de souhaiter un joyeux anniversaire à l’Agenda Ironique qui est né il y a tout pile onze ans.

Le hasard calendulaire ne fait pas toujours bien les choses. Ainsi du malheureux Serge Prokofiev qui a eu le mauvais goût de mourir le même jour de 1953 que Staline. La couverture médiatique de la mort du dirigeant soviétique a fait passer sous silence la disparition du compositeur ukrainien.

Prokofiev, qui a mis sa musique au service de Sergeï Eisenstein, n’a pu le faire pour Octobre, film qui datant de 1928 était muet. Il s’est rattrapé avec sa cantate Octobre écrite pour le 40e anniversaire de la révolution d’Octobre.

Cliquez sur Octobre

Ceux qui ont lu Je me souviens de Georges Perec se souviennent peut-être qu’il nous rappelle que la violoniste Ginette Neveu est morte dans le même accident d’avion que le boxeur Marcel Cerdan, en 1949. C’est peut-être pour ça que le grand public a ignoré la mort de la célèbre violoniste.

Cliquez sur la célèbre violoniste dont la mort a été occultée par un non moins célèbre boxeur

Et à propos de Cerdan, Edith Piaf est morte le même jour d’octobre que Jean Cocteau. C’est peut-être pour ça que le grand public a ignoré la mort du célèbre écrivain.

En tout cas Francis cabrel, lui, s’en est souvenu, en écrivant pour eux sa chanson Octobre.

Cliquez sur l’image
Agenda Ironique

VOIR DIEU EN FACE (A.I. de janvier 2026)

Ce mois-ci, c’est Jobougon qui est aux manettes de l’Agenda Ironique. Et koikilnoudmande, Jo ? Rien moins que d’interviewer Dieu.

En ce mois de janvier, pour bien commencer l’année et bien aiguiser vos plumes artistiques, je vous propose donc d’aller interviewer Dieu.
Vous le faites sous toutes les formes qui vous conviendront, de la manière qui vous plaira, à la condition toutefois d’insérer au moins quatre de ces neuf morceaux de phrases à votre convenance. L’ordre d’arrivée dans les textes de ces bouts est toutafé relatif, c’est votre interview qui en décidera.

Voici ces bouts de phrases (Tous les extraits de phrases viennent des 366 réels à prise rapide de Raymond Queneau) :

1 – Aujourd’hui à midi pile
2 – Ça ressemble presque à une blague

3 – Succession de bruits
4 – Comme un avis à la population
5 – Cherche toujours
6 – Sujet brûlant
7 – Profonde pensée philosophique
8 – Ça a l’air vieux mais
9 – Pas de place pour

Ne vous privez ni d’humour, ni d’ironie, ni de sarcasme, ni même de tendresse…
Avec raillerie, dérision, gaîté, fantaisie, surréalisme…

Mais brèfle, c’est tellement mieux esspliqué chez Jo : https://jobougon.wordpress.com/2026/01/11/agenda-ironique-de-janvier-2026/

Dans les mythologies, il n’est pas rare que des humains cherchent à interviewer les dieux, ou des dieux interviewant des humains, ou des dieux interviewant des dieux. Voyons donc ces différents cas de figure.

Sémélé était une mortelle qui aimait Jupiter et était aimée par lui Elle a voulu voir à tout prix Jupiter sous sa forme de dieu (il y a une petite manipulation de Junon derrière ça). Mal lui en en a pris, car la mortelle ne pouvant supporter la vue divine s’est trouvée brûlée vive. Ce sujet brûlant nous a été raconté par Haendel dans l’opératorio Semele.

Cliquez sur Sémélé

Ça a l’air vieux mais, dans la Grèce (très) antique, Cupidon est tombé malencontreusement amoureux de la belle Psyché (il s’était blessé avec sa propre flèche, ce gros maladroit !). Le père de Psyché se rend alors à Delphes pour interviewer Apollon pour savoir quoi faire de sa fille. Las, l’oracle est formel, Psyché doit être abandonnée sur un rocher. Cette histoire a inspiré bien des compositeurs, à commencer par Lully.

Cliquez sur l’image

L’histoire de Tirésias, eh bien, ça ressemble presque à une blague. Figurez vous que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et que Junon prétendait le contraire. Le couple divin a interviewé le devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était le seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir. Cette histoire racontée par Guillaume Apollinaire a été mise en musique par Francis Poulenc, sous le titre Les Mamelles de Tirésias.

Au début du troisième acte de Siegfried, de Wagner, le dieu en chef Wotan, inquiet de la tournure que prennent les choses depuis qu’il a violé les runes sacrées gravées sur sa lance provenant de l’Yggdrasil, interviewe Erda, la déesse de la Terre, pour essayer de voir l’avenir. Mais il n’y a plus de place pour les prévisions d’Erda, et Wotan comprend que le crépuscule des dieux est proche.

Cliquez sur Erda
Agenda Ironique

LE REGARD DU RENARD – agenda ironique de décembre 2025

Ce mois-ci, c’est Carnets paresseux qui pilote, avec un peu de retard, l’Agenda Ironique.

Ekoikinousdmande, Carnets Paresseux ? eh bien voilà :

Alors dekoikil va être question ce décembre ? Hé bien, puisque retard à l’allumage il y a (quoique comme le demandait John Duff et comme le rappelle encore aujourd’hui La Licorne, « l’escargot pressé perd sa maison »), je vais vous demander de parler de Retard (avec ou sans esse à la fin).

Et puis quoi plus ? Quand même quelques mots imposés : Galapiat (désidérata de John), renard (parce que j’aime bien les renards), regard (pour l’allitération) et gourgandin. Et puis, des mots à éviter : Noël, sapin, ratiocination et budget. Et encore : une couleur, une saveur, une coquille, une odeur ou un parfum. Pour la forme, ce que vous voulez : ici règne une certaine liberté. Vous pouvez aussi vous inspirer de la photographie de la rue Dupuytren, mais personne ne vous en voudra de ne pas le faire. Et puis du mystère, du calendrier (après tout, on est en plein avent, et ensuite on sera après), du suspense, des jours et des dates ; enfin, évidemment, de l’ironie.

Mais tout est tellement mieux esspliqué chez lui :

Dans la Petite Renarde rusée, de Janacek, Momo le renard est un gourgandin qui ne pense qu’à séduire les petites renardes et grignoter les poules du fermier. Il serait même prêt à gober les œufs des poules, mais sans leurs coquilles, évidemment. Après avoir lancé son fameux regard qui tue à Yuja, la petite renarde rusée, celle-ci, enivrée par les sons et les parfums qui tournent dans l’air du soir d’été, finit par lui céder.

Cliquez sur les sons et les parfums tournant dans l’air du soir

Bientôt l’état de la renarde est tel qu’il n’y a plus qu’une chose à faire, organiser le mariage des deux canidés. De cette union naîtront plein de petits renardeaux roux comme leur mère et galapiats comme leur père.

Cliquez sur l’image

Et aussi, comme retards à l’opéra, j’ai ceux-ci :

Au début de la Servante maîtresse, de Pergolèse, le vieux Roberto est en colère contre sa servante qui est en retard pour lui porter sa tasse de chocolat matutinale.

Cliquez sur l’image

Un autre retard, plus connu, est celui des carabiniers d’Offenbach, dans l’opérette les Brigands.

Cliquez sur les carabiniers
Agenda Ironique

HIBERNATION (Agenda Ironique de novembre 2025)

Ce mois-ci, c’est John Duff qui nous propose le thème de l’Agenda Ironique. Et quel est-il, ce thème, et bien voilà :

En ce mois de novembre où les jours raccourcissent, où la pluie nous mouille et où le froid s’installe, j’aimerais vous proposer pour thème ma réponse à ces rigueurs de l’automne : l’hibernation.
En référence culturelle, il serait intéressant d’utiliser les mots suivants : Sérendipité, Nitescence, Melliflu, Alacrité, Anachorète, ainsi que Yuja Wang.

Pour donner un peu de tenue morale à ces agendas, je vous propose d’y placer cette belle morale de Jean de la Fontaine :

« Un escargot pressé perd sa maison. »

Et comme John Duff n’a pas de blogue, c’est l’ami Tiniak qui l’héberge. Ça se passe ici :

N’ayant pas d’autre méthode que celle du grattage occiputal pour trouver mes idées répondant aux contraintes de l’A.I., je dois m’en remettre à une sérendipité naturelle pour ce faire.

Au début de l’acte III de King Arthur, de Purcell, le génie du froid voulait imposer l’hibernation au genre humain.

Cliquez sur l’image

Mais c’était compter sans la curiosité de Snegourotchka, la fille de neige. Snegourotchka était la fille du Père Gel et de Dame Printemps. À la séparation de ses parents, Snegourotchka est élevée par son père, qui décide de l’envoyer chez les Berendeïs, ce qui est du goût de la jeune fille, attirée par les chants d’un humain appelé Lel.

Cliquez sur l’image

Le soir, sous la nitescence des étoiles, elle se laisse ainsi bercer par les airs melliflus du beau Lel, sentant grandir son amour pour lui.

Hélas, quand vient la fête du printemps, tout le monde chante et danse avec alacrité, mais c’est à une autre que Lel donne son cœur, et Snégourotchka est désespérée. Elle va voir sa mère, la suppliant de lui donner le don d’aimer et d’être aimée en retour. Quand un anachorète sorti des bois lui propose le vrai amour, Snegourotchka la fille de neige fond dans ses bras sous la chaleur de cet amour.

Cliquez sur l’image

L’histoire de Snegourotchka nous a été racontée par Ostrovski, et mise en musique par Tchaïkovski, puis par Rimski-Korsakov. Je vous la raconterai un jour un peu plus en détail si vous êtes sages.

C’est peut-être(ou pas) en souvenir de Snegourotchka que Debussy a composé des Pas sur la neige, que je vous propose interprété ici par Momo, le fidèle compagnon de jeu de Yuja Wang.

Cliquez sur Momo

Et comme je ne voudrais pas frustrer John Duff, je vous propose une autre pièce de Debussy, jouée cette fois par la jeune Yuja.

Cliquez sur la jeune Yuja

Moralité : un petit cœur pressé perd sa raison.

Agenda Ironique

VESTIGES DE L’ARMURE (A.I. d’Octobre 2025)

Ce mois-ci, c’est Tiniak qui pilote l’Agenda Ironique. Et quoiqu’il nous demande Tiniak, eh bien voilà :

Devant (dé)jouer « L’amor en lames » pour que l’amour se défende avec les mots (souvent désuets*) et locutions (en glaise aussi) : Mijaurée – une fois par Lune bleue – Rivancher* – faire l’effet d’un godmoche à roulasse* – Il pleut des chats et des chiens – gai(e)-luron(ne) – quand les cochons voleront – branleuse de gendarme* [détails, cerise sur le gâteau et *définitions par ici], c’est le sieur Lothar qui entre le premier en lice.

Mais tout ça est tellement mieux esspliqué ici : https://polesiaque.wordpress.com/2025/10/07/vertiges-de-lamure-recueil-de-la-i/

Or donc, il y a de cela 800 ans, l’amor en lames nous était chanté par les trobadors et les trobairitz. Si l’on connaît, un peu, les trouvères et les troubadours, on ne parle de leur équivalent féminin qu’une fois par lune bleue, et c’est bien dommage. Que nous dit des trobairitz Anne Ibos-Augé dans son remarquable Les Femmes et la musique au Moyen Âge (éditions du Cerf, 2025) ? Elle nous apprend que la première femme troubadour, qui n’était pas une mijaurée, était Azalaïs de Porcairagues. Je vous propose ici d’écouter une de ses compositions.

Cliquez sur la trobairitz

Le troubadour était un poète (du pays d’Oc) chantant l’amour courtois, aux XIIe et XIIIe siècles, mais il pouvait arriver qu’un troubadour soit d’essence noble, voire chevalier. L’amour courtois était un idéal d’amour entre un chevalier et une noble dame où il n’était donc pas question de rivancher.

Un exemple de trouvère est Chrétien de Troyes, un des premiers à avoir romancé les légendes arthuriennes avec Lancelot ou le chevalier à la charrette, Yvain ou le chevalier au lion et Perceval ou le conte du Graal. Ses livres ont été le début du vaste Livre du Graal, roman à la fois courtois, épique et mystique.

À propos de Perceval, il s’agit du même héros légendaire que le Parsifal de Richard Wagner Au début de l’opéra du même nom, notre héros assiste à une scène sacrée qui lui fait pourtant l’effet d’un godmoche à roulasse.

Cliquez sur la scène sacrée

Jacques Roubaud, l’oulipien spécialiste de la littérature des troubadours (cf. La Fleur inverse : essai sur l’art formel des troubadours [Ramsay, 1986]) ne s’y est pas trompé, qui a écrit en collaboration avec Florence Delay la pièce de théâtre Graal Théâtre. Graal Théâtre est le nom du concerto de violon de Kaija Saariaho, et le premier opéra de Kaija, l’Amour de loin, est lui aussi inspiré par l’œuvre de Jacques Roubaud.

Cliquez sur l’image

Les troubadours (les trouveurs) étaient des écrivains du pays d’Oc. Au pays d’Oïl, on les appelait des trouvères. Le plus célèbre d’entre eux, dans l’univers de l’opéra, est celui de Verdi. C’est dans le Trouvère (il Trovattore) qu’on entend le chœur des enclumes, qui n’est pas sans évoquer le bruit que ferait une pluie de chiens et de chats.

Cliquez sur l’image

Arrivé à cet endroit de ma contribution ironique à l’Agenda, vous devez vous demander le pourquoi du titre de cette contribution. Eh bien, le chevalier sans armure du titre, qui chantait l’amour du Christ, n’est autre que François d’Assise, le Chevalier (sans armure) du Christ. Et Olivier Messiaen a raconté sa vie dans son seul opéra, Saint-François d’Assise.

Cliquez sur l’image

(P.S. je n’ai pas réussi à refourguer la branleuse de gendarmes dans cet article, je vous demanderai donc de bien vouloir repasser pour la trouver dans un prochain article.)

Agenda Ironique

LA MARCHE DU PÈLERIN

Ce mois-ci, c’est Sabri Na qui héberge l’Agenda Ironique. Et quoi qu’elle demande, Sabrina, et bien voilà :

Pour le mois de septembre, je vous propose de parler de pèlerinage, de pilgrimage en anglais (pile – Grimm – âge).

Parlons donc de marche au sens large, au sens figuré, au sens de la marche que vous souhaitez !

Une marche qui nous permet d’apprendre, comme un conte initiatique, si possible sans sciatique.

Il faudra y incorporer les mots : paille / barrette / berger / bol (tibétain ou non).

Et pour les plus téméraires, celleux qui n’ont pas froid aux yeux ni mal aux pieds, il faudra y ajouter cette phrase biscornue comme on les aime : « Celui qui pense droit marche de travers » de Jean Dypréau.

Mais tout ça est tellement mieux esspliqué chez Sabri Na que le mieux est d’y aller en cliquant sur le lien cidsous :

Lien cidsous

On rencontre toute sorte de pèlerins, et de pèlerines, dans l’univers de l’opéra. Mon préféré est Tannhaüser qui, pour avoir brouté sur le mont de Vénus, est condamné à aller en pèlerinage à Rome pour demander pardon au pape. Quand un matin un berger célèbre le lever du soleil avec son chalumeau, on voit les pèlerins revenir de Rome. Ils ont été tous été pardonnés, sauf Tannhaüser qui n’a pas obtenu sa rémission. Si vous voulez savoir comment l’histoire se termine, cliquez donc ici.

Dans Le Comte Ory (1828) de Rossini, le héros et ses compagnons, déguisés en pèlerines pour entrer dans un couvent, mettent la main sur la réserve de vin, qu’ils boivent au bol ou à la paille.

Rossini le Comte Ory buvons du vin
Cliquez sur les fausses pèlerines

Et quand ils ont trop bu, qu’ils tiennent à peine sur leurs jambes, ils citent un de leur adage préféré : « Celui qui penche doit marcher de travers ».

Il est d’autres formes de marches, citons par exemple :

les marches nuptiales,

Cliquez sur la marche nuptiale

les marches funèbres,

Cliquez sur la marche funèbre

les marches héroïques, que l’on joue parfois pour célébrer les barrettes des têtes galonnées,

Cliquez sur la marche héroïque

les marches du palais,

Cliquez sur les marches du palais

les marches triomphales,

Cliquez sur la marche triomphale

ou encore les marches hongroises,

Cliquez sur la marche hongroise

Et si vous avez aimé la marche funèbre de Chopin, retrouvez ici quelques autres marches funèbres.

Agenda Ironique, littérature, Oulipo, Poésie

« LA RIEN QUE LA TOUTE LA », de François Le LIONNAIS

Ce(s) mois-ci, c’est Carnets Paresseux qui nous suggère l’Agenda Ironique de l’été 2025.

Le thème principal en est… Rien !

Voici donc ce qu’il nous demande, Carnets Paresseux :

Récapitulons : rien, le sujet ; les mots imposés haricot, asymptote, ragondin et billevesée ; des mots à éviter : activité, programme, obligation, aristotélicien, gouvernement. Et la forme que vous voulez.

Et puis du mystère, du calendrier, du suspense, des jours et des dates de juillet et d’août ; enfin, évidemment, de l’ironie. Autant que possible, aucun jeu de mots : de la tenue, du style, et pourquoi pas, une morale.

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué chez lui.

Après avoir tout dit sur rien, je vous propose ici mon traditionnel « poème mis en musique à ma façon », avec ce mois-ci La rien que la toute la, de François le Lionnais, soit le premier sonnet écrit sans nom, sans verbe et sans adjectif, sans haricot, sans ragondin, sans asymptote, et surtout sans la moindre billevesée.

Vous vous vous, parce que mais nul dont ce aucune
Quand de ce (pour avec) et ce pourquoi jamais  ;

Cliquez sur l’image

Seulement le et les et déjà si quand nous
Au et contre ces qui d’où vous aussi vous des.

 
Quelque enfin, pas ne tant depuis tout après une
Car si du en auprès (comme un qui je pour vous).

Cliquez sur l’opéra urbain

Et même… Il en leur la plus que ce je ne te
Maintenant et cela ou tel toujours sans très.

 
Là de des puisque vous, moins que pour dont, autour
Desquels celui ne parmi et jusqu’alors – non
Dans le de et par – la qu’il comme la et seuls

Cliquez sur l’image


Désormais tu son donc  ! et tu bien les ici
Mais grâce à lorsque sur dont un les des en eux
Tu Tu Tu à travers les nul dont ce aucune.

Cliquez sur les danseuses en tutu

Citations musicales :

Jamais : Poe / Slatkin, le Corbeau.

Comme un qui je pour vous : Attia, Molière, l’opéra urbain « les Précieuses ridicules ».

Seuls : Purcell « Oh Solitude ».

Tu Tu : Tchaïkovski le Lac des Cygnes.

Agenda Ironique, littérature, Oulipo, Poésie

UN RIEN DE POÉSIE

Ce(s) mois-ci, c’est Carnets Paresseux qui nous suggère l’Agenda Ironique de l’été 2025.

Le thème principal en est… Rien !

Voici donc ce qu’il nous demande, Carnets Paresseux :

Récapitulons : rien, le sujet ; les mots imposés haricot, asymptote, ragondin et billevesée ; des mots à éviter : activité, programme, obligation, aristotélicien, gouvernement. Et la forme que vous voulez.

Et puis du mystère, du calendrier, du suspense, des jours et des dates de juillet et d’août ; enfin, évidemment, de l’ironie. Autant que possible, aucun jeu de mots : de la tenue, du style, et pourquoi pas, une morale.

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué chez lui.

On définit généralement un expert comme étant quelqu’un qui connaît un maximum de choses sur un sujet très restreint. Si on pousse ce raisonnement asymptotiquement, on infère que le climax de l’expertise est donc de connaître Tout sur rien !

Mine de rien, la référence musicale évidente sur le rien en musique doit être le fameux Air de rien de John Cage, plus connu sous son titre 4 mn 33 s.

Cliquez sur l’image

Jean Tardieu nous propose, dans la Môme néant, un bel exemple de rien en poésie :

Quoi qu’a dit ? A dit rin.

Quoi qu’a fait ? A fait rin.

À quoi qu’ a pense ? A pense a rin.

Pourquoi qu’a dit rien ? pourquoi qu’a fait rin ? Pourquoi qu’a pense a rin ?

A’ xiste pas.

Le plus beau discours que je connaisse sur le rien est dû à Raymond Devos, avec son sketch Parler pour ne rien dire.

Cliquez sur l’image

Mais trève de billevesées, revenons à un univers qui m’est cher, celui de l’opéra (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais l’univers de l’opéra m’est cher). Comme le rappelle Vladimir Jankelevitch dans ses ouvrages de musicologie, c’est avec la mort de Mélisande qu’on s’approche le plus près du mystère du passage de la vie à la mort : « Elle est partie sans rien dire, je n’ai rien entendu ».

Cliquez sur l’image

Les historiens de la musique nous le disent, Hector Berlioz jouait du flageolet dans sa jeunesse. Il ne s’agit évidemment pas du haricot, mais bel et bien d’une petite flûte. Mais ce vaurien n’a pas suvi les conseils de son père, qui voulait faire de lui un médecin. Passant plus de temps dans les théâtres que dans les amphihéâtres, il finira compositeur. Dans sa Symphonie fantastique (1830), il mettra en scène de façon spectaculaire l’ancien thème grégorien du Dies Irae.

Cliquez sur l’image

Un rien plus tard, en 1836, Meyerbeer s’est servi d’un hymne non pas grégorien, mais luthérien, pour l’ouverture de son Grand opéra à la française, les Huguenots.

Cliquez sur le vieil hymne luthérien

Et si, arrivé là, vous en voulez encore, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez donc sur le bonus surprise mystère
Agenda Ironique

JOINDRE LES DEBOUTS (A.I. de Juin 2025)

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est hébergé par Tiniak. Et qu’est-ce qui nous est demandé par Tiniak ? Voici :

Alors, puisque le climat comprime ses demi-saisons, tel un député réprimant sa demi-mesure, et que nous basculons subito de l’hiver en été (et rincés proprement), je vous propose, pour thème générique de l’Agenda Ironique : “Joindre les deux bouts”.

Don't U fall!; acrobatic vnitage image

Alors…
Il s’agira de produire un texte (récit, poésie, brèves de comptoir… faites-vous plaisir) dans lequel vous ferez le lien entre deux opposés – NB : au-delà de 2, toujours fonctionner par paires, hein ?
Subséquemment, vous devrez trancher (à l’os) – tels les O’Hara et les O’Timmins (ou alors les Capulet et les Montaigu – ‘nzbâ, JL ?), entre le parti-pris des ABS ou celui des GPS, lesquels tiennent fermement sur leurs lignes de liste, sachant…

Mots imposés chez les ABS (au moins 1 par initiale) :

  • Abscons / Ajoignement / Ajoppé(e)
  • Boudiche / Barbarella / Bangalore 
  • Salsa du démon / Saucisse-frites / Sapajou

Mots imposés chez les GPS (au moins 1 par initiale) :

  • Gluer / Gabeler / Goo goo g’joob!
  • Pétrir / Ploion / Peccadille
  • Sauf-conduit / Samaritaine / Sous-fifre
Lucky Luke - Painful Gulch

Alors, vous pouvez soit, opter pour ne traiter que l’une ou l’autre de ces catégories, soit les opposer l’une à l’autre dans un même texte.

Enfin, merci d’employer (au moins) l’une de ces expressions en sus : “Ne pas être contre un tour de moulin ; Briller dans les ruelles ou alors Ne pas s’asseoir sur le compte-gouttes.

Bonus ludique : je vous propose d’utiliser, à l’envi mais sans en abuser, cette possibilité d’écrire à l’envers en suivant ce lien : SᴚƎΛNƎ,Ꞁ ∀ ƎᴚᴉᴚϽƎ – https://www.dcode.fr/ecriture-a-l-envers

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué sur le blog poLétique et tocs :

Or donc, Tiniak nous propose de produire des textes faisant des liens entre deux concepts opposés, i.e. de produire des oxymores (ou oxymorons). Le plus célèbre des oxymores se trouve dans Le Cid, de Corneille, avec « cette obscure clarté qui tombe des étoiles ». Le Cid a été porté à l’opéra par Massenet.

Cliquez sur Roberto el Cid

Je pourrais rester un instant avec Massenet et son Don Quichotte, qui n’a jamais été contre un tour de moulin à vent, mais des différentes versions musicales du Quichotte, je préfère la version comédie musicale de Jacques Brel, avec sa Quête.

Cliquez sur Jacques Brel

On peut trouver un autre occis maure à la fin d’Otello de Verdi, quand le général maure Otello, qui a tué sa femme Desdemona par jalousie, se donne la mort sur le corps de celle-ci.

Cliquez sur Placido Otello

À la fin du second acte de Tosca, de Puccini, Floria Tosca exige de Scarpia, le fourbe et cruel chef de la police, un sauf-conduit pour délivrer son amant Cavaradossi.

Cliquez sur Floria Callas

Puisque Tiniak m’y invite (discrètement), je peux aussi vous parler du mythe de Roméo et Juliette, ces rejetons de deux familles que tout oppose, les Montaigu et les Capulet, et pourtant tombés amoureux au premier regard. Bien entendu, la pression sociale exercée par les familles empêchera leur ajoignement.

Cliquez sur Mark Montaigu et Emilou Capulet en duo

Un autre oxymoron, à la croisée de la bande dessinée, de la science-fiction et de la musique, est la rencontre entre le personnage (érotique) de Jean-Claude Forest, Barbarella, et de l’Ange. Et croyez-moi, cette rencontre n’est pas une peccadille ! Barbarella a fait l’objet en 1968 d’une version filmique où le personnage principal était incarné par Jane Fonda. Barbarella a également fait l’objet d’un spectacle musical de David Stewart en 2004.

Cliquez sur l’image

Arrivés là de mon délire, vous pouvez vous demander le pourquoi du titre « Joindre les debouts ». Eh bien, dans l’Hymne des nations, de Verdi, on trouve une surprenante citation de l’Internationale, « Debout les damnés de la Terre », coincée entre une citation du God Save the King et une de la Marseillaise.

Cliquez sur Arturo