Maria Callas, Mes opéras préférés, vérisme

ADRIENNE LECOUVREUR, de CILEA (1902)

Adapté d’une pièce de Scribe, Adrienne Lecouvreur (Adriana Lecouvreur) de Cilea s’inspire de la tragédienne Adrienne Lecouvreur, très célèbre à son époque (elle débute à la Comédie-Française en 1717), qui collectionna les amants (Voltaire, le maréchal de Saxe,…) et mourut dans des circonstances étranges. On dit qu’elle fut empoisonnée par la duchesse de Bouillon, qui s’intéressait également au maréchal de Saxe.

Bien que ne répondant pas au cahier des charges du vérisme, les héros et héroïnes ne sont pas des gens « comme nous », mais des princes et princesses, des comtes et comtesses) Adriana Lecouvreur fait partie de ce mouvement musical, Cilea étant même un des représentants de ce mouvement.

Le pitch : Adrienne est courtisée par le comte de Saxe, incognito. Le prince de Bouillon croit que sa maîtresse, la Duclos, le trompe avec le comte. La princesse de Bouillon rompt avec son amant, le comte de Saxe. Quand les deux femmes se rendent compte qu’elles aiment le même homme, la princesse délaissée veut se venger. Elle fait porter un bouquet de violettes empoisonnées à Adrienne qui, l’humant, meurt.

Acte I : Avant le lever de rideau, le prince de Bouillon et son abbé sont avec Michonnet, le régisseur du théâtre. Adrienne Lecouvreur entre. Complimentée, elle chante qu’elle n’est que la servante du théâtre (Air : « Io son l’umile ancella »).

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Adrienne Lecouvreur dit à Michonnet, le metteur en scène, qu’elle aime le jeune Maurizio. Maurizio n’est autre que le comte de Saxe qui a pris ce pseudonyme pour approcher Adrienne. Michonnet, secrètement amoureux d’Adrienne, la met en garde contre ce genre d’aventure. Maurizio arrive et offre un bouquet de violettes à Adrienne. Ils décident de se voir après le spectacle.

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Pendant la représentation, le prince de Bouillon intercepte une lettre écrite par sa maîtresse, la Duclos, une autre actrice. Il y lit que sa maîtresse a rendez-vous avec Maurizio. En fait cette lettre a été écrite par la Duclos à la demande de la princesse, qui aime Maurizio. Le prince invite tout le monde au pavillon où doit avoir lieu le rendez-vous, afin d’y voir plus clair sur ce qui se trame.

Acte II : Au pavillon de la Grange batelière. La princesse et Maurizio se retrouvent. (Air de la princesse : « Acerba voluttà ».)

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Maurizio annonce la fin de leur liaison et offre, par galanterie, le bouquet de violettes d’Adrienne à la princesse. Les invités du prince arrivent. La princesse se retire discrètement, aidée par Adrienne. Mais lorsqu’elles se rendent compte qu’elles sont rivales, elles se disputent violemment. La princesse s’échappe, mais elle oublie son bracelet qu’Adrienne ramasse.

Acte III : Le prince donne une grande réception dans son palais.

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La princesse provoque Adrienne en révélant que c’est la nouvelle maîtresse du comte. Adrienne montre alors le bracelet de la princesse, bracelet que le prince reconnaît comme étant celui de sa femme. La tragédienne récite la tirade de Phèdre, de Racine, révélant ainsi l’attitude coupable de la princesse, qui jure alors de se venger.

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Acte IV : Adrienne souhaite rester seule chez elle pour son anniversaire, mais ses amis arrivent. Michonnet tente une déclaration d’amour maladroite quand on apporte, de la part de Maurizio, une boîte contenant un bouquet de violettes fanées. Comprenant que c’est la fin de sa liaison avec le comte de Saxe, Adrienne embrasse le bouquet avant de le jeter au feu.

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Le comte de Saxe arrive alors, et demande sa main à Adrienne, qui est folle de bonheur avant de s’effondrer dans d’atroces douleurs.

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On comprend alors que le bouquet, empoisonné, a été envoyé par la princesse qui voulait se venger de sa rivale. Adrienne meurt dans le bras de son amant.

Maria Callas, Mes opéras préférés

LE TURC EN ITALIE, de ROSSINI (1814)

Le Turc en Italie (Il Turco in Italia) de Rossini est le fruit d’une commande de la Scala de Milan, dont le sujet est proche d’un autre opéra de Rossini, l’Italienne à Alger, créé l’année précédente. Le livret de Romani est une adaptation d’un autre livret, Il Musulmano a Napoli, mis en musique par Süssmayer en 1794. L’ouvrage ne rencontrera pas le succès, les spectateurs croyant que Rossini avait dupliqué son ouvrage précédent.

Le pitch : Chassé-croisé amoureux pour Fiorilla qui n’hésite pas entre Geronio, Don Narciso et le Turc Selim, et Selim qui hésite entre Fiorilla et Zaida.

Ouverture :

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Acte I : Le poète Prosdocimo cherche un sujet de comédie quand il rencontre une troupe de bohémiens.

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Geronio, époux de Fiorilla, se fait dire la bonne aventure par Zaida. Celle-ci fait des prédictions fumeuses, où il est question d’un mari cornu, ce qui inquiète Geronio.

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Prosdocimo interroge Zaida, qui lui raconte que quelques années auparavant, elle faisait partie du sérail du sultan Selim Damelec. Selim, amoureux, voulait se marier avec elle mais ses rivales du harem ont trompé le sultan en lui faisant croire que Zaida était infidèle. Selim la condamna à mort, mais elle échappa à l’exécution grâce à son ami Albazar. À la fin de son histoire, le Prosdocimo lui dit qu’un prince turc doit arriver au soir pour étudier les mœurs européennes.

Fiorilla revendique son statut de femme libre.

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Le navire turc accoste et le dignitaire turc entonne un hymne à la belle Italie (et aux belles Italiennes). Il fait une cour enflammée à Fiorilla qui, charmée, semble en oublier son mari Geronio ainsi que son amant, Don Narciso, qui part se plaindre au poète.

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Geronio arrive et raconte qu’il a trouvé sa femme en train de boire le café avec un homme enturbanné, qui s’est présenté sous le nom de Selim Damelec (eh oui, il y a de tels hasards dans les livrets d’opéra.)

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Geronio rentre chez lui, et Selim le menace de son sabre. Fiorilla réussit à le convaincre que son mari est inoffensif. Selim retourne au rivage pour préparer sa fuite nocturne avec Fiorilla. Là, il rencontre Zaida, avec qui il se réconcilie. Le poète est content car il tient là une belle fin d’acte. Mais Fiorilla arrive à son tour et se prend de querelle avec sa rivale Zaida.

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Acte II : À l’auberge, Selim propose à Geronio de régler le problème « à la turque », en rachetant sa femme. Geronio préférerait la méthode italienne, soit une bonne correction. Selim menace d’enlever Fiorilla mais Geronio répond qu’il la défendra. Le poète se demande comment cette histoire va évoluer. On demande à Selim de choisir entre les deux femmes, mais devant son hésitation, Zaida décide de partir.

Le poète a imaginé un habile stratagème pour réunir les couples légitimes. Lors d’un bal masqué qui sera donné en l’honneur de l’étranger, Fiorilla et Zaida porteront le même déguisement, alors que Geronio, lui, sera coiffé d’un turban turc. Don Narciso décide de profiter de cette occasion. Il se déguise lui aussi en Turc pour rejoindre son amante Fiorilla alors que Selim fait la cour à Zaida qu’il prend pour sa rivale.

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Lorsque Geronio arrive, il trouve déjà deux couples et ne comprend plus rien. Il commence un esclandre avant de retourner à l’auberge où le poète lui explique son plan, et lui conseille de se séparer de sa femme.

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Fiorilla apprend donc que Selim veut repartir avec Zaida alors que son mari demande le divorce. Magnanime, Geronio lui pardonne, persuadé qu’il est qu’elle réussira à se corriger. Tout est bien qui finit bien pour le poète qui peut ainsi achever sa pièce.

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Cinéma, Mes opéras préférés

L’ANGE EXTERMINATEUR d’ADÈS (2016)

L’Ange exterminateur (The exterminating Angel) est le troisième opéra du compositeur anglais Thomas Adès (né en 1971). Créé en 2016 au Festival de Salzbourg, son argument est tiré du film (presque) surréaliste de Luis Buñuel datant de 1962, film que le compositeur avoue avoir connu et apprécié très tôt. Il a été repris dès 2017 par le MET. Dans cette œuvre, Adès a confié le chant de l’Ange exterminateur (que l’on ne voit jamais) aux ondes Martenot, ce qui donne un contrepoint très intéressant aux parties chantées.

Le pitch : Huis clos dans un intérieur bourgeois.

La musique commence avant même le début du spectacle, par des cloches que l’on entend dans le théâtre.

Acte I : À l’issue d’une représentation de Lucia di Lammermoor, un groupe de bourgeois sont invités à dîner chez Edmundo et Lucia Nobile, un marquis et son épouse. Avant que les invités n’arrivent, les domestiques quittent la maison.

Parmi les invités figurent Leticia, la cantatrice, Silvia, une duchesse veuve, Francisco, son frère, Blanca, une pianiste, et Alberto, son mari et chef d’orchestre. Beatriz et Eduardo son fiancé, un explorateur, un colonel et un docteur et le senor Russell.

Edmundo lève son verre à la cantatrice, mais Silvia et Francisco se moquent de la « fiancée vierge de Lammermoor ». Tout ce petit monde plaisante et s’amuse. Blanca se met au piano, Leonora flirte avec le docteur qui confie à un des hôtes que Leonora n’a plus que quelques heures à vivre. Quand Blanca a fini de jouer du piano, on demande à Silvia de chanter quelque chose.

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La soirée se termine et quelques invités s’apprêtent à partir. Lucia retrouve son amant, le colonel. Bizarrement, malgré l’heure tardive, personne ne part. Edmundo offre un couchage à ceux qui veulent rester. Eduardo et Beatriz s’apprêtent à passer leur première nuit ensemble.

Acte II : Le lendemain matin, tout le monde se réveille. Silvia raconte un cauchemar qu’elle a fait. Le docteur se rend compte qu’un des invités est à l’agonie. Julio, le maître d’hôtel (le seul domestique à être resté) à qui on demande de servir le petit-déjeuner annonce que les fournisseurs ne sont pas passés. Lucia veut conduire les femmes dans sa chambre pour une petite toilette matinale, mais elles ne parviennent pas à franchir le seuil de la pièce. Bianca s’inquiète pour ses enfants, mais n’arrive pas pour autant à partir.

Julio arrive avec du café, mais Francisco se plaint : il n’y a pas de cuillère à café, seulement des cuillères à thé, et comment pourrait-il touiller son café avec une cuillère à thé ? Julio, qui voudrait retourner à l’office, n’arrive pas lui non plus à franchir le seuil du salon.

Cliquez sur Francisco

Blanca se met au piano et commence une chanson étrange et envoûtante.

Cliquez sur un air étrange et envoûtant

Le soir, Russell est tombé dans le coma, et le docteur n’a pas de médicament pour le soigner. Les invités commencent à avoir peur : il n’y a plus rien à boire et l’extérieur semble les avoir oubliés. Soudain, Russel sort de son coma, soulagé de n’avoir pas été victime d’une « extermination ».

Beatriz ne veut pas mourir au milieu des autres, elle préférerait le faire seule avec son fiancé. Russell meurt pendant la nuit. Le docteur et le colonel cherchent à dissimuler le cadavre pendant qu’Eduardo et Beatriz les observent.

Cliquez sur Blanca, Silvia et Leticia

Acte III : À l’extérieur, une foule se presse devant la maison, surveillée par la police? Ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent entrer.

Lucia et Blanca creusent des trous dans le salon pour puiser de l’eau dans les tuyaux de la maison. Les invités se bousculent sans ménagement pour boire. Les relations entre les protagonistes se tendent et Raul accuse Francisco d’avoir une relation incestueuse avec sa sœur.

On commence à s’en prendre à Nobile, disant que tout ce qui se passe est de sa faute. Après tout, n’est-ce pas lui qui a eu l’idée de les inviter chez lui ?

Cliquez sur Lucia et le colonel

Leonora qui souffre de violentes douleurs demande au docteur de l’aider. Dans sa fièvre, elle est prise d’hallucinations et voit une main géante qui cherche à l’étrangler.

Le chef d’orchestre harcèle Leticia, mais détourne les soupçons sur le colonel.

Soudain, Yoli, le fils de Silvia, apparaît avec son précepteur, le père Sanson, et les domestiques disparus.

Edmundo essaye de faire griller de la viande dans son salon. Leonora cherche à accomplir un rituel avec Blanca et Letitia, mais celui-ci échoue. Leonora déclare qu’il faut du sang innocent. On découvre les cadavres d’Eduardo et de Beatriz.

Silvia croit bercer son garçon pour l’endormir et lui chante une berceuse étrange.

Cliquez sur Silvia

Petit à petit, l’idée d’un sacrifice humain se répand dans l’assemblée. Edmundo, l’hôte, est désigné comme coupable. Le docteur cherche à les faire changer d’avis, mais Edmundo se dit prêt pour le sacrifice.

Soudain, Leticia a une intuition, elle s’aperçoit que chacun se retrouve exactement à la place qu’il occupait au début. Elle demande à la pianiste de rejouer, à la chanteuse de rechanter. Quand celle-ci s’exécute, la situation redevient normale et les convives peuvent enfin se diriger vers le seuil du salon, au son d’un requiem. Mais parviendront-ils à sortir ?

(Source principale : la production de l’opéra de Paris de 2024, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

BEATRICE DI TENDA, de BELLINI (1833)

Vu récemment à l’opéra de Paris qui a exhumé cette partition non jouée depuis près de 190 ans, Beatrice di Tenda (Béatrice de Tende) est le dernier opéra écrit par Bellini pour l’Italie. La faiblesse de son livret (son librettiste, Romani, était trop occupé pour soigner son travail), peut expliquer son échec à Venise où il ne connaîtra que trois représentations. Fatigué par la censure que l’occupant autrichien faisait régner en Italie et blessé par cet échec, Bellini décidera de quitter son pays pour tenter sa chance en France.

Le pitch : À Milan où règne un tyran, Filippo (baryton), la femme de celui-ci, Béatrice (soprano) est aimée d’un révolutionnaire, Orombello (ténor). Filippo n’aime plus Beatrice et lui préfère Agnese (mezzo). Agnese aime Orombello. Se rendant compte que lui ne l’aime pas, elle va par jalousie trahir Orombello et Beatrice pour se rapprocher de Filippo.

On est donc en plein dans le schéma (S+T/B+M) de l’opéra vu par G.-B. Shaw où une soprano et un ténor s’aiment, mais leur amour est contrarié par un baryton et une mezzo.

Acte I : Filippo quitte une fête qu’il donne dans son palais. Il n’aime plus sa femme Beatrice, qui lui a pourtant apporté sa richesse en dot, quand il était encore idéaliste. Il lui reproche de s’intéresser aux beaux jeunes hommes qui constituent les forces vives de son duché. Filippo aime à présent Agnese, une jeune progressiste qu’il entend chanter dans le lointain, accompagnée par Orombello.

Agnese attend près du palais quand arrive Orombello qui cherche Beatrice pour traiter d’affaires. Agnese, qui aime Orombello, fait parler le jeune homme qui finit par lui avouer qu’il aime Béatrice. Jalouse, furieuse, Agnese va se venger.

Cliquez sur Agnese et Orombello

Dans ses jardins, Beatrice sait que Filippo va la faire arrêter pour se débarrasser d’elle. Ses femmes de compagnie essaient de lui remonter le moral. Beatrice s’excuse d’être la cause de leurs souffrances et de celles du peuple, victimes de la tyrannie de Filippo qui a oublié les idéaux de sa jeunesse. Elle chante un chant de résistance et de solidarité.

Cliquez sur Beatrice et les demoiselles

Quand Filippo entre, Beatrice se retire. Rizzardo, le frère d’Agnese souligne son manque de respect. Agnese apporte à Filippo ce qu’elle présente comme des preuves de la trahison de Beatrice. Filippo ordonne à ses gardes de lui amener sa femme. En larmes, celle-ci lui reproche les années de souffrance que lui a valu sa jalousie. Filippo veut traîner sa femme devant le tribunal pour la faire condamner.

Cliquez sur Filippo et Beatrice

Beatrice, seule dans le jardin, pense à son premier mari. Elle se sent si seule. Orombello arrive et lui dit que non, elle n’est pas seule. Un mouvement populaire se prépare contre le tyran, et il lui propose d’en prendre la tête. Il finit par avouer son amour à Beatrice qui, d’abord horrifiée, finit par s’avouer qu’elle aussi aime Orombello. Filippo, caché, a tout entendu et les fait arrêter.

Acte II : Alors que les hommes sortent d’une séance de torture d’Orombello, les femmes leur demandent ce qu’ils ont vu. Ils sont très gênés de dire qu’on lui a crevé les yeux et rompu les os. Sous la souffrance, Orombello a fini par avouer son adultère avec Beatrice.

Cliquez sur le chœur

Filippo veut croire que ses actes sont faits au nom de la justice. Anichino, le frère d’Orombello l’avertit du soulèvement populaire qui s’annonce. Filippo ordonne qu’on ferme les issues du palais.

Le procès truqué de Béatrice commence. Agnese y assiste sans pouvoir se réjouir du tout qu’ont pris les choses. On fait venir Orombello qui, devant Beatrice, crie son innocence, que ses aveux lui ont été arrachés sous la torture. Beatrice lui chante une chanson tendre, le suppliant de ne pas mourir. Devant cette scène, Filippo commence à être pris de compassion, mais les jurés, qu’il a payés pour faire condamner sa femme, ne veulent pas céder, et ordonne que l’on torture Beatrice à son tour.

Agnese, honteuse, tente de fléchir Filippo mais celui-ci, qui ne pense qu’à elle, lui répond que la couronne de Beatrice lui appartiendra bientôt.

On entend dans les coulisses les cris de Beatrice, qui n’avouera rien. Quand on demande à Filippo de signer la condamnation à mort de sa femme, il ne peut pas. Mais la révolte qui couvait éclate. Filippo signe alors la condamnation de Beatrice.

On fait venir Beatrice brisée, mourante, mais qui se réjouit que des jours meilleurs vont bientôt arriver. Émue, Agnese se précipite et avoue son forfait et demande son pardon. Beatrice ne veut pas lui pardonner. On entend au loin la voix d’Orombello mourant, mais qui a encore la force de chanter la force du pardon. Beatrice pardonne à son tour à Agnese.

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Beatrice meurt.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2024 et le programme associé.)

Contes et légendes, Mes opéras préférés

ZÉMIRE ET AZOR, de GRÉTRY (1771)

Zémire et Azor est une comédie-ballet de Grétry, composée sur un livret de Marmontel. Elle a été créée en 1771 devant le roi (Louis XV) et la Dauphine (Marie-Antoinette). Cette pièce a connu un grand succès et a été jouée un peu partout en Europe.

Le pitch : la Belle et la Bête au pays des mille et une nuits. Un riche marchand, Sander, a trois filles : Fatmé, Lisbé et Zémire. Avant de partir en voyage sur la mer, il a promis à ses filles des bijoux et des parures. Zémire, elle, n’a demandé à son père qu’une rose. Après un naufrage, le marchand a tout perdu. Il est jeté sur la côte avec son serviteur, Ali, et se retrouve dans un palais aussi étrange qu’inquiétant. Voyant un rosier, il cueille la rose promise à Zémire quand un être affreux apparaît, en colère, lui demandant pourquoi il a volé une de ses roses. C’est Azor, qu’une fée a transformé en être hideux et repoussant. Il ne pourra reprendre forme humaine que s’il réussit à inspirer un amour sincère à une jeune fille, et croyez-moi, c’est mal parti pour lui !

Acte I : Après avoir été jetés sur la côte, Sander et Ali sont pris dans un orage. Ils se réfugient dans un palais, où un festin somptueux apparaît comme par magie. Voyant un rosier, Sander cueille une rose pour sa fille Zémire quand apparaît un monstre. C’est le prince Azor, maître de ce château. Sander explique qu’il ne pensait pas à mal et qu’il a cueilli cette rose pour sa fille. (Air: « la pauvre enfant »).

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Sander doit payer ce vol de sa vie, mais il obtient d’Azor de revoir ses filles, et si l’une d’elles veut prendre sa place, il aura la vie sauve.

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Acte II : Les trois sœurs attendent leur père et les cadeaux qui vont avec. Sander arrive, et leur annonce qu’il est ruiné.

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Alors que Fatmé et Lisbé se désolent, Zémire reçoit avec bonheur la rose promise par son père (Air : « Rose chérie »).

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Elle comprend que quelque chose le tracasse et, interrogeant habilement Ali, lui fait avouer le funeste pacte qui lie à Sander à Azor. Elle profite du sommeil de son père pour partir avec Ali chez Azor.

Acte III : Dans son palais, Azor se plaint du sort qu’une fée lui a infligé : seul un vrai amour pourra le délivrer de son apparence monstrueuse. Mais comment se faire aimer quand on est si laid ? Zémire arrive dans le palais, mais la vue d’Azor la fait frémir d’horreur. Pourtant, elle est prête à l’écouter si elle ne le regarde pas. Elle se laisse convaincre par la dignité et la douceur de son discours (Air : « du moment qu’on aime »),

Cliquez sur Azor

Zémire, émue, accepte de chanter pour lui (Air : « la Fauvette et ses petits »).

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Alors qu’elle s’inquiète de sa famille, Azor la fait apparaître dans un tableau magique, et Zémire peut constater que son père meurt d’inquiétude pour elle. Azor accepte de la laisser partir pour revoir son père, et lui confie un anneau magique. Elle doit revenir avant la nuit et si elle retire cet anneau, elle sera transportée dans le château d’Azor. Sinon, elle restera parmi les siens, et Azor, trahi, n’aura plus qu’à mourir.

Acte IV : Zémire rassure son père, et lui annonce son intention de retourner chez Azor, qu’elle appelle son ami. Son père, redoutant quelque diablerie, essaye de la retenir. Pendant ce temps, Azor se morfond en son château (Air : « le soleil s’est caché »).

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La nuit approche et Azor ne voit pas revenir Zémire. Soudain, celle-ci arrive, et Zémire finit par lui avouer son amour. Désormais, le charme est rompu, Azor redevient un prince tout à fait charmant, et offre à Zémire son amour et son trône. La fée fait revenir auprès d’elle sa famille, tout en proclamant la supériorité de la bonté sur la beauté.

(Source principale : la production de 2023 de l’Opéra-Comique, et le livret qui va avec.)

Mes opéras préférés

LE VIOL DE LUCRÈCE, de BRITTEN (1946)

Deuxième opéra de Britten, créé en 1946 au festival de Glyndebourne. C’est Britten lui-même qui a qualifié son œuvre d’opéra de chambre, en raison de son effectif orchestral réduit. Il y délivre un message d’espoir après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Le rôle de Lucrèce a été écrit pour la grande contralto Kathleen Ferrier.

Le pitch : Le tyran Tarquinius viole la chaste Lucrèce, la femme d’un de ses généraux. Au retour de son mari, Lucrèce, honteuse, se donne la mort.

Prologue : Le chœur (au sens de chœur antique), chanté par un homme et une femme plantent le décor politique. Dans la Rome antique, la ville est dirigée par le prince Étrusque Tarquinius (Tarquin le superbe) qui s’est emparé du pouvoir. Sous son règne, Rome est tombée dans la dépravation. Pendant tout l’opéra, le chœur interviendra pour commenter la situation. (Duo : « Rome is now ruled by the Etruscan upstart« )

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Acte I : En campagne, les généraux Collatinus et Junius boivent avec l’Étrusque Tarquinius. La veille, des officiers sont rentrés à Rome plus tôt pour savoir si leurs épouses étaient fidèles en leur absence, mais seule Lucrèce, la femme de Collatinus, est restée chaste, attendant son mari à la maison. (Air : « Who reaches heaven first« )

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La beuverie dégénère en dispute. Junius insulte Tarquinius, qui lui rappelle qu’il est prince de Rome. On porte un toast à la chasteté de Lucrèce, ce qui rend Junius fou de honte et de jalousie. Il cherche à influencer Tarquinius, insinuant que si Lucrèce est restée vertueuse, c’est qu’elle n’a pas eu l’occasion de tromper son mari. (Air : « There goes a happy man ! »)

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Tarquinius hésite, mais le désir le gagne, et il se rend au domicile de la sage Lucrèce.

Interlude : Tarquinius chevauche vers Rome dans la nuit.

Lucrèce discute avec sa nourrice Bianca et sa servante Lucia, qui filent la laine, avant de se préparer pour la nuit (Trio : Their little wheel revolves).

Cliquez sur les fileuses

Au moment où elles vont se coucher, on frappe à la porte. C’est Tarquinius qui demande l’hospitalité pour la nuit, ce qui étonne les femmes, le palais de Tarquinius n’étant pas loin. Lucrèce le fait entrer et lui sert du vin. Tous se séparent en se souhaitant bonne nuit (ensemble : « Now still night to sound adds separate cold echo« ).

Acte II : On entend les Romains se plaindre de l’occupation étrusque (Chœur : « he Etruscans’ prosperity was due »).

Lucrèce est endormie. Tarquinius s’approche du lit, loue sa beauté, et cherche à l’éveiller par un baiser. Lucrèce se réveille, et Tarquinius lui fait part de son violent désir pour elle. Lucrèce se défend et le repousse. Tarquinius la menace de son épée, et finit par la violer. (Air : « Lucretia ! What do you want ? »).

Le chœur pleure sur le sort de Lucrèce (Chœur : « Here, in this scene, you see »).

Bianca et Lucia se sont levées de bonne humeur et préparent un bouquet avec les fleurs du jardin (Duo : « Oh, what a lovely day ! »).

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Quand Lucrèce apparaît, elle semble frappée de folie. Arrangeant le bouquet, elle compare les fleurs aux femmes : « Seules les fleurs sont chastes ». Elle envoie un message à Collatinus accompagné d’une des fleurs (Air: « give him this orchid »).

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Bientôt, Collatinus et Junius arrivent. Informé par Junius du projet de Tarquinius, il est accouru aussitôt. Mais Lucrèce ne l’écoute pas. Elle ne parle que de sa honte, qu’elle ne pourra jamais oublier. Collatinus lui dit qu’elle est innocente, mais pour elle, Tarquinius a déchiré le voile de leur amour. Elle finit par se tuer sous les yeux de son mari (Air : « Lucretia ! Oh, never again »).

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Junius appelle les Romains à se rebeller contre Tarquinius (Air : « This dead hand lets fall« ).

Le chœur conclut l’opéra par une prière.

(Sources principales : programme du Théâtre des Arts de Rouen & DVD de l’EoN)

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Cinéma, Mes opéras préférés

QUADROPHENIA, by The WHO (1973)

Écrit 4 ans après leur premier opéra rock, Tommy, Quadrophenia est à l’origine un double album concept, à la pochette richement illustrée de photos en noir et blanc, racontant la vie de Jimmy, un jeune mod*, qui a du mal à trouver sa place dans la société anglaise des années 1960, sur fond de rivalités entre mods et rockers.

*Mod : MOD est l’abréviation de jeune, beau et con. Nous sommes tous passés par là (Pete Townshend).

Un film a été réalisé en 1979 sous le titre Quadrophenia.

En fait, Jimmy est schizophrène, et a du mal à faire cohabiter ses différentes personnalités. Musicalement, cela se traduit par quatre leitmotivs différents, portés par chacun des 4 membres des Who. Le titre Quadrophenia s’explique donc par l’utilisation de la quadriphonie, qui venait d’apparaître, et les quatre personnalités qui sont dans la tête de Jimmy le schizophrène.

Ainsi, le thème de Pete Townshend se retrouve dans les titres A beggar, an hypocrite, love, reign o’er me.

Le thème de Roger Daltrey se trouve dans les titres A tough guy, Helpless dancer

Le thème de John Entwistle est présent dans les titres A romantic, is it me for a moment?

Et le thème de Keith Moon sous-tend les titres A bloody lunatic, I’ll even carry your bags, Bell boy.

La première partie décrit la vie solitaire de Jimmy au milieu de sa famille, de son travail, de son psy et de son groupe de mods. (Titre the real me)

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Quand ses parents trouvent dans sa chambre des pilules d’amphétamines, ils le chassent de la maison. Jimmy prend alors une forte dose et monte dans le train de 5 h 15 pour Brighton (Titre 5:15).

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À Brighton, il rencontre dans un hôtel un ancien leader des mods, qu’il admirait, et qui est devenu simple groom (Titre Bell Boy).

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C’est une grande déception pour Jimmy qui, après avoir perdu ses parents et sa petite amie voit ainsi disparaître ses idéaux. Il vole un scooter et part sur la falaise sous la pluie (Titre Love reign o’er me).

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Mes opéras préférés

LA PÉRICHOLE, d’OFFENBACH (1868)

La Périchole est une opérette d’Offenbach écrite sur un livret des joyeux duettistes Meilhac et Halévy. L’argument en est tiré d’une comédie de Prosper Mérimée, le Carosse du Saint-Sacrement, contenue dans le Théâtre de Clara Gazul.

Initialement composée de deux actes, un troisième acte a été rajouté à la reprise en 1874.

Le pitch : À Lima, un chanteur et une chanteuse de rues réussissent à duper le vice-roi du Pérou, coureur de jupons impénitent.

Acte I : Le vice-roi du Pérou sort incognito de son palais, pour savoir ce que son peuple pense de lui. Il espère bien ausi pouvoir s’occuper d’une p’tite femme dans un petit pied-à-terre qu’il possède en ville.

Cliquez sur le vice-roi incognito

Pendant ce temps, la Périchole et son amant Piquillo chantent sur la place, mais ne rencontrent guère de succès. Dommage, car ils auraient besoin d’argent pour se marier.

Cliquez sur la Périchole et Piquillo

Pendant que Piquillo fait la quête, la Périchole s’endort. Le vice-roi de retour est frappé par la beauté de la jeune femme et lui propose de devenir demoiselle d’honneur de la vice-reine. La Périchole accepte, et écrit une lettre à Piquillo pour l’assurer de son amour.

Cliquez sur la Périchole un peu grise

Désespéré, Piquillo veut se pendre, mais heureusement, un gentilhomme de la Cour, qui cherchait un mari pour la (future) favorite du vice-roi, lui propose ce mariage. Piquillo, qui a trop bu, accepte et le voilà marié à la Périchole, sans même qu’il s’en soit rendu compte.

Acte II : Le lendemain, Piquillo annonce qu’il aime une autre femme que celle qu’on lui a fournie, mais avant de retrouver la Périchole, il doit présenter officiellement sa femme au vice-roi. Quand il se rend compte que la Périchole est la maîtresse du vice-roi, il se met en colère et se retrouve illico au « cachot des maris récalcitrants ».

Cliquez sur le vice-roi et la Périchole

La Périchole réussit toutefois à le faire libérer. Réunis, ils chantent leur malheur devant le vice-roi qui, ému, les laisse partir ensemble.

Cliquez sur la Périchole

Acte III (variante de 1874) : La Périchole rend visite à Piquillo dans son cachot. Elle informe son mari que son honneur est sauf et qu’elle va soudoyer le geôlier. Quand celui-ci arrive, on se rend compte que c’est le vice-roi déguisé. Il fait enfermer la Périchole avec son mari et s’en va. Un vieux prisonnier les aide à s’évader par un tunnel qu’il a creusé.

En ville, les trois évadés sont repérés par la garde qui prévient le vice-roi. Nos deux héros lui chantent leurs malheurs et le vice-roi, ému, les laisse se marier et avoir des enfants qui grandiront car ils sont espagnols (gnols gnols gnols).

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Mes opéras préférés

SALOME, de STRAUSS (1905)

Personnage cité dans les Évangiles, mais pas nommé, Salomé devient à la fin du XIXe siècle l’archétype de la femme enfant fatale, avec Mallarmé, Baudelaire, Flaubert, et les tableaux de Gustave Moreau qui lui donneront un visage. C’est enfin Oscar Wilde qui fixe sa légende en 1891, dans une pièce écrite en français. Une représentation de cette pièce à Berlin donnera à Strauss l’idée de mettre cette histoire en musique et de composer son opéra vénéneux.

Salomé a été créé à Dresde avec succès fin 1905, avant de connaître l’hostilité des publics de Berlin, Londres et New York, la pièce étant jugée sulfureuse et immorale.

Notons que Salomé avait déjà inspiré un opéra à Massenet (Hérodiade, 1881)

Le pitch : Salomé, fille d’Hérode et Hérodias, est amoureuse du prophète Jochanaan qui le premier a éveillé sa sensualité. Ne parvenant pas à se faire aimer de lui, elle réclame sa tête, transformant sa pulsion sexuelle inassouvie en pulsion de mort.

Scène I : Dans le désert, alors que le tétrarque Hérode offre un festin, les gardes parlent de la beauté de la princesse Salomé, la belle-fille d’Hérode. Leur capitaine, Narraboth, n’a d’yeux que pour Salomé. Le page d’Hérodiade, comparant la beauté de la lune à celle de Salomé, pressent quelque malheur.

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Naraboth ne l’écoute pas et n’entend pas plus les prophéties de Jochanaan, un prophète enfermé dans une citerne qui annonce l’arrivée du Messie.

Cliquez sur Naraboth

Scène II : Salomé apparaît, fuyant le regard lubrique de son beau-père. Elle compare la beauté de la lune à celle d’une vierge chaste et pâle. La voix de Jochanaan se fait entendre, jetant l’anathème sur sa mère, Hérodiade. En entendant cette voix, Salomé est saisie d’une violente pulsion de voir le prophète, malgré l’interdiction du Tétrarque. Consciente de l’effet qu’elle produit sur Narraboth, elle s’arrange pour qu’il lui ouvre la citerne où Jochanaan et le fasse sortir.

Cliquez sur Salomé et Jochanaan

Scène III : Sortant de la citerne, Jochanaan défie Hérode, et insulte Hérodias. Fascinée, Salomé exprime le désir de toucher le corps et les cheveux du prophète, de baiser sa bouche, mais le prophète la repousse. Désespéré de ne pas exister pour la princesse, Narraboth se tue. Jochanaan lui dit de chercher le seul homme qui peut la sauver et pardonner ses péchés, mais Salomé ne l’écoute pas. Il maudit Salomé avant de retourner en prison dans sa citerne.

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Scène IV : Hérode et Hérodiade arrivent, cherchant Salomé. Hérodiade reproche à Hérode sa manière de regarder Salomé. Il répond en regardant la lune, la comparant à une femme hystérique. Il découvre le cadavre de Naraboth et un soldat lui apprend qu’il s’est tué. Il invite Salomé à boire et manger avec lui. La foule des juifs et des Nazaréens commence une dispute sur la venue du sauveur, sur fond d’imprécations du prophète. Le prophète reprend ses imprécations. Hérodiade demande qu’on le fasse taire, puis qu’on le remette aux juifs, qui se lancent alors une dispute théologique. Hérode demande à Salomé de danser pour lui. Elle refuse, mais il lui promet de lui donner ce qu’elle demandera si elle s’exécute. Salomé commence une danse provocante, où elle se défait un à un de ses voiles (Célébrissime danse des sept voiles).

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À la fin, Hérode lui demande ce qu’elle veut. Comme prix de sa danse, elle réclame qu’on lui apporte la tête de Jochanaan sur un plateau d’argent. Hérodiade est enchantée, mais Hérode refuse, lui propose des bijoux, tout ce qu’il a de précieux. Salomé insiste et Hérode finit par céder. On apporte la tête du prophète à Salomé, qui l’embrasse sur la bouche, en lui faisant une déclaration d’amour. Horrifié, Hérode ordonne que l’on tue Salomé.

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Cinéma, Mes opéras préférés

LES AILES DU DÉSIR, de LOUATI (2023)

Les Ailes du désir d’Othman Louati, sur un livret de Gwendoline Soublin, est une commande de la Co[opéra]tive, une association de 6 lieux de théâtre. Il s’agit d’une adaptation du merveilleux film de Wim Wenders, en V.O. Der Himmel über Berlin (Le Ciel au-dessus de Berlin) datant de 1987, film qui a obtenu le prix de la mise en scène à Cannes. L’œuvre a été créée le 9 novembre 2023 à Dunkerque et sera donnée dans tous les théâtres de la Co[opéra]tive soit Quimper, Compiègne, Besançon, Rennes et Tourcoing.

Louati les Ailes du désir itw LouatiCliquez sur le jeune et brillant compositeur

Au début de l’œuvre, les humains sont représentés par des marionnettes (3 marionnettistes pour animer une marionnette, plus le chanteur qui chante dans l’ombre à côté d’eux. Petit à petit, les marionnettes disparaîtront et les rôles seront tenus par des humains.

Louati les Ailes du désir marionnettesCliquez sur la marionnette et ses marionnettistes

Le pitch : Dans le Berlin des années 1950, deux anges veillent sur les humains, écoutant leurs pensées. L’une des deux décide de perdre son statut d’ange pour vivre aux côtés d’une jeune trapéziste, Marion.

Premier tableau : Quand l’enfant était enfant # 1. Les deux anges Cassiel et Damielle se remémorent les temps primitifs.

Louati les Ailes du désir Damielle

Deuxième tableau : Âmes berlinoises mêlées # 1. Sur un très beau fond d’ombres chinoises, les Berlinois déambulent et on entend leurs pensées. Présentation de 3 personnages principaux : la mère sans insouciance, l’aimant jamais aimé et le mendiant en strass.

Louati les Ailes du désir image scène 1

Troisième tableau : La Bibliothèque # 1, présentation de la lectrice.

Quatrième tableau : Âmes berlinoises # 2 : présentation de l’enfant et du vieux rescapé. Arrivée du cirque.

Cinquième tableau : Le cirque, Marion, la directrice du cirque et l’employé.

Louati les Ailes du désir image scène 5

Sixième tableau : À l’extérieur du cirque, à côté du Mur de Berlin. Peter, un jeune graffeur qui exerce ses talents sur le Mur, sent la présence des anges et essaye d’entrer en contact avec eux.

Septième tableau : Quand l’enfant était enfant # 2.

Huitième tableau : En ville #1. Damielle suit Marion qui déambule en ville. (Scène musicale).

Neuvième tableau : Le Mur # 2. Les passants regardent le Mur graffé par Peter. On entend leurs pensées. L’aimant jamais aimé saute du toit d’un immeuble et se tue.

Dixième tableau : La bibliothèque # 2. Damielle est venu dire au revoir à Cassiel. Sa décision est prise, elle va rejoindre le monde des humains.

Onzième tableau : En ville # 2. Damielle découvre de nouvelles sensations dans son corps d’humain.

Douzième tableau : Le Mur # 3. Peter reconnaît Damielle et révèle que lui aussi, avant, était un ange.

Treizième tableau : Au club. Peter et Damielle entrent ensemble dans un club. Marion y est présente et écoute la chanteuse, qui est la mendiante en strass.

Louati les Ailes du désir image scène 12

Quatorzième tableau : Quand l’enfant était enfant # 3. Cassiel dit ce qu’il a vu, deux corps se fondre dans la nuit électrique. Il se demande si lui aussi saura un jour ce qu’aucun ange ne sait. Rideau.

(Sources principales : La création au Bateau Feu à Dunkerque, le 9 novembre 2023, et le livret. Les images viennent de différents sites internet et peuvent faire l’objet de droits d’auteur.)