On a retrouvé récemment, dans la bibliothèque de l’Opéra de Saint-Glinglin, un inédit de Mallarmuche. Il s’agit de la première version du sonnet en « IX », datée du 1er avril 1868. Dans ce premier jet, Mallarmé avait choisi des rimes en « OX » et non les fameuses rimes en « IX » comme de la version qu’il a finalement retenue.
Ses purs ongles très haut dédiant leur inox,
L’angoise ce minuit soutient, lampe au phosphore,
Maint rêve vespéral brûlé par le botox,
Que ne recueille pas de cinéraire en or.
Sur les crédences, au salon vide, nulle infox
Aboli bibelot d’inanité encore
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Stox,
avec ce seul objet dont le néant sonore.)
Mais proche la croisée au nord vacante, un tort
Agonise selon peut-être le trésor
des licornes ruant du feu sur le fort Knox
Elle, défunte nue, en ce miroir si belle
Qui dans l’oubli formé par le cadre se fox
Trot scintillant comme un quatuor.
Citations musicales :
Leur inox : Chostakovitch, Lady Macbeth de Mzensk, scène dans la boucherie industrielle.
Nulle infox : Rossini, le Barbier de Séville « Air de la calomnie ».
Le trésor : Wagner, Siegfried scène où Siegfried tue le dragon veillant sur son trésor.
En ce miroir si belle : Gounod, Faust air des bijoux.
Fox Trot : Art Hickman, Rose room fox-trot
Vous pouvez retrouver ici d’autres articles publiés un 1er avril :
Havre & Caumartin (2019)
L’opéra de Saint-Glinglin s’invite chez vous (2020)
Arnoldo Poivrieri (1755 – 1825) (2021)
La Fée nommée mène au logis (de l’esprit) (2022)
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Bravo Jean-Louis pour ce joli post de 1er avril très réussi !
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Merci Françoise.
Je pense que les musicologues devraient se pencher sur la bibliothèque et les archives de l’Opéra de Saint-Glinglin, il y a certainement encore des pépites à trouver !
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Aboli bibelot d’inanité si pure
(Car tel le coolie maçon, le maître pleure au pied du mur
avec ce seul objet dont le néant sulfure)
Mais proche la croisée au nord vacante, un futur
Agonise selon peut-être, seule aventure
des licornes ruant du feu elles, seules monture
Elle, défunte nue, en ce miroir si jolie figure
Qui dans l’oubli formé par le cadre se fissure
Trot scintillant comme toute littérature.
il manque à ceci la confiture, qui s’étale le plus le moins qu’on en a.
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Waaaah ! Le sonnet en « Ur » de Mallarmuche, que l’on croyait défintivement perdu !
Où l’as-tu trouvé, Jérôme ? Dans les archives oubliées de l’Opéra de Saint-Glinglin ?
Bonne soirée.
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j’l’ai trouvé dans la doublure
de la vêture
d’Estèban dé Mallarmure
🙂
bonne soirée, Jean-Louis
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Un chouette billet, qu’Arnoldo Poivrieri de renierait pas.
John Duff
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Il semblerait qu’Arnoldo Poivrieri ait été approché pour mettre en musique, par anticipation, ce sonnet, mais pour des raisons inconnues, il a décliné cette offre.
Bonne journée, John Duff.
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