Ce mois-ci, c’est Tiniak qui s’y colle pour l’Agenda Ironique de l’été
La chaleur ne fait pas fondre que le bitume, elle dilate aussi les heures qui s’allongent, non sans une pointe d’ironie, sur les agendas calendaires.
Aussi bien, notre atelier familier (L’Agenda Ironique) se complaît à jouer les prolongations et s’étire déjà jusqu’à la fin août, autour de ce thème générique : la parenthèse.
À chanter, peut-être ?
C’est vous qui (pour— ) voyez…
Ce que vos textes mettront entre parenthèses vous appartient, en propre et au figuré.
Belle ironie de la forme : c’est précisément ce qui se trouve dans cet intervalle qui attirera notre attention !
Que vous optiez pour un style journalistique, romantique, poétique (ou… musical ?), il vous faudra intégrer, dans votre contribution [au lien idoine vers sa publication, dûment déposé en commentaire de ce post] :
- autant de synonymes de « parenthèse » qu’il vous plaira ;
- votre adaptation de cette citation : « J’ouvre une parenthèse. Si vous avez un peu trop d’air, je la refermerai tout de suite. » (Alphonse Allais) ;
- ces quelques mots ou expressions au choix (au moins trois) : Sophie tourne de l’œil — carabistouilles — pépite — ordoncques — pâte à ballon — Avoir l’air d’un âne qui vole — Antenne 2 — Monaco — dispensaire.
Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué sur son site : Un crochet vers l’A.I. de l’été ? — poLétique et tocs
Tout d’aborrd, j’ouvrre une parrenthèse avec un peu d’histoirre (si vous avez trop d’R, vous pouvez en enlever, de toute manière, je ne manque pas d’R.). Or donc, à la fin du XVIIe siècle à Naples, qui est la patrie de la commedia dell’arte, on avait pris l’habitude d’insérer aux entractes des opéras des intermèdes légers ou des ballets. Ces intermèdes étaient comme une parenthèse dans l’opéra principal et ont fini par prendre leur autonomie avec la création de l’opera buffa (opéra bouffe).
Ainsi, La Servante Maîtresse (La Serva Padrona) est un intermezzo de Pergolèse datant de 1733, qui a joué un rôle dans la querelle des bouffons. En effet, Rousseau, dont l’opéra le Devin du Village s’était fait démolir par Rameau, lui donnant l’air d’un âne qui vole, décréta que la seule vraie et bonne musique était la musique italienne, arguant que le français n’était pas une langue chantée. Que de carabistouilles de la part de notre philosophe genevois !
Si l’opéra buffa a connu quelque fortune, les intermèdes ont à peu près disparu. On en retrouve la trace chez Mascagni dans son Cavalleria Rusticana (1890)
ainsi que chez Richard Strauss, avec son opéra Intermezzo (1924).
En 1935, Alban Berg place un interlude orchestral en forme de palindrome musical à l’exact milieu de son opéra Lulu (qui, soit dit en passant, se passe en partie dans un dispensaire).
Une autre forme de parenthèse est l’incise, qui est une proposition insérée dans une phrase pour exprimer un détail de la pensée. Peut-être est-ce en pensant à Berg que son presque élève, Pierre Boulez, a écrit la pièce Incises, qui sera elle-même développée dans une autre pièce, Sur incises.





Excellentes incises, tes inclusions des consignes agendaires !J’ai tout particulièrement goûté l’interlude d’Alan Berg et son double palindrome, lequel n’a rien à envier au ‘Tomorrow never knows’ de mes très chers Beatles (alors au top de leur inventivité).Rhalala… trop fan de toi 🤓👌
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Elle fait du bien, cette petite parenthèse estivale dans ce monde pressé.
Pour les palindromes musicaux, il me semble que Mozart en a écrit un : quand on arrive en bas de la partition, on la retroune de bas en haut et on joue la suite.
J’ai aussi trouvé ça : https://www.youtube.com/watch?v=WcPvRtVLRQ0
Bonne journée, Tiniak.
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