Mes opéras préférés, Mythologie

LES TROYENS, de BERLIOZ (1858)

Les Troyens est un vaste opéra de Berlioz. Berlioz, qui connaissait très bien l’Énéide de Virgile, en compose lui-même le livret. Commande de l’opéra de Paris, la partition des Troyens est jugée injouable par l’orchestre, et la première représentation, partielle, a lieu le 4 novembre 1863 au Théâtre lyrique. Il faudra attendre 1899 pour que la première partie, la Prise de Troie, soit donnée à l’Opéra et 1919 pour l’exécution de la deuxième partie, les Troyens à Carthage.

La prise de Troie.

Acte 1 : À Troie, les Troyens s’apprêtent à faire la fête, car après dix ans de siège, les Grecs sont partis et la cité est sauve. La famille du roi Priam est prête, mais seule Cassandre ne cède pas à la liesse. Elle a le pressentiment d’un danger pour la ville, mais personne ne l’écoute. Même son fiancé, Chorèbe, n’arrive pas à la comprendre.

Cliquez sur Chorèbe
Cliquez sur Cassandre

Priam décide une cérémonie funèbre à la mémoire de son fils Hector, tué pendant la guerre de Troie. Énée n’accepte pas le gouvernement de Priam et rêve d’autre chose pour la ville de Troie. Il verrait bien son fils Ascagne comme héritier du régime, mais c’est Astyanax, le fils d’Hector et Andromaque, que Priam choisit pour lui succéder.

Les Grecs ont laissé en partant une offrande rituelle à la porte de la ville : un immense cheval de bois. Les Troyens s’apprêtent à la faire entrer dans la ville quand Énée apporte une terrible nouvelle. Le prêtre Laocoon, qui se méfiait des Grecs, même porteurs de présents, a été assassiné. Priam et son entourage sont frappés de stupeur, mais ils décident quand même d’accepter le cadeau des Grecs (octuor et double chœur : « Châtiment effroyable ».)

Cliquez sur l’octuor et le double chœur

Seule Cassandre continue à jouer les Cassandre en prédisant un grand malheur, mais les Troyens n’en ont cure et font entrer le cheval géant dans la ville.

Cliquez sur Cassandre

Acte II :

Le cheval de Troie n’était qu’un piège grossier de la part des Grecs, piège dans lequel les Troyens ont plongé. Des soldats étaient cachés à l’intérieur du cheval. Ils en sortent pendant la nuit et ouvrent les portes de Troie à l’armée grecque. Priam et sa femme Hécube sont tués. Créuse, la femme d’Énée, se suicide.

Énée cherche à la ramener à la vie quand il voit le fantôme d’Hector qui l’exhorte à quitter Troie et à se rendre en Italie pour y fonder une nouvelle Troie. Panthée, un ami d’Énée et Chorèbe lui demandent de prendre les armes contre les Grecs.

Les femmes troyennes reconnaissent que Cassandre avait eu raison et regrettent de ne pas l’avoir écoutée. Cassandre leur demande de la rejoindre de la mort pour ne pas tomber aux mains des soldats grecs. Elle se suicide et Énée fuit la ville en flammes.

Cliquez sur le chœur des Troyennes

Les Troyens à Carthage.

Acte III :

À la suite de l’assassinat de son mari, la reine Didon a quitté Tyr et se retrouve à Carthage.

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Anna, sa sœur, lui dit que sa vie n’est pas finie, et qu’elle peut encore se remarier, ce que Didon refuse de faire par fidélité à son mari.

Énée et ses compagnons abordent à Carthage. Ascagne présente les Troyens à Didon. On apprend qu’un féroce Africain, Iarbas, menace Didon et Carthage. Énée offre ses services pour les défendre contre l’Africain.

Cliquez sur le final de l’acte III

Acte IV :

Didon semble éprouver de l’amour pour Énée, ce qu’Anna voit d’un bon œil. Didon demande à Énée de lui parler de Troie. Énée lui dit qu’Andromaque a épousé Pyrrhus, le fils du meurtrier de son époux et lui-même meurtrier de Priam et Hécube. Didon sent faiblir sa fidélité à son défunt mari Sychée et elle perd sa bague de mariage (Duo: « Nuit d’ivresse et d’extase infinie »).

Cliquez sur Didon et Énée

Mais Énée ne peut rester, car il entend les fantômes des Troyens morts qui lui ordonnent de quitter Carthage pour accomplir son destin, fonder une nouvelle Troie en Italie.

Acte V :

Énée hésite à partir sans un ultime adieu à Didon (Air: « Inutiles regrets »).

Cliquez sur Énée

Il entend à nouveau les fantômes qui l’exhortent à partir quand Didon entre, bouleversée par cet abandon. Énée essaye de s’expliquer et lui demande son pardon, mais Didon le conjure de ne pas l’abandonner. Énée part, maudit par Didon.

Didon demande à Anna d’aller voir Énée pour le retenir, mais il est trop tard, Énée et sa troupe ont déjà repris la mer.

Furieuse, Didon ordonne qu’on les poursuive pour la venger, mais finalement, elle se donne la mort.

Cliquez sur Didon

(Source principale : les représentations de l’Opéra de Paris en 2019, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

LES ENFANTS TERRIBLES, de Philip GLASS (1996)

En 1929, Jean Cocteau fait paraître le roman les Enfants terribles, qui raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur, orphelins, qui se coupent de la société pour créer leur propre monde, dans leur chambre.

En 1949, Cocteau confie à Jean-Pierre Melville le soin d’en faire une adaptation cinématographique, dont la musique est le Concerto en la mineur de J.-S. Bach.

En 1996, c’est le « pape » du minimalisme, Philip Glass, qui s’empare du texte de Cocteau pour le porter à l’opéra, signant avec la chorégraphe Susan Marshall le livret. Il en fait un « opéra de chambre », pour quatre solistes et trois pianos.

Les Enfants terribles sera donné à l’Opéra de Lille du 20 au 26 mars 2026. Courez-y !

Cliquez sur la bande-annonce

Après une bataille de boules de neige, Paul a été blessé par une boule dans laquelle se trouvait un caillou. Gérard raccompagne Paul chez lui. Elisabeth, la sœur de Paul, leur ouvre la porte. Paul est forcé de rester à la maison. Il a peur de mourir. Gérard annonce que Dargelos, qui avait lancé la boule de neige, a été renvoyé de l’école. Paul range la photo de Dargelos dans son trésor.

Paul et Elisabeth se disputent et veulent prendre leur mère à témoin, mais ils la découvrent morte. Ils prennent alors Gérard à témoin. Elisabeth ne supportant plus Paul veut quitter la maison. Elle demande à Gérard de lui présenter son amie Agathe, couturière, pour qu’elle lui trouve un emploi de vendeuse.

Agathe apprend à Elisabeth le métier de vendeuse. Chez elle, Elisabeth montre son trésor à Agathe, qui croit se reconnaître sur la photo de Dargelos. Elisabeth finit par inviter Agathe à s’installer chez eux.

Gérard a présenté Michael, un riche Américain, à Elisabeth. Michael propose le mariage à Elisabeth, au grand dam de Paul. La veille du mariage, Elisabeth fait visiter la riche maison de Michael à Paul. Quelques jours plus tard, Michael meurt dans un accident de voiture. Paul et Agathe partent s’installer dans la maison. Après la mort de Paul, Elisabeth est perdue et s’ennuie toute seule dans sa chambre.

Paul envoie une lettre d’amour à Agathe mais, ému, écrit son propre nom sur l’enveloppe. Dans le même temps, Agathe confie à Elisabeth qu’elle aime Paul. Elisabeth va voir son frère qui lui avoue avoir écrit une lettre à Agathe, et s’inquiète de n’avoir pas de réponse.

Elisabeth trouve la lettre que Paul s’était envoyée par erreur et la supprime. Elle raconte à Paul qu’Agathe aime Gérard, à Agathe que Paul ne l’aime pas et à Gérard qu’Agathe est folle de lui et qu’il devrait se marier avec elle.

Agathe et Gérard se sont mariés et viennent rendre visite à Paul et Elisabeth. Gérard dit qu’il a croisé Dargelos qui, gardant un bon souvenir de Paul, lui a offert une boule de poison d’orient.

Un peu plus tard, Agathe et Gérard reviennent. Agathe a reçu une lettre de Paul où il annonce son intention de se suicider. Mais ils arrivent trop tard, Paul a déjà pris le poison de Dargelos. Comme il explique pourquoi, Elisabeth avoue qu’elle a voulu garder son frère pour elle, et sortant un révolver de leur boîte au trésor, elle se donne la mort auprès de lui.

(Source principale : le site Olyrix : https://www.olyrix.com/oeuvres/1253/les-enfants-terribles/argument )

Historique, Mes opéras préférés, opéra russe

LA PASSAGÈRE, de WEINBERG (1968)

La Passagère est un opéra de Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) terminé en 1968, mais jamais joué du vivant du compositeur, victime de la censure et de l’antisémitisme qui régnait en URSS à cette époque. Il sera créé en version de concert à Moscou le 25 décembre 2006, avant une création scénique à Bregenz le 21 juillet 2010. Alors que le livret original de Weinberg est en russe, le metteur en scène de la création à Bregenz fait s’exprimer chaque personnage dans sa propre langue, allemand, polonais, français, russe, yiddish…

La Passagère a été créé en France au Capitole de Toulouse en janvier 2026.

Le pitch : En 1960, un couple d’Allemands se rend en bateau au Brésil, où le mari, Walter, doit prendre un poste de diplomate. Sur le bateau, la femme, Lisa, croit soudain reconnaître une voix. Troublée, elle se voit obligée de révéler à son mari son passé de surveillante SS au camp d’Auschwitz, pendant la guerre. Elle dévoile peu à peu son histoire, et sa relation avec Marta, une prisonnière polonaise.

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Acte I :

Tableau 1 – « Le paquebot ». En 1960, Lisa et Walter font route vers le Brésil. Le voyage est comme une seconde lune de miel pour le couple, marié depuis quinze ans. Parmi les passagers, Lisa croit reconnaître Marta, une femme qu’elle croyait morte depuis longtemps. Pressée de questions par son mari, elle finit par avouer son passé : elle était gardienne SS à Auschwitz, sous le nom de Anne-Liese Franz. Walter découvre alors qu’il vit depuis quinze ans avec une ancienne SS, et s’inquiète pour sa carrière de diplomate. Le steward leur apprend qu’il s’agit d’une anglaise et le couple est soulagé.

Tableau 2 – « L’Appel ». À Auschwitz, en 1943, trois officiers SS conversent avec légèreté de la « solution finale ». Lisa observe les prisonnières et est intriguée par Marta, une Polonaise de 19 ans qui semble avoir une grande force de caractère.

Tableau 3 – « Le Baraquement ». Les déportés, de toutes nationalités, tentent de survivre dans le camp, en faisant preuve de solidarité. (Chœur des prisonniers). On trouve sur Katja, une partisane russe, une lettre en polonais. Lisa demande à Marta de la traduire. Marta la lit, en faisant croire que c’est une lettre d’amour du fiancé, Tadeusz.

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Acte 2 :

Tableau 4 – « L’Entrepôt ». Les SS veulent qu’un prisonnier joue au capitaine du camp sa valse favorite. (Musique de valse qui n’est pas sans rappeler les valses de Chostakovitch.) Marta retrouve au camp son fiancé, un violoniste, qu’elle n’avait plus revu depuis deux ans. C’est lui qui va jouer pour le capitaine. Lisa les autorise à se voir, espérant que toute faveur qu’elle accordera au couple renforcera son emprise sur lui.

Tableau 5 – « L’Atelier ». Lisa examine les travaux de Tadeusz à la menuiserie et découvre un médaillon qu’il a gravé pour Marta, que Lisa surnomme la « Madone du camp ». Lisa lui propose des rencontres secrètes avec sa fiancée, mais Tadeusz refuse toute compromission avec la gardienne.

Tableau 6 : Le Baraquement ». Les détenus organisent en secret une fête pour le vingtième anniversaire de Marta. Tadeusz a réussi à lui faire passer un bouquet de roses. Lisa, pleine de rancune, annonce à Marta que son fiancé ne veut plus la voir. Les gardes SS arrivent et donnent le nom des prisonnières choisies pour la chambre à gaz. (Air a capella de Marta : « Würde er mich rufen, Gott der Herr ».)

Tableau 7 – « Le Paquebot ». Lisa et Walter veulent oublier le passé. Ils se rendent au salon pour danser. Le steward leur annonce qu’il s’est trompé. La passagère est bien anglaise, mais d’origine polonaise. Celle-ci demande à l’orchestre de jouer une valse précise, la valse préférée du commandant d’Auschwitz. Lisa est effrayée et en colère, elle ne comprend pas cette haine que Marta éprouve pour elle, alors qu’elle est persuadée de lui avoir offert des faveurs au camp.

Tableau 8 – « Le concert ». Tadeusz doit jouer pour le commandant sa valse favorite, mais dans un acte de défiance, il joue à la place une chaconne de Bach. On amène Tadeusz pour l’exécuter.

Tableau 8 – Au bord du fleuve ». Marta, sur la rive d’un fleuve, médite sur le passé et la mémoire. Elle évoque ses amies du camp et son fiancé et promet de tout faire pour en préserver la mémoire : « Si un jour vos voix se taisent, nous sombrerons tous. »

Cliquez sur la scène finale
Cliquez sur l’acte II

(Source principale : la création française au Capitole de Toulouse en 2026, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

LE POSTILLON DE LONJUMEAU, d’ADAM (1836)

Le Postillon de Lonjumeau est un opéra-comique en trois actes d’Adolphe Adam, sur un livret de Leuven et Brunswick. La création a eu lieu le 13 octobre 1836 et remporte un grand succès. Très vite, l’œuvre est jouée en province ainsi que dans d’autres pays d’Europe.

La classification selon Georges Bernard Shaw est de la forme (2T+2S)/B, où deux ténors (en fait le même) aiment deux sopranos (en fait la même) alors que la basse ne veut pas.

Prologue : Le marquis de Corcy annonce au roi Louis XV que les représentations de Castor et Pollux de Rameau ne peuvent avoir lieu, car le ténor qui devait jouer Castor est indisponible. Le roi lui demande de trouver un remplaçant.

Acte I : À Lonjumeau, ville située entre Paris et Orléans, on célèbre les noces de Chapelou, le premier postillon de la ville, et de Madeleine, l’aubergiste. Chapelou confie à Madeleine qu’il a consulté un devin sur leur mariage et que celui-ci lui a dit que ce serait une bêtise. À son tour Madeleine dit avoir consulté un tireur de cartes, qui lui a dit la même chose. Madeleine lui dit que par amour pour lui, elle a renoncé à l’héritage d’une riche tante, alors que Chapelou, lui, doit renoncer à une vie libertine. (Duo : Quoi ! Tous les deux ! »).

Un voyageur arrive au relais de poste. C’est le marquis de Corcy, le directeur de l’opéra royal qui cherche un ténor pour sauver la représentation de Castor et Pollux que le roi veut entendre. Chapelou chante son bonheur (Air : « Mes amis, écoutez l’histoire ».)

Cliquez sur Chapelou

(Air avec chœur : « Jeunes époux, voici l’heure fortunée ».) Séduit par le contre-ré du postillon, Corcy le persuade de venir avec lui à Paris. Chapelou accepte et abandonne Madeleine à Lonjumeau, partant avec son ami Biju le forgeron, dont Madeleine avait refusé l’amour. (Trio et final : « À mes désirs, il faut te rendre ».)

Acte II : Dix ans ont passé et Madeleine, qui a hérité de sa tante, a refait sa vie sous le nom de madame de Latour. Elle veut se venger de l’abandon de son mari (Airs : « Je vais donc le revoir » et « Il faut que je punisse un ingrat ».)

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Madeleine est courtisée par le marquis de Corcy, mais elle préfère séduire Saint-Phar, le grand ténor de l’opéra. Saint-Phar n’est autre que Chapelou, mais celui-ci ne reconnaît pas son ancienne femme.

Le marquis de Corcy, qui veut séduire madame de Latour, a composé un hommage musical qu’il veut faire représenter chez elle par la troupe de l’opéra. Les chanteurs sont fatigués de chanter mais quand Saint-Phar apprend que c’est au château de madame Latour qu’il sont, il finit par accepter, car il a des vues sur la riche dame. (Air : « Assis au pied d’un hêtre ».) Madame de Latour accepte les faveurs de Saint-Phar, à une condition, qu’il l’épouse. Saint-Phar pense s’en sortir en organisant un faux mariage, mais la rusée Madeleine fait venir un vrai chapelain à la place du faux curé.

Acte III : Le chœur célèbre le mariage et Saint-Phar se réjouit d’accéder à la noblesse (Air : « À la noblesse je m’allie ».) Malheureusement, la nuit de noces ne se passe pas du tout comme prévu pour Saint-Phar. Biju lui apprend que le mariage est bien valide, ce qui fait de lui un bigame. Une servante de madame de Latour arrive et demande des comptes à Saint-Phar de la part de Madeleine. C’est en fait Madeleine déguisée en elle-même, que Chapelou ne reconnaît toujours pas. Pour couronner le tout, le marquis de Corcy arrive avec une troupe pour arrêter le libertin et le faire pendre.

Heureusement, Madeleine et madame de Latour interviennent et sauvent Chapelou et Saint-Phar, qui se repent(ent) de leur conduite (Air : À ma douleur soyez sensible ».) Ils sont pardonnés.

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(Source principale : la production de l’Opéra-comique en 2019, et le DVD associé.)

Mes opéras préférés

ALI, de FILASTINE, BEN SELIM et ARNOLD (2024)

Ali est un opéra en quatre actes créé au Théâtre royal de la Monnaie (de Munt) de Bruxelles le 21 avril 2024. L’histoire est celle d’Ali Abdi Omar, un Somalien qui a dû fuir son village en 2016 pour fuir les milices armées qui l’avaient envahi, et a suivi un périple de deux ans, en passant par l’enfer libyen et en traversant la Méditerranée sur des embarcations de fortune, avant d’arriver à Bruxelles. Ali a eu l’occasion de raconter son histoire au librettiste Ricard Soler Mallol, qui a décidé d’en faire un opéra. Ali a tout de suite accepté, souhaitant que son histoire soit connue du plus grand nombre.

L’opéra a bénéficié d’un appel à projets de l’ENOA (European Netwwork of Opera Academies).

La musique a été composée par l’Américain Grey Filastine, familier des musiques du monde, épaulé par l’Anglais Brent Arnold, de formation plus classique et qui a traduit les idées de Filastine en orchestration plus « classique ». Le duo a été rejoint par le Marocain Walid Ben Selim pour l’écriture vocale et pour les parties chantées en arabe. En effet, une des particularités du livret est qu’il est écrit en trois langues : le somali pour les scènes qui se passent en Somalie et celles où Ali parle avec sa mère au téléphone, en arabe pour l’acte II qui se passe en Libye, et en français.

Le rôle-titre est écrit pour une voix de contre-ténor.

Cliquez sur le contre-ténor

Prologue : Qui est Ali ? Ali Abdi Omar, du clan Shekhal, est né en Somalie, dans la ville de Qoryooley. À douze ans, il doit fuir son village pour échapper au groupe islamiste Al-Shabaab.

Acte I – le départ. La mère d’Ali lui apprend que des membres d’al-Shabaab veulent l’enrôler, mais Ali refuse, car les islamistes ont tué son père. Il n’a pas d’autre choix que de fuir sa famille et son village.

Ali part sans rien emporter d’autre que les vêtements qu’il a sur lui. Il ne sait pas ce qui l’attend, mais il repense au conseil de son père : « Il faut accepter les choses qui arrivent ».

Arrivé à Mogadiscio, Ali est pris en charge par un trafiquant qui lui fait passer une première frontière. À Nairobi, il retrouve quatre amis de son village, Amina, Ashim, Khadra et Mohammed, en fuite comme lui. Ils s’entassent dans la voiture d’un autre trafiquant.

Ils marchent durant trois nuits pour passer la frontière du Soudan. Ils dorment le jour et marchent la nuit mais Ali, à qui un trafiquant a donné du khat, n’arrive pas à trouver le sommeil malgré sa fatigue.

Acte II – Koufrah. Les cinq amis sont retenus prisonniers à Koufrah, en Libye, dans un bâtiment qui évoque une porcherie. Walid, le trafiquant qui règne sur ce lieu, fait régner la terreur. Trois fois par jour, les prisonniers doivent appeler leurs familles pour obtenir l’argent de la rançon exigée par Walid. Ils sont régulièrement frappés par Walid et ses sbires. Ali rencontre Leïla, une amie de son village avec qui Ali jouait quand ils étaient enfants. Ali découvre le sentiment amoureux. Les amis d’Ali arrivent à quitter Kouffrah, laissant Ali derrière eux.

Après un an passé à Koufrah par Ali, sa mère a réussi à trouver l’argent de la rançon, en vendant ses terres. Ali peut poursuivre sa route, laissant derrière lui Leïla.

Acte III – vers la mer. Ali traverse le désert avec d’autres migrants, entassés dans un pick-up, avec la peur d’être repérés par la police libyenne qui les renverrait à la frontière. Ali retrouve ses amis à une halte dans une oasis. Khadra s’enfuit et part seule dans le désert pour éviter le sort que les trafiquants réservent aux femmes.

Le groupe a été repéré par des Libyens et doit s’enfuir. Un pick-up emporte les femmes et un gardien, à cause de l’aspect juvénile d’Ali, lui dit de partir avec elles. C’est la dernière fois qu’Ali voit ses amis Ashim et Mohammed.

Les fugitifs arrivent au bord de la mer. Ali a peur, il ne sait pas nager, mais il embarque avec les autres. Ils sont entassés à cent quinze sur une petite embarcation. La nuit, personne n’ose dormir par crainte de tomber à l’eau. Heureusement, la barque est repérée par un bateau d’une ONG « SOS Méditerranée » qui secourt les réfugiés.

Acte IV – Welcome to Europa. L’Europe rêvée est représentée au travers d’une scène de cabaret surréaliste, avec paillettes et frous-frous. Aucun des pays sollicités, l’Italie, l’Espagne, la France, n’accorde l’autorisation d’accoster. Seule Malte le permet et les passagers débarquent. On répartit les réfugiés dans différents pays européens, mais Ali reste. Personne ne veut d’un mineur, parce que « c’est plus difficilement expulsable ».

Ali rencontre un compatriote dans un restaurant. Celui-ci lui fournit un passeport et un billet d’avion. Ali arrive à Bruxelles.

Épilogue – l’entretien pour le droit d’asile. Qui est Ali ? « Je m’appelle Ali Abdi Omar, je suis né à Qoryooley. J’ai dix-huit ans. Je suis étudiant en services sociaux. J’habite à Schaerbeek ».

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(Source principale : les représentations de 2025 à la Monnaie / de Munt et le programme associé.)

Jazz, littérature, Mes opéras préférés

L’ÉCUME DES JOURS, d’Edison DENISOV (1986)

L’Écume des jours, drame lyrique en 3 actes et 14 tableaux d’Edison Denisov, a été créé le 15 mars 1986 à l’Opéra-Comique, à Paris. C’est une adaptation par Denisov lui-même du roman éponyme de Boris Vian, que son ami Raymond Queneau qualifiait de « plus poignant roman d’amour contemporain ».

Edison Denisov a travaillé pendant 12 ans à cet opéra. On trouve dans sa partition des allusions à Chlo-e, de Duke Ellington, ou à Tristan de Wagner.

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39 ans après la création à l’Opéra-Comique, on pourra entendre et voir l’Écume des jours à l’Opéra de Lille du 5 au 15 novembre 2025.

Le pitch : Colin et Chloé, deux jeunes gens insouciants, s’aiment. Chloé tombe malade. Colin est obligé de travailler pour pouvoir acheter les fleurs qui peuvent guérir Chloé. Chloé meurt.

Acte I : Premier tableau, chez Colin. Colin chante en s’habillant. Il a invité son ami Chick à dîner. Colin montre son pianocktail, un piano de son invention qui sert à faire les cocktails, à Chick. La conversion porte sur Jean-Sol Partre, un philosophe dont Chick est fou, et sur la musique de jazz.

Deuxième tableau, à la patinoire Molitor. Sur fond d’un chœur qui chante « Ne vous mariez pas, les filles », Colin et Chick retrouvent Alise, puis Nicolas, oncle d’Alise et cuisinier de Colin, et Isis, qui les invite à l’anniversaire de son chien.

Troisième tableau, chez Isis. Chick et Alise se querellent quand arrive Chloé, qui plaît beaucoup à Colin. Il lui demande si elle a été arrangée par Duke Ellington.

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Quatrième tableau, le rendez-vous. Colin monologue quand Chloé le rejoint : scène de séduction et promenade.

Cinquième tableau, la noce. Colin et Chloé, puis chœur. « Chérie, viens près de moi ».

Acte II : Sixième tableau, le voyage. Colin et Chloé, avec Nicolas, discutent en voiture du travail et de son inutilité.

Septième tableau, chez Colin. Colin et Chloé se réveillent. Chloé est malade, et Colin remarque que la lumière faiblit.

Huitième tableau, la pharmacie. Le pharmacien exécute l’ordonnance de Colin. Colin et Chloé discutent de la maladie de Chloé : elle a un nénuphar qui pousse dans le poumon.

Neuvième tableau : chez Colin. La lumière a beaucoup diminué. Chloé est étendue, entourée de fleurs destinées à « faire peur au nénuphar ». La musique fait entendre une citation de Tristan.

Acte III : Dixième tableau, l’usine d’armes. Colin l’insouciant est désormais obligé de travailler, pour payer les fleurs de Chloé. Le directeur de l’usine d’armes explique le travail à Colin. Il doit s’allonger sur les graines d’armes pour leur fournir la chaleur nécessaire à leur croissance.

Onzième tableau, chez Colin. Alise vient voir Colin et se confie à lui. L’obsession de Chick pour Jean-Sol Partre le détourne d’elle.

Douzième tableau, la mort de Chick. Les policiers viennent saisir les biens de Chick, qui s’est ruiné pour acheter des manuscrits de Partre. Ils veulent saisir ses écrits quand Chick se révolte et menace de les tuer. Les policiers l’abattent.

Treizième tableau, la mort de Chloé. Dialogue entre Colin et Jésus. Colin lui reproche d’avoir fait mourir Chloé. Chœur : Agnus Dei, puis Requiem.

Quatorzième tableau, épilogue. Le chat et la souris : la souris se sacrifie en proposant au chat de la manger, afin de sauver Colin. Chœur des orphelines.

Cliquez sur l’archive russe (en russe) de 1990

(Source principale : les représentations de la création à l’Opéra-Comique en 1986, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

ZAMPA, ou LA FIANCÉE DE MARBRE, de HÉROLD (1831)

Zampa, ou la fiancée de marbre, est un opéra-comique de Ferdinand Hérold, sur un livret de Mélesville, créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831. Il rencontre tout de suite un grand succès, et sera joué pendant tout le XIXe siècle.

Le pitch : En Sicile, le riche Lugano va marier sa fille Camille à Alphonse, un soldat qui l’a délivré du corsaire Zampa. Mais Zampa se libère, et fait prisonnier Lugano, avant de se rendre à son château. En voyant Camille, il veut se marier avec elle. Il défie la statue d’Alice, une de ses anciennes victimes, devenue protectrice de la cité. Alphonse s’oppose à Zampa, et reconnaît en lui le grand frère indigne qui a déshonoré le nom de sa famille. Quand le moment des noces arrive, la statue d’Alice intervient et emmène Zampa dans les flammes de l’Etna qui se réveille, ce qui n’est pas sans nous rappeler le final de Don Giovanni de Mozart.

Cliquez sur l’ouverture

Acte I : En Sicile, au début du XVIe siècle, le riche marchand Lugano prépare le mariage de sa fille Camille avec Alphonse de Monza, un officier florentin qui l’a délivré des brigands (Air de Camille : « À ce bonheur suprême ».) Alphonse arrive, accompagné par le cortège des hommes (Air d’Alphonse : « Ô ma chère Camille ».) Alphonse se sent humilié par la fortune de son beau-père, mais Camille le rassure, c’est le fait d’avoir sauvé son père des brigands qui l’avaient enlevé qui lui vaut de se marier avec elle. Elle conseille à Alphonse d’aller faire une prière à Alice Manfredi, une des victimes de Zampa, dont la statue trône sur la place. (Ballade de Camille : « Il y avait une fille de seize ans ».) En entendant cette histoire, Alphonse se rend compte que Zampa n’est autre que son frère, disparu alors qu’Alphonse était encore enfant.

Un inconnu entre chez Camille et annonce que Lugano est en son pouvoir. Il ne veut pas du mariage entre Camille et Alphonse et s’installe au château. Camille obéit et très vite l’inconnu (c’est Zampa !) projette d’épouser la jeune fille. (Couplets de Zampa : « Que la vague écumante ».) Daniel, son second, le met en garde : les crimes du passé ne rattraperont-ils pas le suborneur ? Pour rassurer sa bande, Zampa glisse un anneau au doigt de la statue d’Alice, mais la main de marbre se referme sur la bague !

Acte II : Le lendemain, le village vit dans l’effroi et s’interroge sur l’identité des nouveaux occupants du château. Zampa attend Camille devant la chapelle (Air : « Camille est là ».) Alphonse s’imagine que l’annulation de son mariage est due à un prétendant plus fortuné que lui, mais Camille ne peut rien lui dire (Duo : « Quel mystère effrayant ? / Pour mon cœur quel moment ».) L’heure du mariage approche (Ronde : « Douce jouvencelle, viens sur ta nacelle ».)

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Mais la statue d’Alice paraît, elle montre à Sampa son anneau pour lui rappeler son serment. Zampa veut conduire Camille à l’autel mais Alphonse intervient. Il reconnaît en Zampa son frère et va le livrer au peuple quand le vice-roi s’interpose et promet la grâce au corsaire s’il s’engage dans l’armée royale pour aller combattre les Ottomans. Le peuple célèbre le nouveau défenseur alors que Camille se résigne à son mariage avec celui qui retient son père prisonnier.

Acte III : Camille, mariée à Zampa, attend son père alors qu’Alphonse paraît et lui propose de l’enlever (Barcarolle d’Alphonse : « Où vas-tu pauvre gondolier ».) Mais Camille refuse, à cause de ses vœux jurés devant Dieu. Zampa demande à Daniel si ses ordres ont bien été exécutés : il avait ordonné que la statue d’Alice, qui le hante, soit brisée et jetée à la mer. Daniel répond qu’au moment où les débris de la statue ont touché l’eau, l’Etna a jeté des flammes. Camille supplie Zampa de la laisser entrer au couvent. Pour montrer qu’il n’est pas qu’un bandit, il révèle alors qu’il est le comte de Monza (Cavatine de zampa : « Pourquoi trembler ? ».)

Camille prie alors Alice, dont la statue réapparaît et entraîne Zampa dans les flammes, alors que l’Etna s’embrase.

(Source principale : la production de l’Opéra-Comique de 2008, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

ARIODANTE, de HAENDEL (1735)

Ariodante de Haendel a été créé le 8 janvier 1735 à Londres. Le livret écrit d’après l’Orlando furioso de l’Arioste est d’Antonio Salvi.

Le pitch : Ariodante aime Ginevra, la fille du roi d’Écosse, mais l’infâme Polinesso, qui convoite le trône d’Écosse, courtise Ginevra. Dalinda, la suivante de Ginevra aime Polinesso et est courtisée par Lurcanio, le frère d’Ariodante. Polinesso va mettre la dévotion aveugle de Dalinda au service de son ambition.

Acte I : Ariodante et Ginevra chantent leur amour quand le roi les rencontre dans le jardin. Il se réjouit du mariage prochain de sa fille avec Ariodante (air : « Voli colla sua tromba.)

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Polinesso va se servir de Dalinda pour faire croire à Ariodante que Ginevra est infidèle. Il lui demande de revêtir les habits de Ginevra et d’entrer dans sa chambre avec Polinesso. En échange de son aide, il lui promet son aide (air : « Spero per voi ».)

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Dalinda, qui n’est pas certaine des sentiments de Lurcanio, le repousse, espérant plutôt se marier avec Polinesso. Le roi et la cour s’apprêtent à célébrer le mariage de Ginevra et Ariodante.

Acte II : Polinesso dit à Ariodante que Ginevra l’aime. Ariodante le provoque en duel, mais Polinesso lui demande de se cacher et d’observer. Ariodante voit alors celle qu’il croit être sa future femme entrer dans sa chambre avec Polinesso. Lurcanio, qui a également assisté à la scène, empêche Ariodante de se tuer.

Le roi d’Écosse, qui a appris par Lurcanio l’infidélité de sa fille Ginevra, la renie. On apprend qu’Ariodante s’est suicidé. Polinesso veut maintenant faire assassiner Dalinda, seule témoin de sa bassesse. Ariodante, qui n’est pas mort, erre dans la forêt, se plaignant de l’infidélité de sa belle (air : « Scherza infida ».)

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Il rencontre les spadassins de Polinesso et les met en fuite. Ginevra, apprenant la mort d’Ariodante, tombe dans la folie. (Air : « Il mio crudel Martoro ».)

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Acte III : Polinesso, qui veut flatter le roi d’Écosse, s’offre de défendre l’honneur de Ginevra dans un tournoi. Il est blessé mortellement par Lurcanio à qui Dalinda a dévoilé le complot de Polinesso. Polinesso meurt en avouant son forfait. Le roi bénit alors les unions d’Ariodante et de Ginevra et de Lurcanio et de Dalinda. Ariodante est tout content (air : « Dopo notte ».)

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(Source principale : la production de la BBC à Londres en 1996 et le DVD associé.)

Mes opéras préférés

MOÏSE ET PHARAON, de ROSSINI (1818 puis 1827)

Moïse et Pharaon, ou le Passage de la mer Rouge, est un opéra biblique de Rossini, sur un livret d’Étienne de Jouy, écrit en 1827 et créé à l’Opéra de Paris le 26 mars 1827. Pour répondre à la demande de Paris, Rossini a repris et adapté la partition de Mosé in Egitto, un opéra créé à Naples en 1818.

Il est passé d’un découpage en 3 actes à un découpage en 4 actes, introduisant dans le 3e acte le fameux ballet sans lequel on ne pouvait prétendre à se faire jouer à l’Opéra de Paris.

Acte I : Dans le camp des Hébreux, en Égypte. Le chœur des Hébreux se lamente dans le désert et Moïse leur demande d’avoir foi en leur dieu. Son frère Éliézer est allé demander leur libération au pharaon d’Égypte. Il revient accompagné de leur sœur et d’Anaï, leur nièce dont Aménophis, le fils du pharaon, est amoureux. Pharaon a décidé de libérer les Hébreux mais Anaï, amoureuse de son bel Égyptien, ne veut pas les suivre. Elle se rend compte qu’elle ne peut rester en Égypte, mais Aménophis revient sur la promesse de son père pour l’empêcher de partir.

Moïse menace l’Égypte en levant son bâton : la nuit tombe sur l’Égypte.

Acte II : Au palais de Pharaon. Pharaon et son fils sont plongés dans les ténèbres. Ils demandent à Moïse de faire revenir la lumière, ce qu’il fait. Tous rendent grâce à ce dieu si puissant.

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Quand Aménophis apprend que son père veut le marier avec une princesse assyrienne, il est pris de colère et projette de tuer Moïse. Il se confie à sa mère, Sinaïde, qui réussit à le raisonner.

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Acte III : Dans le temple d’Isis. C’est le moment choisi par Rossini et de Jouy pour placer le ballet. Les Égyptiens dansent en l’honneur de leur déesse. Moïse vient réclamer la libération de son peuple, mais Osiris, le grand prêtre d’Isis lui demande de se prosterner devant la déesse, ce qui provoque la colère de Moïse. Il lève son bâton et les sept plaies se répandent sur l’Égypte. Moïse et Éliézer viennent se plaindre auprès de Pharaon. Pharaon menace de les enchaîner, puis de les chasser.

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Acte IV : Dans le désert. Aménophis retrouve Anaï, il lui annonce qu’il renoncera à son titre de pharaon si elle accepte de l’épouser. Moïse exhorte les Hébreux à avancer dans le désert, et Anaï renonce à son amour pour suivre son peuple.

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Aménophis supplie Moïse qui ne veut rien entendre. L’Égyptien le prévient alors que Pharaon a prévu d’attaquer les Hébreux. Moïse se trouve coincé entre les soldats égyptiens et la mer Rouge. Il se met à genoux et prie, accompagné d’Éliézer et de sa sœur Marie.

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La mer s’ouvre devant eux, les laissant s’échapper. La mer Rouge se referme sur les Égyptiens qui tentent de suivre les Hébreux.

(P.S. si vous trouvez que l’argument ressemble beaucoup à celui d’Aïda (1872), de Verdi, c’est probablement que Rossini a fait un plagiat par anticipation.)

Mes opéras préférés, Mythologie

ALCESTE, de LULLY (1674)

Avant d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines beurrées dans Le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, Alceste a été une des tragédies lyriques fondatrices de l’opéra français, écrite en 1673 par Lully, sur un livret de Quinault. C’est la deuxième collaboration de Lully et Quinault. Alceste a été créé le 19 janvier 1674 à l’Académie Royale de Musique.

Le pitch : Alcide aime Alceste. Par amour, Alceste donne sa vie pour Admète. Alcide va la chercher aux Enfers. Ému par les retrouvailles d’Alceste et Admète, Alcide renonce à Alceste, qui se marie avec Admète.

Prologue : La nymphe de la Seine se languit du Héros, parti à la guerre. La gloire arrive, précédant le Héros (comprendre le roi, Louis XIV). Tout le monde se réjouit, et les Plaisirs préparent un divertissement pour fêter le retour du Héros. Ce sera Alceste.

Acte I : Dans la ville d’Yolcos, en Thessalie. Alors que le chœur de Thessalie chante les noces d’Alceste et d’Admète, leur roi, Alcide confie à Lycas qu’il ne peut s’en réjouir, car il aime Alceste. Straton, confident de Lycomède, et Lycas se disputent les faveurs de Céphise, confidente d’Alceste. Céphise confirme à Straton que c’est Lycas qu’elle aime, mais elle réclame de pouvoir être inconstante. (Duo : « il faut aimer / changer toujours ».)

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Lycomède, roi de Scyros et frère de Thétis, se désole d’avoir perdu Alceste. Il profite d’une grande fête marine que l’on donne à l’occasion du mariage pour enlever Alceste sur son bateau, aidé de Thétis qui soulève les flots. Mais Éole calme les flots pour permettre à Admète et Alcide de poursuivre Lycomède.

Acte II : Dans la ville de Scyros, Céphise prétend regagner l’amour de Straton, tandis que Lycomède tourmente Alceste. Admète et Alcide font le siège de la ville et la prennent. Alcide libère Alceste, qui cherche à le retenir quand il veut partir. (Duo « Alceste, vous pleurez / Admète, vous mourez »).

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À son départ, Alceste et Céphise se mettent à la recherche d’Admète, mais ils le trouvent mourant. Apollon a reçu du Destin le pouvoir de le rendre à la vie, s’il se trouve quelqu’un pour lui offrir sa mort.

Acte III : Devant un autel vide, où doit paraître l’image de celui qui se sacrifiera pour Admède, Phérès et Céphise discutent. Phérès se trouve trop vieux pour mourir, et Céphise trop jeune. Soudain, le chœur chante le sort heureux d’Admète, guéri.  Mais quand Admète regarde vers l’autel qui s’est dévoué, c’est l’image d’Alceste qu’il découvre. Admète a perdu Alceste en regagnant la vie. Suit une cérémonie funèbre en hommage à Alceste. Alcide, qui s’apprêtait à partir, décide d’aller chercher Alceste en enfer si Admète la lui cède. Admète accepte.

Acte IV : Aux enfers, Caron pousse sa barque sur l’Achéron, pour faire passer les âmes dans le royaume des morts (Air : il faut passer tôt ou tard …). Alcide saute dans la barque.

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Les suivants de Pluton se réjouissent de l’arrivée d’Alceste (Chœur « Tout mortel doit ici paraître ».)

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Au palais de Pluton, Pluton et Proserpine célèbrent l’arrivée d’Alceste dans ce lieu apaisé. Alecton les prévient qu’un mortel s’attaque à l’empire des morts. Alcide déclare en arrivant qu’il ne vient pas en ennemi, mais que son amour le pousse à venir rechercher Alceste. Pluton et Proserpine, émus par cet amour si fort, permettent à Alceste de ressortir. Alcide et Alceste remontent vers le monde des vivants sur le char de Pluton.

Acte V : Devant un Arc de Triomphe dressé pour recevoir Alcide, les peuples de la Grèce célèbrent Alcide, vainqueur du trépas. Lycas libère Straton, pour que Céphise choisisse entre eux. Céphise choisit de ne pas choisir. Pour aimer toujours, il faut ne se marier jamais. Admète et Alceste se retrouvent, mais leur amour est toujours aussi fort. Alors qu’Admète se retire et qu’Alceste offre sa main à Alcide, Alcide renonce à Alceste : le vainqueur des tyrans ne doit pas être tyran à son tour. Apollon descend en compagnie des Muses et des Jeux pour célébrer le bonheur d’Admète et d’Alceste, et le triomphe d’Alcide.

(Source principale : les représentations du Théâtre des Champs-Élysées de 1991 et le programme associé.)