Mes opéras préférés, Mythologie

L’ORFEO, de Monteverdi (1607)

L’Orfeo (1607) de MONTEVERDI est souvent considéré comme le premier opéra de l’histoire. Il a été commandé à Monteverdi par le duc de Mantoue qui voulait rivaliser avec les fastes de la cour des Médicis, où l’on avait représenté en 1600 Euridice, de Jacopo PERI à l’occasion du mariage de Henry IV avec Marie de Médicis.

Et pour commencer ce voyage en opéra, je vous propose la symphonie d’ouverture, magistralement interprétée par Jordi Savall.

Acte I : Nymphes et bergers célèbrent les noces d’Orphée et Eurydice avant de se rendre au temple d’Apollon, le père d’Orphée, pour lui rendre hommage.

Monteverdi Orfeo Acte ICliquez sur le chœur des nymphes

Acte II : Orphée et les bergers célèbrent Pan quand on annonce une funeste nouvelle, Eurydice, mordue par un serpent, est morte. Après une douloureuse complainte (Air : « Tu sei morta »), Orphée décide d’aller chercher son Eurydice en enfer.

Monteverdi Orfeo Tu sei mortaCliquez sur Orphée

Acte III : Orphée guidé par Espérance arrive aux portes de l’enfer. Là, Espérance le laisse car, comme chacun sait depuis DANTE « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ». Charon lui interdit l’entrée, mais Orphée insiste. Jouant de sa lyre, il endort Charon et lui vole sa barque pour traverser le Styx.

Acte IV : Aux enfers, Proserpine émue par l’amour d’Orphée pour Eurydice supplie son époux Pluton d’exaucer sa prière. Pluton accepte à condition que, sur le chemin du retour, Orphée ne porte pas son regard sur Eurydice. Mais entendant du bruit derrière lui, il se retourne et la voit. Il perd à nouveau Eurydice tandis qu’on le reconduit vers le monde des vivants.

Acte V : De retour sur terre, Orphée inconsolable chante sa détresse, mais nul sinon l’écho ne répond à sa voix, répétant la fin de chacune de ses phrases. La folie s’empare de lui et Apollon descendant du ciel lui reproche de s’être laissé emporter par son hybris. Il l’invite à rejoindre le ciel où il jouira de l’immortalité et pourra contempler l’image de sa bien-aimée. Après son apothéose, le chœur des bergers et des nymphes chante la gloire de celui qui vécut sur terre, souffrit sa passion, descendit aux enfers avant de monter rejoindre son père au ciel (ça ne vous rappelle pas quelqu’un?)

Monteverdi Orfeo finalCliquez sur l’image

Compositeurs

Claudio MONTEVERDI (1567 – 1643)

Monteverdi par Adrian

Claudio MONTEVERDI est considéré comme le créateur du genre Opéra.

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Né à Crémone le 9 mai 1567, élève d’INGEGNERI, Monteverdi publie sa première œuvre à l’âge de 15 ans, et un premier livre de madrigaux à 16 ans. Il devient vite célèbre et entre à la cour du duc de Mantoue comme Maestro di Capella (Maître de Chapelle).

C’est là qu’il reçoit une commande de son patron pour une œuvre musicale devant rivaliser en faste avec une œuvre jouée en 1600 à la cour des Médicis à Florence, à l’occasion du mariage de Henry IV et de Marie de Médicis. La réponse de Monteverdi à cette commande sera l’Orfeo (1607). Écrit auprès de sa femme mourante, c’est son propre deuil qu’il exprime dans les lamentations d’Orphée.

De cette époque date un autre opéra, Ariane (1608), dont il ne nous reste que le célèbre Lamento.

monteverdi lamento d'ArianeCliquez sur Ariane

À la mort du duc, Monteverdi part à Crémone, puis à Venise, où il contribue à fonder l’opéra vénitien. Il écrit Le Retour d’Ulysse dans sa patrie (1640), le Combat de Tancrède et Clorinde (1624) d’après La Jérusalem délivrée du TASSE, et le Couronnement de Poppée (1642).

En dehors de l’opéra, Monteverdi a écrit plusieurs livres de madrigaux, ainsi que les Vêpres de la bienheureuse Vierge Marie (1610) et son testament musical, le Selva Morale e spirituale (1641).

monteverdi VêpresCliquez sur l’image

Monteverdi meurt à Venise le 29 novembre 1643, où on lui fait des funérailles grandioses.