littérature, Oulipo, Poésie

LE BATEAU IVRE, de RIMBAUD (Quatrains 11 à 15)

Après les première et seconde tranches du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la troisième tranche, soit les quatrains 11 à 15. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, la suite de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois.

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

Verdi Otello ouvertureCliquez sur la tempête

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

Falvetti Il Diluvio Universale Ecci l'Iride pacieraCliquez sur l’image

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Copland Appalachian SpringCliquez sur l’image

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !

Schubert An die Sonne D. 439Cliquez sur l’hymne au soleil (d’argent ?)

Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
– Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.

Mozart Idoménée Zefiretti lusinghieriCliquez sur le zéphir léger

Citations musicales :

La houle à l’assaut des récifs : Verdi, scène d’ouverture d’Otello

Des arcs-en-ciel : Falvetti Il Diluvio universale

Soleils d’argent : Schubert Am die Sonne

Les gouffres cataractants : Copland Appalachian Spring

D’ineffables vents : Mozart Idoménée « Zefiretti lusinghieri »

Rendez-vous début août pour la quatrième tranche du Bateau ivre.

19 réflexions au sujet de “LE BATEAU IVRE, de RIMBAUD (Quatrains 11 à 15)”

  1. Source inépuisable d’inspiration ton navire ! le zéphyr m’évoque un poème que ma maman connaissait par cœur : « La légende du zéphyr de Miguel Zamacoïs » une très jolie histoire que tu trouveras sur google si l’envie te vient de le lire. Bonne journée Jean-Louis

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  2. Poésie, musique… il ne (me) manque que le café.
    Enfin même pas, puisque j’en ai un sous le nez tandis que je guette le soleil entre deux nuages.
    En tout cas, merci d’avoir de cette belle façon, accompagné ma pause ( je repasserai à l’occasion)
    Un agréable mardi, et à plus.

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      1. Ânon, ânon, ânon, les bavardages (gazouillis) stériles, c’est pas sur WordPress, c’est sur Touitte’heure. Et comme son nouveau propriétaire, Elon M., qui a claqué 44 milliards de dollars pour l’acheter, n’a de cesse depuis que de ruiner sa pépite, on ne pourra bientôt plus gazouiller stérilement en paix !

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      2. Ah bah – tiens, je viens justement de twitter à ce propos.

        Mais tu sais, pour moi WP, Insta ou Twitter, c’est quasiment la même chose. En fait, je ressens une grande lassitude de tt ça.

        Aussi je crois que je vais finir par me « contenter » de FB. Et encore que, à toutes petites petites doses homéopathiques pour la famille et les (vrais) amis, et pour garder le contact avec d’anciens blogueurs ( du bon vieux temps des blogs WSL), tous partis sur Face de bouc 😊

        Bel après-midi, Monsieur Jean-Louis de Tout l’opéra ou presque. Et bonne continuation. A bientôt ici ou là, peut-être.

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