littérature, Oulipo, Poésie

« LE VAMPIRE », de BAUDELAIRE (1851)

Après « Feuillet d’album », de Mallarmé, je vous propose ce mois-ci un poème de Baudelaire, « le Vampire », paru en 1857 dans les Fleurs du mal.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon cœur plaintif es entrée ;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

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De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine ;
– Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

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Comme au jeu le joueur têtu,

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Comme à la bouteille l’ivrogne,
Comme aux vermines la charogne
– Maudite, maudite sois-tu !

J’ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j’ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas ! le poison et le glaive
M’ont pris en dédain et m’ont dit :
« Tu n’es pas digne qu’on t’enlève
À ton esclavage maudit,

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Imbécile ! – de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire ! »

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Citations musicales :

un troupeau de démons : Berlioz, la Damnation de Faust, pandaemonium.

lié comme le forçat à la chaîne : Beethoven Fidelio, « O welche Lust ».

le joueur : Prokofiev, le Joueur.

ton esclavage maudit : Saint-Saëns, Samson et Dalila, « Dieu d’Israël ».

ton vampire : Marschner, le Vampire, ouverture.

3 réflexions au sujet de “« LE VAMPIRE », de BAUDELAIRE (1851)”

  1. Ce n’est pas l’objet de ce blog, mais je me demande toujours si l’on pourrait tracer un parallèle avec des morceaux de variété française… pas si évident il me semble. Bonne journée Jean-Louis

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  2. Encore un bien beau poème, et illustré musicalement de bien belle façon, et avec mon téléphone des commentaires qui s’affichent du premier coup.

    John Duff

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