littérature, Oulipo, Poésie

JE VIS, JE MEURS : JE ME BRULE ET ME NOYE, de Louise LABÉ (1555)

Après  » À Clymène « , de Verlaine, je vous propose ce mois-ci un autre poème, de Louise Labé (avant 1524-1566), « Je vis, je meurs : je me brule et me noye », paru en 1555 dans le recueil Œuvres de Louize Labé lionnoize.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Je vis, je meurs : je me brule et me noye.

J’ai chaust estreme en endurant froidure :

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La vie m’est et trop molle et trop dure.

J’ai grans ennuis entremeslez de joye :

Tout à un coup je ris et je larmoye,

Cliquez sur les larmes gelées

Et en plaisir maint grief tourment j’endure :

Mon bien s’en va, et à jamais il dure :

Tout en un coup je seiche et je verdoye.

Ainsi Amour inconstamment me meine :

Et quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me treuve hors de peine.

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Puis quand je croy ma joye estre certeine,

Et estre au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.

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Citations musicales :

En endurant froidure : Henry Purcell King Arthur « Cold song ».

Je ris et je larmoye : Franz Schubert le Voyage d’hiver « Gefrorne Tränen ».

Plus de douleur… hors de peines : Francis Poulenc Sept chansons « Marie ».

En mon premier malheur : Claudio Monteverdi Lamento d’Ariane.

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