Composé entre 1927 et 1928 par Chostakovitch alors âgé de 21 ans, le Nez est inspiré d’une nouvelle de Gogol extraite des Nouvelles de Pétersbourg. Le jeune Chostakovitch avait eu connaissance des avancées musicales effectuées par Stravinsky ou Berg (Wozzeck date de 1922). Le Nez a été créé partiellement en 1929 à Leningrad mais, dans la Russie soviétique de l’époque, ses hardiesses ont été critiquées. Il quitte l’affiche en 1930 et il faudra attendre 1974 pour que le Nez soit à nouveau joué en Russie.
L’œuvre requiert un orchestre très important, notamment chez les percussions (cf. l’interlude du 1er acte), et on y trouve aussi l’influence de la musique de jazz.
Acte I : À Saint-Pétersbourg, l’assesseur Kovaliov se fait raser chez le barbier Yakovlévitch. Le lendemain matin, le barbier trouve un nez humain dans sa miche de pain fraîchement cuite. Sa femme l’accuse d’avoir coupé le nez d’un de ses clients, et lui demande de s’en débarrasser. Yakovlévitch cherche à s’en débarrasser dans la rue, mais il rencontre tout le temps des gens qu’il connaît. Finalement, il réussit à jeter le nez dans la Neva, mais un policier l’a vu faire et commence à le questionner.
Cliquez sur l’interlude percussif
Quand Kovaliov se réveille, il découvre que son nez a disparu.
Il sort de chez lui pour retrouver son appendice nasal. En entrant dans la cathédrale, il le trouve enfin, mais son nez a maintenant la taille d’un humain, et il est habillé comme un conseiller d’État. Kovaliov lui demande de reprendre sa place, mais le nez refuse de parler à quelqu’un de condition inférieure et s’échappe.
Acte II : Toujours à la recherche de son nez, Kovaliov arrive à l’appartement du commissaire de police, qui n’est pas chez lui. Déçu, il décide de passer une annonce dans le journal. Aux bureaux du journal, l’employé est occupé par une histoire de chien perdu par une comtesse. Quand enfin arrive le tour de Kovaliov, l’employé refuse de passer son annonce, arguant du fait que le journal y perdrait sa réputation de sérieux. Kovaliov se découvre et montre son visage, révélant que son nez est réellement parti. L’employé étonné lui recommande de vendre son histoire et, dans un geste de sympathie, lui offre un peu de tabac à priser. Vexé qu’on se moque ainsi de lui, Kovaliov rentre à la maison, et découvre son domestique dans le sofa, jouant de la balalaïka.
Kovaliov fait sortir Ivan et se plonge dans un monologue où il s’apitoie sur lui-même.
Acte III : La police se met à la recherche du nez. Ils vont à la gare où des voyageurs s’apprêtent à partir. Une jeune vendeuse de bretzels apparaît, semant la confusion chez les policiers. Le nez en profite pour essayer de partir, lui aussi, mais la police le rattrape et le bat tant qu’il retrouve sa taille normale. Le commissaire l’enveloppe dans un papier.
Chez Kovaliov qui a récupéré son nez, non sans avoir dû graisser la patte au commissaire corrompu, Kovaliov essaye de remettre son nez au milieu du visage, mais celui-ci ne tient pas. Il fait venir le médecin, qui avoue son impuissance face à ce cas. Kovaliov est persuadé d’avoir été ensorcelé par madame Podtotchina, car il a refusé d’épouser sa fille, et il lui écrit une lettre pour se plaindre du mauvais traitement qu’elle lui a infligé, mais sa réponse lui montre qu’elle n’a rien à voir avec son affaire.
Dans toute la ville, les curieux se pressent pour essayer de voir le nez, dont la rumeur dit qu’il se promène dans la ville. La police finit par disperser les badauds.
Épilogue : Kovaliov se réveille un matin avec le nez bien au milieu du visage. Après s’être fait raser par son serviteur, il se promène sur la perspective Nevski, saluant amis et connaissances.
Cliquez sur le bonus surprise
Cliquez sur Kovaliov
Cliquez sur la cathédrale
Cliquez sur Ivan
Cliquez sur l’image
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sympa aussi le bonus…… tout ceci m’évoque le roman noir de Patrick Süskind (Le Parfum) 🙂 bonne journée à toi
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Ah oui, j’avais bien aimé « le Parfum » de Patrick Süskind!
Bonne journée, Hélène.
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Décidément, ces Russes sont fous, pour le meilleur et pour le pire. (Magnifiques percussions !)
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Oui, et en lisant le livret pour écrire cet article (et en acheavnt de lire Résurrection, de Tolstoï), je retrouve ce sentiment, déjà éprouvé en lisant Dostoïevski, que « l’âme russe » est faite pour être soumise.
Et je suis très impatient de découvrir « le Nez » sur scène à Bruxelles dans quelques jours.
Bonne soirée, Danielle.
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J’imagine une mise en scène surréaliste à la Magritte. Ca promet ! Bon voyage et bel opéra !
Amitiés, Danielle
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Merci Danielle, et bonne journée.
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Ah j’adore ! C’est génial. J’ai justement prévu de lire certaines « nouvelles de Saint-Petersbourg » de Gogol cet été ou début de l’automne et ton billet me donne encore plus envie !
Quant à Chostakovitch, je ne le connaissais pas si drôle (plutôt lugubre à vrai dire) et là il me surprend et m’épate 😀
Merci Jean-Louis, et encore bon week-end !
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C’est un humour un peu grinçant, mais le livret est très drôle, et je pense que la représentation à la Monnaie de Bruxelles va me plaire.
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Ca va sûrement être un beau spectacle ! Et divertissant.
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Incroyable Chosta qui malgré la cruauté russe à son égard, composait de telles merveilles !
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Il était jeune à l’époque du Nez (21 ans), mais son opéra est très décapant (comme l’était la nouvelle de Gogol écrite environ un siècle avant.)
Bonne fin de journée, Nemo.
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Pas mal, très surréaliste, la musique n’est pas mal non plus.
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Je suis allé le voir vendredi à Bruxelles.
La mise en scène était au niveau de la musique, très chouette !
Bonne journée, John Duff.
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