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LA PASSAGÈRE, de WEINBERG (1968)

La Passagère est un opéra de Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) terminé en 1968, mais jamais joué du vivant du compositeur, victime de la censure et de l’antisémitisme qui régnait en URSS à cette époque. Il sera créé en version de concert à Moscou le 25 décembre 2006, avant une création scénique à Bregenz le 21 juillet 2010. Alors que le livret original de Weinberg est en russe, le metteur en scène de la création à Bregenz fait s’exprimer chaque personnage dans sa propre langue, allemand, polonais, français, russe, yiddish…

La Passagère a été créé en France au Capitole de Toulouse en janvier 2026.

Le pitch : En 1960, un couple d’Allemands se rend en bateau au Brésil, où le mari, Walter, doit prendre un poste de diplomate. Sur le bateau, la femme, Lisa, croit soudain reconnaître une voix. Troublée, elle se voit obligée de révéler à son mari son passé de surveillante SS au camp d’Auschwitz, pendant la guerre. Elle dévoile peu à peu son histoire, et sa relation avec Marta, une prisonnière polonaise.

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Acte I :

Tableau 1 – « Le paquebot ». En 1960, Lisa et Walter font route vers le Brésil. Le voyage est comme une seconde lune de miel pour le couple, marié depuis quinze ans. Parmi les passagers, Lisa croit reconnaître Marta, une femme qu’elle croyait morte depuis longtemps. Pressée de questions par son mari, elle finit par avouer son passé : elle était gardienne SS à Auschwitz, sous le nom de Anne-Liese Franz. Walter découvre alors qu’il vit depuis quinze ans avec une ancienne SS, et s’inquiète pour sa carrière de diplomate. Le steward leur apprend qu’il s’agit d’une anglaise et le couple est soulagé.

Tableau 2 – « L’Appel ». À Auschwitz, en 1943, trois officiers SS conversent avec légèreté de la « solution finale ». Lisa observe les prisonnières et est intriguée par Marta, une Polonaise de 19 ans qui semble avoir une grande force de caractère.

Tableau 3 – « Le Baraquement ». Les déportés, de toutes nationalités, tentent de survivre dans le camp, en faisant preuve de solidarité. (Chœur des prisonniers). On trouve sur Katja, une partisane russe, une lettre en polonais. Lisa demande à Marta de la traduire. Marta la lit, en faisant croire que c’est une lettre d’amour du fiancé, Tadeusz.

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Acte 2 :

Tableau 4 – « L’Entrepôt ». Les SS veulent qu’un prisonnier joue au capitaine du camp sa valse favorite. (Musique de valse qui n’est pas sans rappeler les valses de Chostakovitch.) Marta retrouve au camp son fiancé, un violoniste, qu’elle n’avait plus revu depuis deux ans. C’est lui qui va jouer pour le capitaine. Lisa les autorise à se voir, espérant que toute faveur qu’elle accordera au couple renforcera son emprise sur lui.

Tableau 5 – « L’Atelier ». Lisa examine les travaux de Tadeusz à la menuiserie et découvre un médaillon qu’il a gravé pour Marta, que Lisa surnomme la « Madone du camp ». Lisa lui propose des rencontres secrètes avec sa fiancée, mais Tadeusz refuse toute compromission avec la gardienne.

Tableau 6 : Le Baraquement ». Les détenus organisent en secret une fête pour le vingtième anniversaire de Marta. Tadeusz a réussi à lui faire passer un bouquet de roses. Lisa, pleine de rancune, annonce à Marta que son fiancé ne veut plus la voir. Les gardes SS arrivent et donnent le nom des prisonnières choisies pour la chambre à gaz. (Air a capella de Marta : « Würde er mich rufen, Gott der Herr ».)

Tableau 7 – « Le Paquebot ». Lisa et Walter veulent oublier le passé. Ils se rendent au salon pour danser. Le steward leur annonce qu’il s’est trompé. La passagère est bien anglaise, mais d’origine polonaise. Celle-ci demande à l’orchestre de jouer une valse précise, la valse préférée du commandant d’Auschwitz. Lisa est effrayée et en colère, elle ne comprend pas cette haine que Marta éprouve pour elle, alors qu’elle est persuadée de lui avoir offert des faveurs au camp.

Tableau 8 – « Le concert ». Tadeusz doit jouer pour le commandant sa valse favorite, mais dans un acte de défiance, il joue à la place une chaconne de Bach. On amène Tadeusz pour l’exécuter.

Tableau 8 – Au bord du fleuve ». Marta, sur la rive d’un fleuve, médite sur le passé et la mémoire. Elle évoque ses amies du camp et son fiancé et promet de tout faire pour en préserver la mémoire : « Si un jour vos voix se taisent, nous sombrerons tous. »

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(Source principale : la création française au Capitole de Toulouse en 2026, et le programme associé.)

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