Cinématographe, Divers

Serge GAINSBOURG (1928 – 1991)

Ce 2 mars, nous célébrons le trentième anniversaire de la mort de Serge GAINSBOURG.

Né Lucien GINSBURG à Paris en 1928, il prend le nom de Serge Gainsbourg comme nom d’artiste. D’abord peintre, il découvre la musique (la chanson) grâce à Boris VIAN, avec qui ils ont des points communs (amour du jazz, goût de la provocation.) De formation classique en musique, il joue du piano dans les bars, tout en composant des chansons. Très vite, il entre dans l’écurie de Jacques CANETTI dans son cabaret des Trois Baudets.

Hommes à femmes, il écrit des chansons pour Juliette GRÉCO (La Javanaise), Pétula CLARK (la Gadoue), Françoise HARDY (Comment te dire adieu), France GALL (Poupée de cire, poupée de son), Brigitte BARDOT (Bonnie and Clyde ou Comic Strip), avant de rencontrer Jane BIRKIN (Je t’aime, moi non plus) avec qui il restera un certain temps.

Vous avez été plusieurs à me faire remarquer que Gainsbourg avait utilisé le premier mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde de DVORAK pour sa chanson « Initials B.B ». Je vais à présent vous proposer un petit tour de ses emprunts à la musique classique.

Dvorak Nouveau mondeCliquez sur l’affiche

Gainsbourg Initials BBCliquez sur Brigitte B.

Un de ses premiers tubes, « Poupée de cire, poupée de son », écrit pour France GALL serait inspiré de la Sonate n° 1 pour piano de BEETHOVEN (dernier mouvement).

Gainsbourg dédiera également à sa nouvelle compagne le titre Jane B, au thème musical largement inspiré par le prélude en mi mineur Opus 28 no 4, de Frédéric CHOPIN.

Chopin Prélude op 28 no 4Cliquez sur le pianiste

Gainsbourg Jane BCliquez sur Jane B.

La chanson « Baby alone in Babylone » est bâtie sur la 3e Symphonie de BRAHMS.

Brahms Symphonie no 3 3ème mouvementCliquez sur Johannes B.

Gainsbourg Baby Alone in BabyloneCliquez sur Jane Birkin

Le « Lost song » se base sur la « Chanson de Solveig », extraite du Peer Gynt de GRIEG.

Grieg Peer Gynt chanson de SolveigCliquez sur Solveig (Marita Solberg)

Gainsbourg Lost SongCliquez sur Jane

« Ma Lou Marilou » doit beaucoup au premier mouvement de la 23e Sonate, Appassionata de Beethoven.

Beethoven Sonate no 23 1er mvtCliquez sur le pianiste

Gainsbourg Ma Lou MarilouCliquez sur l’homme à la tête de chou

On retrouve la Symphonie du Nouveau Monde, le dernier mouvement cette fois, pour la chanson « Requiem pour un con », extraite du film Le Pacha de LAUTNER, où Gainsbourg joue son propre rôle.

Dvorak Symphonie du nouveau monde mvt 4Cliquez sur Anton D.

Gainsbourg requiem pour un conCliquez sur Serge G.

La chanson « Lemon incest« , interprétée avec sa fille Charlotte est bâtie sur l’Étude n° 3 de l’opus 10 de Chopin.

Chopin études opus 10 n 3Cliquez sur les mains du pianiste

Gainsbourg Lemon incestCliquez sur charlotte G.

Cliquez sur Charlotte G.

Serge Gainsbourg meurt d’une crise cardiaque le 2 mars 1991 à Paris.

Et pour en savoir un peu plus, un lien vers le site de France Musique qui m’a un peu aidé dans mes recherches pour écrire ce billet.

https://www.francemusique.fr/chanson/10-morceaux-de-serge-gainsbourg-inspires-du-classique-33502

Cinématographe

LES OPÉRAS PORTÉS À L’ÉCRAN

Depuis les débuts du cinéma, les trames d’opéras ont inspiré les réalisateurs.

On sait peu que la première musique écrite spécifiquement pour un film était de Camille SAINT-SAËNS, pour L’assassinat du Duc de Guise, en 1906.

Carmen, un des opéras les plus populaires, est aussi celui qui a inspiré le plus de films. Il a été adapté (en muet !) dès 1909. La liste des cinéastes ayant réalisé leur Carmen est impressionnante : Cecil B. DeMILLE, Charlie CHAPLIN, Ernst LUBITSCH, mais aussi Otto PREMINGER avec Carmen Jones, qui transpose l’histoire dans les milieux noirs états-uniens. Carlos SAURA, Jean-Luc GODARD, Francesco ROSI, Peter BROOK ont aussi eu leur Carmen, sans oublier le ballet Carmen à Pékin de Jean YANNE dans Les chinois à Paris. La version la plus célèbre est certainement celle de Rosi, avec Julia MIGENES JOHNSON dans le rôle-titre.

Bizet Carmen habanera MigenesCliquez sur Carmen

D’autres opéras ont fait l’objet d’adaptation au cinéma, parmi lesquels on peut citer La Flûte enchantée, de MOZART, adaptée en suédois par Ingmar BERGMAN et filmée dans le petit bijou qu’est le théâtre de Dronningholm. De Mozart, on peut aussi citer l’admirable Don Giovanni, de Joseph LOSEY,

Mozart don Giovanni trio des masquesCliquez sur le trio des masques

ou encore Les Noces de Figaro, filmé par Jean-Pierre PONNELLE d’après une version montée par KARAJAN au Festival de Salzbourg. La version de 1962 du Festival de Salzbourg du Chevalier à la Rose a fait l’objet d’un superbe film, où Elizabeth SCHWARZKOPF tenait un de plus beaux rôles.

Strauss Rosenkavalier filmCliquez sur le trio final

VERDI a également été bien servi, notamment avec La Traviata et Otello filmés par Franco ZEFFIRELLI,

Verdi Traviata ZeffirelliCliquez sur la fête chez Violetta

ou Macbeth filmé par Claude d’ANNA. Il y a également un très kitsch Le Trouvère mis en scène par Karajan.

WAGNER, l’exact contemporain de Verdi a été servi, par Karajan encore (Rheingold), mais aussi dans le film de SYBERBERG Parsifal.

Wagner Parsifal filmCliquez sur l’image

Le réalisateur Benoit JACQUOT a mis en scène et filmé Werther et Tosca. alors que Frédéric MITTERAND a réalisé son Madame BUTTERFLY.

Pour le XXe siècle, il existe une belle version de Porgy and Bess, filmée par Otto Preminger.

Gershwin Porgy and Bess Summertime (film)Cliquez sur l’image

Et plus près de nous, la comédie musicale West side Story de BERNSTEIN a fait l’objet d’une magistrale version cinématographique (le film aux 10 oscars!)

Bernstein West Side Story MariaCliquez sur Tony

alors que l’opéra-rock Tommy a été porté à l’écran par Ken RUSSELL.

The Who Tommy le filmCliquez sur la bande-annonce

Cinématographe, Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE ZEFFIRELLI CHEZ VOUS – Semaine du 15 au 21 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 15 au 21 février 2021.

Cette semaine, le MET nous propose quelques-unes des grandes mises en scène de Franco ZEFFIRELLI, un des metteurs en scène les plus intéressants de l’histoire de l’opéra. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Zeffirelli (1923 – 2019) était un homme de théâtre, de cinéma et un spécialiste des mises en scène d’opéras. On lui doit notamment des opéras filmés, notamment une splendide Traviata.

Lundi 15 février PUCCINI La Bohème

Puccini La Bohème final acte IICliquez sur les quatre amis

Mardi 16 février VERDI Falstaff

Verdi Falstaff E sogno o realtaCliquez sur Falstaff

Mercredi 17 février MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Mascagni Pagliacci (MET 1978)Cliquez sur Paillasse et …

Jeudi 18 février Puccini Tosca

Puccini Tosca (MET 1985)Cliquez sur Tosca et Cavaradossi

Vendredi 19 février MOZART Don Giovanni

Mozart Don Giovanni (MET 1990)Cliquez sur Dona Anna découvrant le corps de son père lâchement assassiné

Samedi 20 février BIZET Carmen

Bizet Carmen La fleur que tu m'avais jetée (MET 1997)Cliquez sur Don José

Dimanche 21 février Puccini Turandot

Puccini Turandot finalCliquez sur la scène finale de Turandot

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour un hommage à Dmitri Hvorostovsky, ça va encore être bien !

Cinématographe, littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

APPARITION, de Stéphane MALLARMÉ

Après Victorieusement fui le suicide beau de MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, ce sera Apparition, un poème de jeunesse :

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs

Tchaïkovski Hymn of the CherubimCliquez sur les Chérubins (désolé, je n’ai pas trouvé de séraphins)

Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots
glissant sur l’azur des corolles.

Marais (Sainte-Colombe) les Pleurs SavallCliquez sur les Pleurs de la viole de M. de Sainte-Colombe


— C’était le jour béni de ton premier baiser.

Gounod Roméo et Juliette Ange adorableCliquez sur Juliette et Roméo qui vont échanger leur premier baiser

Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse


La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue

Donizetti l'Élixir d'amour quanto e bellaCliquez sur Nemorino découvrant sa belle au soleil de midi


Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Massenet Cendrillon (MET 2018)Cliquez sur la Fée

Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Citations musicales :

Des séraphins en pleurs : Hymne des Chérubins de TCHAÏKOVSKI.

… de mourantes violes De blancs sanglots… : Marin MARAIS les Pleurs, tirés du film Tous les matins du monde d’Alain CORNEAU.

Le jour béni de ton premier baiser : Duo « Ange adorable » extrait du Roméo et Juliette de GOUNOD.

Du soleil aux cheveux : Au début de l’Élixir d’amour de DONIZETTI, le héros chante son amour pour sa belle sous la chaleur du soleil de midi en été.

La fée au chapeau de clarté : La fée, la marraine de Cendrillon, dans l’opéra du même nom de MASSENET.

Cinématographe, Mes opéras préférés, Valse

LA VEUVE JOYEUSE (DIE LUSTIGE WITWE), de LEHAR (1905)

La Veuve joyeuse est une opérette de Franz LEHAR datant de 1905. Le sujet s’inspire d’une comédie du librettiste LEILHAC (mais oui, vous savez bien, celui de Carmen !) Elle connaît immédiatement un très grand succès et représente, avec la Chauve Souris de STRAUSS, l’opérette viennoise.

Le pitch : Pour des raisons d’État, une riche veuve, Missia, doit se remarier avec un homme de son pays. Courtisée pour ses millions, elle et Danilo finissent par reconnaître leur amour.

Acte I : À Paris, l’ambassadeur de Marsovie et sa femme Nadia donnent une fête pour l’anniversaire de leur prince et souverain. Restée seule avec Camille de Coutanson, Nadia lui interdit de lui parler d’amour, et lui conseille de se marier. Pourtant, malgré ses vœux de fidélité, elle lui laisse entendre qu’elle a un faible pour lui. On annonce l’arrivée de Missia (Hanna en V.O. autrichienne), une jeune marsovienne mariée à un riche banquier qui a eu le bon goût de mourir quelques mois après leur mariage. Elle est riche de 50 millions, et l’ambassadeur doit faire attention que cette somme ne sorte pas du pays, qui est au bord de la faillite. Il cherche son attaché militaire, le prince Danilo, pour le marier à Missia : ainsi les millions ne sortiront pas du pays. Celui-ci passe son temps à boire du champagne avec des p’tites femmes chez Maxim’s.

Missia paraît et déclare à ses nombreux soupirants qu’elle n’est pas dupe de leurs déclarations d’amour, que c’est ses millions qui les intéressent. L’ambassadeur et sa femme entrent. Nadia déclare à Camille qu’elle veut qu’il se marie avec Missia. Celle-ci invite tout le monde le lendemain chez elle, pour fêter l’anniversaire du prince. Danilo arrive enfin, chantant sa vision hédoniste du monde (Air : Pardonne moi, chère patrie) avant de s’endormir, épuisé.

Lehar La Veuve joyeuse Pardonne moi chère patrieCliquez sur Danilo

Missia entre et trouve Danilo endormi. Elle le réveille et ils se reconnaissent : ils se sont aimés il y a longtemps, mais Danilo n’a pas voulu d’elle pour éviter une mésalliance. La valse qui commence interrompt leur tête-à-tête. Camille et Nadia reprennent leur flirt. L’ambassadeur veut marier Danilo et Missia, mais Danilo refuse. Pour sauver sa patrie, il s’engage à écarter tous les prétendants de Missia. Alors que Missia s’apprête à choisir, au hasard, parmi tous ses prétendants, Danilo l’interrompt, car c’est l’heure de la valse (Air et chœur : C’est la valse écoutez, elle soupire).

Lehar la Veuve joyeuse C'est la valseCliquez sur l’image

Nadia arrive avec Camille, et le présente à Missia comme étant le seul digne de l’épouser. Missia se tourne vers Danilo pour la valse, mais celui-ci refuse, mettant à prix l’honneur de valser avec Missia (100 louis). Tous se retirent, sauf Camille qui est prêt à mettre ce prix, mais Nadia l’en empêche.

Acte II : Le lendemain, chez Missia, elle chante la vieille chanson marsovienne de la dryade et du chasseur (Air : Jadis, habitait dans le grand bois).

Lehar La Veuve joyeuse chanson de VilyaCliquez sur la fête chez Missia

Les hommes se lancent dans un couplet misogyne (Chœur : Le jour qu’Éve écouta le malin). Missia se demande pourquoi Danilo écarte systématiquement tous ses prétendants. L’aimerait-il ? Ils se retrouvent enfin pour une valse, mais une dépêche arrive, l’ambassadeur doit trouver une solution pour les 50 millions, sinon ce sera la crise financière pour la Marsovie. L’état-major de l’ambassade se retire pour en discuter. Nadia et Camille tombent dans les bras l’un de l’autre et se retirent. L’ambassadeur revient, et croit deviner que sa femme est avec Camille. On ouvre la porte, mais c’est Missia qui apparaît. Pour sauver la face, Missia déclare qu’elle vient de se fiancer avec Camille. Danilo proteste et chante une vieille chanson pour faire comprendre sa situation (Air : Jean-Pierre adorait Jeannette) avant de partir s’enivrer chez Maxim’s. Missia comprend que c’est elle qu’il aime.

Acte III : Le soir, chez Maxim’s, la fête bat son plein (Chœur : Nous sommes les p’tites femmes frivoles).

Lehar La Veuve joyeuse Les p'tites femmes frivolesCliquez sur les p’tites femmes frivoles

L’ambassadeur arrive pour chercher Danilo. Danilo refuse encore le mariage, préférant les « femmes de sa vie ». Missia arrive à son tour. Danilo, jaloux, lui reproche de s’être enfermé avec Camille. Elle lui explique que c’était pour sauver l’honneur d’une amie. Ils se réconcilient et tombent (enfin) dans les bras l’un de l’autre (duo : Heure exquise, qui nous grise).

Lehar La Veuve joyeuse Heure exquiseCliquez sur Danilo et Missia

(On peut entendre ce duo, certainement le plus célèbre de la partition, dans le film l’Ombre d’un doute [Shadow of a doubt] d’Alfred HITCHCOCK, ainsi que dans le Ciel peut attendre [Heaven can wait] d’Ernst LUBITSCH).

Cinématographe, littérature, Mythologie, Religion

ZOROASTRE, ZARATHOUSTRA, ZARASTRO

Quel est le lien entre ces différents personnages, me demanderez-vous (peut-être) ? Eh bien, c’est l’incarnation d’un même symbole, celui du bien et de la lumière.

Zoroastre est un personnage issu de la mythologie perso-indienne, datant d’environ mille ans av. J.-C. On retrouve dans son nom les notions de « vieux » et de « chameau ». De là à le traduire par « vieux chameau », il y a un pas que je ne franchirai certainement pas. Je préfère retenir la racine S.TR. que l’on retrouve dans Ishtar, cette déesse babylonienne de l’amour et de la guerre associée à la planète Vénus, ou encore dans « astre » et « aster » (français et anglais).

À propos d’Ishtar, Vincent D’INDY (1851 – 1931) a écrit un poème symphonique relatant sa descente aux enfers pour rechercher son amant (ça ne vous dit rien ?). À chaque porte de l’enfer (il y en a sept), elle doit se dépouiller d’un bijou ou d’une pièce de vêtement (telle Salomé dans sa danse des sept voiles).

D'Indy IstarCliquez sur l’orchestre

Strausse Salomé Danse des 7 voilesCliquez sur Salomé et ses 7 voiles

Revenons à Zoroastre, qui a commencé comme prêtre dans la religion mazdéiste, la religion d’Ahura Mazda. Il aurait eu en songe la vision de Ahura Mazda, la divinité suprême, le dieu de la lumière. Dès lors, il prônera la venue du dieu de justice, l’abandon des anciennes religions barbares, et la consommation des boissons enivrantes. La religion mazdéiste est aussi connue sous le nom de zoroastrisme.

Le siècle des Lumières est celui qui a connu une ouverture de l’Occident à d’autres cultures, notamment orientales. On retrouve ainsi l’influence du zoroastrisme dans le conte philosophique Zadig (1747) de VOLTAIRE.

Deux ans plus tard, c’est Jean-Philippe RAMEAU qui écrit son opéra Zoroastre (1749), s’inspirant des concepts maçonniques de son époque, soit une lutte entre le mal et l’ombre représentée par Abramane, et le bien et la lumière représentée par Zoroastre.

Rameau Zoroastre Mille rayons brillantsCliquez sur l’image

Quelque quarante ans plus tard, on trouve un personnage du nom de Zarastro (Sarastro en français) dans l’opéra maçonnique la Flûte enchantée (1791) de MOZART. Dans cette œuvre qui voit l’opposition entre le bien / le mal ou la lumière / l’obscurité, Zarastro, Grand-prêtre d’Isis et Osiris, représente la lumière et il est gardien du disque solaire.

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

Au XIXe siècle, c’est NIETZSCHE qui s’empare du personnage de Zarathoustra, dans son Also spracht Zarathustra, (Ainsi parla Zarathoustra) (1885). Richard STRAUSS écrira dès 1896 le poème symphonique qui porte ce nom. On trouve au début de la partition cette citation du philosophe : « La musique a trop longtemps rêvé; nous voulons maintenant nous réveiller.  »

L’utilisation du début de ce poème symphonique par Stanley KUBRICK dans son film 2001, a Space odyssey (2001, l’Odyssée de l’espace), sorti en 1969, a contribué à ressortir cette œuvre d’un oubli où elle était quelque peu tombée.

Strauss zarathustra kubrick

À la demande de John Duff, qui m’a fait remarquer que je ne parlais pas de Zorro dans billet, voici en complément « Zorro est arrivé » (rappelons que s’il est tout de noir vêtu, Zorro représente le bien) :

Salvador Zorro est arrivéCliquez sur Henri Salvador

Cinématographe, Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE LES DRAMES FAMILIAUX CHEZ VOUS – Semaine du 23 au 29 novembre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 23 au 29 novembre 2020.

Cette semaine, le MET s’intéresse aux drames familiaux portés à l’opéra.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 23 novembre VERDI Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi Il trovatore Trio (MET 2011)Cliquez sur le comte Di Luna

Mardi 24 novembre MUHLY Marnie (Oui, il s’agit bien de Pas de printemps pour Marnie, d’HITCHCOCK, porté à l’opéra).

Muhly Marnie I see ForioCliquez sur Marnie

Mercredi 25 novembre THOMAS Hamlet

Thomas Hamlet Hamlet, ma douleur est immense (MET 2010)Cliquez sur la reine et sur Hamlet

Jeudi 26 novembre STRAUSS Elektra

Strauss Elektra (MET 2016)Cliquez sur l’image

Vendredi 27 novembre DONIZETTI Lucia di Lammermoor

Donizetti Lucia di Lammermoor final acte II (MET)Cliquez sur Lucia

Samedi 28 novembre WAGNER Die Walküre (la Walkyrie)

Wagner Die Walküre chevauchée (Met 2019)Cliquez sur une Walkyrie

Dimanche 29 novembre Verdi Simon Boccanegra

Verdi Simon Boccanegra Plebe, Patrizi, Popolo (MET 1995)Cliquez sur Simon Tête noire

Voilà, c’est tout pour cette semaine. Prenez soin de vous. See you a nexte ouike pour retrouver les stars du lyrique dans des rôles qu’ils ont marqués.

Agenda Ironique, Cinématographe, Divers

LE FESTIN DE BABETTE, de Gabriel AXEL (1987)

Cet article est ma contribution à l’Agenda Ironique de novembre 2020.

Ce merveilleux film danois de Gabriel Axel se passe à la fin du XIXe siècle, sur les côtes désolées du Jutland. Il fait partie du top 10 de mes films préférés. L’histoire est tirée d’une nouvelle de Karen BLIXEN.

Ce BERGMAN optimiste a reçu l’Oscar du meilleur film étranger en 1988.

Le Festin de Babette Bande-annonceCliquez sur Babette

La première partie du film se déroule dans une communauté luthérienne tenue par le pasteur du village, aidé par ses deux jeunes (et jolies) filles. L’une, Martine, est courtisée par Lorens, un officier de l’armée danoise envoyé quelques temps à l’isolement dans ce village perdu pour lui faire réfléchir à l’inanité de sa conduite légère. Il finit par la quitter quand il comprend que dans cette communauté rigoriste, son amour n’a aucune chance. Lors d’une scène de bal à Stockholm (sur une valse de BRAHMS), on le voit décider de se consacrer désormais à sa carrière militaire afin de prendre sa place dans le monde.

Brahms Valse opus 39 n° 15Cliquez sur la partition

L’autre fille, Philippa, a une voix superbe. Achille Papin, un ténor de l’opéra de Paris qui passait par là, on l’entend dans l’air « Deh vieni alla finestra » du Don Giovanni de MOZART chanté à l’opéra de Stockholm découvre, part en villégiature dans le village et découvre sa voix « de Diva » à l’église.

Mozart Don Giovanni deh vieni alla finestraCliquez sur l’image

Achille se met en devoir de donner des cours de chant à Philippa, espérant la faire un jour triompher à l’opéra de Paris. Après une scène où ils interprètent en duo l’air « La ci darem la mano » de Don Giovanni, la jeune femme, troublée, décide d’interrompre ses leçons de chant, et Achille repart à Paris.

Mozart Don Giovanni la ci darem la manoCliquez sur Zerline et Don Giovanni

Secundo, on voit arriver quelques années plus tard dans le village une jeune femme (Babette) ayant fui la France après la commune de Paris, munie d’une lettre de recommandation de la part d’Achille Papin. Elle se met au service des deux sœurs, qui font vivre la mémoire de leur père décédé auprès de la petite communauté villageoise. On voit Babette s’intégrer petit à petit à cette communauté.

Troisièmement, 14 ans plus tard Babette, dont les seuls liens avec la France sont ceux d’un ami qui lui prend, tous les ans, un billet de la loterie nationale, apprend qu’elle a gagné le prix de 10 000 francs (de l’époque). Elle demande aux deux sœurs qui s’appétaient à célébrer lors d’un repas le centième anniversaire de leur père de la laisser préparer ce repas, par un repas « à la française ». D’abord réticentes, les sœurs finissent par accepter, persuadées que Babette, devenue riche, va ensuite les quitter.

Cette dernière partie, qui fait presque la moitié du film, est consacrée aux préparatifs du festin de Babette, puis à la préparation du repas à la cuisine, alors que les invités, ne sachant trop ce qu’on va leur faire manger (ils se méfient de la cuisine du diable), ont juré de ne commenter aucun des plats qu’on leur servira. Lorens, qui est devenu général, se pose des questions sur le sens de sa vie : a-t-il bien fait de renoncer à son amour de jeunesse pour épouser les vanités de la gloire militaire ? Il se fait inviter au festin et est le seul à se rendre compte de la qualité des mets et des vins qu’on leur sert. Il y a au menu de la soupe de tortue, des « cailles en sarcophage », le tout arrosé des meilleurs vins et du nectar de Bretzel liquide.

À la fin du repas, aidé par les boissons, toutes les dissensions qui existaient dans la communauté se dissolvent et tout le monde se réconcilie. Lorens avoue à Martina qu’il l’a toujours aimée, chaque jour de sa vie. Il a compris qu’il y a un temps pour aimer, un temps pour briller en société, et un temps pour se souvenir.

Le Festin de Babette chanson danoiseCliquez sur l’image

Je terminerai l’évocation de ce film par quelques citations :

Babette, en réponse aux deux sœurs qui déplorent qu’elle ait dépensé tout son argent pour leur repas (maintenant, vous serez toujours pauvre) : Un artiste n’est jamais pauvre.

Lorens, faisant ses adieux à Martine : J’ai appris ce soir que dans notre beau monde, tout est possible.

Les villageois faisant la ronde sous les étoiles au sortir du repas : L’horloge sonne, et le temps passe, l’éternité approche.

Achille Papin : Un cri jailli du cœur de l’artiste retentit dans le monde entier. donnez moi une chance de me surpasser.

Et pour trouver une autre contribution à l’Agenda Ironique, c’est ici : Un voyage en huit étapes.

Cinématographe, Divers, Fantaisie

L’HUMOUR EN MUSIQUE (partie 2)

Après une première série d’exemples d’humour en musique, et à la demande générale, en voici une nouvelle.

Jean-Philippe RAMEAU, dans Platée, a écrit un superbe air pour la Folie.

Rameau Platée la FolieCliquez sur la Folie

Josef HAYDN, dans sa symphonie La Surprise, donne un violent coup de timbale pour réveiller l’auditeur. L’Anglais Gerard HOFFNUNG s’amusera à amplifier ce mouvement de surprise par toutes sortes de bruits.

Haydn la Surprise (par Hoffnung)

Cliquez sur ce pauvre Haydn

Il existe une sorte d’humour qui est l’humour involontaire ! L’Américaine Florence Foster Jenkins était veuve d’un milliardaire américain et se piquait d’être chanteuse. Sa vie a inspiré deux films, le film éponyme avec Meryl STREEP et Marguerite avec Catherine FROT. Écoutons-la massacrer bravement l’air de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de MOZART.

Florence Foster Jenkins

La musique de ROSSINI est naturellement alerte. Écoutons les King’s Singers dans l’ouverture du Barbier de Séville.

Rossini ouverture du Barbier de Séville King's SingersCliquez sur l’image

Si, on l’a vu dans la première série, VERDI s’est mis sur le tard à la comédie, WAGNER s’est également essayé au genre avec les Maîtres chanteurs de Nuremberg. La fin de l’acte II est particulièrement savoureuse, quand le Maître-chanteur en chef, le cordonnier Hans Sachs, entreprend de corriger la chanson du ridicule Beckmesser en marquant les fautes par des coups de marteau sur la chaussure qu’il est en train de fabriquer. Finalement, le bruit provoqué par ces coups de marteau réveille villageois et apprentis, qui descendent dans la rue et provoquent un beau chahut.

Wagner les Maîtres Chanteurs final acte IICliquez sur le chahut final de l’acte II

Et OFFENBACH (le roi de l’opérette) ne manque pas non plus d’humour, par exemple la scène de la mouche dans Orphée aux enfers.

duo de la moucheCliquez sur l’image

SAINT-SAËNS s’est certainement bien amusé en écrivant son Carnaval des animaux, où il représente (musicalement) les pianistes faisant leurs gammes, alors que l’orchestre cherche à les faire taire.

Saint-Saëns Carnaval des animaux pianistesCliquez sur l’image

L’Anglais Gerard HOFFNUNG a fait un travail remarquable pour dynamiter la musique classique. Ainsi de son opéra Let’s fake an opera (The Tales of Hoffnung), qui mélange les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, Don Giovanni, Les Pêcheurs de perles, Carmen, Otello…

Hoffnung Let's fake an operaCliquez sur l’image

Pour finir, je vais vous dévoiler le secret des chefs de chœur pour faire monter les sopranos dans les aigus.

copyright SERRE

Retrouvez prochainement sur ce blog d’autres exemples d’humour en musique.

Cinématographe

MON NOM EST BOND, James BOND

In memoriam Sean CONNERY

Pour les millions de spectateurs qui ont vu au moins une fois un James BOND dans leur vie, la musique de ces films, c’est d’abord ça :

Norman James Bond ThemeCliquez sur l’image

En presque 60 ans, le personnage de James Bond a été incarné par différents acteurs, le premier étant Sir Sean CONNERY. Suivront, parmi ceux qui ont marqué le rôle, Roger MOORE, Timothy DALTON et Daniel CRAIG. 

Vous ne vous y attendez pas forcément en regardant les films de James BOND, mais vous avez parfois l’occasion d’entendre aussi quelques extraits de musique classique.

C’est le cas par exemple de L’espion qui m’aimait (The Spy who loved me) (1977), où on peut entendre quelques mesures de la Suite pour orchestre BWV 1068 de J.S. BACH, du 21e Concerto de piano de MOZART, ainsi qu’une citation de la « Méditation » de Thaïs, de MASSENET.

Mozart 21e concerto andanteCliquez sur le pianiste

Dans Moonraker (1979), la rencontre entre James Bond et le méchant (joué par Michael LONSDALE) se fait au son du prélude opus 28 n° 15 de CHOPIN, et un peu plus tard la partie de chasse s’ouvre au son de Also spracht Zarathoustra, de Richard STRAUSS.

Chopin prélude op 28 n 15Cliquez sur le champion du monde de piano toutes catégories

On peut aussi entendre la Tritsch-tratsch Polka de Johann STRAUSS, un extrait de Pagliacci de LEONCAVALLO, tandis que la rencontre du grand méchant Jaws et de sa future se fait au son du Roméo et Juliette de TCHAÏKOVSKI.

Dans Dangereusement vôtre (A View to a kill) (1983), toute la partie qui se joue au château de Chantilly se passe au son des Quatre saisons de VIVALDI. Plus tard, la rencontre amoureuse entre James Bond et la belle espionne russe se fera au son du Lac des Cygnes, de Tchaïkovski.

Tchaïkovski le Lac des cygnesCliquez sur les danseuses

Tuer n’est pas jouer (The living Daylights) (1987) s’ouvre sur un concert où est jouée la 40e symphonie de MOZART. Un peu plus tard, Kara, la belle espionne de l’Est, qui est violoncelliste, joue le 2e quatuor de BORODINE.

Borodine 2e quatuorCliquez sur le quatuor d’élite

Et quand James Bond et la belle Kara s’enfuient à Vienne, on a évidemment droit à une valse de Vienne. Le soir, ils vont à l’Opéra de Vienne écouter les Noces de Figaro. Le film s’achève comme il a commencé, par un concert où Kara joue les Variations sur un thème Roccoco de Tchaïkovski.)

Dans Quantum of Solace (2008), une scène d’action se déroule à l’opéra de Bregen (en Autriche) pendant une représentation de Tosca, de PUCCINI (et plus précisément, pendant le « Te Deum ».)

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia

Dans Permis de tuer (A license to kill)(1989), une scène de méditation se passe au son de la lettre à Élise de BEETHOVEN.

Beethoven für EliseCliquez sur le pianiste

Enfin, dans le dernier opus (à ce jour), Spectre (2015), on peut entendre le « Cum Dederit » extrait du Nisi Dominus de VIVALDI, l’air « Una furtiva lagrima » extrait de l’Élixir d’amour de DONIZETTI, et enfin le fameux « libiamo« , extrait de la Traviata de VERDI.

Vivaldi Nisi Dominus cum dederitCliquez sur l’image

Il y a un autre James Bond qui ne fait pas partie de la série connue. Il s’agit de Casino Royale (1967), le premier roman de Ian FLEMING. Traité sous une forme humoristique, voire délirante, il réunit une distribution assez ahurissante : Peter SELLERS, Ursula ANDRESS, David NIVEN, Orson WELLS, Woody ALLEN, Deborah KERR, Charles BOYER, Jean-Paul BELMONDO et John HUSTON ! La musique en est de Burt BACCARACH. On y apprend que James bond est lui même pianiste, et qu’il aime jouer DEBUSSY (je n’ai toutefois pas réussi à identifier le morceau qu’on l’entend jouer).