Cinématographe, Grandes maisons d'Opéra, Histoire de l'opéra

LE ROYAL OPERA HOUSE S’INVITE CHEZ VOUS

Pendant la période de confinement lié à l’épidémie mondiale de coronavirus, le Royal Opera House (ROH), également connu sous le nom de Covent Garden, s’invite chez nous via les réseaux sociaux sur Facebook ou sur Twitter.

Retrouvez ici la page d’accueil de ce programme du ROH :

https://www.roh.org.uk/news/the-royal-opera-house-launches-a-programme-of-free-online-content-for-the-culturally-curious-at-home

  • Pierre et le loup, de PROKOFIEV, The Royal Ballet, 2010 – 27 March 2020, 7pm GMT
  • Acis and Galatea, de HAENDEL, The Royal Opera, 2009 – 3 April 2020, 7pm BST
  • Così fan tutte, de MOZART, The Royal Opera, 2010 – 10 April 2020, 7pm BST
  • The Metamorphosis, The Royal Ballet, 2013 – 17 April 2020, 7pm BST

Depuis 1732, date de l’ouverture du premier, l’emplacement actuel du Royal Opera House a vu trois bâtiments se succéder. 

C’est à Covent Garden que HAENDEL, qui avait pourtant fondé la Royal Academy of music, a créé en 1735 Ariodante et Alcina.

En 1809, après l’incendie de la première salle, le Royal Italian Opera est confié à l’acteur Charles Kemble. C’est pour cette salle que WEBER écrira Oberon (1826).

Weber Oberon ouvertureCliquez sur l’orchestre

Un second incendie ayant détruit ce Royal Italian Opera, l’édifice actuel ouvrit ses portes en 1858. La totalité des opéras était donnée en italien jusqu’en 1888, puis en langue originale. Le théâtre a été élevé au rang d’Opéra royal en 1862.

Depuis ses débuts dans ce théâtre en 1888, la diva australienne Nellie MELBA règne sans partage sur les lieux où elle triomphe en Mimì (La Bohème de Puccini) ou en Juliette (Roméo et Juliette de Gounod).

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleilCliquez sur l’image

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale fera taire l’Opéra, transformé en salle de danse jusqu’en 1945, jusqu’à sa réouverture en 1946.  

Les créations d’œuvres nationales y témoigneront du dynamisme renouvelé de la musique lyrique anglaise. On citera par exemple le Billy Budd de BRITTEN (1951).

Britten Billy Budd pour ROHCliquez sur l’image

En 2263, on a encore pu voir le Royal Opera House dans le film Le cinquième Élément de Luc BESSON, puisque c’est dans cette salle que l’humanoïde Plavalaguna chante le fameux air de la folie de Lucia di Lammermoor, de DONIZETTI.

donizetti Lucia air de la folie le 5e élémentCliquez sur Plavalaguna

(Source principale : Encyclopaedia Universalis 2017.)

Cinématographe, Divers, Grandes maisons d'Opéra

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS

Vous avez (toujours) rêvé d’assister à un opéra au MET, le Metropolitan Opéra de New-York, sans avoir pu réaliser ce rêve, pour des raisons de budget ou d’organisation. Suivant le site du MET, une série de représentations, originellement transmises dans les salles de cinéma, sera mise à disposition à partir de ce soir, et commencera avec Carmen.

https://www.metopera.org/about/press-releases/met-to-launch-nightly-met-opera-streams-a-free-series-of-encore-live-in-hd-presentations-streamed-on-the-company-website-during-the-coronavirus-closure/

Le MET, institution culturelle de premier ordre, a été inauguré en 1883 avec le Faust de GOUNOD (chanté en italien !).

En 1908, c’est au MET que sera donnée la première représentation du Parsifal de WAGNER en dehors de Bayreuth. En effet, par volonté testamentaire, Wagner voulait que les seules représentations du dernier de son opéra soient celles de son théâtre de Bayreuth, mais les Américains ont décidé que cette disposition testamentaire ne s’appliquait pas aux États-Unis.

Le bâtiment actuel, sis au Lincoln Center, date de 1966. Il a été inauguré avec Antoine et Cléopâtre, de Samuel BARBER. On le voit souvent dans les films de Woody ALLEN. Par exemple, dans Small times Crooks (Escrocs mais pas trop), le rêve de cette famille de nouveaux riches est d’assister à une représentation à l’opéra. On y voit une soirée caritative destinée à lever des fonds pour l’opéra.

Parmi les grands chefs qui ont dirigé le MET, on peut mentionner Gustav MAHLER (1908) et Arturo TOSCANINI (1908 – 1915). Les années récentes ont été celles de James LEVINE (1973 – 2016).

Le programme des opéras qui seront mis en ligne est :

16 mars : Carmen de BIZET.

Bizet Carmen METCliquez sur Carmen et Don José

17 mars : La Bohème de PUCCINI.

Puccini La Bohème METCliquez sur l’image

18 mars: Il Trovatore (le Trouvère) de VERDI.

Verdi Il trovatore METCliquez sur Léonora et De Luna

19 mars : La Traviata de Verdi.

Verdi la traviata METCliquez sur Violetta et Germont

20 mars : La Fille du régiment de DONIZETTI.

Donizetti la fille du régiment MET

21 mars : Lucia di Lammermoor de Donizetti.

Donizetti Lucia di Lammermoor METCliquez sur la scène de la folie

22 mars : Eugène Onéguine de Tchaïkovsky.

Tchaïkovsky Eugène Onéguine METCliquez sur Onéguine

Écrivain, Cinématographe, littérature, Oulipo, poésie

Raymond QUENEAU – Partie 2

Poursuivons notre lecture de la vie et de l’œuvre de Raymond QUENEAU, le dernier encyclopédiste (?), lecture abordée sous un angle musical.

En 1951 paraît le roman hégélien le Dimanche de la vie. Un projet d’adaptation en opéra, écrit en collaboration avec Boris VIAN, ne verra finalement pas le jour. C’est dans ce roman que le héros, Valentin Bru, raconte son passage à Bayreuth : « Une ville où on joue de la musique ».

Wagner Lohengrin (Bayreuth)Cliquez sur l’image

En 1955, son ami le cinéaste René CLÉMENT fait appel à Queneau pour écrire les chansons de son film Gervaise, inspiré de l’Assommoir de ZOLA, avec une musique de Georges AURIC.

Auric GervaiseCliquez sur Gervaise

En 1958, il travaille à Zazie dans le métro, et son fameux Doukipudonktan inaugural, qui paraît début 1959. Dans Zazie, un des personnages s’appelle Turandot, comme l’opéra de PUCCINI et l’oncle hormosessuel de Zazie, qui a un numéro de travesti dans un cabaret de Pigalle, exécute son numéro de danse favori : la mort du cygne. Zazie dans le métro sera adapté dès 1960 au cinéma par Louis MALLE.

Puccini Turandot finalCliquez sur le final (heureux) de Turandot

En 1960, il crée avec François le Lionnais (et d’autres) l’OuLiPo (l’Ouvroir de Littérature Potentielle), une sous-commission de Collège de Pataphysique.

En 1961 paraît une de ses œuvres oulipiennes majeures, Cent mille milliards de poèmes.

En 1961 encore, il écrit avec Johnny HALLYDAY la chanson « Je te tuerai d’amour ».

Queneau Halliday je te tuerai d'amourCliquez sur Johnny (même si ici c’est Zizi JEANMAIRE qui chante)

En 1965 paraît un des ses romans les plus achevés, l’étourdissant les Fleurs bleues, et en 1968, son dernier roman, le Vol d’Icare.

Parallèlement, il publie trois recueils de poésie complémentaires, Courir les rues (1967), Battre la campagne (1968) et Fendre les flots (1969) avant de terminer par son dernier recueil, Morales élémentaires (1975).

En 1967, Georges PEREC entre à l’OuLiPo et deviendra un des amis de Queneau. Ses plus grosses contributions à l’OuLiPo sont la Disparition, un lipogramme en E de 312 pages, et La Vie mode d’emploi.

Outre ses activités littéraires, Queneau a également travaillé pour le cinéma (Monsieur RIPOIS de René Clément, Landru de Claude CHABROL [où il apparaît], le Chant du styrène de Alain RESNAIS [Ô temps suspend ton bol…], Jean-Pierre MOCKY, mais aussi Orson WELLES ou Luis BUNUEL.

Peintre lui-même, il a côtoyé les plus grands de son siècle, de PICASSO à MIRO, en passant par ARP ou DUBUFFET.

Je suis bien conscient au travers de ces deux billets de n’avoir fait qu’effleurer le personnage de Queneau, j’aurais pu parler de ses travaux mathématiques, ou de son écriture pour le théâtre (à la demande d’Albert CAMUS), mais j’espère seulement vous avoir donné l’envie d’en savoir plus sur lui.

Sources : Album Queneau de la Pléiade, éditions Gallimard, 2002.

Queneau œuvres complètes, tome III, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2006.

Cinématographe, Jazz, Mes opéras préférés

PORGY & BESS, de GERSHWIN

Remarquable fusion entre l’opéra et la musique noire (jazz et spiritual), Porgy and Bess a été composé par GERSHWIN en 1935, deux ans avant sa mort. Cet opéra est relativement difficile à monter sur scène parce que par disposition testamentaire de George et Ira (son frère), il ne doit être joué que par des noirs.

Il existe une version cinématographique jouée par des noirs, dont l’acteur Sidney POITIER, mais les droits en sont actuellement bloqués par la famille qui estime que cette version n’est pas fidèle à l’original.

Acte I : Par un soir d’été, Clara chante une berceuse à son bébé (Air : « Summertime »).

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur Clara berçant son bébé

Les hommes se préparent à jouer aux dés. Serena, la femme de Robbins a un mauvais pressentiment. Porgy, l’infirme, les rejoint. L’assemblée se moque de lui, et de son intérêt pour Bess. Crown, un docker, arrive avec son amie, Bess. Sporting Life, le dealer, lui fournit de la drogue. Crown, battu aux dés, s’en prend à Robbins, le gagnant, et le tue. La foule se disperse avant que la police n’arrive. Sporting Life propose à Bess qui lui a demandé de la drogue de le suive à New York, mais elle refuse. Porgy recueille chez lui Bess qui ne sait où aller.

La communauté pleure la mort de Robbins (Chœur : « Where is broder Robbins »).

Gershwin Porgy and Bess where is broder RobbinsCliquez sur le théâtre

Une quête est organisée pour payer l’enterrement, Porgy arrive avec Bess, mais on refuse l’argent de celle-ci avant qu’elle n’annonce qu’elle n’est plus avec Crown, mais avec Porgy. La police arrive et accuse Peter. Celui-ci dénonce Crown et est embarqué au poste en tant que témoin, le temps que la police attrape Crown.

Le croque-mort arrive, et commence par refuser d’enterrer Robbins pour si peu d’argent, avant de se laisser convaincre. Bess entonne un spiritual et Serena chante son chagrin.

Acte II : Plus tard, Clara chante sa crainte à l’approche de la saison des ouragans. Jake dit son intention d’aller en bateau aux Blackfish Banks. Porgy chante (Air : « I got plenty o’ nuttin’ »), et Clara fait remarquer à quel point il a changé depuis qu’il est avec Bess.

Gershwin Porgy and Bess I got plenty o'Nuttin'Cliquez sur Porgy

Le dealer se fait chasser par la tenancière. Un avocat cupide paraît pour arranger le divorce de Crown et Bess, mais il se fait payer plus cher quand il apprend qu’ils n’étaient pas mariés ! Archdale annonce à Porgy qu’il va payer la caution de Peter. La communauté s’apprête à partir en pique-nique, mais Bess préfère rester seule. Le dealer l’encourage dans cette voie, et lui propose de la drogue. Elle refuse mais il insiste. Porgy le menace, mais il rit de son infirmité avant de partir. Duo d’amour entre Porgy et Bess (Duo : « Bess, you is my woman now ») où Porgy demande à Bess d’aller au pique–nique et de s’amuser.

Gershwin Porgy and Bess Bess, you is my Woman nowCliquez sur Porgy et Bess

Sur l’île, le pique-nique bat son plein. Le dealer donne une lecture blasphématoire de la bible (« It ain’t necessary so… »), reprise par le chœur.

Gershwin Porgy and Bess It ain't necessarily soCliquez sur Cab Calloway

Ils sont interrompus par Serena qui leur reproche leur impiété et leur hypocrisie. Mais déjà il est l’heure de prendre le bateau pour rentrer. Bess est interpellée par Crown, qui avait trouvé refuge sur l’île. Il lui dit qu’il reviendra la chercher et assure son emprise sur Bess, qui rate le bateau.

Une semaine plus tard, Jake s’apprête à prendre la mer. Bess, revenue après 48 heures et malade depuis une semaine est en proie au délire. On voit arriver Peter, sorti de prison. Serena prie Jésus pour la guérison de Bess (« Oh, Dr. Jesus »).

Gershwin Porgy and Bess Oh Doctor Jesus Ella FitzgeraldCliquez sur Ella Fitzgerald

Les commerçants se succèdent pour vendre leurs marchandises et pour essayer de sortir Bess de son état. Bess appelle Porgy à son chevet. Porgy lui dit qu’il sait qu’elle a revu Crown. Elle répond qu’il va venir la chercher et qu’elle est trop faible pour lui résister (elle l’a dans la peau). Porgy demande « et s’il n’existait pas ». Bess répond qu’alors elle resterait avec lui parce que c’est lui qu’elle aime.

On retrouve Clara qui attend sur l’embarcadère son mari Jake. La cloche annonçant l’ouragan sonne. La communauté se rassemble et prie (reprise de : « Oh, Dr.Jesus »). Clara reprend la prière pour son enfant (sur l’air de « Summertime »). Porgy demande à Bess ce qui la préoccupe, et lui dit que personne ne peut survivre sur l’île dans cette tempête. Des coups sont frappés à la porte. Les superstitieux pensent que c’est la mort, mais en fait c’est Crown qui arrive. Il est revenu chercher Bess, qui lui répond que son nouvel homme, c’est Porgy. Crown porte la main sur Bess, Porgy veut intervenir, mais il est repoussé par Crown. À Clara qui le menace du châtiment divin, il répond en blasphémant. Clara voit par la fenêtre le bateau dérivant de Jack. Elle sort dans la tempête, suivie de Crown qui lance un défi à Porgy.

Acte III : Après la tempête, on enterre Clara (Chœur : « Clara, Clara »). Sporting Life est le seul à ne pas s’affliger.

Gershwin Porgy and Bess Clara, ClaraCliquez sur l’image

Bess s’occupe du bébé de Clara (Summertine). Le soir, Crown réapparaît et s’approche de la maison de Porgy. Porgy le tue.

Des policiers arrivent et veulent voir Serena. Elle fait croire qu’elle est alitée depuis trois jours. Ils interrogent alors Porgy et lui demandent de venir identifier le corps de Crown. Sporting Life lui fait peur en lui disant que si son regard porte sur Crown, ses blessures se remettront à saigner, révélant ainsi sa culpabilité. Après le départ de Porgy, Sporting Life donne de la drogue à Bess et tente de la convaincre de le suivre à New York.

Une semaine plus tard, Porgy revient, la police n’a rien pu retenir contre lui. Il explique qu’il a gagné beaucoup d’argent en prison grâce a ses dés et distribue des cadeaux à ses amis. Il appelle Bess, mais nul sinon l’écho ne répond à sa voix. Voyant le bébé dans les bras de Serena, il se précipite dans sa maison qu’il trouve vide. Les femmes lui disent qu’elle a suivi Sporting Life à New-York. Il part la chercher à New York (Oh lawd, I’m on my way).

Animation 1, Cinématographe, Compositeurs, littérature

George GERSHWIN

George GERSHWIN est né en 1898 et mort en 1937. Fils d’une famille de juifs russes émigrés à la fin du XIXe siècle, il grandit à New-York. Il découvre le piano à l’âge de 12 ans, et montre tout de suite de grandes dispositions pour la musique. Auteur de chansons, puis de comédies musicales, il publie sa première composition à 18 ans.

En 1924, il honore une commande pour un concerto-jazz, la fameuse Rhapsody in blue qui lancera la carrière internationale de Gershwin.

Geshwin Rhapsody in blue Fantasia 2000Cliquez sur l’image

(En 1979, Woody ALLEN ouvrira son magnifique Manhattan sur cette Rhapsody in blue.)

En 1924, il signe un contrat pour un concerto de piano. Sitôt le contrat signé, il se précipite dans une librairie pour acheter un manuel de composition pour son concerto ! Il en résulta le Concerto en fa (1925).

Gershwin concerto en faCliquez sur la pianiste

En 1928, il rencontre RAVEL qui effectuait une tournée aux U.S.A. Il lui demande des cours de composition, Ravel refuse, au titre qu’il ferait « du Ravel de seconde classe, au lieu de faire du Gershwin de première classe » (rapporté par Jean ECHENOZ dans Ravel.) Gershwin part à son tour en tournée, en Europe, et c’est à Paris qu’il termine une autre de ses œuvres très populaires, Un Américain à Paris (1928).

Gershwin An American in ParisCliquez sur l’orchestre 

(On trouve quelques mesures de Un Américain à Paris au début de One cab’s Family du génial Tex AVERY.)

Parmi ses mélodies figurent de nombreuses pièces qui sont devenues des standards du jazz, comme « The Man I love »

Gershwin The Man I loveCliquez sur l’image

ou encore I got Rythm (qu’on peut entendre sur la B.O. de Celebrity [1989], de Woody Allen.)

Gershwin I got rythmCliquez sur le trio de jazz

George Gershwin a beaucoup travaillé avec son frère Ira (diminutif d’Israël) comme parolier, que ce soit pour ses mélodies ou ses comédies musicales.

En 1935, ils écrivent ensemble l’opéra jazz Porgy and Bess qui connaîtra un immense succès, plus peut-être dans le milieu du jazz que dans celui de l’opéra. Il en existe de nombreux enregistrements, dont un fameux de Ella FITZGERALD et Louis ARMSTRONG.

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur Satchmo

Gershwin meurt en 1937 d’une tumeur au cerveau.

Retrouvez plus de billets consacrés aux compositeurs en cliquant sur ce lien : Compositeurs.

Cinématographe, Mythologie, nature, Valse

LES QUATRE SAISONS (5) – L’HIVER (2)

Après un premier billet sur la mise en musique de l’hiver, billet paru il y a un an (déjà), voici une suite des aventures musicales de l’hiver.

Évidemment, quand on dit Quatre saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI.

Vivaldi l'hiver

Cliquez sur l’image

Mais avant Vivaldi, LULLY avait écrit en 1687 Isis, d’après les Métamorphoses d’Ovide. On y apprend que Junon, jalouse de Io courtisée par Jupiter, poursuit celle-ci jusqu’à l’embouchure du Nil. Jupiter demande alors à Junon de l’épargner, ce qu’elle accepte de faire en la transformant en déesse. Dès lors, Io s’appellera Isis et sera vénérée par les Égyptiens. Il y a dans Isis un très bel air tremblé « Hiver qui nous tourmente ».

Lully ISIS Hiver qui nous tourmente

Cliquez sur les Pages du roi

PURCELL s’en souviendra quelques années plus tard (en 1691) quand il écrira l’air du génie du froid du King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song Orlinski

Cliquez sur le génie du froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur en hiver.

Schubert Winterreise Erstarrung

Cliquez sur la partition
En 1882, WALDTEUFEL écrit la Valse des patineurs (peut-être la seule partition de lui qui soit restée au répertoire).

Waldteufel Valse des patineurs

Cliquez sur Émile Waldteufel

En 1892, CATALANI écrit La Wally dont l’action se déroule au Tyrol. La fin de cet opéra se passe à Noël, dans une tempête de neige. Je vous propose d’écouter le fameux air « Ebben ? Ne andro lontana », dont DVORAK se souviendra probablement quand il écrira Rusalka en 1900. Les plus cinéphiles d’entre vous reconnaîtront cet air rendu fameux par Jean-Jacques BEINEIX dans son film Diva (1981).

Catalani La Wally ebben ne andro lontana

Cliquez sur l’image
En 1899, GLAZOUNOV écrit un ballet pour Marius PETIPA, Les Saisons. Écoutons l’hiver.

Glazounov les saisons l'hiver

Cliquez sur l’image

En 1938, PROKOFIEV écrit la musique du film Alexandre Nevski de Sergueï EINSENSTEIN. On y trouve la fameuse scène de la bataille sur le lac gelé.

Prokofiev Alexandre Nevski

Cliquez sur l’image du film

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérez que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)

Écrivain, Cinématographe, littérature, Shakespeare

CERVANTÈS ET LE QUICHOTTE

Madame, là où il y a musique, il ne saurait y avoir chose mauvaise. (Cervantès)

Miguel de CERVANTÈS (1547 – 1616) a écrit le premier livre de son Don Quichotte en 1605, c’est à dire à l’époque où se créait l’opéra. (L’Orfeo de MONTEVERDI date de 1607.) Ce roman est souvent considéré comme étant le premier roman « moderne ». Rappelons qu’à cette même époque de bouillonnement intellectuel, SHAKESPEARE, mort la même année que Cervantès, fixait les règles du théâtre lui aussi « moderne ».

Cervantès était attiré par l’héroïsme et la gloire. Soldat, il perd la main gauche à la bataille de Lépante (1571), puis est fait prisonnier par les « Barbaresques ». Son séjour en captivité lui donne l’occasion de montrer sa fermeté d’âme. Rendu à la vie civile, il est réduit à un rien social, loin de ses aspirations de grandeur. Dès lors, il se consacre à l’écriture. Son grand œuvre intervient vers la fin de sa vie puisqu’il a 58 ans quand paraît le premier livre et 68 pour le second.

Don Quichotte a connu des fortunes diverses à l’opéra. En 1743, Joseph Bodin de BOISMORTIER a écrit un Don Quichotte chez la duchesse, sur un livret de Charles FAVART, l’un des fondateurs de l’opéra-comique.

Bodin de Boismortier Don QuichotteCliquez sur l’image

Un peu plus tard, c’est Jules MASSENET (1842 – 1912) qui mettra en musique le roman picaresque, en 1910.

Massenet Don Quichotte Quand apparaissent les étoilesCliquez sur l’inaccessible étoile

Maurice RAVEL (1875 – 1937) a écrit un cycle de mélodies, les chansons de Don Quichotte à Dulcinée (1932 – 1933), il s’agit de sa dernière œuvre achevée.

Ravel Don Quichotte à DulcinéeCliquez sur l’image

Jacques IBERT (1890 – 1962) a écrit quatre mélodies sur Don Quichotte.

Ibert Don QuichotteCliquez sur l’image

Richard STRAUSS a écrit une pièce pour violoncelle et orchestre qui a pour titre Don Quichotte.

Strauss Richard Don QuichotteCliquez sur le violoncelliste

L’adaptation en comédie musicale du roman de Cervantès a été une des grandes affaires de Jacques BREL. Malheureusement, son Homme de la Mancha n’a jamais rencontré le succès qu’il escomptait.

Brel L'homme de la MancheCliquez sur l’image

Un autre échec célèbre est l’adaptation au cinéma par Terry GILLIAN, Jean ROCHEFORT qui devait tenir le rôle de l’hidalgo s’étant cassé une jambe peu de temps avant le début du tournage, c’est tout le projet de film que le cinéaste a dû abandonner.

(P.S. les éléments qui m’ont permis de caractériser Cervantès sont issus de l’Encyclopedia Universalis, éd. 1993).