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Jean COCTEAU (1888 – 1963) – PREMIÈRE PARTIE

Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi !

Issu d’un milieu aisé, (son grand-père a connu ROSSINI dont il a reçu un piano en legs,) le jeune COCTEAU a eu l’occasion d’entendre le violoniste Pablo de SARASATE jouer en quatuor avec ce grand-père.

Il n’a pas vingt ans qu’il tient déjà salon, où viennent DEBUSSY et Reynaldo HAHN, mais aussi de jeunes poètes ou des peintres comme BONNARD.

Poète précoce, Jean COCTEAU fréquente très jeune PROUST ou les ballets russes de DIAGHILEV. Il se tiendra toujours aux avant-postes de la modernité, passant de Dada au cubisme, mais rejeté par les surréalistes.

Dès 1910, Reynaldo Hahn (1874 – 1947), l’auteur de Ciboulette, met en musique un « mensonge en un acte » de Cocteau : La patience de Pénélope.

Après la présentation à Paris au début du siècle d’œuvres de RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908)  (Schéhérazade, Le coq d’or), Diaghilev et ses ballets russes attaquent les années ’10 avec trois ballets de STRAVINSKY (1882 – 1971) : L’oiseau de feu (1910), Pétrouchka (1911) et surtout la déflagration provoquée par Le Sacre du printemps (1913).

Stravinsky le sacre du printempsCliquez sur l’image

Soucieux de se tourner vers ce milieu parisien où il triomphe, Diaghilev commande en 1912 une pièce à Cocteau. Ce sera Le dieu bleu, sur une musique de Hahn. En 1914, Cocteau travaille avec Stravinsky sur un projet de ballet : David.

En 1915, il met en chantier un Songe d’une nuit d’été, dont la musique sera confiée à Eric SATIE (1866 – 1925). Cette même année, le créateur de la musique concrète Edgar VARÈSE (1883 – 1965), qui avait dirigé la création du Songe, le présente à PICASSO. Cocteau confie la musique de David à Satie. En 1916, Cocteau demande à Picasso de réaliser le rideau de scène pour ce ballet, qui change de nom et devient Parade. En 1917, la création du ballet Parade réunit donc Cocteau, Satie, Picasso et Diaghilev ! (Excusez du peu.)

Satie ParadeCliquez sur l’image

En 1920, Cocteau détourne Le bœuf sur le toit de Darius MILHAUD (1892 – 1974), souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors sont de Raoul DUFY et la chorégraphie de MASSINE.

Milhaud Le Bœuf sur le toit

Il compose aussi le livret de Paul et Virginie, un opéra-comique prévu pour Satie.

En 1921, il écrit Les Mariés de la Tour Eiffel, musique du Groupe des six (enfin, cinq d’entre eux).

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur l’image

Cette même année, il écrit le Gendarme incompris, avec une musique de Francis POULENC.

En 1922, Arthur HONEGGER (1892 – 1955) lui écrit une musique de scène pour sa pièce Antigone. Les décors sont de Picasso et les costumes de CHANEL.

En 1924, il écrit Roméo et Juliette, avec une musique de Roger DÉSORMIÈRES. Dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes, le Train bleu avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleuCliquez sur l’image

Et retrouvez sur ce blog la suite des aventures musicales de Jean Cocteau.

(Source principale : Pierre BERGÉ, Album COCTEAU de la Pléiade, éditions Gallimard, 2006.)

 

24 réflexions au sujet de “Jean COCTEAU (1888 – 1963) – PREMIÈRE PARTIE”

  1. J’adore cette période artistique autour de 1910-1930, tellement d’inventivité et de génie ! Et tellement de mouvements d’avant-garde en peinture, littérature, danse, cinéma, etc. Cocteau est bien représentatif de cette période foisonnante !

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  2. Ah, Cocteau le « Prince frivole » ! Poète, écrivain, dessinateur, metteur en scène tout ça tout ça pour un seul homme ! Découvreur de talents qui plus est, dont Jean Marais, Satie en effet… Et d’autres. Mais restons dans la musique avec Satie, le rejet ( carrément) de l’emphase Wagnerienne. Bref, Cocteau, Satie, Picasso, Massine… le quarté gagnant ou plutôt la constellation artistique pour « Parade ». Qu’Apollinaire a qualifié de « sur-réalisme »… Euh, ok j’arrête sinon mon comm’ risquerait d’être plus long que ton billet, ça le ferait pas.
    Juste qq mots à propos de Paul et Virginie: il est dans ma PAL ( le livre de chevet de Cécile C. pour tout te dire), le prochain que je lirai tt de suite après Hiroshima ( Duras).
    Je continue…. ( Direction « Psyché »)

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  3. Œuvre foisonnante qui n’en était encore qu’à ses débuts. Une œuvre déroutante également quand on repense au four que fut Parade. Je me souviens avoir lu quelque part que Cocteau suite à la première s’était mêlé à la foule des spectateurs pour y tendre l’oreille. Il avait noté cette réflexion : « quelle nullité ! c’est tellement bête qu’il faudra revenir avec les enfants. » 😂

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    1. Bonjour Princecranoir.
      D’après l’album Cocteau de la Pléiade qui m’a principalement servi pour rédiger ces deux billets, le monsieur ce serait écrié : « Si j’avais su que c’était aussi bête, j’aurais amené les enfants ». Ce que Cocteau a commenté avec : « Cet éloge m’était allé droit au cœur ».
      Bonne journée à toi.

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